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 Soeurs.

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Laevathein
Zoulie Draeneï
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MessageSujet: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:10

Le soleil s'était couché quelques dizaines de minutes plus tôt; par la fenêtre de sa chambre au Sanctuaire des Sept-étoiles, Laevathein regardait le ciel paisible de Pandarie.
Son armure et ses épées étaient rangées sur une table au fond de la pièce, et elle ne portait qu'une robe légère pour la nuit.
Assise devant un miroir, elle enlevait les anneaux qui ornaient les fins tentacules derrière ses oreilles lorsqu'on frappa à la porte.

Laevathein allait se lever, quand elle entendit prononcer à voix basse en Draeneï
: "je peux entrer?".

Reconnaissant la voix de sa soeur, elle répondit "oui" sans bouger de son fauteuil.

La porte s'ouvrit alors sans un bruit, et une draeneï entra dans la pièce, elle portait une armure blanche ornée de joyaux et de gravures sacrée, un livre de prières était accroché à la ceinture; sur les épaules tombaient en cascade les cheveux noirs de la femme qui était entrée, lorsqu'elle vit sa soeur, un sourire éclaira son visage et elle avança vers elle.


-"Lae ! Tu allais te coucher?"

Laevathein s'était levée pour embrasser sa soeur, puis, alors qu'elle allait lui répondre, elle vit les cernes qui s'étalaient sous les yeux de sa soeur, elle vit qu'elle avait les traits tirés, et même son sourire paraissait forcé.

-"Ashola, depuis combien de temps n'as tu pas dormi?"

Comme prise en faute, Ashola détourna le regard de sa soeur qui la fixait intensément, et murmura une réponse, qui sembla résonner dans la pièce: "trois jours..."

Laevathein sentit monter en elle ce sentiment de peur et d'inquiétude qu'elle avait toujours lorsqu'elle sentait que sa soeur était éloignée; elle se força a n'en rien laisser paraître et répliqua:

-"Ba'laa Naaru ! Ashola, tu dois aller dormir, comment veux-tu aider les autres si tu tombes de fatigue toi-même?"

Tandis qu'elle disait ces mots, elle les regretta aussitôt; il était évident que sa soeur n'avait pas besoin d'une leçon de morale; alors que d'habitude, Ashola la regardait dans les yeux, cette fois elle continuait à regarder par la fenêtre; en essayant de comprendre; Lae vit que les mains de sa soeur tremblaient, en fait, tout son corps semblait pris de tremblements; cette fois, véritablement inquiète, et ne le cachant plus, elle prit sa soeur par les épaules, et la força à se retourner vers elle.

-"Ashola, qu'est ce...."

Elle s'interrompit quand elle vit que sa soeur avait fondu en larmes, alors sans ajouter un mot, elle la serra dans ses bras.

-"Petite soeur, qu'est ce que tu as? Qu'est ce qui t'es arrivé, raconte moi..."

Le ton de Laevathein se faisait suppliant, sa soeur continuait de sangloter dans son épaule, et la voir dans cet état lui faisait mal; tenant toujours sa soeur, elle la poussa doucement vers le lit au centre de la pièce et la fit s'asseoir; puis, s'asseyant à coté d'elle, attendit que les larmes de sa soeur se calment, tout en lui tenant la main.

Quelques minutes plus tard, les pleurs d'Ashola semblèrent se tarir, le visage bleuté par les larmes, elle osa enfin regarder sa soeur; et entre deux sanglots, se décida à lui parler
:

-"Depuis trois jours, tous ceux qui possèdent des pouvoirs de guérison se relaient au chevet des blessés, nous avons soigné tellement de personnes, mais ils continuent d'affluer, c'est sans fin...

Laevathein se remémora les circonstances de cet afflux, c'était arrivé trois jours plus tôt, alors qu'une caravane de réfugiés et de civils se rendaient aux sanctuaire du Val, tant dans la Horde que dans l'Alliance, accompagnés par les Pandarens; lorsque les Mogu avaient lancé une vaste offensive; les défenseurs du Lotus Doré avaient été rapidement submergé, les Mogu étant très largement supérieurs en nombre.
Durant plusieurs heures, les Mogu avaient massacré sans pitié tous ceux qui avaient le malheur de tomber entre leurs mains, jusqu'au moment ou des troupes de la Horde et l'Alliance étaient arrivée à la rescousse, prévenues par des messages du Lotus Doré, et avaient repoussé les Mogu hors du Val, tout en leur causant d'innombrables pertes.
Laevathein faisait partie de cette mission, elle s'était portée volontaire pour aller sauver les victimes des Mogu. Elle connaissait les Mogu pour en avoir affronté pratiquement dès son arrivée en Pandarie, et avait appris à les combattre; elle savait que ces créatures étaient des monstres sans pitié et sans honneur, de plus, les histoires qu'elle avait entendues sur l'esclavage des Pandarens par ces êtres l'avaient emplie de colère; elle s'était donc empressée de répondre à l'appel pour sauver ce qu'elle pouvait.
En arrivant sur le champ de bataille, le combat avait tout de suite fait rage, les troupes de la Horde étaient déjà là et pilonnaient les Mogu avec des catapultes, les Marche-soleil Taurens faisaient pleuvoir de puissants coups de marteau qui brisaient les assaut des Quilen, ces chiens de pierre au service des oppresseurs.
L'Alliance, arrivée par le sud, avait collaboré avec la Horde et avait acculé les Mogu dans une gorge.
Quelques minutes plus tard, la bataille était terminée, quelques Mogu s'enfuyaient, poursuivis par les flèches des pandarens du Lotus Doré; tandis que les sauveteurs prenaient en charge les victimes.


-"Oui, je sais, petite soeur, je sais..."

Depuis cette attaque, des éclaireurs se relayaient nuit et jour pour aller chercher les victimes de l'assaut, on trouvait encore des survivants, car la caravane était très vaste, la plus grosse vague de migration depuis l'ouverture du Val.

Ashola reprit la parole
:
-"Tu sais, c'est terrible...De voir, d'entendre...Les cris, le sang...Tous ces malheureux, hier, un vieux nain est mort dans mes bras, sa femme était à coté de lui; j'entends encore ses cris de chagrin, ça me vrille les oreilles, je n'ai rien pu faire...Et c'est comme ça, depuis trois jours...."

En disant ces mots, Ashola enfouit à nouveau sa tête au creux des épaules de sa soeur et recommença à sangloter, Laevathein ne disait rien, elle caressait les cheveux de sa soeur, et réfléchissait, elle ne savait pas comment consoler sa soeur, elle savait que depuis qu'elle était devenue Paladin, de nombreuses années plus tôt, elle serait vouée à rencontrer souvent des malheurs, c'était son choix, mais souvent, Laevathein se prenait à souhaiter que sa soeur n'aie jamais choisi cette voie; c'était encore le cas ce soir...


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Laevathein
Zoulie Draeneï
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:11

Laevathein était désemparée, elle cherchait désespérément quelque chose à dire, lorsqu'elle se rendit compte que les soubresauts de sa soeur s'étaient calmés; en baissant la tête, elle comprit que Ashola s'était endormie dans ses bras.
Délicatement, Laevathein ôta la tête de sa soeur de son épaule, puis, prenant soin de ne pas la réveiller, la prit dans ses bras et la coucha sur le lit, avant de rabattre la couverture sur elle.


-"Bonne nuit, petite soeur..."

Soudainement le chagrin la prit, un chagrin si profond et si déchirant que les larmes lui vinrent au yeux, et dans le même temps fut secouée de frissons; elle se sentait comme plongée dans un lac gelé.
Incapable de s'arrêter de trembler, elle marcha en titubant vers la chaise sur laquelle elle se tenait assise avant l'arrivée de sa soeur, puis se laissa tomber dessus plus qu'elle s'y assit, et attendit la fin des tremblements.
Elle savait ce qui lui arrivait: elle était prise d'une crise de panique, ce n'était pas la première fois que ça lui arrivait; et par la miséricorde des Naaru, espérait-elle que ce serait la dernière.
Chaque fois que sa soeur ou un membre de sa famille se trouvait en danger, elle était prise de ces crises de panique, autant déclenchées que par sa terreur qu'il arrive malheur aux personnes qu'elle aimait, que par sa frustration de n'y pouvoir rien faire.
Elle se força a regarder le visage de sa soeur; Ashola était étendue sur le lit, son visage portait encore les marbrures des larmes qui avaient coulées, et ses traits étaient tirés, marque d'un épuisement; mais au moins elle avait l'air paisible, sa respiration était régulière et détendue.


-"Elle est au bout du rouleau," Pensa-elle; d'après ce que lui avait raconté sa soeur, pratiquer la guérison était bien plus difficile que simplement réciter une incantation, il fallait mettre tout son coeur et toute son âme pour que cela fonctionne, il fallait partager le chagrin, la douleur et la peine de celui qu'on voulait guérir; alors seulement la Lumière accomplissait le miracle.
Il n'était alors pas étonnant que Ashola soit dans cet état, ne pas dormir pendant trois jours était en soi éprouvant, mais de surcroît, passer ces trois jours à passer de blessé en blessé, sans aucun repos; a se consacrer corps et âme à soulager les tourments d'autrui.
Ashola avait choisi de se consacrer aux autres, elle avait toujours été généreuse et se sentait concernée par le sort et les souffrances d'autrui, et elle était de nature sensible; après les horreurs qu'elle avait du endurer, elle était au bord de la dépression nerveuse.


-"Elle ne s'est pas endormie, elle s'est évanouie, mais maintenant elle dort..."

Sentant qu'elle ne pourrait rien faire de plus maintenant, elle prit le parti de dormir elle aussi; mais comme elle ne voulait pas réveiller sa soeur, elle prit le parti de somnoler sur le fauteuil.
Elle se leva, et en faisant le moins de bruit possible; chose rendue aisée, car l'épais tapis qui recouvrait le sol de la chambre était épais et absorbait le bruit des sabots, et s'approcha de sa soeur; puis, s'agenouillant sur elle, l'embrassa sur le front en murmurant:


-"Je t'aime, petite soeur, dors bien..."
-"Je t'aime aussi,"répondit alors Ashola dans un murmure étouffé.

Laevathein se releva, alla attraper une couverture dans le placard situé à coté de la fenêtre, puis elle s'installa sur le fauteuil, se drapa de la couverture, et ferma les yeux.


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Laevathein
Zoulie Draeneï
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:11

Dans les prairies de Nagrand, Laevathein se promenait à dos d'elekk, le temps était doux, et le vent faisait voler ses longs cheveux.
Soudain, un cavalier surgit derrière elle, Laevathein fit prendre de la vitesse à sa monture; bien qu'étant gros et lourds, les elekk étaient étonnement capables de célérité.
La monture de la jeune femme prit donc une grande longueur d'avance; cependant, le mystérieux cavalier maîtrisait lui aussi sa monture, et il la rattrapa rapidement.
les deux cavaliers continuèrent durant quelques minutes, jusqu'à une gorge encaissée, ou Laevathein se retrouva prise au piège, alors elle stoppa l'elekk, puis attendit; le cavalier s'arrêta également, puis, en silence, il sauta prestement au sol, et s'avança rapidement vers elle.

Alors qu'il était aux pieds de l'elekk, Laevathein sauta soudainement, et atterrit dans les bras tendus du cavalier; alors, sans transition, elle se blottit contre lui.


-J'adore être dans tes bras, Maar'nar, j'aimerais y être toujours.
-C'est parfait ! Je connais justement une jeune Draeneï que j'adore porter dans mes bras.

Maar'nar la déposa délicatement au sol, puis claqua l'arrière-train des deux elekk, afin qu'ils rentrent tous seuls.
Puis, lui et Laevathein se prirent la main et marchèrent en direction du village.


-Mon amour, encore trois jours, je suis si impatiente.
-Et moi donc ! Je voudrais que nous soyons déjà mariés !

Ils marchaient en silence, n'ayant pas besoin des mots pour se comprendre; Laevathein se colla à Maar'nar et posa sa tête sur l'épaule de son fiancé, leurs mains ne s'étaient pas quittées depuis qu'ils étaient descendus des elekks.
Maar'nar tourna la tête vers Laevathein, chaque fois qu'il la regardait, il remerciait la chance, la lumière, les Naaru, en fait tout ce qui voulait bien entendre ses remerciements, qui lui avait fait le cadeau de le faire naître à proximité de cette femme.


-"Ma femme, mon épouse," Pensait-il, dans trois jours, que le temps va être long...

Laevathein et Maar'nar avaient grandi ensemble; Laevathein, sa soeur Ashola et leur frère Ertus étaient les enfants de Irni et Deern, des commerçants de Kurenaï, ils étaient nés sur Draenor, et y avaient toujours vécu en paix; Maar'nar, lui, était fils unique; orphelin suite à un tragique accident survenu à ses parents, il avait été adopté par sa tante, son père était un vieil ami de Deern, le père de Laevathein, et ils vivaient non loin les uns des autres.
De sorte que dès leur plus tendre enfance, les quatre enfants se retrouvaient tous pour jouer et s'amuser ensemble.
Puis vint l'adolescence, et à ce moment, Laevathein et Maar'nar se rapprochèrent, puis finir par développer une relation amoureuse.
A présent, ils étaient fiancés, et dans trois jours, ils seraient mariés; chacun d'entre eux en trépignait d'impatience.

Alors qu'ils arrivaient en vue du village, Laevathein s'arrêta de marcher, surpris, Maar'nar se tourna vers elle; il la dépassait d'une bonne tête, mais chaque fois qu'il regardait ses yeux, il se sentait pousser des ailes; de son coté, la jeune femme éprouvait les mêmes sentiments.


-Mon amour, avant que nous arrivions, je dois te dire quelque chose...
-Qu'y a t'il? Tu as mal aux sabots, veux-tu que je te porte? Il esquissa un sourire, il aimait sentir la peau de Laevathein contre la sienne, il aimait l'odeur de ses cheveux et la façon dont ses tentacules lui chatouillaient le visage
-Non, enfin, si, mais ce n'est pas ça; Maar'nar, j'attends un bébé.

Sur le moment, Maar'nar ne comprit pas ce qu'il venait d'entendre, puis lorsqu'il réalisa, son visage s'éclaira et un sourire radieux apparu sur son visage; il approcha son visage de sa fiancée, puis, avant qu'elle ne puisse réagir, l'embrassa avec fougue, tentant de faire passer dans ce baiser tout l'amour qu'il vouait à cette femme.

A ce moment précis, Ashola remua, et le bruit tira brusquement Laevathein du sommeil, la couverture tomba sur le tapis, rassemblant ses esprits, elle se leva lentement et sortit en silence de la chambre.
Le Sanctuaire était désert, la nuit était bien avancée, même les cris des blessés semblait lointain, sans rencontrer âme qui vive, elle se dirigea vers un promontoire au sommet du Sanctuaire; de cet endroit, on avait une vision panoramique du Val, la nuit était claire, et on pouvait voir d'ici les lueurs des feux allumés par les défenseurs du Lotus Doré.
Ne prêtant guère attention à ces signaux de patrouille, elle s'assit par terre, croisa les bras, et n'y tenant plus, se mit à sangloter sans retenue.


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Laevathein
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:12

Dix ans plus tôt.

Laevathein et Maar'nar se trouvaient dans leur maison; leur mariage avait eu lieu trois semaines plus tôt, et ils filaient le parfait amour.
Le ventre de la jeune femme commençait à s'arrondir, et Maar'nar était au petits soins pour sa bien-aimée.

La vie était belle et leur bonheur était complet, lorsque un jour, des cris retentirent à l'extérieur.


-Que se passe t'il? Qui crie? Demanda Laevathein, instinctivement, elle avait placé ses mains sur son ventre, comme pour protéger son enfant.
-Je vais voir ça, toi, reste ici et bichonne toi, dit Maar'nar en se levant.

Il revint quelques minutes plus tard, accompagné d'un judicateur, les soldats de Shattrath; Maar'nar semblait troublé.

-Je suis désolé de vous déranger, madame, dit-en s'inclinant le soldat,nous avons reçu l'ordre de faire évacuer tout le monde, vous devez partir.
-Mais que se passe il?! S'exclama Laevathein pendant que Maar'nar l'aidait à se lever.
-Les orcs nous attaquent, nous avons reçu des rapports indiquant que le temple des Sha'tar a été saccagé, ils ont massacré tous ceux qui s'y trouvaient !

Shattrath, quelques heures plus tard. Une foule compacte est réunie, des soldats patrouillent ça et là; des Draeneï évacués affluent de toutes les directions.

A l'extrêmité ouest de Shattrath, le Judicateur Naviis est en conférence avec ses lieutenants.[/i]

-Judicateur ! Nous recevons de plus en plus de rapports alarmants ! Il semblerait que les Orcs aient entièrement saccagé la plupart de nos villages, les morts se comptent par milliers !
Naviis se tourna vers le jeune Draeneï qui venait de lui apporter ce message.
-Bal'aa Naaru ! Pourquoi nous agressent il?! Ils massacrent notre peuple ! Que faire, que faire?!
Se tournant vers un autre soldat.
-Netuus, on en sont les troupes chargées de veiller sur le Prophète? Nous ne savons pas quand les orcs arriveront ici, il faut s'assurer qu'ils ne puissent pas s'infiltrer ici et tenter de l'assassiner !
-Judicateur ! Les soldats du Prophète sont fidèles à leur poste, ils n'abandonneront leur devoir pour rien au monde !
-Parfait, mais nous ne pouvons pas rester ici, les orcs sont beaucoup plus nombreux que nous, ils vont nous massacrer si nous restons, il faut fuir vers l'Exodar !
Au moment ou Naviis prononçait ces mots, le Prophète Velen surgit, accompagné de sa garde rapprochée; de lui émanait une douce lumière, revigorante et apaisante; lorsque Naviis la vit, il se sentit ragaillardi, et empli d'une foi en l'avenir, comme tous ceux qui approchaient d'ordinaire Velen.

-Il nous faut partir, mes chers Draeneï, les orcs veulent notre mort, et nous ne pouvons pas lutter contre eux, j'ignore quelle folie les anime, mais je sens la marque des ténèbres sur eux. Nous devons cheminer vers l'Exodar.

Velen avait parlé d'une voix douce, mais cela n'empêcha pas la foule de faire silence lorsqu'il s'exprima, tous se sentaient rassurés en sa présence; puis Velen fit un main de main en direction de son peuple, et tourna les talons, en s'appuyant sur sa canne.
Aussitôt disparu, les cris et les discussions reprirent, certains voulaient partir et suivre le conseil du Prophète, d'autres voulaient rester et se battre.

Finalement, Naviis monta sur une estrade et cria pour imposer le silence, qu'il obtint, non sans mal.


-Vous avez entendu le Prophète ! Il faut fuir ! Seulement, nous comprenons que certains veulent rester pour se battre, mais c'est de la folie ! Les orcs sont beaucoup plus nombreux que nous, et les rapports que nous recevons indiquent qu'ils se sont alliés avec les ogres; de plus, il semblerait qu'ils utilisent de sombres magies pour détruire la vie ou ils passent; dans ces conditions, notre seule chance de salut est la fuite !

Il laissa la foule digérer ce qu'il venait de dire, puis il reprit.

-Cependant, nous sommes trop nombreux, et nous avons perdu la plupart de nos moyens de transport, et l'Exodar se trouve à plusieurs jours de marche, alors...

Il savait que la foule savait ce qu'il s'apprêtait à dire, mais ça ne rendait pas sa tâche plus aisée.

-...Alors un certain nombre d'entre nous devrons rester ici, afin de faire croire aux orcs que nous n'avons pas pu nous échapper, ceux qui resteront ici permettront aux autres de fuir sans danger, et devrait leur laisser une avance considérable, avant que les orcs ne se rendent compte qu'ils se sont fait piéger.
Ceux qui resteront....Mourront certainement....C'est pour cette raison que nous ne forceront personne à rester, ce sacrifice est trop grand pour que je puisse demander à quiconque de le faire; si vous décidez de rester, vous permettrez à votre peuple, à votre famille, à vos amis, de vivre, mais si vous décidez de partir, vous ne serez pas des lâches, personne ne vous blâmera, personne...

Baissant la tête et les épaules affaissées, Naviis descendit de l'estrade, il savait déjà que nombre d'entre eux voudraient rester, lui-même, avant même de prononcer son discours, savait déjà qu'il resterait, c'était plus qu'un devoir, c'était nécessaire; et même s'il mourrait, au moins il mourrait pour son peuple, et s'il survivait, il pourrait sans honte regarder son visage dans un miroir.

Un jeune soldat monta rapidement sur l'estrade et annonça que tous ceux et celles qui voudraient rester pour couvrir la fuite de leur peuple devaient aller voir le recruteur, afin d'être incorporé et armés.


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Laevathein
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:12

-NON ! Laevathein se tenait devant Maar'nar, derrière elle se trouvaient ses parents et sa soeur; NON ! Je ne veux pas !
Maar'nar, mal à l'aise, essayait de calmer son épouse, hors d'elle:
-Mais, chérie...
-NON ! Je ne veux pas que tu y ailles ! Tu n'as pas entendu ce qu'il a dit?! Tu vas mourir si tu reste ! Je ne veux pas ! Je ne veux pas !
Maar'nar venait de déclarer son intention de rester, afin de couvrir la fuite des autres Draeneï; cependant, il n'avait pas prévu que Laevathein le prendrait si mal, elle avait l'air furieuse, mais Maar'nar, qui la connaissait, savait que ce n'était pas la colère qui l'habitait, car les rares fois ou il lui arrivait de se mettre en colère, ses mains tremblaient, et elle touchait nerveusement les tentacules de ses oreilles; là, elle n'était pas en colère, elle était terrifiée.
-Maar'nar, je ne veux pas que tu y ailles ! J'ai besoin de toi ! Je t'en supplie n'y vas pas !

Ailleurs, des scènes similaires avaient lieu, parents qui avaient décidés de rester, et enfants qui les suppliaient de changer d'avis, frères qui voulaient protéger leurs soeurs...

-Je dois le faire ! Tu as entendu ce qu'il a dit? Nous allons être obligés de marcher pendant des jours, les orcs auront tout le temps de nous rattraper et de tous nous tuer avant d'arriver à l'Exodar !

C'était la première fois qu'il se disputait avec Laevathein, et ça le mettait mal à l'aise, en temps normal, il aurait essayé de trouver un compromis, mais cette fois, il était décidé à ne pas céder, quoi qu'il lui en coûte.

Alors qu'il allait reprendre la parole, le père de Laevathein, Deern, s'avança:


-Fils, ton devoir est d'être avec ta femme et ton enfant, tu dois demeurer auprès d'elle et la protéger, c'est ta responsabilité en tant qu'homme, en tant qu'époux, et en tant que père; et c'est exactement parce que moi-même j'ai ces responsabilités; il montra Laevathein, qui était en train de pleurer dans les bras de sa mère, et Ashola qui se tenaient toutes les trois enlacées; que j'ai décidé de partir, parce que même si je veux protéger mon peuple, mon premier devoir est de protéger ma famille, et de rester avec eux.

Touché par les paroles de son beau-père, Maar'nar avait baissé la tête, il restait silencieux, mais une fois que Deern se tût, il releva la tête et répondit:

-Père, vous avez raison, je dois protéger ma femme et mon enfant ! Mais c'est également mon devoir de rester pour que vous puissiez fuir ! Qui serait-je si je décidais de faire passer mon bonheur avant la vie de ma femme et de ma famille?! Malgré tout ce que vous pourrez dire, je reste ! La vie de ma femme m'importe plus que tout, bien plus que ma propre vie !

Maar'nar s'avança vers Laevathein qui était toujours dans les bras de sa mère, elle s'en dégagea lentement, puis Maar'nar la serra contre lui, lui caressant les cheveux, l'embrassant délicatement; puis lui murmura à l'oreille: pardonne-moi...

Quelques heures plus tard, le convoi de réfugiés était prêt au départ, les défenseurs de Shattrath se tenaient en position, la plupart mettaient en place des dispositifs destinés à faire croire aux orcs qu'ils étaient plus nombreux qu'ils ne l'étaient en réalité.

Sur l'un des chariots, une Draeneï hurlait et se débattait de toutes ses forces, c'était Laevathein.


-Lâchez moi ! Lâchez moi ! Hurlait-elle; S'il reste, je reste ! Je ne te laisserais pas ! Maar'nar ! MAAR'NAR !!!!

Maar'nar criait pour tenter de la raisonner, mais elle était absolument incontrôlable, et malgré son père, sa mère et sa soeur qui la tenaient, elle était sur le point de se libérer et de sauter du chariot.

-Ashola, est-ce que tu peux faire quelque chose? Demanda Deern à sa fille.
-Lae ! Calme toi ! Arrête ! Arrête ! Irni, la mère de Laevathein n'arrivait plus à la tenir, et au moment ou cette dernière parvenait à se libérer de l'étreinte de sa mère, elle tomba inerte sur le chariot.

-Je suis désolée grande soeur, il le fallait...

Ashola, les mains luisant de lumière, venait de toucher l'arrière de la tête de sa soeur; c'était une méthode particulière d'utilisation de la lumière, qui permettait de calmer une personne ou un animal, voire de l'assommer, comme elle venait de le faire; fort heureusement, cela ne provoquait aucune douleur ni blessure; en se réveillant, elle n'aurait aucune trace.

Maar'nar assista à la scène à distance, il vit Laevathein retomber mollement dans les bras de sa mère, qui l'enroula dans une couverture, puis le chariot prit un virage et disparu définitivement de sa vue.

A l'autre bout de la ville, Naviis distribuait ses ordres à ses hommes; il leur avait donné leur congé et leur avait proposé de suivre le convoi, mais pas un seul n'avait voulu partir.

Quelques heures plus tard, un guetteur donna l'alerte.


-Les orcs ! Ils sont une armée !

Maar'nar se rendit à son poste, il espérait de tout son coeur que sa femme soit déjà très loin...


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:12

La bataille faisait rage ! Les Orcs avaient déferlé en masses innombrables sur la cité de Shattrath, qui ne comptait plus que quelques centaines de défenseurs, hélas trop largement en sous-nombre. Ceux qui avaient accepté de rester savaient que c'était du suicide, mais ils avaient tous accepté, ils savaient tous que la survie de leur peuple reposait sur leurs épaules, et que leur sacrifice, qui devenait de plus en plus certain, était nécessaire.

Ils étaient d'abord arrivés seuls, masse grouillante, la peau rouge, l'échine transperçant le dos; les Orcs avaient changés, ils étaient devenus subitement plus grands, plus forts, mais aussi, et c'était là le principal avantage des défenseurs, et ce fût probablement ce qui sauva la vie des réfugiés ce jour là, plus stupides.

Quel que soit le traitement qu'ils s'étaient infligés, cela avait eu des effets radicaux sur leur organisme, et bien que leur musculature avait augmenté, leur intelligence, elle, avait substentiellement diminué.

Maar'nar priait lorsque les Orcs arrivèrent sur la cité, il priait pour le salut de son épouse, de son enfant, mais également de toute la famille de celle-ci.
Il savait qu'il allait probablement mourir ici, loin de celle qu'il aimait, et il s'en voulait de lui avoir imposé cette épreuve, il s'en voulait d'autant plus, que lorsqu'elle l'avait quitté, elle avait été totalement submergée de terreur; elle savait qu'il ne reviendrait pas vivant...

Lorsque les premiers Orcs pénétrèrent dans la cité, Maar'nar attrapa le marteau de cristal qu'on lui avait donné, et se jeta dans la mêlée; pour l'heure, son unique préoccupation était de tenir le plus longtemps possible.

A plusieurs dizaines de kilomètres de Shattrath, sur un sentier forestier.

La caravane de réfugiés s'était arrêtée pour la nuit, ils avaient cheminé sans interruption depuis Shattrath, la plupart des refugiés marchaient, certains avaient la chance d'avoir trouvé des places sur les rares chariots qu'on avait pu sauver; les femmes et les enfants avaient été répartis en priorité, afin de ne pas les fatiguer. Laevathein, enceinte, étaient entourée des siens dans le chariot de queue, épuisée nerveusement, elle ne s'était toujours pas réveillée; le sort qu'Ashola lui avait lancé avait cessé d'agir, et le sommeil avait remplacé la magie.

Pendant que son père était descendu du chariot pour aller s'entretenir avec les soldats de l'escorte, Ashola et sa mère restaient au chevet de Laevathein, elles ne prononçaient pas un mot, se contentant d'agir presque mécaniquement, de temps à autre, elles levaient le regard vers l'horizon, en direction de Shattrath; la tension était palpable dans l'air, et on entendait des réfugiés éclater en sanglots, vite réprimés car la peur d'être repérés prenait le dessus.

Shattrath, à la nuit tombée.

Les flammes ravageaient la cité; les Orcs n'étaient pas venus seuls ! Des ogres, des centaines d'ogres ! Gigantesques ! Monstrueux ! Ils pilonnaient les combattants Draeneï en leur lançant d'énormes rochers, d'autres fauchaient les défenseurs en les frappant avec des arbres déracinés.

Maar'nar était dans la mêlée, jusqu'ici, la fortune lui avait souri, il avait vu des camarades tomber autour de lui, il avait même eu le temps de reconnaître un condisciple de l'école des Judicateurs, c'était avant qu'il ne se fiance.


-Soldat ! Par ici ! Vers les hauteurs !

Le Judicateur Naviis appelait Maar'nar, il se trouvait sur un promontoire avec les survivants de ses hommes: quatre soldats qui repoussaient tant bien que mal les Orcs qui s'amassaient autour d'eux.
Maar'nar couru les rejoindre, en se frayant difficilement un chemin au milieu des assaillants assoiffés de sang.

Arrivé sur ce promontoire, Maar'nar put voir l'étendue des dégâts qu'avait causé l'attaque: la quasi totalité de la ville brûlait, les corps s'amoncelaient, parfois par petits tas répugnants, le sang coulait en rivières, le sang bleu des Draeneï se mêlant au sang rouge fluorescent des Orcs.


-Soldat, vous voyez cet ogre là-bas?

Naviis montra à Maar'nar un Ogre à deux têtes qui lançait des sorts à tout va, déclenchant des incendies et réduisant des bâtiments en poussière.
Maar'nar fit un signe de tête montrant qu'il le voyait.


-Cet Ogre a l'air d'être le chef, si nous parvenons à le tuer, nous arriveront peut être à déstabiliser leurs troupes, et à gagner du temps; et ça empêchera ces brutes de mettre le feu partout, le vent se lève, et la fumée retombe sur la ville, ça va vite devenir irrespirable si nous ne faisons rien.


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:13

-A mon signal ! Je déclenche une diversion, et vous foncez !

Naviis leva trois doigts, puis en abaissa un, puis deux, et enfin le troisième, il cria:

-Maintenant ! Foncez !

Maar'nar, accompagné par l'escouade de Naavis, se faufila entre les troupes Orques et parvint à prendre le chef Ogre par surprise, l'un des Draeneï enfonça son épée dans le dos de l'Ogre qui se retourna subitement.
Il resta quelques secondes à les dévisager d'un air stupide, puis il dit:


-Vous petits rien du tout ! Vous faire mal à Orrok ! Maintenant Orrok grosse colère !

L'Ogre s'empara d'une masse qui gisait au sol, et commença à la balancer en faisant des moulinets, il s'avançait vers le groupe qui ne pouvait pas reculer, car derrière se trouvait le vide, l'éminence sur laquelle ils se trouvaient culminait à plusieurs dizaines de mètres de hauteur.

-Mes frères, nous devons faire tomber cet Ogre, c'est le seul moyen de le vaincre ! Il a l'air stupide, attirons le au bord et poussons le !

Maar'nar avait lancé cette idée; à peine avait-il terminé sa phrase que la masse s'abattit au milieu du groupe, éjectant un des Draeneï dans le vide; les autres se dispersèrent.
L'Ogre, en colère, et comme l'avait constaté Maar'nar par la suite, était particulièrement stupide, aussi essaya-il de chasser tous les Draeneï, qui s'étaient séparés pour l'éviter; Maar'nar essayait de le provoquer en dansant devant lui et en lui adressant des gestes de provocation; chaque fois, l'Ogre frappait le sol de rage, et chaque fois Maar'nar l'esquivait.


-J'ai de la chance qu'il soit si lent,pensa-il; cependant, il ne pouvait pas jouer à ce petit jeu longtemps, son armure était assez lourde, et il commençait à fatiguer.

Insensiblement, l'Ogre se rapprochait du bord, puis il finit tant et si bien à se rapprocher, qu'il ne fut plus qu'a quelques centimètres du précipice; c'est le moment que choisi Maar'nar pour donner l'ordre à ses camarades de se précipiter pour pousser l'Ogre dans le vide.
Leur forces combinées firent plier l'Ogre qui tomba dans le vide, en hurlant:
Orrok a grosse colère ! Puis ils entendirent le bruit sourd que fit le corps de leur adversaire en s'écrasant.

Alors qu'ils se congratulaient, ils ne remarquèrent pas les tonneaux passer au dessus de leurs têtes, ils ne les virent pas exploser dans toute la ville en répandant un gaz verdâtre; ils ne virent pas plus Naviis leur hurler de fuir au plus vite, ils ne virent pas l'Orc arrivé sournoisement derrière lui le transpercer avec une lance.
Ils sombrèrent presque aussitôt dans l'inconscience...

Maar'nar s'éveilla, il ne savait pas ce qui s'était passé, ni combien de temps il était resté inconscient, en tous cas, il avait les mains attachées dans le dos, et était à genoux; il lâcha une quinte de toux, et cracha du sang, sa gorge brûlait.
Une épaisse fumée se dégageait des décombres des bâtiments réduits à l'état de débris par les bombardements.
Des hurlements se faisaient entendre, c'étaient des hurlements de femme; certaines avaient décidé de rester pour faire illusion, elles avaient prétexté que si les Orcs ne voyaient que des hommes dans la ville, ils comprendraient tout de suite que les autres étaient partis; alors que si des femmes restaient, avaient-elles déclaré, l'illusion serait parfaite.

Maar'nar, en entendant ces cris, sentit son sang se glacer, il pensa à Laevathein, il supplia le ciel de la protéger.
Alors qu'il faisait sa prière intérieurement, un Orc, plus grand et plus massif que les autres s'avança vers lui, il prit la tête de Maar'nar dans sa main pour le forcer à le regarde, puis il prononça quelques paroles incompréhensibles, et relâcha sa prise.

Maar'nar sentit qu'on dénouait ses liens, il se leva, et constata qu'il avait toujours son arme; il la dégaina et la brandit contre l'Orc, qui s'était éloigné de plusieurs mètres.

Alors qu'il avançait, il sentit soudainement une violente douleur dans la poitrine, il décida de l'ignorer et de continuer à avancer, lorsque ses forces lui manquèrent, il lâcha son marteau, qui alla sonner en se fracassant au sol; puis il tomba à genoux.
Derrière lui, un Ogre retirait la lance qu'il avait utilisé pour transpercer le coeur de Maar'nar; celui-ci essaya de dire quelque chose, mais le sang qui avait afflué dans sa bouche l'empêcha de prononcer le moindre mot.
Il s'effondra face contre terre, alors qu'il rendait son dernier souffle, il eu la force de faire une dernière prière pour sa femme.


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:13

Les réfugiés étaient enfin arrivés à l'Exodar; la nuit était bien avancée, mais personne n'aurait songé à s'en plaindre: tous avaient qu'il faudrait plusieurs jours pour arriver...

Alors que tous aidaient à débarquer les fournitures et les réserves qu'ils avaient pu emporter, une intense lueur illumina la nuit; instinctivement, chacun regarda du coté de Shattrath.
Bien qu'ils soient éloignés, et que la forêt de Talador dissimulait la cité aux yeux des réfugiés, chacun pu voir les flammes monter jusqu'au ciel; Shattrath brûlait.

Peu à peu, les Draeneï aux quatre coins du camp semblèrent prendre conscience du drame qui s'était produit, certains fondirent en larmes, d'autres allaient vers leurs semblables et les serraient dans leurs bras, sans dire un mot; et même parmi les soldats, peu d'entre eux demeurèrent impassibles.
Sortant lentement de l'Exodar, le Prophète Velen traversa silencieusement la foule, posant sa main sur le front de tous ceux qu'il croisait; il s'avança sur un promontoire rocheux, qui surplombait la forêt, de là, il observa sans un mot le triste spectacle.

Au bout de quelques secondes, un hymne résonna dans l'obscurité; dès les premières notes, les Draeneï qui s'étaient laisser aller relevèrent la tête; les familles s'approchèrent.
Alors les voix de tout un peuple s'unirent pour chanter l'hymne aux défunts.

Alors que Laevathein dormait encore d'un sommeil agité, sa famille se trouvait derrière le Prophète; Deern enlaçait sa femme et sa fille cadette; tous chantaient; Ashola et Irni pleuraient à chaudes larmes, tandis que Deern faisait de son mieux pour résister, puis, en jetant un regard à sa fille aînée, toujours inconsciente, il ne parvint plus à refouler ses larmes.

Lorsque le soleil se leva, quelques heures plus tard, ses rayons pâles éclairèrent tristement un peuple brisé.


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:14

Au petit matin, l'incendie avait cessé; un groupe de soldats se porta volontaire pour retourner à Shattrath en éclaireurs, afin de savoir si les Orcs s'y trouvaient encore, et pour découvrir et sauver d'éventuels survivants.

Irni, en tant qu'anachorète, se tenait au chevet des blessés, tentant d'apaiser leurs souffrances, mais ces blessures n'étaient pas physiques, elles ne se guérissaient pas; alors en désespoir de cause, au moins essayait-elle de consoler les chagrins de chacun.

Ashola avait tenu à rester avec sa soeur, et Deern était allé participer à l'inventaire des ressources.


-Hummm...Ashola, qu'est ce qu'on fait ici?

Ashola, qui était en train de lire un livre de prières, sursauta et lâcha son livre.

-Lae ! Enfin tu te réveilles ! Est-ce que ça va?

Laevathein sourit timidement, elle était pâle, mais avait l'air d'aller bien.

-J'ai faim, j'ai l'impression que je pourrais manger pour deux !

En souriant plus franchement, elle posa la main sur son ventre, puis releva la tête et demanda:
-Ou est Maar'nar? Pourquoi on est ici?

Alors qu'elle posait ces questions, Laevathein se leva tout à coup, l'air soudain angoissé; Ashola vit que tous les évènements de la veille lui revenaient à l'esprit; alors instinctivement, elle serra sa soeur dans ses bras.

-Il est resté là-bas...

Laevathein se sortit de l'étreinte de sa soeur qu'elle regarda dans les yeux, la terreur transparaissait dans son regard et elle se mit à trembler.

-Il faut y aller ! On ne peut pas le laisser tout seul ! Bal'aa Naaru ! Maar'nar ! Ashola ! Il faut aller !

Toute couleur avait quitté le visage de Lae, ses lèvres tremblaient, ses mains se crispaient de manière convulsive et elle trépignait en se prenant les cheveux.
Sentant qu'il serait au dessus de ses forces de lui annoncer, Ashola laissa sa soeur sur place et parti chercher ses parents.

Ils revinrent moins d'une minute après, Irni prit sa fille dans ses bras, remerciant les Naarus qu'elle aille bien; Ashola se tenait un peu à l'écart, la tête baissée, et Deern regardait sa femme et sa fille, la machoire serrée.
Lae vit l'expression sur le visage de son père; elle s'arracha des bras de sa mère et alla se planter devant son père.


-Papa ! Qu'est-ce qui se passe? Dis le moi, je sais que tu me caches quelque chose !

Irni, derrière Laevathein, regardait son époux d'un air anxieux, elle prit sa fille par l'épaule et la serra contre elle; puis, alors que Lae ne la voyait pas, elle fit un signe de tête à Deern, celui-ci acquiesça, il prit la main de sa fille et la regarda dans les yeux.

-Lae...Ils ont brûlé Shattrath...Des soldats sont partis ce matin pour essayer de retrouver des survivants, je suis désolé...

Comme anesthésiée, la jeune se libéra doucement des bras de sa mère, puis alla s'asseoir sur une caisse; les trois autres membres de la famille la regardaient, même pour un oeil non averti, il était évident qu'elle était en état de choc, et qu'elle était incapable de prononcer le moindre mot.
Ashola s'assit à coté de sa soeur, et passa un bras autour de son épaule, Laevathein laissa sa tête reposer sur l'épaule de sa petite soeur, puis après un moment de silence, elle prit la parole d'une voix blanche.


-Il a dit qu'ils allaient chercher des survivants, il a peut être réussi à s'enfuir, hein? Il a du réussir a s'enfuir ! C'est certainement ce qui s'est passé !

Ashola ne trouva rien à dire, Irni et Deern se tenaient enlaçés devant leurs filles; Irni avait le coeur brisé de voir sa fille dans cet état, elle n'imaginait pas de vivre sans son mari, et aujourd'hui son propre enfant devait endurer cette terrible épreuve.
Elle réprima un sanglot et se blottit dans les bras de Deern qui n'en menait pas large.

La journée s'écoula avec morosité, sans qu'aucun incident notable ne se produise.
Au soir venu, les guetteurs au sud du camp signalèrent le retour des éclaireurs.

Il arrivèrent dans le camp, en traînant derrière eux un chariot bâché.

Velen sortit lentement de l'Exodar et s'approcha du chef du groupe; ils conférèrent quelques minutes, puis Velen enleva la bâche qui recouvrait le chariot, laissant apparaître les nombreux corps qu'il transportait.

Le chef du groupe des éclaireurs, le Judicateur Ouros, avait mené rapidement son groupe à Shattrath, la glorieuse cité n'était désormais plus que ruines et décombres fumantes.
Les Orcs étaient partis, ne laissant personne derrière eux.
La cité était silencieuse, aucun son, aucun cri, ne se faisait entendre; les bruits des sabots claquaient sur les pavés, le vent amenait une odeur de chairs brûlées; la plupart des membres de l'expédition se sentirent mal en la respirant.
Après une rapide exploration de la ville, le Judicateur Ouros dut se rendre à l'évidence: il n'y avait aucun survivant, partout, ce n'étaient que scènes de massacre et de désolation: les cadavres des Orcs gisant auprès de ceux des Draeneï, pour certains horriblement mutilés, les sabots arrachés.
Il s'arrêta devant le corps d'une femme, il ne la connaissait pas, mais sentit un élan de tristesse et de compassion pour la famille et les amis de cette malheureuse; elle avait visiblement beaucoup souffert; elle était nue, sous son sein gauche, un poignard était enfoncé, le retirant, il avait constaté avec horreur qu'il s'agissait d'un fragment de corne de la propre jeune femme; brisées avec la plus grande brutalité, des morceaux étaient éparpillés autour de sa tête...
Sa queue avait également été arrachée, brutalement, sauvagement, des marques montraient que ces monstres l'avaient arrachée à mains nues, puis ils l'avaient étranglée avec; avant de lui enfoncer dans la bouche...
Réprimant un haut-le-coeur, il avisa un morceau de rideau et en enveloppa délicatement le corps, avant de le soulever dans ses bras.
L'un de ses hommes avait découvert un chariot intact dans les décombres; Ouros décida alors que puisqu'il n'y avait aucun survivant, le moins qu'ils puissent faire était de ramener le maximum de corps à l'Exodar, afin qu'ils reçoivent les dernier rites, et puissent reposer en paix.
Il s'approcha du chariot et posa doucement le corps de la femme dedans.
Quelques heures plus tard, ils quittèrent l'endroit, ne se retournant pas; Shattrath était devenue un vaste cimetière, et lorsque le dernier Draeneï disparu à l'horizon, le silence s'abattit de nouveau sur la cité défunte.


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:14

Les Draeneï s'approchaient lentement du chariot, la tension était palpable; les familles, les amis, n'osaient regarder les visages des morts, de peur de reconnaître un proche.

Laevathein, soutenue par sa mère et sa soeur approcha du chariot.


-Lae, tu n'es pas obligée de faire ça...

C'était sa mère, Irni, qui avait prononcé ces mots; elle avait les traits tirés, et regardait sa fille avec anxiété; de l'autre coté, Ashola portait la même expression, elle était pâle et ses lèvres tremblaient.

-Je dois le faire...Je dois savoir !

Laevathein avait répondu d'une voix qu'elle s'efforçait de rendre ferme, mais personne n'était dupe: elle était sur le point de s'effondrer; et tous redoutaient le moment ou ils regarderaient dans le chariot.

Ils finirent par arriver, de tous les cotés, des cris et des pleurs retentissaient; ici, une femme pleurait son mari, là, un père pleurait son enfant.
Tous les muscles de leurs corps tendus à l'extrême, tous les membres de la famille commencèrent à scruter les visages.

Les corps avaient été déchargés du chariot et placés sur des linges, des anachorètes étaient agenouillés auprès de ceux-ci, distribuant les derniers sacrements, certains pleuraient.

Le corps de la femme que le Judicateur Ouros avait enveloppé dans un linge était placé à l'écart, un homme se tenait à genoux devant elle, il pleurait silencieusement; Ouros était venu le rejoindre, lui posant la main sur l'épaule pour le consoler.

Ashola sentait que sa tête allait éclater, elle sentait une terreur croissante monter en elle, et elle redoutait d'être celle qui découvrirait le corps de Maar'nar, elle ne voulait pas annoncer ça à sa soeur.

Alors qu'elle remuait ces sombres pensées, elle entendit un léger cri; levant la tête, elle vit Laevathein immobile, elle était blême.
Alors que Irni et Deern arrivaient, Ashola comprit que sa pire crainte était arrivée: Laevathein venait de découvrir le corps de son époux.


-Lae...

Sa mère tenta de la prendre dans ses bras; Laevathein se laissa faire sans réagir.
Debout devant le corps mortellement blessé de son mari, elle ne pût d'abord que trembler, puis si violemment qu'elle s'arracha à l'étreinte de sa mère, elle se jeta à genoux sur le cadavre de Maar'nar, hurlant, pleurant.


-NOOOON !!! MAAR'NAR !!! NON NON NON NON !!! BAL'AA NAARUUUU.....

Ses mots furent étouffés par ses cris et ses sanglots, à genoux, elle s'arrachait les cheveux, elle déchira ses vêtements; elle serrait son mari dans ses bras, essayant de l'éveiller sous ses baisers brûlants, mais il demeurait froid; elle pleurait sur son visage, les larmes coulaient sur les joues mortes de Maar'nar...

Ashola fondit presque aussitôt en larmes en voyant sa soeur dans cet état, ne pouvant en supporter plus, elle s'enfuit vers l'Exodar; voyant cela, Deern se précipita derrière sa fille cadette, tout en faisant signe à sa femme de rester avec Lae.

Ashola s'était cachée derrière une pile de caisses pour pleurer tout son saoul; elle aimait sa soeur plus que tout au monde, et la voir dans cet état lui avait causé un tel traumatisme qu'elle s'était effondrée nerveusement.
Deern arriva derrière sa fille en silence, il s'approcha d'elle et la serra dans ses bras; Ashola, rassurée par l'étreinte paternelle, pleura durant de nombreuses minutes.

Du coté de Laevathein; ses hurlements étaient entendus de l'autre coté du camp, mais personne n'aurait songé un instant à lui demander d'arrêter, tous partageaient sa peine et son chagrin.
Finalement, Laevathein pleura et hurla tant qu'elle s'évanouit sur le corps de Maar'nar, sa main tenant la main de son époux...


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:14

Le lendemain eurent lieu les funérailles des Draeneï tués à Shattrath.
Le Prophète Velen dirigeait la cérémonie; son discours vanta le courage et le sacrifice de ceux qui étaient tombés, il parla des vies brisées par ces drames; il termina son office en parlant du futur des Draeneï: ils devaient quitter ce monde, afin de survivre aux tourments qui les menaçaient.
Puis, après avoir béni les dépouilles, il rentra dans l'Exodar, certains des Draeneï parmi les plus proches de la scène racontèrent aux autres que le Prophète n'avait jamais semblé aussi vieux et fatigué que ce jour.

Au premier rang, assis en silence, Deern, Irni et Ashola avaient assisté à la cérémonie, Ashola avait les yeux rougis et se mouchait régulièrement, Irni serrait fort la main de son époux; Laevathein n'était pas présente, l'épreuve d'avoir découvert le corps de son mari l'avait brisée, et elle était tombée dans un semi-coma inquiétant; on l'avait confortablement installée dans une chambre dans l'Exodar, ou une guérisseuse veillait sur elle.

Quelques heures plus tard, les derniers corps avaient été enterrés, et le peuple décimé monta dans le vaisseau; quelques minutes plus tard, l'Exodar décollait; les Draeneï laissaient leurs morts, leurs malheurs derrière eux; les Draeneï quittèrent Draenor...


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:15

Ashola et Irni étaient au chevet de Laevathein; cela faisait quelques heures déjà que l'Exodar avait quitté Draenor, les systèmes d'éclairage du vaisseau étaient réglés pour reproduire le cycle jour et nuit, et ici, à en croire l'éclairage, il faisait nuit.

Laevathein n'avait toujours pas reprit conscience, elle était recroquevillée sur son lit; son corps secoué de tremblements, des larmes coulaient encore sur ses joues.

Irni posa sa main sur le front de sa fille, elle était brûlante de fièvre; elle prit alors un linge et le trempa dans un seau d'eau posé au pied du lit et humidifia le front de sa fille.
Ashola, assise à coté de sa mère, regardait sa soeur sans bouger, son visage exprimait une profonde tristesse, mais aussi la fatigue, à part lorsqu'elle s'était brièvement endormie dans les bras de son père quand les corps avaient été ramenés, elle n'avait pas eu de véritable repos depuis leur départ de Shattrath.

Irni regarda sa fille, elle passa un bras autour de son cou, et lui dit:


-Ashola, tu devrais aller te coucher...

Celle-ci posa sa tête au creux de l'épaule de sa mère, et de la main fit un signe de dénégation en montrant Laevathein.

-Non, je ne veux pas la laisser, elle a besoin de moi, et j'ai besoin d'elle...
-Tu ne peux pas l'aider maintenant...Et nous aussi avons besoin de toi, c'est déjà assez de voir notre fille dans cet état, je ne veux pas que mon autre fille vive la même chose...

Deern était arrivé et avait posé sa main sur l'épaule de sa fille; lorsqu'il parla, elle se retourna vers lui; contrairement à son habitude, son visage était grave, lui d'habitude si joyeux ne souriait plus, et montrait tous les signes d'une grande inquiétude; son regard allait de sa femme à Laevathein recroquevillée sur son lit; une grimace passa sur son visage.

-Mais ! Je veux rester avec Lae ! C'est ma soeur ! Je l'aime !

Ashola montrait Laevathein du doigt et s'était presque mise à crier; elle était au bord de la dépression nerveuse; elle trépignait sur place, et même si son visage exprimait une farouche détermination, elle était bouleversée de voir sa soeur au plus mal, et était frustrée de ne pouvoir rien y faire.

-Je sais le sais ma fille, je le sais...Mais tu ne pourras pas l'aider dans l'état ou tu es, regarde toi ! Tu tiens à peine debout ! Vas te coucher, essaye de dormir...

Vaincue, Ashola se leva et passa à coté de son père, la tête basse; elle sortit de la pièce et alla s'étendre toute habillée sur un lit.
Ayant suivi sa fille du regard, Deern attendit qu'elle sorte pour aller s'asseoir aux cotés de sa femme.


-Comment va elle?
-Elle ne s'est toujours pas réveillée, ils disent qu'elle a subi un trop grand choc, et qu'elle est tombée dans le coma...Oh Deern ! J'ai si peur !

Irni tomba dans les bras de son mari en pleurant de désespoir, elle aimait profondément ses filles, et tout comme Ashola, elle ne supportait pas de voir sa fille adorée souffrir aussi atrocement.

-Tu sais, j'essaye d'être fort, pour les filles, j'essaye de me montrer solide, même pour toi; mais...Aujourd'hui, c'est dur, j'ai envie de lâcher prise...

Deern embrassait le front de sa femme, il regarda Laevathein, et murmura une prière avant de s'endormir.


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:15

Durant plusieurs jours, l'atmosphère à bord de l'Exodar fut morose; les Draeneï subissaient le contrecoup des événements, et il n'était pas rare de voir certains fondre subitement en larmes.
Les infirmeries furent bientôt pleines de personnes qui avaient besoin de parler, les anachorètes étaient débordés.

Le Prophète ne s'était plus montré depuis la cérémonie funéraire, et des rumeurs circulaient, concernant l'état de santé de Velen, elles prétendaient qu'il avait été très affecté par ce drame et par l'exode, et qu'il tenait le lit depuis le départ.

Au matin du 5ème jour, Laevathein s'éveilla; Ashola sommeillait sur une chaise à ses cotés quand elle fut réveillée en sursaut.


-Lae ! Tu es réveillée ! Comment te sens tu? Par les Naaru ! Je vais aller chercher papa et maman !

Alors que sa soeur quittait la chambre, au comble de la joie, Laevathein regardait droit devant elle, tous les souvenirs affluaient d'un seul coup dans son esprit; assise sur son lit, ayant sa couverture sur ses genoux, des larmes coulèrent de ses yeux en silence.

Elle pleurait encore quand Ashola et ses parent revinrent. Elle pleurait encore lorsqu'ils essayèrent de la consoler; elle ne répondit pas à leurs paroles, qu'elle n'écoutait pas; elle ne réagit pas plus lorsqu'ils décidèrent de la laisser seule.

Elle revivait sans cesse l'arrivée du soldat, de la fuite de Shattrath, Maar'nar qui décidait de rester, Maar'nar...Son corps froid...Ses lèvres glacées...
Et ça recommençait sans cesse ! Elle ressentait en elle un vide si profond qu'elle pensait qu'il allait l'engloutir, un vide si intense, qui grandissait de seconde en en seconde...
Elle demeura enfermée dans son chagrin, muette, durant plusieurs jours...

Ashola s'inquiéta de nouveau pour sa soeur, au début elle avait sauté de joie lorsque elle s'était réveillée, mais finalement c'était pire maintenant: elle était éveillée, mais ne bougeait pas, elle refusait de se lever, elle ne répondait à aucune parole, elle refusait toute nourriture...
Ashola, sa mère, et même son père s'étaient relayés pour essayer de lui arracher une parole, rien qu'un mot, sans succès; Ashola avait même supplié sa soeur à genoux pour qu'elle accepte de manger; mais Laevathein n'avait pas réagit.

Alors un matin, Ashola se décida: si Laevathein refusait de se lever, de parler et de manger, alors elle devait l'y obliger !

Alors, après avoir déjeuné, elle mit un repas dans un panier, et alla rejoindre sa grande soeur.


-Bonjour Lae ! Écoute, je sais que tu ne veux pas parler, mais je sais que tu m'écoute ! Tu vas venir avec moi, on va aller dans la serre, et tu vas manger ! Et si tu ne veux pas, je vais t'y obliger !

Laevathein, pour la première fois arrachée de sa léthargie, tourna la tête vers Ashola, après avoir vécu un nombre infini de fois les événements des derniers jours, elle avait l'impression de sortir d'un rêve lorsqu'elle entendit la voix de sa soeur, pleine d'autorité, ce qui n'allait pas avec sa voix habituellement douce.

-D'accord...Aide moi à me lever s'il te plait...

Surprise d'un tel revirement, Ashola ne perdit pas contenance et aida sa soeur à sortir du lit, elle dut la soutenir un moment avant qu'elle ne puisse marcher seule; elle avait gardé le lit pendant une dizaine de jours, et la privation de nourriture l'avait grandement affaiblie.

Alors qu'elles marchaient vers la serre, Laevathein s'arrêta soudainement, Ashola se retourna.


-Qu'y a t'il? Lae !

Laevathein s'était subitement pliée en deux de douleur et se tenait le ventre avec les mains; elle s'effondra au sol presque immédiatement.

-Ashola ! J'ai mal !!!

La jeune femme était en sueur, elle tremblait et haletait, son visage de tordait de douleur.

-Lae ! Qu'est ce que tu as ! Parles moi ! Je t'en supplie ! QUELQU'UN ! A L'AIDE !!!

-Ashola ! Je crois que je suis en train d'accoucher ! OOOOHHHHHHHHHH !!!!!

Sous Laevathein, une flaque liquide se répandit; celle-ci hurla de douleur en agrippant la jambe d'Ashola qui grimaça de douleur tant la prise de sa soeur était serrée.

-Ashola ! Mon bébé ! Je ne veux pas perdre mon bébéééééé !! AAAAAHHHHHH !!!! Ca fait MAAAAAALLLLL !!!

Hurlant de souffrance, elle avait l'impression qu'on lui déchirait le ventre de l'intérieur; la vue brouillée par les larmes, la dernière chose qu'elle vit fut Ashola qui se penchait vers elle, et deux anachorètes qui arrivaient en courant; puis elle perdit connaissance...


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:15

Le lendemain, Laevathein s'éveilla; aussitôt les événements de la veille lui revinrent à l'esprit, elle poussa un cri étouffé.
Elle sentait une douleur dans son ventre, une douleur sourde et lancinante; à sa gauche, sa mère était endormie sur un fauteuil, les yeux gonflés par le sommeil, et semblait-il, par les larmes.

Ne voulant pas réveiller sa mère, elle sortit de son lit en silence, puis sortit de la pièce; ses sabots nus claquaient sur le plancher de l'Exodar, et elle se dirigea vers la chambre de sa soeur.
Sentant venir un malaise, elle dut s'appuyer sur le mur pour progresser, des lumières blanches dansaient devant ses yeux; elle se sentait épuisée.

Elle parvint finalement à la chambre de sa soeur; Ashola sommeillait sur son lit, elle était agitée, elle qui avait toujours dormi paisiblement se débattait contre un cauchemar, son visage se crispait et dans ses mouvements elle avait jeté sa couverture au sol.

Elle s'approcha, et posa délicatement la main sur l'épaule de sa soeur.


-Ashola, Ashola, réveille-toi.

Celle-ci ouvrit lentement les yeux, elle paru surprise de voir Laevathein.

-Lae?! Qu'est-ce que tu fais debout?! Tu dois te recoucher, tu as besoin de repos !
-Ashola, qu'est-ce qui s'est passé? Ou est mon bébé?

Ashola devint toute blanche; elle détourna le regard et ne répondit pas. Sa soeur s'assit à coté d'elle, et l'agrippa par les épaules.

-Ashola ! Réponds moi ! Dis moi ! Ou est mon bébé?!

Elle commençait à devenir hystérique et se mit à secouer sa soeur; avant-même qu'elle ne puisse s'en rendre compte, elle hurlait.

-MON BÉBÉ ! DIS MOI OU IL EST ! JE VEUX SAVOIR !!

Ashola se mit à pleurer en silence, elle persistait à ne pas regarder sa soeur, et s'était murée dans le silence.
Alors Laevathein lâcha sa soeur et se jeta sur le lit en pleurant.
Ashola la regarda enfin; elle posa sa main sur son épaule, et dit d'une voix sanglotante.


-Quand tu t'es évanouie....Des prêtres sont arrivés....Ils m'ont aidé...A t'accoucher....

Elle ne put pas continuer sa phrase et éclata en sanglots bruyants, elle se jeta dans les bras de sa soeur, et pleura sur son épaule.

-Je suis désolée...Je suis désolée...Je suis désolée...

Ashola ne cessait de répéter cette phrase, aveuglée par les larmes; elle la répétait encore lorsque sa mère entra dans la chambre et trouva Laevathein inconsciente sur le lit.


Dernière édition par Laevathein le Mar 14 Jan - 11:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:16

Les quelques jours suivant furent éprouvants pour la famille Naalis; tous étaient au chevet de Laevathein; son état était préoccupant; la perte de son époux suivie de celle de son enfant à quelques jours d'intervalle lui avaient brisé le coeur.

Sans vouloir se le dire, Deern, irni et Ashola craignaient qu'elle ne se remette jamais de ces drames successifs; ayant toujours été une famille très unie, tous étaient également affectés du deuil de Laevathein.

Les membres de la famille se relayaient jour et nuit pour être au chevet de leur soeur et de leur fille; elle ne montrait aucun signe d'éveil et restait inconsciente, sans bouger; c'était encore pire qu'avant, car elle n'ouvrait même plus les yeux.

Une semaine après sa fausse couche, il n'y avait aucune amélioration. Dans l'après-midi, Deern se rendit dans la chambre de sa fille pour la veiller; lorsqu'il arriva, le lit était vide, les draps défaits, la couverture jetée au sol.
Deern se précipita hors de la chambre, en proie à l'anxiété croissante qui montait en lui, il courut vers la serre de l'Exodar pour prévenir Ashola qui étudiait la botanique, puis ils se rendirent au temple pour aller chercher Irni, qui donnait l'office.

Les trois membres de la famille réunis, Deern ordonna à chacune de partir dans une direction différente, Laevathein s'était volatilisée; et sans oser en parler à sa femme et sa fille, déjà paniquées; il se dirigea vers la salle des machines, en remuant de sombres pensées.

En arrivant à la salle des machines, il vit sa fille; elle se tenait debout, dos à lui, sur une plate-forme qui surplombait une vaste machinerie d'engrenages, de tuyaux et de cristaux d'énergie.

Deern s'avança lentement vers sa fille, dont la silhouette se détachait étrangement parmi les éclairages du vaisseau; il eu l'impression qu'un silence de mort était tombé sur la salle; alors qu'il progressait vers sa fille, il sentit ses cheveux se hérisser sur son crane.


-Lae? Lae? Qu'est ce que tu fais ici? Descends de cette plate-forme, s'il te plait....

Sa voix se faisait suppliante à présent, il avait du mal à lutter contre la terreur qui étreignait son coeur, et il n'arrivait plus à poser un sabot devant l'autre.
Soudain, dans un éclair de terreur lucide, il sut ce qui allait se passer avant même de le voir.

Laevathein se retourna vers lui, ses yeux étaient rougis par les larmes; elle étendit les bras et se laissa basculer en arrière.


-Ba'laa Naaru ! LAE !

Le voile de terreur sembla se briser, Deern se précipita pour essayer de rattraper sa fille mais la manqua, il s'affala sur la plate-forme et vit Laevathein s'écraser sur le plancher; une vingtaine de mètres plus bas.
Lorsqu'il entendit le corps de sa fille se briser sur le sol; il poussa un hurlement de désespoir.

Vingts mètres plus bas, la jeune femme gisait, une mare de sang s'étalait lentement au sol...


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:16

-C'est un miracle qu'elle aie survécu.

Au fond d'une vaste pièce rectangulaire se tenaient Deern et son épouse, Deern devait soutenir Irni qui n'arrivait plus à se tenir debout.
Deux anachorètes se trouvaient également là; l'un deux, nommé Deeka, venait de prononcer ces mots, à ses cotés, son compère était à genoux et marmonnait des prières en égrenant un chapelet Draeneï.

Laevathein avait tenté de se suicider en se jetant dans le vide; mais miraculeusement, elle avait survécu, cependant, son état était critique, comme expliqua le prêtre.

-Votre fille a de nombreuses cotes brisées, son bassin est fracturé en plusieurs endroits, sa jambe gauche est cassée, ses deux bras sont fracturés en de nombreux endroits; son épaule gauche est déboîtée, son nez est cassé, comme vous l'avez vu, ses cornes sont brisées; et elle a un traumatisme crânien important...

Dans une pièce adjacente, Ashola était allongée elle aussi sur un lit; dès qu'elle avait apprit la tentative de suicide de sa soeur, elle était devenue hystérique et avait fait une crise de nerfs tellement violente que ses parents prirent peur qu'elle ne se fasse du mal; alors Deeka, aidé de son père lui avaient donné un sédatif qui fit l'avait rapidement endormie.

La tentative de suicide de Laevathein était connue de tous dans l'Exodar; et avait causé une très vive émotion; des corbeilles de fleurs et de fruits arrivaient régulièrement à l'infirmerie, des familles entières défilaient pour exprimer leur soutien et leur tristesse aux Naalis.
Deern avait déclaré aux Draeneï présents que lui et sa famille étaient reconnaissants de ces témoignages de bienveillance, mais avait demandé que sa fille soit laissée en paix; finalement, plus personne ne venait, mais les cadeaux continuaient de parvenir, souvent avec des messages et des prières.


-Venez avec moi, j'aimerais vous parler en privé.

Deeka entraîna Deern à l'extérieur de la pièce, tandis que Irni s'effondrait sur le corps de sa fille, pleurant toutes les larmes de son corps et priant avec ferveur.

Une fois sortis, Deeka prit un air grave.


-Deern, je ne voulais pas en parler devant votre femme; mais j'ignore si nous pourrons sauver votre fille...

Deern, qui avait encore en tête l'image de son enfant se jetant dans le vide; ne répondit pas, il se contenta de faire un signe de tête montrant qu'il avait compris.

-Ses blessures sont extrêmement graves, il est possible que ses organes aient été endommagés; j'ignore si elle survivra....

-Que faut-il faire?

-Prier...Prier et attendre, si elle survit à cette nuit, alors elle vivra peut être...je suis désolé, je ne peux rien vous promettre...

Tandis qu'il retournait dans l'infirmerie, Deern resta sur place; il était désemparé, il réalisa soudainement qu'il risquait de perdre toute sa famille; Laevathein, dont le sort demeurait suspendu à un fil, au destin...
Ashola, qui avait toujours eu une relation fusionnelle avec sa grande soeur....
Et Irni, qui ne survivrait pas à la perte d'un deuxième enfant....
Une sueur froide lui coula soudain le long du dos, il releva brusquement la tête.


-Et toi? Comment supporteras-tu la perte de ta fille?

Cette pensée lui sembla atroce dès qu'il l'eut formulée; étouffant un gémissement, il enfonça le poing dans sa bouche tandis que ses yeux s'emplissaient de larmes; il lutta contre l'envie de courir de cogner la tête contre les murs; puis, après quelques minutes à réprimer ses hurlements d'angoisse, il entra lentement dans la salle pour rejoindre sa femme; lorsqu'il fut à ses coté, il la serra dans ses bras plus fort qu'il ne l'avait jamais fait.


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:16

La première nuit fût la plus longue de toute leur vie.
Laevathein reposait sur un lit dans l'infirmerie de l'Exodar; les guérisseurs s'étaient retirés, ayant déclaré qu'ils ne pouvaient rien faire de plus pour le moment.

Seuls restaient désormais dans la vaste salle la famille Naalis; les quelques blessés qui étaient traités ici avaient décidé de quitter les lieux afin de laisser la famille en privé; et se faisaient soigner dans leurs chambres, ils étaient partis après avoir assuré la famille de leur soutien.

Deern et Irni étaient assis sur des chaises, veillant leur fille; ils ne voulaient pas dormir, leurs yeux étaient rivés à une seule chose: le soulèvement de la poitrine de Laevathein, indiquant qu'elle respirait encore.
Ils étaient suspendus à ce souffle, guettant et redoutant qu'il ne cesse soudain; ils sentaient la catastrophe peser au dessus de leurs têtes.

Au milieu de la nuit, la porte de l'infirmerie s'ouvrit, et Ashola entra; elle alla vers le lit de sa soeur, et vit ses parents dormir entrelacés; elle enleva une couverture sur un lit voisin et les en recouvrit.

Puis elle alla se chercher une autre chaise et s'installa au pied du lit de sa soeur et n'en bougea plus pendant le restant de la nuit; on pouvait voir qu'elle s'était rongé les ongles des deux mains jusqu'au sang.

Lorsque le petit matin se leva; Laevathein respirait toujours.


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:17

Lorsque l'éclairage artificiel de l'infirmerie se déclencha, indiquant qu'il était le matin; Ashola se leva d'un bond; sa soeur respirait toujours, elle se précipita hors de l'infirmerie en criant:

-Elle vit ! Elle est vivante ! Elle va guérir !

Une dizaine de minutes plus tard, les guérisseurs étaient présents, Deern et Irni s'étaient réveillés, le visage encore bouffi de sommeil, ils semblaient surpris de voir Ashola, qui elle était au comble de la joie.
Cependant, même si Laevathein avait survécu a sa première nuit; elle n'était pas pour autant sauvée.
Lorsque Deern apprit à Ashola le véritable état de sa soeur, elle fut comme assommée, et dut d'asseoir pour ne pas tomber sous le choc; comme elle était sous sédatifs lorsque Deeka avait décrit les blessures de Laevathein, elle n'avait pas pris la mesure de la gravité de celles-ci, mais avait surpris quelques mots de conversation, et en avait tiré ces conclusions: si Laevathein survivait à la première nuit, alors elle serait sauvée.

Malheureusement, les choses étaient loin d'être aussi simples, les blessures de la jeune femme étaient extrêmement graves, et nécessitaient un traitement particulier, la moindre fausse manoeuvre pouvait la tuer.

Ashola sortit en silence de l'infirmerie, la tête basse.

Lorsqu'elle fût sorti, Deeka se tourna vers les parents.


-Elle n'a pas l'air d'aller bien, dit-il en désignant la porte par laquelle Ashola venait de sortir, j'imagine que vous deux filles sont très proches?

-Oui, elles ont toujours été fusionnelles.

Ce fût Irni qui répondit, le regard tourné vers la sortie; Deern sentit son coeur se déchirer lorsqu'il vit tout le chagrin marqué sur le visage de son épouse, sa voix était épuisée, brisée, elle tenait difficilement debout...
Ils étaient mariés depuis près de 250 ans; et en dehors du triste jour ou leur fils aîné, Ertuus, était mort après avoir chuté dans un ravin à dos d'elekk; elle n'avait jamais montré autant de chagrin.


-Depuis toutes petites déjà, elles étaient inséparables; et en grandissant, ça n'a pas changé, toujours collées l'une à l'autre, elles s'entendaient pour nous faire tourner en bourrique, et...

Elle ne continua pas sa phrase, un sanglot lui coupa la parole et elle enfouit sa tête au creux de l'épaule de Deern; ses pleurs déchiraient le silence de l'infirmerie...On entendit sa voix étouffée:

-Je suis désolée, je ne peux pas...

Tenant sa femme tendrement contre lui, Deern lui-même sentait les larmes monter à ses yeux, mais il résista de son mieux pour écouter ce que Deeka avait à leur dire.

-Je suis désolé de vous imposer cela...Je pense que votre fille devrait voir quelqu'un, elle a besoin de parler, elle est choquée et bouleversée; et si comme vous me l'avez décrite, elle a toujours été fusionnelle avec sa soeur, je crains qu'elle ne fasse une bêtise si jamais...

Il ne termina pas sa phrase, mais Deern avait compris: si Laevathein venait à mourir sur ce lit, Ashola, ne supportant pas de perdre sa soeur, sa moitié, pourrait vouloir la rejoindre, et la suivre dans le suicide.

Pendant ce temps, dans la serre, au bord d'un étang, Ashola était assise dans l'herbe et remuait ses jambes dans le vide, elle pleurait silencieusement; sa soeur était entre la vie et la mort, et elle ne pouvait rien faire.
L'endroit était paisible, et elle finit par s'allonger dans l'herbe, couchée ainsi sur le dos, elle pouvait voir quelques oiseaux qui voletaient d'arbre en arbre; la serre de l'Exodar était très vaste, et contenait de nombreuses espèces d'animaux et de plantes originaires de Draenor.
Tout en regardant les oiseaux qui passaient devant ses yeux, elle se mit à prier à haute voix, une prière aux Naaru, leur demandant, les suppliant de sauver sa soeur, une prière pour ses parents, pour tous ceux qui vivaient à bord du vaisseau; pas une seule fois elle ne pria pour elle-même.
Tandis qu'elle priait, ses larmes continuaient à couler, puis peu à peu, la fatigue de la nuit blanche qu'elle avait passé la prit; le chagrin et l'atmosphère du lieu aidant, elle s'endormit au milieu des arbres; tandis qu'au dessus d'elle, sur une branche un oiseau coassait en nidifiant.


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:17

La semaine suivante se passa sans la moindre amélioration; les blessures de Laevathein guérissaient très lentement, même avec le soutien de la Lumière, elle n'avait toujours pas reprit conscience.

Ashola se trouvait dans la serre, c'était désormais le seul endroit ou elle parvenait à se sentir quelque peu en paix, le seul endroit ou elle n'entendait pas son coeur hurler.
Elle était assise au bord de l'étang, quand sa mère s'installa à coté d'elle.


-Maman? Qu'est ce que tu fais ici?

Irni adressa à sa fille un regard grave; elle avait réussi à prendre du sommeil ces derniers jours, mais les cernes sous ses paupières trahissaient sa fatigue; néanmoins, elle avait voulu profiter de ce moment de calme pour parler avec Ashola.

-Ashola, je sais que c'est dur, c'est dur pour nous tous...
-Je n'arrive plus à dormir, je fais le même cauchemar chaque fois que je ferme les yeux ! Je la vois en train de sauter, chaque fois je vois cette scène, encore, et encore, et encore....
-Ton père ne va pas bien non plus...
-...
-Elle a sauté devant lui, lui n'a pas besoin d'imaginer pour faire des cauchemars...
-Papa fait des cauchemars lui aussi?

Irni hocha la tête, elle tenta un sourire, mais il sonnait si faux, qu'il disparu aussitôt.

-Oui, et moi aussi...Mais c'est ton père qui en fait le plus, la nuit, il me réveille en agitant les bras, il veut rattraper ta soeur avant qu'elle ne tombe, et chaque fois il se réveille en sursaut, puis il réalise ou il est, alors il pleure dans mes bras...

Ashola resta silencieuse, elle avait toujours considéré son père comme un roc, solide, inflexible; mais ce que venait de lui apprendre sa mère la bouleversa tant qu'elle cria plus qu'elle ne posa sa question:

-Maman, est-ce que Lae va mourir?

Irni détourna la tête, les yeux pleins de larmes; maintenant que le sujet était abordé, elle ne se sentait pas la force d'aller jusqu'au bout; le fait que ce soit Ashola qui l'aie formulé rendait cette hypothèse plus présente, plus dramatique...

Quelques heures plus tôt, devant le lit ou reposait Laevathein, Irni et Deern avaient eu une discussion avec Deeka; celui-ci leur avait dit qu'il n'y avait pas le moindre changement dans l'état de la jeune femme, c'était très préoccupant; elle ne montrait aucun signe de vie, aucun signe montrant qu'elle pourrait se réveiller.


-C'est comme si elle ne voulait plus se réveiller...Avait dit Deeka d'une voix gênée; il lui déplaisait profondément d'avoir à annoncer des mauvaises nouvelles aux parents de Laevathein; chaque fois qu'il prenait du repos, il pensait à elle, si bien qu'il avait fini par rester à plein temps à l'infirmerie, se faisant remplacer le moins possible.

Ils avaient tous les trois envisagé l'hypothèse de la laisser mourir.
C'était Deern qui le premier avait prononcé les mots:


-Est-ce que...Est-ce qu'elle souffre?
-Non, je ne pense pas, elle est dans un profond coma.

Irni avait alors regardé son mari avec effroi, elle savait ce qu'il allait dire, et le craignait également, car elle avait elle-même eu cette pensée; qui la remplissait de terreur et de honte.

-Combien de temps pensez-vous...Si vous arrêtiez de la soigner, combien de temps....?

Il ne continua pas sa phrase, il avait le regard fuyant et évitait soigneusement de regarder sa propre épouse, ne voulant pas lire dans son regard le sentiment de dégoût qu'il éprouvait pour lui-même en ce moment.
Deeka hocha la tête pour montrer qu'il avait compris; il pris quelques secondes avant de prendre la parole.


-Si nous cessons tous les soins; alors elle partira très vite...Quelques jours, quelques heures, peut être...Elle ne sentira rien, elle ne s'en rendra pas compte, Ajouta-il en voyant le visage décomposé de Deern; Irni, quand à elle, serra très fort le bras de son mari, elle semblait vouloir fondre en larmes mais luttait de toutes ses forces pour ne pas céder.

-Je vais aller en parler à Ashola, et nous lui ferons nos adieux...

Elle partit seule, Deern la regardait marcher, elle titubait, sous le coup de l'émotion; il savait qu'elle avait le coeur brisé, mais il n'avait pu s'empêcher d'avoir une satisfaction coupable lorsqu'il avait compris qu'elle avait pensé à la même chose; parce que c'était plus facile, plus facile d'imaginer que sa mère, la mère de Laevathein, s'était elle-aussi résignée à l'idée de la mort de sa fille; plus facile, parce qu'il avait besoin de ne pas se sentir seul, à s'écoeurer lui-même de cette pensée.

-Tu ne pourras plus jamais te regarder dans un miroir, pensa t'il.

Alors que Irni était partie voir Ashola, Deern était resté à l'infirmerie en compagnie de Deeka, les deux hommes évitaient soigneusement de se regarder; un silence étouffant pesait dans la pièce.
Allongée dans le lit, Laevathein demeurait inerte.

A présent réunies, mère et fille se tenaient entrelacées; Irni n'arrivait pas à parler, les mots étouffaient sa gorge, et elle sentait que si elle ouvrait la bouche, ce serait pour vomir.


-Maman, est-ce que tu as essayé de soigner Lae?

Surprise, Irni sentit sa gorge se dénouer, et elle répondit avant même de comprendre:

-Non, enfin, si, j'ai voulu, j'ai vraiment essayé, mais...Je n'y arrive pas; je pourrais m'occuper d'elle, mais mon propre enfant, ma petite fille, non; c'est....Je ne peux pas, c'est au dessus de mes forces...

Ashola leva la tête vers elle et se serra plus fort contre sa mère.

-Moi aussi, j'ai essayé, j'ai appelé la Lumière, j'ai prié les Naaru, mais il ne s'est rien passé, je n'y arrive pas ! Je n'y arrive pas maman ! Je le veux, mais je n'y arrive pas !

[i]Irni caressait les cheveux de sa fille et embrassait son front, pour la calmer; elle était désemparée; elle ne savait pas quoi dire, mais il fallait qu'elle fasse quelque chose !


-Viens, on va voir ton père et ta soeur, il faut qu'on te dise quelque chose...

Intriguée, les yeux embués de larmes, Ashola se leva et suivi sa mère; Irni marchait devant sans se retourner, elle ne voulait pas que sa fille la voie pleurer.


Dernière édition par Laevathein le Lun 20 Jan - 13:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:17

-NON !

Les Naalis étaient réunis à l'infirmerie, Deern tenait Irni serrée contre lui; Ashola était en face d'eux; elle venait d'apprendre que ses parents avaient décidé d'arrêter de soigner Laevathein, et de la laisser mourir...

-NON ! NON ! NON ! Elle avait croisé les bras et son visage exprimait un mélange de terreur, de colère et de dégoût.

-Ashola, calme toi....Il faut que tu comprenne...

Deern lâcha Irni et avança vers elle en tendant les bras.

-Ne me touche pas ! Ne m'approche pas ! Tu es un monstre ! Je te déteste !

Frappé par ces paroles, Deern s'arrêta net; la déconfiture se lisait sur son visage, il se tourna lentement vers Irni; ses yeux allaient successivement de son mari à sa fille, alors elle s'avança aussi.

-Ashola, je t'en prie, écoute ton père...

Celle-ci recula vivement, si vivement qu'elle se cogna la tête sur le mur du fond, sans y prêter attention, elle se tourna vers sa mère et lui lança une bordée d'injures.

-ASHOLA NAALIS ! Je t'interdis de parler sur ce ton à ta mère !

Deern avait réagi immédiatement, c'était la première fois que sa fille et sa femme se disputaient ainsi, et, ne sachant pas comment réagir, se mit en colère; mais au fond, il était en colère contre lui-même, comment avait-il pu imaginer, ne serait-ce qu'un seul instant, que sa fille cadette pourrait accepter l'idée de la mort de sa soeur? C'était déjà insurmontable pour lui...

-Tu vas t'excuser immédiatement !

Ashola l'ignora totalement et continua à invectiver sa mère:

-Comment peux tu faire ça? Maman ! C'est Laevathein ! C'est ta fille ! C'est ma soeur ! Pourquoi? Pourquoi?!

Irni avait baissé les yeux; ses cheveux tombaient sur son visage et masquaient son expression; sans attendre sa réponse, elle s'adressa à son père:

-Et toi? Pourquoi tu veux la tuer? Par les Naaru ! Vous n'avez pas de coeur ?! Je vous déteste !

A bout de souffle, Ashola s'affala lourdement par terre, elle se prit la tête dans les mains et pleura en silence; à coté du lit, Deern, les bras ballant, ne savait quoi dire; Irni, à coté de lui, tremblait, la tête toujours baissée.

-Parce que....Parce que c'est ce qu'elle veux....

Ashola leva vivement la tête, sa mère, sans relever la tête, venait de prononcer ces mots; et même si ses cheveux cachaient son visage, la jeune femme savait que sa mère était en train de pleurer.

La situation se détendant quelque peu, Deern s'approcha lentement de sa femme, qu'il enserra, celle-ci se colla contre lui sans un mot; assise par terre, Ashola pleurait en silence, elle jetait un regard suppliant à ses parents; Deern reprit alors, en pesant chaque mot:


-Ca fait un peu plus d'une semaine qu'elle est dans cet état; les guérisseurs nous ont dit qu'ils ne pouvaient rien faire de plus, ses blessures ne guérissent pas, ils disent qu'elle a perdu la volonté de vivre...

Prostrée, Ashola ne répondit pas, les larmes roulaient sur ses joues; Deern continua:

-Nous en avons discuté avec les anachorètes, et avec ta mère...Et...

-Vous avez décidé de tuer ma soeur ! C'est de ça que vous avez parlé?!

Ashola s'était soudainement levée et foudroyait son père du regard, ses larmes coulaient toujours, mais elle ne parvenaient pas à dissimuler la colère de la jeune femme.
Surpris par cette réaction soudaine, Deern recula d'un pas, puis sa mâchoire se crispa, il lâcha la taille de sa femme et avança brusquement vers sa fille, qui prit peur et recula, craignant qu'il ne la gifle; il s'arrêta devant elle et la dominant de toute sa taille, il s'écria:


-Par les Naaru ! Est-ce que tu entends ce que tu dis? Tu nous traite d'assassins? Regarde ta mère ! Regarde moi ! Comment peux tu croire un instant que nous voulions la mort de notre fille? Comment peux-tu imaginer une chose pareille?!

Il pointa le doigt sur le front de sa fille et appuya dessus.

-Je ne veux pas que ma fille meure, pour rien au monde je ne le souhaiterais, ni moi, ni ta mère, jamais ! Mais regarde la...

Il désigna Laevathein, couchée dans le lit, les yeux fermés, et reprit:

-C'est ma fille, et je l'aime, mais parce que je l'aime, je ne veux pas qu'elle souffre davantage, c'est elle qui a voulu mourir...C'est elle qui a sauté, et je n'ai rien pu faire...

Il se laissa tomber sur un lit et se cacha le visage dans ses mains.

-Je n'ai rien pu faire...

Assise à coté du lit, Irni pleurait à chaudes larmes, elle ne se cachait plus, le regard tourné vers sa fille, les larmes coulaient à flots sur ses joues, s'écrasaient sur le couvre-lit; Deern, quand à lui, ne prononçait plus un mot, de temps à autres, il était secoué de tremblements; quelques minutes plus tard, Ashola se leva, elle embrassa sa soeur sur le front, et quitta la pièce, quelques secondes plus tard, on l'entendit hurler de désespoir, ses cris résonnèrent lugubrement dans la pièce, puis s'estompèrent...

-Je suis désolé...

Deern se tenait à genoux devant sa femme, il pleurait encore.

-Mon amour...Elle a raison...

Il avait posé sa tête sur les cuisses de son épouse, et senti que celle-ci lui caressait les cheveux, lentement, doucement, c'était un geste si banal, qui rappelait tant de souvenirs heureux...
Il répondit à voix basse:


-Mais, nous ne pouvons plus rien faire...

-Mais elle a raison ! C'est notre fille, on ne peut pas la laisser s'en aller !

Il releva légèrement la tête, la regardant de biais, les larmes lui marbraient le visage, elle le regardait avec tristesse, il fut frappé de voir à quel point elle paraissait vieillie par le chagrin, il reçu un tel choc qu'il en eut le souffle coupé; tentant vainement de se reprendre, il ne sut que bégayer:

-Elle a sauté, je ne l'ai pas obligée...

-Mon amour, ce n'est pas de ta faute...

Tandis qu'elle lui caressait tendrement la joue, il revoyait la scène, sa fille lui jetant un dernier regard, et se laissant basculer dans le vide, encore, et encore, le bruit, atroce, lorsqu'elle avait heurté le sol, il eut un haut-le-coeur et se força à chasser cette vision de son esprit.

-Je...Je ne peux pas, je ne pourrais pas...Je ne pourrais pas supporter de perdre un autre enfant...J'en suis incapable, et toi?

Elle le regardait dans les yeux, il vit de la tristesse, du chagrin, de la fatigue, mais plus que ça, il vit au fond des yeux de sa femme quelque chose qui l'emplit tout entier de terreur, ce qu'il voyait, c'était la mort; ce regard, c'était un aveu, un aveu terrible, l'aveu que si l'une de ses filles venait à mourir, elle n'aurait plus la force de vivre.
Une autre vision s'imposa à son esprit: il se tenait, debout devant le lit conjugal, devant lui, Irni reposait sans vie, un portait de sa fille serré contre son coeur.

Il sentit ses cheveux se hérisser, tâchant de cacher la terreur qu'il ressentait, il répondit d'une voix usée:


-Non, je ne pourrais pas, je ne veux pas...

Il baissa de nouveau la tête; Irni lui caressait tendrement la tête; un flot d'émotions le submergeait, luttant d'abord, il finit par s'y abandonner, quelques larmes silencieuses coulèrent sur ses joues; toutes les conséquences de la décision qu'ils avaient voulu prendre lui étaient apparues soudainement, froidement, impitoyablement; s'ils cessaient le traitement de leur fille, si elle mourait, alors leur famille serait brisée à jamais; Irni se laisserait mourir de chagrin, Ashola...Il n'avait pas besoin d'imaginer, elle serait incapable également de vivre sans sa soeur; et quand à lui...

-Je suis impuissant...

-Il faut attendre, c'est tout ce que nous pouvons faire...

Pendant ce temps, Ashola était allée se réfugier dans la serre, le seul endroit qui lui permettait d'évacuer son chagrin et sa colère; en ce moment, ce lieu était particulièrement indiqué tant ces sentiments se bousculaient en elle, menaçant d'exploser à tout moment.
Elle se dirigea le plus rapidement qu'elle put vers une clairière isolée qu'elle connaissait; mais avant d'arriver, elle trébucha sur une souche et s'étala lourdement au sol.
De frustration elle frappa le sol de ses poings, sa colère explosa et elle hurla et hurla encore; elle hurlait des jurons, elle hurlait des prières, elle hurlait le nom de sa soeur en martelant le sol avec ses mains.
Elle hurla tant, elle frappa tant le sol avec ses mains qu'elle finit par se casser les doigts et s'entailler les bras, mais rendue insensible à la douleur par sa rage, elle continua jusqu'à perdre connaissance.


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:18

-Avez-vous bien réfléchi?

Deeka s'adressait à Deern; ils étaient à l'extérieur de l'infirmerie, Irni était blottie dans les bras de son mari; il s'était écoulé deux jours depuis la dispute entre Ashola et ses parents.
Depuis, la jeune femme ne leur adressait plus la parole, et allait même jusqu'à refuser de les regarder.


-Oui, nous avons décidé.

Deeka constata que le couple était épuisé, Irni avait maigri, elle toussait, et était plus pâle, Deern lui, tentait de faire bonne figure, mais il n'était pas dans un meilleur état.

-Quoi que vous ayez décidé, nous vous suivrons; et nous accompagnerons...

-Notre fille vivra !

Deern cria plus qu'il ne parla, se surprenant lui-même, Irni sursauta, Deeka, d'abord décontenancé, lui adressa alors un grand sourire, il lança alors d'un ton enthousiaste:

-Alors, nous allons guérir votre fille ! Je vous en fait la promesse ! Même si je dois perdre le sommeil, même si je dois mourir de faim, votre fille se réveillera !

Deeka arborait une expression heureuse, mais il semblait y avoir plus...Irni s'en aperçu et lui demanda:

-Deeka, seriez vous tombé amoureux de Lae?

Le sourire disparu aussitôt, il détourna le regard, et répondit d'une voix morne:

-Non, je ne suis pas amoureux d'elle. Vous savez, j'ai perdu ma femme lors de l'attaque de Shattrath, elle voulait rester, j'ai refusé; je lui ait fait promettre de venir avec moi, mais elle a menti, elle a attendu que je sois appelé pour m'occuper des blessés, et elle est partie...
Lorsque je ne l'ai pas vue dans la foule des réfugiés, j'ai compris...
Le Judicateur Ouros a ramené son corps, ces sauvages l'ont torturée, ils l'ont frappée, ils ont abusé d'elle...
Ce sont des sauvages, des monstres...

Il marqua un silence, Deern, qui s'était tut, vit qu'il serrait les poings: Irni avait mis sa main devant sa bouche, horrifiée.

-J'ai cru que j'allais mourir sur place, mon coeur allait éclater...
Seulement, je n'ai pas craqué, on ne m'en a pas laissé le temps...J'ai du prêter main forte pour soigner les blessés; depuis que nous avons décollé, je n'ai pas eu un moment seul pour y penser...
Je veux sauver votre fille, parce que ma femme est morte pour notre peuple, elle est morte pour que je vive, elle est morte pour que vous viviez, elle est morte, pour que votre fille, vos deux filles, vivent; je ne veux pas laisser ces monstres faire plus de mal, alors je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que votre fille vive, et se réveille !

Alors qu'il parlait, ses lèvres tremblaient, mais aucune larme ne coulait sur ses joues, son chagrin semblait au-delà; du coté des Naalis, Irni pleurait silencieusement, la main toujours sur la bouche, elle était bouleversée de ce qu'elle avait entendu; Deern quand à lui, dansait d'un sabot sur l'autre; il ne savait quoi dire; alors finalement il se décida, et mis sa main sur l'épaule du prêtre.

-Merci, vous êtes un ami précieux, puisse votre épouse veiller sur vous dans la Lumière.

Deeka ne répondit pas, même quand Irni, suivant l'exemple de son mari, vint le serrer dans ses bras en lui murmurant une prière à l'oreille.

Après un long moment de silence, Irni se dégagea des bras de Deeka et revint se blottir dans ceux de son époux; Deeka releva lentement la tête et interrogea:


-Qu'est ce qui vous a décidé à continuer de croire?

Deern ne répondit pas, il fit signe à Deeka de le suivre, ils allèrent à la porte de l'infirmerie qu'il entrouvrit, puis il montra d'un signe ce qui se trouvait dans la pièce.

-Voilà ce qui nous a décidé...

A l'intérieur de la pièce, Laevathein reposait paisiblement sur son lit, assise sur une chaise collée au lit, Ashola caressait les cheveux de sa soeur; ses mains étaient bandées, elle avait refusé qu'on guérisse ses fractures, disant que tant que sa soeur n'était pas revenue à la vie, elle voulait souffrir elle aussi; la tête penchée sur celle de sa soeur, elle lui embrassait le front; régulièrement elle attrapait une touffe de cheveux et la reniflait; son visage exprimait un infini amour et un espoir sans bornes.

Deern referma la porte.


-Voilà pourquoi...Dans notre égoïsme, nous n'avons pas réalisé que si nous perdions Lae, que si nous perdions une fille, nous perdrions également l'autre...

Irni était arrivée derrière Deeka, et regardait la porte de l'infirmerie; elle continua la phrase de son mari.

-Si nous laissons Lae mourir...Ashola ne nous le pardonnera jamais; elle nous détestera jusqu'à la fin de nos jours...Et elle aurait raison...

Deern s'avança pour prendre sa femme dans ses bras, puis conclut:

-Si nous avions pris cette terrible décision, notre famille aurait été détruite, nous aurions perdu nos deux filles, et nous n'aurions plus jamais été capable de nous regarder dans un miroir...
Quelle pitié...C'est notre fille adorée qui nous a rappelé ce qu'était notre rôle de parents...Si j'avais été un meilleur père...

-Et moi une meilleure mère, Intervint Irni,

-Notre enfant n'aurait jamais eu à subir nos fautes, elle n'aurais jamais eu à nous remettre sur le droit chemin; qu'elle soit mille fois bénie...

Deeka ne répondit pas, il savait que c'était inutile; il avait devant lui une famille plus soudée que jamais; il hocha la tête, puis tourna les talons et disparu.

Une dizaine de minutes plus tard; dans le Sanctum de la Lumière; un soldat vêtu d'une lourde armure et portant une majestueuse masse en cristal pourpre barra le passage d'un homme.


-Halte ! Qui va là?

-Je souhaite demander une audience au Prophète.

Le garde sembla se détendre, il baissa légèrement son arme; mais ne bougea pas pour autant.

-Je suis désolé, le Prophète ne reçoit pas.

Le soldat semblait vraiment désolé de répondre par la négative, l'homme qui se tenait en face de lui avait l'air au bout du rouleau, mais les ordres étaient les ordres...

Alors que l'homme tournait les talons, une voix douce et chevrotante résonna de l'intérieur du Sanctum:


-Laissez le entrer.

Se retournant tous les deux, les deux hommes parurent surpris; le soldat tenta de discuter:

-Mais, Prophète, votre santé...

-Ma santé se porte bien, laissez entrer cette âme.

-Bien, Prophète...

Le soldat se retourna en souriant vers l'homme; il lui désigna le passage et s'en écarta tout en s'inclinant.

-Il vous attend, je vous en prie.

L'homme remercia le garde et prononça une prière; puis il entra dans la pièce.

Au début il ne vit rien, la salle était éclairée d'une lumière si vive qu'il en était aveuglé; puis ses yeux s'habituèrent, et il distingua un second passage devant lui, qu'il emprunta avec appréhension.
Il déboucha sur une vaste pièce ornée de cristaux violets comme ceux de la masse du soldat à l'entrée; au centre de la pièce, se tenait un vieux Draeneï, il se tenait de profil; de sorte que l'homme ne put voir entièrement son visage; le vieil homme portait une longue barbe blanche qui descendait jusqu'au bas de sa robe, finement ouvragée; dans sa main droite, il tenait un grand bâton, de nombreux fragments de textes sacrés étaient gravés sur le manche, et au bout brillaient de magnifiques cristaux formant une flèche lumineuse.
Le vieux Draeneï se retourna alors complètement vers son invité, lui faisant face; l'homme ressentit aussitôt une sensation de chaleur dans son corps et dans son coeur; il réalisa alors que la lumière qu'il voyait depuis son entrée au Sanctum semblait émaner directement du vieil homme.


-Deeka Naetis; je t'attendais.

Deeka se mit immédiatement à genoux devant le vieil homme; sa voix était encore plus douce ici; elle était légèrement chevrotante, calme et mesurée; c'était la voix d'un visionnaire, c'était la voix de Velen.

-Prophète, pardonnez moi mon impolitesse, je n'ai jamais voulu vous déranger....

-Tu ne me dérange pas, mon enfant, relève toi, je lis dans ton coeur, je sais pourquoi tu es venu.

Deeka se releva, surpris, c'était la première fois qu'il avait une entrevue avec Velen; mais il savait qu'il se souviendrait de ce moment toute sa vie; il émanait une telle bonté de ce Draeneï qu'il en eu le souffle coupé; Velen le regardait dans les yeux, un sourire aux lèvres, son expression marquait la plus grande bienveillance; des sentiments contradictoires se bousculaient en Deeka, il pensa à sa femme, il pensa à ce qu'il était venu faire ici...

-Mon enfant, ton coeur saigne, ton épouse te manque...

-Comment le savez-vous?

-Je ressens ton chagrin, il étreint ton coeur; sache que ton épouse était une femme courageuse; son sacrifice a permit de sauver de nombreuses vies; son souvenir ne disparaîtra jamais...

Pénétré par ces paroles, Deeka fondit instantanément en larmes, le poids qui écrasait sa poitrine semblait allégé, il savait que les paroles de Velen étaient vraies, elles étaient bonnes; il ne pourrait jamais oublier sa femme...

Après quelques minutes passées à sangloter, Deeka reprit contenance, les larmes coulaient toujours sur ses joues, mais il se sentait un peu mieux; durant ce temps, Velen s'était contenté de l'observer; il connaissait les moindres replis du coeur de Deeka; il avait eu une grimace discrète pendant que ce dernier pleurait, non pas par agacement, mais parce qu'il partageait entièrement ce chagrin.
C'était une des raisons pour lesquelles il ne recevait que rarement les siens, malgré qu'il sache leur besoin d'être rassurés: chaque fois qu'il était en présence d'un autre Draeneï, il sentait les sentiments de celui-ci déferler en lui, il ressentait la peur, la colère, le chagrin de son interlocuteur.
De telles séances le laissaient épuisé, elles le faisaient souffrir, il lui arrivait parfois de maudire son impuissance à ôter le fardeau des épaules de son peuple, sachant que cette impuissance était son propre fardeau, ça, et ses visions...
Il avait eu de nombreuses visions au cours de sa longue vie, certaines sans intérêt, d'autres totalement fausses; ou encore des visions terribles: des mondes dévastés, des civilisations décimées, ne laissant derrière elles que ruines fumantes, et le silence.


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:18

Aujourd'hui il avait décidé de recevoir Deeka; il savait qu'il allait partager le chagrin de celui-ci, mais c'était son devoir, en tant que Prophète; mais c'était également son devoir, en tant que Draeneï...

-Parle mon enfant, tu n'es pas venu aujourd'hui voir un vieux Draeneï pour toi-même; ton coeur parle pour toi, il est pur et respire de ton amour pour tes semblables.

Deeka, encouragé par le Prophète, sécha ses larmes et répondit:

-Oui, Prophète, je viens vous voir pour une jeune femme, elle s'appelle Laevathein.

Velen s'éloigna et alla s'asseoir dans un fauteuil au fond de la pièce, il fit signe à Deeka de venir s'asseoir avec lui. Une fois celui-ci assit, le Prophète reprit la parole:

-Laevathein? N'est-ce pas cette malheureuse enfant qui a perdu son mari et son enfant? C'est cette pauvre enfant qui a voulu en finir avec la vie?

-Oui, Prophète, c'est elle...

Deeka regardait Velen avec espoir; alors lorsque celui-ci reprit la parole, il fut déçu.

-Qu'attends tu de moi? Veux-tu que je guérisse cette jeune fille? Qui serait-je pour m'opposer à la volonté de cet enfant?

Deeka sursauta sur le fauteuil, il se pencha vers Velen, il était venu pour convaincre le Prophète d'intervenir, et ne repartirait pas sans lui.

-Prophète ! Elle a agit par chagrin ! C'est vrai, elle a voulu quitter la vie; mais il ne s'agit pas simplement d'elle ! Ses parents, sa soeur ont besoin d'elle ! Si Laevathein quitte ce monde, la vie de tous les membres de sa famille sera brisée pour toujours !


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:18

Velen demeura silencieux un moment, Deeka, le regard rivé vers le Prophète, espérait qu'il réponde positivement, et c'est au moment ou il croisa les doigts que Velen se leva subitement; il alla au centre de la pièce.
Il leva son bâton, et en fit surgir un éclair de lumière, une fois le flash lumineux passé, Deeka put voir que la lumière avait fait place à une sorte de traînée lumineuse qui s'estompa lentement.


-Qu'était-ce donc? Interrogea Deeka; après son chagrin soudain, il semblait avoir repris la maîtrise de lui-même, et ne se préoccupait plus que de Laevathein.

-Rien qu'une image, mais je crains ne n'être parvenu qu'a assombrir ma vision.

Velen se retourna vers Deeka et lui fit un signe de main.

-Allons-y mon enfant, mène moi à cette malheureuse.

Les deux Draeneï sortirent du Sanctum lorsque le garde les interpella:

-Prophète ! Vous ne pouvez pas sortir seul ! Ou donc vous rendez-vous? Je vais faire mander une escorte !

Velen se retourna vers le garde, qui semblait fébrile; il avança vers lui et lui mis la main sur la tête.

-Je n'ai nul besoin d'escorte là ou je vais; n'ennuie pas tes frères.

Le garde se redressa soudainement et essaya de prendre un ton de reproche.

-Prophète ! Les ordres sont clairs ! Votre sécurité....
-Ma sécurité ne devrait pas être votre préoccupation primordiale ! Je n'ai nul besoin de gardes parmi les miens.

Vaincu, le garde recula d'un pas en s'inclinant, il cru néanmoins devoir faire une ultime tentative:

-Prophète, je vous en conjure ! Au moins acceptez de me dire ou vous allez ! Que mes frères et moi nous tenions prêts !

Velen, soupirant, consentit à dire au garde qu'il se rendait à l'infirmerie pour voir une jeune femme; le garde hocha la tête en silence et se retira; il se rendait à la caserne des Boucliers de Velen pour prévenir ses frères.

Deeka et Velen marchèrent vers l'infirmerie, sur le chemin, de nombreux Draeneï les montrèrent du doigt, et à plusieurs reprises ils furent interrompus par de petits groupes qui venaient vers eux.


"Prophète ! Vous nous avez sauvé !" "Que la Lumière vous protège !" "Est-ce que mes parents sont toujours en vie?"

Celui qui avait posé cette dernière question était un jeune Draeneï, tout juste sorti de l'adolescence, Deeka vit que Velen était mal à l'aise lorsqu'il affirma au jeune garçon que ses parents se portaient parfaitement bien; mais le garçon voulu savoir ou ils se trouvaient...
Il furent sauvés de cet embarras par un attroupement de gens, la rumeur avait rapidement couru que le Prophète était sorti de son Sanctum, et tous voulaient le voir, lui parler; finalement quelques soldats arrivèrent et aidèrent Velen à convaincre la foule de se disperser; il leur parla d'une jeune fille qui était soignée à l'infirmerie; quelques murmures répondirent, et la plupart des Draeneï se retirèrent; peu d'entre eux ignoraient que Laevathein avait tenté de se suicider, même s'ils ignoraient en revanche son nom.

Ils finirent par arriver à l'infirmerie, Deeka remarqua que le Prophète avait la mine sombre et semblait plongé dans ses pensées, finalement il n'y tint plus et posa la question qui lui brûlait les lèvres:


-Ou sont les parents de ce jeune homme?

Velen s'arrêta de marcher si soudainement que Deeka sursauta, il s'arrêta à quelques pas du Prophète et se retourna vers lui; le vieux Draeneï releva la tête et prononça d'une voix mal assurée:

-Je l'ignore...Ce dont je suis sur, c'est qu'ils ne sont pas ici...

Pris d'un horrible doute, Deeka avança vers lui et s'arrêta à quelques centimètres de son visage.

-Prophète, ou est le reste de notre peuple?!

i]Velen détourna le regard, ce qui surprit Deeka, mais il le fût encore plus lorsqu'il vit une unique larme perler au coin de l'oeil du Prophète.[/i]

-Je l'ignore...Nous les avons abandonnés...

Deeka avait posé ses mains sur les épaules de Velen et le tenait, comme s'il voulait le secouer; mais au lieu de cela, il retira ses mains, et pesta en brandissant le poing dans le vide; tout occupé à sa tâche et aveuglé par son chagrin après l'horrible mort de sa femme, il n'avait pas réalisé que nombre de Draeneï n'étaient pas présents dans l'Exodar; il repensa à Ishanah, elle avait été son mentor, il ne l'avait pas vue depuis des années, mais n'avait réfléchi au fait que l'Exodar n'aurait probablement pas pu acceuillir autant de personnes.

-C'est parce qu'elle n'y est pas...

-Comment? Velen sembla émerger d'un rêve; il avait réussi à tromper sa mauvaise conscience depuis leur fuite de Draenor, mais elle surgissait de nouveau, prête à le tourmenter, les voix dans son esprit lui hurlant "Tu nous as abandonné !", parfois les voix avaient des visages, visages cachés par l'ombre, mais néanmoins tellement réels.
Il s'efforça de chasser cette vision de son esprit, et essaya de se concentrer sur la jeune femme qu'il venait voir.


-Allons y, plus vite je verrais cet enfant, plus vite je pourrais faire quelque chose pour elle...

Il n'eût pas besoin de compléter sa phrase, Deeka avait saisi l'essentiel: "je pourrais PEUT ÊTRE faire quelque chose pour elle".

Ils entrèrent dans l'infirmerie.


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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:19

A l'intérieur, Irni et Deern étaient installés dans une chaise longue qui avait été amenée à leur intention; Ashola était toujours au chevet de Laevathein, elle était en train de lui couper les cheveux.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans la pièce, le claquement de leurs sabots éveilla en sursaut les parents, lorsqu'ils virent le Prophète en personne, Irni poussa un cri étouffé, tandis que Deern piétinait sur place, ne sachant pas comment réagir.

Finalement Deern alla au devant des deux Draeneï, il s'inclina devant Velen.


-Prophète ! Je...Nous...C'est un très grand honneur pour nous !

Velen posa sa main sur la tête de Deern et fit un signe de bénédiction, pendant ce temps, Deeka était aller chercher Irni qui semblait paralysée en voyant le Prophète.
Ashola s'était contentée de lever la tête à l'arrivée des Draeneï, mais elle ne s'était pas levée, et continuait de couper les cheveux de sa soeur, elle grimaçait de temps à autres, ses doigts étaient très douloureux.


-Par la Lumière, Prophète ! Vous êtes une bénédiction pour nous tous !

Irni avait enfin réussi à parler, elle était extrêmement impressionnée, et n'osait pas lever la tête pour regarder Velen dans les yeux.

-Merci mon enfant, je suis touché par votre accueil; votre détresse est parvenue jusqu'à moi, grâce à ce noble coeur.

Il désigna Deeka, qui, après avoir aidé Irni à se lever, s'était dirigé vers Laevathein, il tenait la tête de la jeune femme tandis qu'Ashola maniait une paire de ciseaux.

-Vous...Vous allez guérir notre fille?

Irni avait lancé la question, cette fois elle avait levé la tête vers Velen, et le regardait avec espoir.

-Je l'ignore, je dois d'abord la voir de mes propres yeux.

Les épaules d'Irni s'affaissèrent et elle baissa la tête, Deern s'empressa de la serrer dans ses bras; Velen se dirigea ensuite vers le fond de la pièce.

Lorsqu'elle sentit la présence du Prophète derrière elle, Ashola leva la tête, mais elle resta silencieuse; Deeka lui s'était levé.
Voyant que Deeka avait reposé la tête de Laevathein sur l'oreiller, elle se décida à parler:


-Pourquoi vous arrêtez-vous? Je n'ai pas encore terminé.

Velen posa sa main sur l'épaule d'Ashola et lui parla doucement.

-Mon enfant, tu es Ashola, n'est-ce pas?

La jeune femme ne se retourna pas, et se contenta de répondre d'une voix morne:

-Oui.
-Deeka m'a beaucoup parlé de toi, et de ta dévotion à ta soeur; je suis Velen.

Ashola avait regardé Deeka qui lui souriait lorsque Velen avait parlé de lui; puis lorsqu'elle entendit le nom de Velen, elle se leva d'un bond et se tourna vers le Prophète.

-C'est vous? Par les Naaru ! Vous êtes venu pour guérir ma soeur?

Velen ne répondit pas, à la place, il désigna les mains d'Ashola, couvertes de bandages.

-Que t'es il arrivé mon enfant? Montre moi ces blessures, je peux les soulager.

Ashola qui avait avancé les mains quand le Prophète les avait désigné, les retira aussi vite lorsqu'il parla de les soigner, le visage soudainement fermé, elle déclara avec fougue:

-Je ne veux pas que mes blessures guérissent, tant que ma soeur souffre, je souffrirais avec elle !

Son visage exprimait un entêtement enfantin, mais son regard marquait une véritable détermination: tant que Laevathein serait dans ce terrible état, sa jeune soeur refuserait tout soin pour elle-même.

Impressionné, Velen regarda Deeka, celui-ci rayonnait, Chacun pu lire dans le visage de l'autre les pensées qui s'y déroulaient: Deeka avait espéré que l'amour et la détermination des Naalis pour sauver Laevathein frapperait le Prophète dès son arrivée; visiblement, le plan du jeune prêtre avait porté ses fruits; Velen put lire sur le visage de Deeka une expression de victoire; il ne put s'empêcher de sourire.
Regardant de nouveau Ashola.


-Ton amour pour ta grande soeur est immense, je le ressens dans mon coeur, cet amour est pur et inconditionnel, Il se retourna vers les parents qui s'étaient approchés du lit, vous aimez votre fille de tout votre coeur; cet amour est bon; je crois que je comprends ce que voulait dire Deeka: il ne s'agit pas seulement de votre fille, mais de toute votre famille; je sens en vous la blessure provoquée par l'acte de cette pauvre enfant.

Il s'agenouilla devant le lit, et posa sa main sur le front de la jeune Draeneï.

-Je ferais de mon mieux pour vous la ramener.

Les Naalis se tenaient tous enlacés derrière le Prophète, Deeka par pudeur, se tenait un peu à l'écart, lorsque qu'Irni lui attrapa le bras et le serra également.

Devant le lit, Velen murmurait des prières, il palpait le visage, les bras de Laevathein; au bout de quelques minutes, il se releva, l'air grave.
Deeka et Deern furent les premiers à voir qu'il paraissait contrarié, ils demandèrent en même temps:


-Alors? Est-ce que vous pouvez faire quelque chose?

Velen ne répondit pas de suite, à la place, il alla s'asseoir sur un lit, posant son bâton à coté de lui, puis il leva la tête vers le groupe.

-Je suis navré, je ne peux rien faire...

Ashola poussa un cri étouffé et se réfugia dans les bras de sa mère, Irni elle était tellement bouleversée qu'elle ne put esquisser le moindre geste; Deern était devenu pâle comme un linge.

-Mais pourquoi? Que s'est il passé?!

C'était Deeka qui était intervenu, son visage exprimait le désarroi le plus complet.

-Le coeur de cet enfant est brisé, son chagrin est si profond que j'ai bien cru m'y perdre moi-aussi...

Il se leva et s'approcha du lit ou gisait Laevathein, en la regardant, il continua:

-Son corps n'est plus en danger, vous avez accompli une oeuvre merveilleuse; ses blessures sont en train de guérir, et je pense qu'elle n'en conservera aucune séquelle...

-Mais alors, pourquoi elle ne se réveille pas?!

Ashola avait crié sa question, presque hystérique, elle fixait Velen, les larmes aux yeux.

-Je pense que l'état de ses blessures n'est pas ce qui l'empêche de s'éveiller...Ta soeur, mon enfant, souffre énormément, je l'ai ressenti si vivement auprès d'elle, que j'en ait mal moi-aussi...

Il marqua un silence; il se demandait s'il devait continuer...Deern eut l'air de comprendre et le pressa d'achever sa phrase.

-Votre fille...A perdu toute volonté de vivre...C'est pour cela qu'elle ne se réveille pas...

-Mais alors, que faire? Que devons-nous faire?

Irni s'était avancée, ses mains tremblaient et elle était fébrile.

-Je l'ignore...Je l'ignore...Je ne peux que supposer, et souhaiter, que la présence de ceux qui l'aiment autour d'elle finira par atteindre son coeur brisé, suffisamment pour le réchauffer assez; assez pour qu'elle ouvre les yeux...

Ashola, en attendant ces mots, se précipita vers sa soeur et s'agenouilla devant elle; elle lui prit la main et lui embrassa le front, pleurant et murmurant "Je t'aime grande soeur, je ne te laisserais pas, tant que tu dormiras, je serais là, je te le promets..."

Velen s'était levé et avait regardé en silence cette effusion d'amour, il paraissait troublé; se tournant vers les parents, il reprit:

-Je suis désolé, j'aurais aimé pouvoir faire plus...
-Vous avez déjà fait beaucoup: vous nous avez rendu foi en nous, vous nous avez rendu l'espoir.

Le Prophète tourna les talons et commença à se diriger vers la sortie de l'infirmerie; Deeka se précipita au devant de lui:

-Je vais vous raccompagner !
-Non, cela ira, mes braves protecteurs sont déjà là, regarde.

Il désigna devant lui deux ombres qui se rapprochaient; lorsqu'ils sortirent de l'infirmerie, deux Draeneï, un homme et une femme, portant une armure finement ouvragée saluèrent le Prophète; Deeka reconnu le Draeneï qui lui avait tout d'abord refusé l'entrée du Sanctum, il lui fit un signe de tête que l'homme lui rendit en souriant; la femme quand à elle s'inclina franchement en esquissant un sourire.

Les deux gardes du corps du Prophète se mirent de chaque coté, et le groupe s'éloigna lentement.
Deeka put voir que Velen baissait la tête, même de dos, sa contrariété était évidente, nul besoin d'être devin pour comprendre qu'il se reprochait de n'avoir pas été capable de guérir une jeune femme.

Alors qu'ils tournaient au coin du mur, Deeka entendit quelques mots de conversation, il entendit aussi la jeune femme s'exclamer, elle avait une voix cristalline et semblait véritablement choquée; il n'avait pu s'empêcher de lui jeter un regard, et il l'avait trouvée très belle
Souriant tout seul, il entra de nouveau dans l'infirmerie, il devait lui-aussi faire son deuil, mais peut être, un jour la vie reprendrait ses droits...


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Laevathein
Zoulie Draeneï
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:19

-Dites moi Deeka, vous pensez qu'on pourrait l'emmener?

La famille Naalis était rassemblée dans l'infirmerie; Irni et Deern étaient comme toujours blottis l'un contre l'autre; Ashola était assise à coté de sa soeur et lui caressait les cheveux en silence.

La visite de Velen s'était produite la veille, et bien qu'il n'aie pas apporté de délivrance, l'espoir était revenu; au moins, la famille savait que Laevathein n'était plus en danger de mort.


-Et bien, je suppose que oui; je pense que ce serait mieux d'ailleurs. Se trouver dans un lieu plus proche de chez elle pourrait l'aider...

Cela faisait près de deux mois que Laevathein était traitée dans l'infirmerie, et bien que tous leur avaient assurés qu'ils étaient les bienvenus, ses parents auraient préféré pouvoir prendre soin d'elle dans leurs quartiers privés, ils avaient commencé à se recréer un nid bien à eux; cela ne valait pas leur demeure à Nagrand, mais c'était leur foyer; et c'était ce dont avait besoin la jeune femme, même dans le coma.

-Allez grande soeur, on va rentrer à la maison...

Ashola marchait à coté de sa soeur, on la transportait sur une civière, et elle lui tenait la main; elle était tant occupée à regarder sa soeur qu'elle manqua de se cogner plusieurs fois, ce qui chaque fois lui déclenchait un éclat de rire tellement la situation paraissait cocasse au vu des événements actuels.

Finalement ils arrivèrent dans leurs quartiers; ils se composaient d'une grande salle de séjour, d'une cuisine, de commodités, ainsi que trois chambres.


-Je dors avec Lae ! S'exclama Ashola aussitôt qu'ils étaient arrivés; elle n'était pas encore venue elle non plus dans cet appartement, car elle n'avait fait que passer de l'infirmerie à la serre depuis qu'elle était sur le vaisseau, elle prenait ses repas dans l'infirmerie, et dormait dans un lit qu'elle rapprochait de celui de sa soeur.

Dans la pièce du fond se trouvait un lit à deux places; la chambre des parents, on voyait quelques portraits soigneusement placés sur une table basse, on y voyait Laevathein et Ashola à différents stades de leur vie, toujours ensembles; en voyant ces portraits, Ashola ne put s'empêcher de verser une larme et de sourire.
Fixé au mur, un portrait instantané de Laevathein en robe de mariée, Maar'nar la tenait par la taille et lui plantait un baiser dans le cou tandis qu'elle riait...

Ashola se sentit mal en voyant ce portrait; le mariage de sa soeur ne datait que de trois mois, cela semblait une éternité; comment imaginer que cette vie de bonheur allait laisser place au malheur et au chagrin?

Tandis que Deeka et Deern emmenaient Laevathein dans une des chambres et l'installaient dans le lit; Irni avait saisi le regard d'Ashola, en le suivant, elle comprit immédiatement ce qui clochait; alors elle vint s'asseoir à coté de sa fille.


-Je devrais retirer ce portrait, mais je n'y arrive pas, elle était si riante, si heureuse...
-regarde maman, regarde ses yeux, ils brillaient, et Maar'nar...Pourquoi n'est il pas parti avec nous? Lae serait debout, nous serions tous réunis...

-Ton beau-frère est resté, parce qu'il n'aurait jamais pu trouver le sommeil en sachant que par sa présence, sa femme risquait les pires souffrances.

Deern était arrivé dans la salle de séjour et avait entendu les mots d'Ashola; elle et Irni étaient assise cote à cote dans un confortable canapé, et regardaient le portrait de la jeune femme le jour de son mariage; Deern s'approcha et le regarda également.

-Mais c'est AUJOURD'HUI qu'elle souffre ! c'est MAINTENANT qu'elle a besoin de lui !

Deern s'assit à coté d'Ashola, de l'autre coté, sa femme le regardait avec un mélange de peur et de curiosité. "Tu n'avais pas ce regard avant..." pensa-il lorsqu'il vit le visage de son épouse; il poussa un soupir; puis répondit, en choisissant soigneusement ses mots, il savait qu'il marchait sur des oeufs.

-Maar'nar...Attachait beaucoup plus d'importance à la sécurité, à la vie de Laevathein, qu'à sa vie propre. Quand ils se sont mariés, tu te souviens, mon amour; à la fin de la cérémonie, vous deux étiez avec Lae; et moi j'étais avec lui.

Ashola et sa mère hochèrent la tête; Ashola se souvenait très bien: elle était sur un petit nuage et s'extasiait sans arrêt sur la beauté de sa grande soeur; et leur mère pleurait de joie en se tamponnant le visage avec un morceau de nappe.

-Nous sommes sortis et avons marché un peu, je voulais lui donner le collier que ton père m'avait donné, tu te souviens?

Irni hocha de nouveau la tête: lors de son propre mariage avec Deern, son père avait offert à celui qui était devenu son mari un collier qui était dans la famille depuis des générations; ce jour-là, Deern s'était engagé à offrir ce collier, symbole de fortune et de mariage heureux, à l'époux ou l'épouse de son premier enfant.

-Alors que je sortais le collier de son écrin, il s'est d'un seul coup mis à genoux devant moi ! J'étais tellement surpris que j'en suis resté les bras ballants; et là, il m'a dit ces mots, je m'en souviendrais toute ma vie: "Père, aujourd'hui vous m'avez reçu au sein de votre famille, j'y ait gagné une magnifique épouse, qui donnera bientôt naissance à notre premier enfant; j'ai gagné une formidable soeur, j'ai gagné une mère sans égale, et un père généreux. Permettez-moi de vous faire la promesse suivante: si les ténèbres menacent ma famille, que ma vie serve de rempart, et que ma mort, si elle doit survenir, protège la vie que j'ai juré de chérir."

Deern cessa de parler après cela; Irni serrait Ashola dans ses bras, celle-ci avait détourné le regard, instinctivement, elle avait porté ses yeux en direction du lit de sa soeur.

-Il a vraiment dit ça? Irni avait posé la question d'une voix faible, elle avait vraiment l'air de se sentir mal, au point que Deern se leva et alla lui tâter le front; voyant que tout avait l'air correct, il se tranquillisa, mais se rassit directement aux cotés de son épouse.

-Oui, il m'a vraiment dit ça; j'ai essayé de le dissuader de faire pareille promesse, mais il n'a rien voulu entendre; je n'aurais jamais imaginé qu'il aurait l'occasion de la tenir....Et encore moins aussi vite...

Dans la chambre de droite, Laevathein gisait toujours, plongée dans un profond coma...


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MessageSujet: Re: Soeurs.    

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