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 Soeurs.

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Laevathein
Zoulie Draeneï
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Jeu 2 Jan - 0:09

Ils s'activaient sans un bruit, au centre de la vaste pièce.
Les corps des Draeneï assassinés avaient été laissés là, mais personne ne s'en occupait, même Sholena était trop absorbée par sa tâche pour seulement songer à les profaner.

Assis contre un pilier, le chef du groupe observait ses serviteurs déposer des bombes contre les cristaux; en réalité, ils n'avaient que trois engins, mais tellement bourrés d'énergie gangrenée, qu'ils en étaient instables, et requéraient un réglage minutieux pour ne pas exploser et tuer leurs utilisateurs.

Valias et Sholena se trouvaient à sa droite, Mériden en face de lui, et il savait que Themisios se tenait au fond de la salle; il était difficile de sonder ses motivations, il savait que celui-ci n'agissait pas pour la gloire du Prince Kael'thas, il n'agissait pas non plus pour une quelconque vengeance; au fond, cela n'avait que peu d'importance, tant que le Prince pouvait compter sur lui, nul n'était besoin de connaître ses raisons de servir.


-J'ai terminé.

Mériden se leva et se retourna vers le chef, il désigna l'engin qui était installé contre l'un des cristaux de guidage.

-Bien, va aider Themisios dans ce cas.
-Ce ne sera pas utile, j'ai terminé également.
-Nous aussi.

Le groupe se rassembla devant leur chef; celui-ci se leva, il fit le tour du pilier pour voir la bombe qu'avait réglée Mériden, et hocha la tête; ne jugeant pas utile de vérifier les autres, il se retourna de nouveaux vers le groupe.

-Très bien, si vous n'avez pas commis d'erreur, nous disposons maintenant de dix minutes pour nous mettre à l'abri, nous allons retourner dans notre cachette, maintenant.

Tous saluèrent, et se dirigèrent vers la sortie.
Dans la pièce, contre les cristaux, les engins explosifs pulsaient de plus en plus lentement, mais de plus en plus fort, la lumière verte fluorescente se voyait dans toute la pièce désormais.


Au même moment, sur la place du marché.
Laevathein patrouillait, les pensées ailleurs, ne prêtant guère attention à ce qui se passait autour d'elle, des enfants passèrent à coté d'elle en riant, poursuivis aussitôt par une femme en robe qui les menaçait d'une bonne fessée.
Souriant à cette vision, elle reprit sa tournée, lorsque subitement, une énorme explosion retentit.

Les murs tremblèrent et le sol se pencha, les étals se renversèrent, les Draeneï présents, y compris Laevathein furent jetés par terre, puis, avant que quiconque ne puisse se relever, une autre explosion, encore plus forte, retentit; le sol et les murs tremblèrent de nouveau, des morceaux de mur et de plafond se détachèrent et tombèrent en pluie sur les Draeneï.

Après avoir attendu quelques secondes que les tremblements se calment, Laevathein se releva péniblement, aidant les personnes qui se trouvaient à ses cotés à se relever, elle regarda autour d'elle, dans l'espoir d'apercevoir quelque chose qui puisse la renseigner sur ce qui se passait.

Des cris et des hurlements résonnaient dans les couloirs et sur la place, des Draeneï tentaient de s'enfuir, paniqués, des bousculades avaient lieu.
Laevathein, en voyant cela, oublia l'idée d'avoir des éclaircissements et se fraya un chemin vers la foule qui bloquait la sortie, elle tenta de crier plus fort que la foule:


-Calmez-vous ! Calmez-vous ! Je suis de la Main d'Argus, tout est sous contrôle, calmez-vous, arrêtez de bousculer, vous allez vous blesser !
-La Main d'Argus? Alors vous savez ce qui se passe, dites nous !
-Oui, dites nous !

Des voix s'élevaient de la foule, des voix d'hommes, de femmes, paniqués. Elle sentait l'inquiétude monter en elle; elle avait menti, et ils le sentaient, elle n'avait pas la moindre idée de ce qui se passait, et encore moins si c'était sous contrôle.

-Je...
-Ne perdez pas votre calme, nos hommes et nos femmes vont vous aider à évacuer, dans le calme, suivez les soldats.

Laevathein se retourna brusquement, l'Exarque Estis venait d'arriver, suivi d'une dizaine de soldats, il avait rétabli le calme en parlant d'une voix forte; elle vit que les gens parlaient entre eux, elle voyait des hochements de tête approbateurs, puis, les Draeneï sortirent de la place du marché par petits groupes, encadrés par les soldats.
Elle resta ainsi à observer les gens partir, et lorsque le dernier marchand eut quitté les lieux, une main se posa sur son épaule, elle se retourna.


-Exarque, je suis désolée, je n'ai pas été à la hauteur...
-Assez, nous n'avons pas le temps pour cela, vous vous en êtes bien tirée, compte tenu des circonstances.

Elle fut alors surprise de voir que l'Exarque semblait très inquiet, elle demanda alors:

-Quelles circonstances? Exarque, que se passe t'il? Ces explosions, qu'est-ce que c'était?
-Un sabotage, les cristaux de guidage de l'Exodar, et des cristaux du bloc moteur ont été détruits par des explosifs.
-Comment? Mais comment est-ce possible? Aucun Draeneï n'aurait pu faire ça !
-C'est vrai, ce ne sont pas des Draeneï, juste avant d'arriver, j'ai été informé que les corps de deux soldats avaient été retrouvés, malgré leur pitoyable état, ils ont été égorgés.

Laevathein retint un haut-le-coeur, elle mit sa main devant sa bouche et se retourna; derrière elle, l'Exarque continua:

-Je comprends que cela vous écoeure, mais ce n'est pas le pire: les techniciens appelés en urgence ont dit que les cristaux étaient irréparables.
-Que...Qu'est-ce que ça signifie...?

Laevathein se retourna lentement vers son supérieur, elle sentit la main glacée de la peur se refermer sur son coeur en attendant qu'il réponde:

-Nous allons nous écraser.
-Ba'laa Naaru ! Je, je crois que je vais vomir...!

Estis s'avança alors rapidement et la prit par les épaules, il la força à se redresser et à le regarder.

-Vous n'avez pas le loisir d'avoir peur, ni de vous sentir mal, Aarnéa, je dois m'occuper de faire évacuer tous les Draeneï que je peux, nous allons trouver refuge dans les capsules de survie; vous, vous allez rejoindre votre famille, vous allez les emmener au Sanctum, et vous allez vous y enfermer, allez, maintenant !
-Mais, et vous?
-J'ai assez d'hommes sous mes ordres pour continuer, mon père s'occupe de ratisser une autre partie du vaisseau; l'évacuation est presque terminée, maintenant partez !

La jeune femme obéit et quitta les lieux; en sortant de la place du marché, elle constata l'étendue des dégâts: de vastes pans de murs s'étaient écroulés un peu partout, des décombres bloquaient parfois le passage; de légères explosions retentissaient dans le lointain, de la fumée montait lentement en volutes et s'épaississait au fur et à mesure.

-Ashola, papa, maman !

La panique finit par avoir raison d'elle; elle se mit à courir le long des couloirs, elle croisa des groupes de personnes qui se dirigeaient vers les capsules de survie, chaque fois elle s'arrêtait pour tenter de reconnaître sa famille, mais ils n'y étaient pas.
Une sueur glacée lui coulait le long du dos, au comble de la terreur, des larmes commençaient à lui couler le long des joues, lorsque soudain, une voix résonnante l'enveloppa.


-Chers frères et soeurs, je prie la Lumière qu'il ne soit pas trop tard, à l'heure actuelle, nos protecteurs de la Main d'Argus vous aident à vous diriger vers les capsules de survie de l'Exodar; je vous enjoint, je vous supplie de les suivre. Le temps nous est compté, et je...

La première surprise passée; Laevathein se remit en route, légèrement calmée, la voix du Prophète, qui semblait venir des murs, résonnait dans tout le vaisseau, celui-ci lançait un appel au calme et expliquait à son peuple que le vaisseau allait s'écraser sous peu.

N'écoutant déjà plus les mots du Prophète, Laevathein, à bout de souffle, parvint à l'appartement de ses parents, elle trouva la porte grande ouverte, entrant précipitamment, il ne lui fallu pas plus d'une seconde pour comprendre que sa famille avait déjà été évacuée; dans la chambre d'Ashola, elle trouva la peluche de sa soeur sur le lit; à ce moment, la terreur qui l'étreignait depuis l'annonce de l'Exarque la submergea, elle s'effondra à demi sur le lit en pleurant, elle prit la peluche et se cacha le visage dedans en gémissant.


-Lae? Lae? Lae !

Deern pénétra dans la chambre et vit sa fille sur le lit de sa soeur; il la prit par les épaules et la releva.

-Lae, Ba'laa Naaru, Lae !
-Papa !

Il allait lui demander pourquoi elle n'avait pas évacué, mais une violente explosion, plus proche que les autres, lui referma la bouche, il prit la main de sa fille et l'entraîna à sa suite.
Il prirent un chemin que la jeune femme reconnu très vite, c'était celui qui menait au Sanctum; là, une troupe de soldats les prirent en charge et les emmenèrent vers un groupe de capsules.


-Lae ! Oh Deern, tu l'as retrouvée !
-Oui, grâce à la Lumière...

Elle se laissa prendre dans les bras par sa mère en silence, elle n'avait toujours pas lâché la peluche; puis Ashola approcha lentement.

-Lae, pourquoi n'es-tu pas venue? Nous étions très inquiets; l'Exarque Estis nous a dit de venir ici.
-Je...

La jeune femme remua les lèvres sans qu'aucun son n'en sorte, en souriant, Ashola la serra dans ses bras; elle lui posa un baiser dans le cou et lui prit lentement la peluche des mains.

-Tu as pensé à me le ramener, tu n'aurais pas du, j'échangerais un million de peluches pour une minute passée avec toi...

Dans la grande pièce, plusieurs familles étaient réunies, à l'entrée, des soldats discutaient, l'air inquiet; enfin, l'Exarque Estis, suivi par ses troupes, et l'Exarque Matos arrivèrent, d'autres soldats et commandants arrivèrent quelques minutes plus tard, en accompagnant des dizaines de personnes.

-Tout le monde a été évacué vers les capsules?
-Oui, Exarque.
-Le Prophète?
-Il a été mis en sécurité à l'annonce immédiate du sabotage.
-De quel endroit a il parlé alors?
-Il est sorti de sa capsule pour s'adresser à notre peuple, personne n'a songé à l'en empêcher.
-Velen...Veillez à ce qu'il ne sorte plus, nous ne pouvons pas le perdre !
-Je pense que nous devrions faire entrer les gens dans les capsules.
-Ca devrait déjà être fait, qu'attendez-vous?
-A vos ordres.

Estis se tourna vers la foule rassemblée là, il prit la parole et cria, pour se faire entendre au dessus des conversations:

-Écoutez-moi ! Les soldats vont vous emmener vers les capsules, vous allez vous y enfermer, et vous ne devrez pas en sortir avant qu'on vienne vous chercher, comprenez-vous? Votre vie et celle de votre famille en dépendent: vous ne devez pas quitter ces capsules tant qu'on ne vous ouvre pas de l'extérieur !
Allez, maintenant !

Les soldats escortèrent les familles vers les vastes capsules de survie aménagées contre les parois; la famille Naalis se retrouva avec un jeune couple portant un enfant en bas âge; la femme était terrifiée, et se recroquevillait contre son compagnon; Irni se dirigea vers eux et tenta de rassurer la jeune femme, sous l'oeil craintif de l'homme.
Ils pénétrèrent dans la capsule; celle-ci comportait une dizaine de places individuelles, des sangles étaient fixées aux parois, conçues pour être attachées soi-mêmes.
Des soldats passaient la tête par les portes pour voir si les gens s'étaient solidement harnachés, et les aidaient le cas échéant.
Dans la capsule des Naalis, se posait le problème de l'enfant: il était trop petit et les sangles n'étaient pas à sa taille, sa mère décida de le garder avec elle, elle jeta un regard résigné à son époux qui lui attachait les sangles; il lui rendit un regard attristé; Irni et Deern observaient en silence, Ashola regardait sa soeur, attachée à coté d'elle.
Laevathein voyait ce jeune couple, à la place de la jeune femme, elle se voyait elle-même, et à la place de l'homme...

Une énorme explosion, le sol trembla et remua, des cris retentirent.


-Fermez les capsules, allez, allez, allez ! Ca va exploser !

La porte de leur capsule fut refermée brusquement, le claquement résonna lugubrement dans la pièce faiblement éclairée d'une lueur violette...


-Je parie que je prendrais plus de poisson que toi !
-Ne sois pas prétentieux, jeune homme, tu as encore beaucoup à apprendre.
-Papa, c'est quoi ça?

L'Elfe se leva et suivit du regard la direction que lui désignait l'enfant; était-ce une étoile? Non, c'était trop gros, mais, ça bougeait ! Non, ça ne faisait pas que bouger, ça se rapprochait ! Des éclairs brillants parsemèrent le ciel quelques instants, suivant la trajectoire de la chose, qui grossissait toujours; elle se rapprochait du sol très vite.
On entendait maintenant un énorme bruit, se retournant, il farfouilla dans son panier pour trouver sa longue-vue.


-Allez, allez, ou l'ai-je mise? Ah, la voil.....

Une gigantesque explosion retentit dans la nuit; se retournant brusquement, la bouche grande ouverte, il lâcha sa longue-vue, qui tomba sur le plancher de la barque et se brisa.
Au loin, une immense colonne de feu s'élevait sur l'île; puis, les feuilles des arbres commencèrent à bruisser, de plus en plus fort.


-Taendi, couche-toi !
-Qu'est-ce...
-COUCHE-TOI !

L'Elfe jeta son fils sur le plancher tandis que la barque fut soudain soulevée de l'eau et projetée dans les airs; elle alla s'écraser une vingtaine de mètres plus loin, sur un arbre, se brisant sous le choc, les deux Elfes furent éjectés et tombèrent lourdement au sol.
L'homme roula sur le ventre et leva la tête, devant lui, la mer, habituellement calme, était agitée, de violentes vagues s'écrasaient sur le rivage, comme si une tempête s'était subitement levée.
Derrière lui, des craquements claquèrent dans la nuit, le bruit de chute d'un arbre se fit entendre.


-Grâce à Elune, nous étions encore au bord de la rive...Mais qu'est-ce que c'est?

Ce fut sa dernière pensée avant de s'évanouir...


Dernière édition par Laevathein le Lun 31 Mar - 17:06, édité 2 fois
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Laevathein
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Dim 5 Jan - 23:19

La sensation de vitesse. Non, d'écrasement. Être plaquée contre la paroi, étranglée par les sangles. Ashola qui criait de terreur à coté d'elle. D'autres hurlements, inconnus, avant de réaliser que c'était elle qui hurlait.

Secouée en tous sens dans la capsule, sa tête heurtant violemment la paroi. L'évanouissement...

Au fond de son inconscience, elle sentit le choc, puis plus rien, le néant...


Laevathein ouvrit les yeux, elle était couchée sur le dos, au dessus d'elle, le plafond de la capsule, brisé, laissant apparaître l'air libre.
L'air libre ! Elle se releva soudainement, et retomba à genoux.
Sa tête lui faisait atrocement mal, des lumières aveuglantes dansaient devant ses yeux, et sa vue devenait floue, levant péniblement une main, elle palpa son front, c'était douloureux, puis ses tempes.
Elle laissa échapper un gémissement de douleur et les larmes lui vinrent au yeux, en ramenant sa main, elle vit du sang; toujours à genoux, elle retira l'un de ses gantelets, et palpa de nouveau sa tempe avec sa main libre, fermant les yeux, et serrant les dents, anticipant la douleur.
Elle ne voulait pas crier, elle ne parvint qu'à émettre un gémissement plus déchirant que le premier, étouffant un hoquet, elle regarda sa main, elle était couverte de sang, son sang.

Elle avait mal au dos, elle avait certainement une cheville tordue, et sa tempe saignait et la faisait souffrir le martyre, une douleur puissante et aiguë; elle ne voulait pas se lever, elle ne le pouvait pas; alors elle leva la tête, avec précautions, lentement, en grimaçant, devant elle, l'encadrement de la porte de la capsule était arraché, on voyait la porte par terre, tordue.

Elle passa l'encadrement en rampant, ses genouillères résonnant sur le sol métallique, enfin, elle passa la tête à l'extérieur.


-Par la Lumière...

Elle se trouvait sur le versant d'une colline, en contrebas, des arbres, aux épais troncs, étaient brisés, l'herbe était haute, et drue; en baissant la tête et en regardant ou elle se trouvait, elle vit que le sol était violet, avec précaution, elle tourna la tête vers la capsule.
Elle était à demi enfoncée dans le sol, une partie des parois était défoncée, le toit était complètement détruit; par terre, tout autour, le sol était bombé, tout indiquait que le choc avait été extrêmement violent.
Des fragments de cristaux violets étaient répandus un peu partout autour du lieu du crash, c'était probablement ce qui causait la coloration de l'herbe.

Elle ressentait une espèce d'inquiétude, qui la tenaillait, sans savoir ce qui la causait; il lui semblait qu'elle oubliait quelque chose de très important; mais elle n'arrivait pas à réfléchir, son mal de tête était si violent qu'il lui donnait la nausée.
Elle était en vie, c'est tout ce qu'elle savait, même si à ce moment, elle ne savait pas pourquoi c'était si important.
A bout de forces, la douleur se faisant plus sourde, mais en même temps prise de vertiges, elle se coucha, et péniblement, roula sur le dos; de là, elle voyait le ciel...

Il faisait nuit, elle voyait le ciel étoilé, hors d'état de comprendre tout ce que ça impliquait, elle savait néanmoins qu'elle ne connaissait pas ce ciel, il était trop clair, les étoiles lui étaient inconnues, sa respiration se fit plus lente, elle ferma les yeux...


-Lae ! Lae ! Ba'laa Naaru ! Est-ce qu'elle...
-Non, elle respire.
-Louée soit la Lumière !

Elle ouvrit lentement les yeux, penchée sur elle, Ashola la regardait avec inquiétude; elle sentit un liquide froid lui couler sur le front, sa soeur lui mouillait le front avec un morceau d'étoffe; on lui souleva délicatement la tête, et on la posa sur quelque chose de doux et confortable.
Elle esquissa un léger sourire à sa soeur, qui le lui rendit.


-Est-ce que ça va mieux?

Laevathein essaya de tourner la tête, mais des mains l'en empêchaient, elle entendit une voix familière derrière elle.

-Ne bouge pas, tu as une vilaine blessure à la tête.

Le flou, elle reporta son regard sur Ashola; elle sentait en elle un élan d'amour, mais ne parvenait pas à rassembler ses idées, elle aurait voulu parler, mais aucun mot ne lui venait à l'esprit; des images, des sons, des notes de musique fusaient en tous sens, elle tentait de s'accrocher à ces idées, mais elles glissaient sans qu'elle ne puisse s'y fixer ne serait-ce qu'un instant.
Elle sentit à nouveau sa tête tourner, le vertige la reprit, elle avait l'impression que le sol tremblait; elle sursauta.
Ashola et la personne qui lui maintenait la tête la retinrent, Ashola lui caressa la joue, ce qui eu pour effet de l'apaiser; elle referma les yeux, et se concentra du mieux qu'elle put pour rassembler ses idées.


-Je m'appelle Laevathein Aarnéa, j'ai 225 ans, ma soeur s'appelle Ashola, et je l'aime, ma mère s'appelle Irni, mon père Deern, je...Suis dans une plaine? Qu'est-ce...

La jeune femme sombra dans l'inconscience sans sans rendre compte; mais personne ne s'en rendit compte, Ashola pensait qu'elle s'était simplement endormie.
Irni arriva quelques minutes plus tard; elle se dirigea vers Ashola qui continuait à passer de l'eau sur le front de sa soeur.


-Elle va bien?
-Elle s'est endormie, on aurait du l'emmener avec nous, elle a du s'inquiéter en ne nous voyant pas dans la capsule.

Irni baissa la tête; elle se pencha sur sa fille inconsciente, et reprit:

-Je sais, mais on ne pouvait pas la laisser là ou elle a été éjectée...
-Elle saigne...

Irni fit un signe de tête à Deern, qui se tenait derrière sa fille et qui lui maintenait la tête, de la soulever légèrement; elle se pencha, et vit que sur le coté et l'arrière du crâne, une plaie ouverte laissait couler un peu de sang; elle fit un autre signe à Deern qui remit la tête de sa fille en place.
Ashola demanda:


-Tu vas pouvoir faire quelque chose? Moi je n'ai pas osé, ce genre de blessures est encore trop difficile pour moi...

Irni eu un sourire rassurant à l'égard de sa fille:

-Oui, ne t'en fais pas, je vais la guérir en quelques secondes.

Irni posa alors ses mains sur les joues de Laevathein et ferma les yeux, elle récita quelques paroles, et de la lumière sacrée émana de ses mains, cette lumière engloba la tête de la jeune femme, et presque aussitôt, la plaie sur sa tempe droite, qui courait jusqu'à l'arrière de sa tête, se referma; Deern leva la tête de sa fille, et tous constatèrent que la blessure avait totalement disparu.
Elle reprit en souriant:


-Voilà, elle est guérie, maintenant, elle a besoin d'un peu de repos, nous en avons tous besoin.
-Il fait froid, je ne sais pas si je pourrais dormir.
Deern posa avec délicatesse la tête de sa fille sur l'herbe, puis se leva; il intervint:

-Il y avait des couvertures dans la capsule, elles doivent y être encore, je vais les chercher.

Il se dirigea vers la capsule, à quelques pas de là, et revint une minute plus tard en portant d'épaisses couvertures, il en donna deux à Ashola, qui s'empressa d'en draper une sur le corps de sa soeur, puis elle se glissa sous la sienne en se couchant à coté d'elle; Irni et Deern partagèrent la même couverture et s'allongèrent un peu plus loin.

-Nous allons essayer de dormir, puis nous irons à la recherche de Kemal et Mija, ils ne doivent pas être loin.

Ashola, allongée sur le dos, observait le ciel de ce nouveau monde; c'était un véritable miracle qu'ils se soient écrasés sur un monde qui semblait abriter la vie, l'atmosphère était en plus respirable; en revanche, pensa-elle en frissonnant, il faisait beaucoup plus froid ici que sur Draenor.


A plusieurs kilomètres de là; un groupe d'Elfes de sang marchait vers la mer, l'un d'eux, une femme, qui avait déjà les pieds dans l'eau, se retourna vers un homme qui se tenait sur la plage.


-Tu es sur que tu leur as envoyé le message? Je ne vois rien !
-Patience Sholena, ils arriveront bientôt.
-J'espère qu'il y aura un mage capable de m'arranger !

Quelques mètres plus loin, les fragments éparpillés d'une capsule de survie étaient visibles sur la plage, des cristaux s'étaient répandus, et le sable à l'endroit ou ils étaient tombés avait commencé à prendre une teinte rougeâtre; la femme qui parlait, Sholena, saignait d'une oreille et de la lèvre inférieure, les autres membres du groupe avaient l'air blessés à différents niveaux, Themisios tenait son bras gauche de l'autre main, Valias boitait; seul le chef semblait indemne.

-Lorsque nos troupes seront arrivés, nous frapperont, sans leur laisser le temps de se remettre, enfin, s'il y a des survivants...

A ces mots, prononcés d'une voix glaciale, Sholena éclata de rire, ce rire résonna sur le creux des vagues; à l'horizon, dissimulés par un épais brouillard, des navires se rapprochaient...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Jeu 16 Jan - 12:51

Ils nageaient, l'eau du lac, totalement transparente, décomposait les rayons du soleil sur son corps nu; Maar'nar la dévorait des yeux, elle, totalement amoureuse, n'avait d'yeux que pour son torse musculeux.
Il l'attira brusquement à lui, ivre de désir, elle se plaqua contre lui et l'embrassa avec fougue...

Ils sortirent de l'eau, se tenant par la taille, elle, encore titubante, ils allèrent s'allonger sous un arbre et continuèrent ce qu'ils avaient commencé dans l'eau; elle le sentait entrer en elle, c'était une sensation indéfinissable; elle l'aimait tant, elle aurait voulu rester toujours ainsi.
Ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre, une légère brise achevant de sécher leurs corps nus...

Elle ouvrit lentement les yeux, le rêve, ou plutôt le souvenir de cette journée sembla se dissiper, tandis qu'au dessus de sa tête, un ciel bleu s'offrait à sa vue, il n'y avait aucun nuage.
Elle resta quelques secondes à contempler ce paysage, puis tout lui revint.

Elle se redressa brusquement, la couverture dont elle était couverte tomba sur le coté, un gémissement étouffé se fit entendre; elle se tourna dans sa direction.

Ashola, recroquevillée, était allongée à coté d'elle, un morceau de la couverture dans la bouche, humide, comme si elle avait tété; ses jambes dépassaient de la couverture grise.

Laevathein tenta alors de se lever sans faire de bruit, elle attrapa la couverture et la remis délicatement sur les jambes de sa soeur, et s'éloigna de quelques pas; un peu plus loin, elle vit ses parents profondément endormis, sa mère dormait la tête dans le creux de l'épaule de son père, elle sourit à cette vision, au moins, ils allaient bien.

Elle ne souvenait pas ce qui s'était passé après que la capsule se soit détachée, elle se rappelait seulement d'avoir hurlé, puis plus rien, jusqu'à ce qu'elle se réveille...
Elle constata qu'on lui avait enlevé son armure, elle n'avait plus non plus son arme ni son bouclier; avisant les restes de la capsule, elle décida d'aller voir ce qu'elle pourrait y trouver, de toutes façons, il n'y avait rien d'autre à faire, elle ne savait pas depuis combien de temps sa famille était endormie, mais elle ne voulait pas les brusquer.

A l'intérieur de la capsule, elle découvrit qu'une paroi était déchiquetée, le toit à moitié arraché, les sangles pendaient en tous sens; au sol, elle vit une tache de sang, du sang de Draeneï; en se retournant, elle vit qu'une autre tache s'étalait à la sortie de la capsule, ne trouvant ni bouclier ni arme, elle sortit, et décida de suivre les traces, quelqu'un devait être blessé, et il fallait qu'elle le trouve.

Les traces, quelques gouttes au plus, coloraient l'herbe d'un bleu clair là ou elles étaient tombées, au toucher, elle vit que le sang était sec, il fallait se dépêcher, la personne devait avoir besoin de soins.

Elle continua a descendre le monticule, et constata avec surprise que les taches, qui s'espaçaient, menaient directement à l'endroit ou sa soeur était couchée; tandis que l'horrible pensée d'imaginer que sa soeur pouvait être blessée, elle hâta le pas, puis s'arrêta net.

Bouche-bée, elle regardait par terre, une tache, plus grande que les autres, et encore légèrement humide, s'étalait sur une couverture grise, sa couverture; a coté, Ashola remua et se tourna de l'autre coté.

A genoux devant sa couverture, Laevathein, sous le choc, ne parvenait pas à comprendre, que s'était-t'il passé? Elle se tata rapidement, se passant les mains sur la nuque, le front, le torse, les jambes; elle n'avait rien, pas la moindre égratignure, rien.
Pressée de comprendre, et anxieuse, elle se mit à secouer sa soeur.


-Ashola, Ashola, réveille-toi, Ashola.

Des gémissements endormis lui répondirent, elle la secoua encore, finalement, la jeune femme se retourna et ouvrit les yeux.

-Hum...Lae, qu'est-ce qu'il y a, pourquoi tu me réveille?
-Ashola, qu'est-ce qui s'est passé, pourquoi il y a du sang?

Ashola sembla soudainement pleinement s'éveiller, elle se redressa et s'assit en tailleur en face de sa soeur, elle lui posa les mains sur les joues.

-Nous nous sommes écrasés.
-Oui, ça je le sais, j'ai été dans la capsule.
-Tu...?

Elle poussa un soupir en détournant le regard, puis le reporta sur Laevathein qui la regardait, l'air inquiète.

-Quand on s'est écrasés, nous avons été éjectés à quelques mètres, tu t'es cognée la tête, et tu es tombée inconsciente.
-Je...Je ne me souviens pas...
-Nous avons pensé que ce n'était rien, que tu étais simplement assommée, alors papa t'a portée dans la capsule et t'a allongée, pour que tu récupère, pendant ce temps, nous allions chercher Kemal et Mija...
-Attends, attends, qui sont Kemal et Mija?
-Mais...Ce sont les personnes qui étaient avec nous dans la capsule, le couple avec le petit garçon.
-Oh...

Dans la fébrilité du moment, elle avait totalement oublié qu'ils n'étaient pas seuls dans la capsule, un autre couple se trouvait avec eux...
Son regard erra dans le vague un moment, puis, comme elle ne disait rien, Ashola continua.


-Mais on ne les a pas trouvés, et quand on est revenus, on t'a vue, allongée sur le dos, juste là.

Elle montra du doigt un endroit ou l'herbe était couchée, Laevathein suivit le doigt et vit qu'effectivement, une personne semblait avoir été allongée là.

-Maman et moi on s'est précipitées, et c'est là qu'on a vu...
-Vu quoi?
-Que ta blessure était beaucoup plus grave; tu saignais, beaucoup, mais maman a arrangé ça, c'est pour ça que tu n'as rien.
-Je...Je ne me rappelle de rien...Rien du tout...
-On a pensé que tu t'es réveillée, et qu'en nous voyant pas, tu es sortie pour nous chercher, mais tu t'es évanouie...

Maintenant qu'Ashola le lui disait, il lui semblait se souvenir d'une sensation de chaleur, très douce, une sorte de sentiment de bien-être qui lui avait traversé la tête, dans son sommeil, ou alors, était à cause de ce rêve avec Maar'nar...?
Cependant, quelque chose n'allait pas, pourquoi sa soeur ne la regardait pas? Elle détournait volontairement le regard, et elle connaissait cet air...


-Ashola, il y a quelque chose que tu ne me dis pas, qu'est-ce qu'il y a?
-Rien, rien...
-Ashola, tu n'as jamais su mentir, dis moi.

La jeune femme poussa un soupir et répondit finalement:

-Si on était revenus quelques minutes plus tard, tu serais morte...
-Comment?
-C'est maman qui l'a dit, ta blessure était très grave, et si on était revenus plus tard, tu serais morte; tu ne t'es pas seulement évanouie, tu es tombée dans le coma...

Laevathein passa la main à l'arrière de sa tête, elle ne sentait que ses cheveux, sa peau, lisse, ne portait aucune trace, Ashola suivit du regard son geste et reprit:

-Maman t'a guérie aussitôt, en un clin d'oeil, tu n'avais plus rien.

Voyant que sa soeur était affectée, Laevathein tenta de changer de sujet, elle se leva, et regardant autour d'elle, elle demanda:

-Ou sommes nous?
-Je ne sais pas.

S'approchant d'elle, Laevathein la questionna encore:

-Qu'est-ce que vous avez trouvé? Et ou est mon armure, mon arme, mon bouclier?

Ashola se leva à son tour, elle se dirigea vers un tas de couverture jetées en tas et les souleva, au dessous, se trouvaient pêle-mêle une épée, un bouclier, et quelques pièces d'armure; Laevathein commença à attacher les parties d'armure, et reprit:

-Qu'est ce que vous avez trouvé, vous êtes allé loin?
-Non, nous n'avons pas dépassé ce bosquet.

Ashola se retourna brusquement, Deern venait de répondre à sa place; il regarda sa fille aînée qui achevait d'attacher son plastron, il lui adressa un sourire.

-Content que tu ailles mieux, ma fille.
-Merci papa, ou est maman?
-Elle dort encore, je vais la laisser encore un peu, et je vais la réveiller, nous devrions partir à la recherche des autres.
-D'accord, je te suis.

Deern esquissa un sourire, et fit un geste de dénégation, qui surprit sa fille, elle demanda:

-Comment ça, non? Nous n'y allons pas tous ensemble?
-Oh, si, bien sur que si, hors de question que notre famille soit séparée; non, simplement, je pense qu'il est temps qu'il y ait un autre chef dans cette famille.
-Que veux tu dire?
-Et bien, tu fais partie de la Main d'Argus maintenant, tu es un soldat, tu as une épée, une armure, je pense que c'est à toi de nous dire ce que nous devons faire.

Complètement estomaquée, Laevathein bégaya:

-Que...Comment...Moi? Mais je...Je ne peux pas être votre chef...
-Et pourquoi pas? Tu es une femme forte, tu as appris à manier une arme, et tu es ma fille, j'ai confiance en toi, tu y arriveras.
-Mais je...
-Papa a raison Lae, on a confiance en toi.
-Ashola...
-Et je suis certain que ta mère dira la même chose.

Baissant la tête, vaincue, Laevathein reprit, d'une voix résignée:

-D'accord, je serais votre chef, mais seulement aussi longtemps que nous n'aurons pas retrouvé les autres, est-ce que c'est bien compris?
-Ca me va, déclara Deern.
-D'accord, répondit Ashola.
-Alors, papa, va réveiller maman, nous allons partir.
-J'y vais, as-tu déjà choisi une direction?
-Euh...
-Si j'étais toi, j'irais dans la même direction que nous avons déjà prise, de la colline, j'ai vu des fragments de capsule , et la forêt n'est pas très vaste, c'est l'affaire de quelques heures de marche au plus.
-Euh, et bien, très bien, nous irons donc dans cette direction, merci de ton conseil papa.
-De rien, ma fille, c'est toujours un plaisir.

Il lui adressa un sourire, puis alla réveiller délicatement son épouse; il fallu quelques minutes pour qu'elle se prépare, elle alla serrer Laevathein dans ses bras, et s'assurer qu'elle allait mieux, finalement, la famille, enfin réunie, emportant les couvertures, se dirigea vers l'ouest, laissant derrière elle la capsule brisée, ainsi qu'un message que Deern avait écrit, indiquant combien ils étaient, et dans quelle direction aller.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Jeu 16 Jan - 13:24

A quelques centaines de mètres, au milieu d'une clairière...

-MA JAMBE ! AAAAAAAAAAAAAH ! CA FAIT MAAAAAAL ! DEEKA ! DEEKA !

Couchée sur le dos, Saala hurlait de douleur, un lourd morceau de cristal lui avait écrasé la jambe droite, et elle ne pouvait plus bouger; elle se tordait de douleur, incapable d'enlever le poids, trop loud pour elle.
Elle tenta de résister à la douleur, mais elle sentait des milliers de petites aiguilles lui entrer dans le genou, elle savait qu'elle avait la jambe cassée, elle avait eu le temps de sentir, et d'entendre le craquement avant d'être clouée violemment au sol, avant que la vague de douleur ne la submerge toute entière.

Maintenant, elle luttait pour se sortir de cette situation, mais elle était impuissante, et elle souffrait le martyre, les larmes lui roulaient sur les joues, la douleur, la peur, elle n'entendait personne, rien d'autre que ses propres hurlements, elle criait le nom de Deeka, qui résonnait dans la clairière déserte, mais rien, personne, pas même les Draeneï qui se trouvaient avec eux dans la capsule...
Enfin, cela n'était pas tout à fait vrai: elle avait réussi à se soulever légèrement, et avait pu voir, en tendant le cou, une femme allongée, face contre terre, à moitié sortie de la capsule, de là ou elle se trouvait, Saala était incapable de voir si elle respirait; elle avait essayé de l'appeler, lorsque la douleur refluait assez pour ne pas la paralyser de douleur, mais elle n'avait reçu aucune réponse...


-DEEKA !QUELQU'UN ! A l'AIDE ! J'AI BESOIN D'AIDE ! AAAAAAAAAAAH, J'AI LA JAMBE CASSÉE, AU SECOURS !

Elle retomba sur le dos, épuisée, elle luttait depuis des heures, et n'était pas parvenue à se dégager d'un millimètre, le poids du fragment, probablement une batterie, l'écrasait, son autre jambe était intacte, maigre consolation; elle se demandait si elle pourrait remarcher, elle n'osait pas imaginer l'état de sa jambe, écrasée sous ce poids, elle avait l'impression qu'elle était en miettes.
Elle sentait des fragments pointus transpercer sa chair, mais, en dehors de l'indicible souffrance que cela lui causait, elle ne savait pas si ça venait de la batterie, ou s'il s'agissait de ses propres os...

La douleur refluait légèrement, assez pour lui permettre de réfléchir, elle tenta de se raisonner à voix haute, elle commençait à avoir très peur, peur d'être la seule survivante, et Deeka ! Avait-il survécu? Était-il mort? Non ! Elle ne devait pas avoir ces pensées !


-Calme toi Saala, calme toi ! Pense à, pense aux voyages avec ton père, quand tu étais petite fille, pense...Aie, aie, non, non ! Pas ça ! Aie, AAAAAAAAH !

La douleur revenait, pulsant de plus en plus violemment, la jeune femme se tordait de douleur, essayait en vain de se recroqueviller, la douleur était telle qu'elle voyait des lumières danser devant ses yeux, l'aveuglant; essayant malgré tout de se concentrer sur autre chose que la souffrance, elle tenta d'évoquer le souvenir de son enfance heureuse, mais tout ce qu'elle voyait, c'était le visage de Deeka, Deeka lorsqu'il l'avait demandée en mariage, Deeka lorsqu'il l'avait embrassée le jour de leur mariage; Deeka penché sur un berceau, et elle à ses cotés, souriant...

-Non...Je ne veux pas que ce ne soit qu'un rêve ! Nous serons réunis, je t'en supplie, retrouve moi...

A bout de forces, elle se laissa choir sur le dos, et demeura ainsi, à regarder le ciel, hors d'elle même, elle laissa ses pensées naviguer, ignorant la douleur qui lui vrillait la jambe, paraissant lointaine...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mer 29 Jan - 23:22

Il était couché sur le dos, lorsqu'il ouvrit les yeux, la lumière du jour filtrait entre les feuilles que les arbres déroulaient au dessus de lui; malgré le couvert des arbres, il sentait la chaleur le baigner agréablement.
Il se redressa, et s'assit, puis commença un rapide examen, satisfait, il se leva tout à fait.
Il n'avait aucune blessure, pas la moindre égratignure, pourtant, il aurait pu gravement se blesser, après que la capsule se soit disloquée, il avait été éjecté à grande vitesse.

En se retournant, il vit une épaisse couche de feuilles, qui portait encore l'empreinte de son corps, en levant les yeux devant lui, il vit que certaines branches avaient été arrachées, brisées, ses pitoyables tentatives pour se ralentir.

En réalité, il n'était pas indemne, de larges griffures couvraient ses bras, et l'une de ses mains était couverte de sang séché, un bien faible prix à payer pour avoir survécu à une telle chute; ce bosquet lui avait sauvé la vie.

Il se passa lentement les mains sur les bras en murmurant, puis les blessures disparurent, ses manches étaient déchirées et pendaient lamentablement, il les arracha et les laissa tomber au sol; maintenant qu'il s'était occupé de lui, il devait...

Il se retourna brusquement, l'air tendu, le visage inquiet; son regard se fixa sur l'horizon au delà des arbres.


-...Kaaa....

Il tendit l'oreille, soudainement angoissé, il n'était pas sur, il ne voulait pas en être sur, mais...

-...Kaaa...

C'était Saala ! Saala qui l'appelait au secours ! Elle avait survécu ! Grâce à la Lumière, elle était vivante ! Il failli sauter de joie, avant que l'inquiétude ne le reprenne: était-elle blessée? En danger? Était-elle... Il déglutit lentement en ayant cette pensée; en train de mourir...?

Il devait la trouver ! Sans prendre le temps de réfléchir à sa position, ni même si d'autres Draeneï ne s'étaient pas écrasés à proximité, il se dirigea dans la direction d'ou provenaient les cris.

Après quelques minutes de marche pénible, les cris s'estompèrent, ils se firent plus faibles, puis se turent complètement.
Fou de terreur, il se mit à courir, toujours dans la même direction, il savait qu'il se rapprochait, mais plus il avançait, plus il craignait d'arriver et de découvrir le corps sans vie de sa femme; à bout de souffle, il ne parvenait à avancer que poussé par sa peur d'arriver trop tard s'il s'arrêtait.


-Saala...Saala ! J'arrive, j'arrive !

Il répétait ces mots dans un souffle, s'épuisant davantage encore, espérant qu'elle l'entende.
Enfin, il sortit du bois, et parvint à une clairière dégagée, à quelques mètres de lui, une capsule enfoncée dans le sol, et allongée par terre, ne bougeant pas...


-Saala ! Non, non ! Par pitié ! Non !

Il se précipita vers le corps et tomba à genoux, espérant, priant qu'il ne soit pas trop tard; des tâches lumineuses dansaient devant ses yeux; à bout de souffle, il avait conscience qu'il allait perdre connaissance, mais il devait savoir...

-Saala, je t'en prie, je t'en prie...

Il lui prit la main et la baisa, fermant les yeux, pleurant déjà; puis il les rouvrit, il avait entendu un son, un son faible, mais il l'avait clairement entendu.
Il tendit l'oreille, puis baissa la tête, c'était un bruit de respiration, Saala respirait, une respiration sifflante, difficile; sa poitrine se soulevait et se baissait lentement.

Soulagé, Deeka se laissa tomber à coté d'elle, sur le dos, il regardait le ciel, vierge de nuages, d'un bleu éclatant; reprenant son souffle, il se redressa quelques secondes plus tard, toujours inquiet.


-Saala?

La jeune femme était inconsciente, en se levant, il constata avec effroi que le fragment de paroi qui s'était fiché au sol écrasait la jambe de sa bien-aimée; fort heureusement, il n'y avait pas de sang, le poids du bloc ayant du obturer la plaie.
Il aurait voulu la réveiller, la regarder dans les yeux, l'embrasser et lui dire qu'il l'aimait, mais il savait qu'elle souffrirait encore le martyre, comme elle avait du l'endurer depuis que ce maudit fragment lui avait écrasé la jambe.
En posant la main sur son front, il ferma les yeux, et murmura quelques mots d'amour, elle était brûlante de fièvre et il était très inquiet, mais ne pourrait rien faire tant qu'elle demeurait ainsi.

Il s'approcha du fragment et tenta de le soulever, mais le morceau était trop lourd, et ne bougea pas d'un pouce; alors, il décida d'entrer dans les restes de la capsule, dans l'espoir d'y trouver quelque chose lui permettant de faire contrepoids.

Alors qu'il approchait de l'entrée, il vit alors qu'il y avait une autre personne; une femme, allongée face contre terre; elle semblait également inconsciente; il s'avança, prêt à la ranimer, lorsqu'il vit le sang.


-Par la sainte Lumière...La malheureuse...

Du sang avait abondamment coulé de sa bouche, elle avait encore les yeux ouverts, une expression mêlée de peur et de surprise lorsque la mort l'avait brutalement fauchée...
Lorsque la capsule s'était écrasée, la femme avait du être jetée à terre, avant d'être transpercée de part en part par un fragment de toit, qui s'était transformé en harpon mortel.
Elle avait sans doute été tuée sur le coup, sans avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait.
Avait-elle souffert? Il espérait que non...

Agenouillé devant le corps de la pauvre victime, il récita une prière en lui posant la main sur le front, puis il entra dans la capsule, s'attendant à découvrir d'autres victimes.

A l'extérieur, Saala était toujours inconsciente...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Jeu 30 Jan - 19:58

Estis se leva péniblement, il avait mal partout, et avait l'impression d'avoir été roué de coups; derrière lui, la capsule qui s'était fracassée en s'écrasant, à coté, quelques Draeneï en armure, certains debout, d'autres agenouillés et aidant ceux qui étaient couchés à se lever.

-Content de voir que vous n'avez rien, Exarque.

Il attrapa la main tendue de l'homme qui lui faisait face; une fois debout, il observa autour de lui, les Draeneï le regardaient sans souffler mot, il fit quelques pas en boitant; grimaçant, il s'avança encore, ils se trouvaient sur une colline, à quelques centaines de mètres, la masse de l'Exodar se détachait de l'horizon, ; le vaisseau était apparemment enfoncé dans le sol en biais; se retournant vers l'homme qui l'avait aidé à se lever, il l'interrogea:

-Vael, faites-moi un résumé de la situation.
-A vos ordres, nous étions vingt personnes dans la capsule, à l'heure actuelle, nous dénombrons huit blessés, dont deux graves.
-Des morts?
-Non, grâce à la Lumière, mais certains de nos blessés ont besoin de soins urgents, et nous n'avons pas de guérisseur avec nous.
-Combien de soldats?
-Nous sommes neuf soldats, Exarque, les autres personnes sont des civils, l'un des deux blessés grave en fait partie.
-Pensez-vous qu'ils pourront supporter le trajet?
-Le trajet jusqu'à ou?
-L'Exodar.
-Mais, l'Exodar s'est écrasé, même si nous y parvenons, rien ne permet d'affirmer que...
-Ca vaut mieux que rester ici, donnez l'ordre aux hommes de se préparer, que chacun prenne en charge un blessé.
-A vos ordres, Exarque.

Le dénommé Vael salua, puis se dirigea vers la capsule, les soldats de la Main se rapprochèrent de lui, puis hochèrent la tête; ils se rapprochèrent des hommes et des femmes qui étaient assis et les aidèrent à se lever; Estis s'approcha à son tour et prit la parole d'une voix forte.

-Frères et soeurs, je sais que vous êtes fatigués, que vous avez mal, que vous avez faim, mais nous ne pouvons pas rester ici, nous n'avons pas de nourriture, et surtout, nous avons des blessés qui ont besoin de soins; nous allons donc nous diriger vers la carcasse de l'Exodar, qui se trouve derrière moi, je pense qu'une demi-journée de marche sera suffisante.

Des murmures s'élevèrent du groupe de civils, certains étaient restés assis, d'autres étaient agenouillés devant deux hommes allongés; Estis tendit les paumes de ses mains en avant pour faire baisser le brouhaha, et reprit:

-Si vous ne pouvez pas marcher, les soldats de la Main vous aideront, nous n'abandonneront personne. Nous partirons dans dix minutes.

C'était son dernier mot, il se retourna et retourna au sommet de la colline, au loin, se détachant nettement, l'Exodar, brisé, reposait, il espérait y arriver avant la nuit.

Ils marchaient depuis plusieurs heures sans avoir fait la moindre pause; Laevathein, l'épée tirée de son fourreau, ouvrait la marche, ils avaient fini par sortir de la forêt, et cheminaient en terrain dégagé
La zone était vaste et bosselée de talus et de monticules, de sorte qu'ils ne voyaient pas à l'horizon; c'est en escaladant un énième monticule que Laevathein s'arrêta, le regard fixé au loin
Deern, qui marchait juste derrière elle, lui jeta un regard, la bouche entrouverte, elle était essoufflée, mais les traits de son visage étaient détendus, il regarda dans la même direction qu'elle, et ouvrit grand la bouche


-L'Exodar !
-Quoi?!

Se retournant brusquement, Deern se rendit compte qu'Irni et Ashola étaient encore en bas, il les aida à monter, puis les fit se tourner en direction du vaisseau

-Ba'laa Naaru...

Ashola laissa échapper cette exclamation en même temps que sa mère; l'Exodar gisait, renversé, même à la distance ou ils se trouvaient, ils pouvaient voir que des volutes de fumée violette s'échappaient de la coque éventrée; plus proches d'eux, mais néanmoins à distance élevée, un autre bois leur coupait la route.
Laevathein dévala la pente en manquant de tomber, arrivée en bas, elle se retourna vers sa famille et lança:


-Il faut y aller, venez !

Deern hocha la tête et aida sa femme et sa fille à descendre; ils se remirent en route, galvanisés par la perspective de pouvoir retrouver leurs semblables; quelques plaisanteries fusèrent, des éclats de rire retentirent; Laevathein avait rangé son arme au fourreau.

Une heure plus tard, ils n'étaient pas plus avancés, bien qu'ils ne soient plus dans la forêt, le terrain accidenté les ralentissait considérablement; ils passaient régulièrement à coté de fragments de capsules ou du vaisseau qui avaient été éparpillés, à chaque fois, le sol à proximité immédiate de ces fragments était devenu violacé et semblait bouillant.

Ce fut Deern qui la repéra, il interpella sa fille qui marchait quelques dizaines de mètres en avant:


-Lae.

La jeune femme se retourna, l'ambiance n'était plus à la plaisanterie, Irni boitillait, et Ashola l'aidait à avancer; celle-ci avait d'ailleurs l'air épuisée; Laevathein se rapprocha de son père et regarda dans la direction que celui-ci lui indiquait.

Cachée derrière un talus, une capsule était enfoncée dans le sol, la jeune femme se tourna vers son père:


-Reste ici, je vais voir s'il y a du monde.

Celui-ci acquiesça tandis que Laevathein s'avançait avec précautions et contournait le talus, les cailloux roulaient sous ses sabots, et elle faillit tomber plus d'une fois; enfin elle parvint devant l'entrée, il n'y avait personne, à première vue, cette capsule avait bien résisté à l'impact, seule la porte était défoncée et pendait lamentablement sur le coté.

-Il y a quelqu'un? Je m'appelle Laevathein, je fais partie de la Main d'Argus, est-ce que vous m'entendez?

Resté en arrière avec femme et enfant, Deern observait sa fille, il la vit entrer dans la capsule; puis reporta son attention vers Irni qui s'était assise, Ashola lui massait lentement la cheville droite.

La jeune femme avança de quelques pas dans la capsule puis s'arrêta net.


-Non...Ce n'est pas possible...

Le son de sa propre voix l'effraya, poussant un cri, elle sortit en courant de la capsule et alla vomir, tombant à genoux sur l'herbe.
En entendant Laevathein crier, tous levèrent la tête avec inquiétude; ils virent la jeune femme à genoux; Ashola se leva précipitamment et couru vers sa soeur, suivie de près par Deern, Irni, les chevilles endolories, se leva avec difficulté et les suivi en boitant.


-Lae ! Lae ! Est-ce que ça va? Que t'es il arrivé?

Voyant sa soeur arriver en courant, Laevathein se leva soudainement, pas question qu'Ashola voie ça ! Elle se précipita vers sa soeur et l'attrapa dans ses bras, la poussant vers son père, et la mettant entre ses bras.

-Lae, qu'est ce qui se passe, qu'est-ce que tu as vu?

La jeune femme était toute pâle, elle tourna involontairement la tête vers la capsule et hocha la tête en signe de dénégation:

-Tout le monde...

Elle s'interrompit en voyant l'expression sur le visage d'Ashola, elle était terrifiée; alors elle préféra mentir.

-Tout le monde est parti, il n'y a plus personne.

Elle jeta un regard appuyé à Deern, malheureusement, Ashola surprit le regard que son père et sa soeur échangeaient, elle s'exclama:

-Vous cachez quelque chose tous les deux ! Qu'est-ce qu'il y a dans cette capsule?! Je vais voir !
-Ashola ! Non, ne...

Avant qu'elle ne puisse esquisser le moindre geste pour la rattraper, Ashola lui passa devant et entra dans la capsule; Laevathein échangea un regard angoissé avec son père, puis ferma les yeux en se mordant les lèvres lorsque elle entendit sa soeur crier.

Ashola ressortit en pleurant et alla se jeter dans les bras de sa soeur qui la serra fort contre elle; entre deux sanglots, elle bégaya:


-Ils sont...Tous morts....!

Laevathein hocha la tête en silence, ses lèvres tremblaient, elle sentait les larmes lui venir aux yeux; elle revoyait encore les corps sans vie de ces pauvres malheureux, morts peut être avant même d'avoir touché le sol; cette vision était horrible, terrifiante, elle n'avait pas voulu que sa soeur voie ce terrible spectacle...

Quelques minutes plus tard, ils s'éloignèrent en silence de la capsule, transformée en tombeau; Laevathein lâcha Ashola et la confia aux bras de sa mère, puis elle s'éloigna, constatant que personne ne la suivait, elle se retourna.


-Venez, nous sommes bientôt arrivés.

Deern, resté à coté de son épouse et sa fille, répondit d'une voix douce:

-Lae, ta mère a besoin de faire une pause.
-Mais nous sommes bientôt arrivés !
-Nous sommes tous épuisés, ta mère s'est tordu la cheville, j'ai besoin de faire une pause, et regarde ta soeur...

Il désigna Ashola, assise à coté de sa mère qui la tenait dans ses bras, la jeune femme avait les yeux grand ouverts, des larmes coulaient silencieusement sur ses joues; résignée, Laevathein rebroussa chemin et les rejoint, elle jeta encore un coup d'oeil à sa soeur; elle était traumatisée par ce qu'elle avait vu; elle s'agenouilla vers elle:

-Hey, petite soeur, tout va s'arranger, d'accord?

Ashola hocha la tête sans répondre, puis se remit à regarder devant elle; Irni leva la tête vers sa fille aînée:

-Assieds toi, Lae, tu as besoin de faire une pause aussi.

Sa mère avait raison, elle se sentait vidée, toutes ces émotions l'avaient empêchée de le réaliser, mais une fois assise, elle se sentit si épuisée qu'elle n'eut plus qu'une envie, s'endormir, s'allongeant sur le dos, elle dit d'une voix douce:

-Nous allons rester ici pour cette nuit, nous repartirons demain.

Personne ne lui répondit; le jour commençait à baisser; ils avaient emporté les couvertures, le froid ne serait pas un problème; surtout, elle ne voulait pas être obligée de se réfugier dans la capsule; la présence de ces corps...La simple idée la glaçait d'épouvante.
Le cours de ses pensées fut interrompu par un grognement, elle avait faim, aucun d'entre eux n'avait rien mangé depuis bientôt deux jours; demain, ils devraient absolument parvenir à l'Exodar, elle doutait qu'ils puissent tenir ce rythme plus d'une journée.
Ces sombres pensées en tête, elle ferma les yeux, s'efforçant de chasser la vision des cadavres de ses semblables...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Jeu 6 Fév - 12:07

Elle se réveilla à l'aube, la faim lui tenaillait les entrailles, mais ce n'était pas ce qui l'avait éveillée, non, son sommeil avait été hanté par les visages des morts, tourbillonnant, et par dessus, Ashola, qui venait se jeter dans ses bras en gémissant.
Elle se sentait mal, un sentiment d'abandon et de vide qui lui ôtait progressivement tout espoir, le ciel semblait traduire son malaise, les nuages s'amoncelaient et la température avait chuté.
Frissonnant, elle se leva, à ses cotés, Ashola remua, elle s'était encore collée contre elle durant la nuit; la regardant tendrement, elle lui drapa sa propre couverture sur les épaules et la borda délicatement, puis, elle se pencha vers son visage et lui posa un baiser sur le front.

A quelques mètres, ses parents dormaient enlacés; il faisait encore sombre, et le ciel menaçant assombrissait encore la vue, elle pouvait à peine voir la capsule qui contenait les corps, réprimant un haut-le-coeur, elle détourna les yeux.

Elle commençait à ressentir les effets désagréables de la faim et de la soif, il fallait absolument rejoindre l'Exodar avant d'être obligés de passer une autre nuit dans la nature.
Elle n'osait pas imaginer ce qui se passerait si jamais ils arrivaient à l'Exodar, et qu'il n'y avait personne...

Assise et grelottante, les pensées se bousculaient, elle avait peur de l'avenir, elle avait peur de prendre de mauvaises décisions, son père lui avait demandé de les diriger, elle était responsable du sort de sa famille; que se passerait-il si elle se trompait? Ils la suivaient tous sans discuter, mais devaient-ils le faire? Elle ne voulait pas commander, elle ne se sentait pas faite pour ça, cette responsabilité était trop lourde à porter...

Elle demeura longtemps ainsi, le froid la pénétrait entièrement, la faisant trembler, claquant des dents, elle jeta un oeil au ciel, de gros nuages noirs recouvraient la région, menaçant d'un violent orage.
Il fallait qu'elle les réveille, ils devaient se mettre à l'abri.


-Maman, papa, réveillez-vous !
-Ashola, réveille toi.

Ahuris de sommeil, ils se levèrent en silence; elle observa Ashola, celle-ci gardait la tête baissée, elle avait les yeux bleuis, et ce n'était pas le manque de sommeil...
Elle s'approcha d'elle et la prit dans ses bras en silence, puis elle tourna brusquement la tête:


-Maman, qu'est ce que tu fais?

Irni, qui s'était éloigné du groupe, se retourna, elle répondit d'une voix triste:

-Je dois aller prier pour ces malheureux...

Laevathein ne répondit pas, même dans ces moments difficiles, sa mère restait une anachorète, prier pour le repos des morts faisait partie de son rôle, aussi difficile soit-il...
Irni s'éloigna en direction de la capsule, en chemin, sa main et celle de son mari se frôlèrent, Deern la regarda partir, les épaules affaissées, enfin lorsqu'elle disparu à l'intérieur, il se rapprocha de ses filles; Laevathein s'adressa à lui:


-Papa, on ne devrait pas la laisser faire...
-Nous en avons parlé hier soir, après que tu te sois endormie.
-Et pourquoi tu ne l'as pas dissuadée?
-Lae, bien sur que j'ai voulu l'en dissuader, mais je connais ta mère, c'est sa vocation de s'occuper des siens, elle n'a même pas voulu que je vienne avec elle, elle m'a dit qu'elle devait le faire seule...

Le regard que jeta Deern en se retournant prouvait qu'il regrettait la décision de sa femme.
Laevathein sentit une pression sur son épaule, Ashola venait de poser sa tête contre son épaule, elle regardait la capsule, le visage triste.
Sans un mot, ils attendirent le retour d'Irni.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Ven 7 Fév - 9:11

Elle revint moins d'une heure plus tard; de là ou elle se trouvait, Laevathein put clairement voir les marbrures sur le visage de sa mère, elle avait pleuré; le visage baissé, elle se rapprocha de Deern qui la serra silencieusement dans ses bras, ses mains tremblaient.

Cela lui faisait mal au coeur de voir sa mère dans cet état, elle n'avait pas besoin de parler, son regard le faisait pour elle...

Ashola toujours blottie contre son épaule, la jeune femme prit la parole:


-Nous devons partir, il va bientôt pleuvoir, et nous devons nous mettre à l'abri.

En prononçant ces mots, elle avait regardé en direction de la capsule, son expression indiquait qu'elle refusait d'envisager de trouver refuge à l'intérieur, Deern hocha la tête, il baissa sa tête contre celle d'Irni et lui murmura à l'oreille, elle hocha à son tour la tête en silence, et se sépara des bras de son mari, mais garda sa main dans la sienne.

-Ashola, nous allons partir, est-ce que ça va?

La jeune femme fit un signe de tête et fit quelques pas; Laevathein s'occupa de ramasser les couvertures, et en tendit une à chacun, levant la tête, elle ajouta:

-Gardez les enroulées autour de vous, je crois qu'on en aura besoin.

Ils se mirent en route sans un mot; la faim, la fatigue, la tristesse les accablait.

L'orage éclata une vingtaine de minutes plus tard; au début ce furent quelques gouttes éparses, puis rapidement une véritable cataracte leur tomba dessus, des trombes d'eau déferlaient du ciel; l'orage tonnait bruyamment, chaque fois que le tonnerre grondait, Laevathein sentait Ashola sursauter à ses cotés; elle n'avait jamais eu peur de l'orage, mais ici, sur ce monde inconnu...
Elle-même se sentait le coeur glacé, l'angoisse l'étreignait, ils n'y voyaient pas à plus de dix mètres devant eux, le sol, transformé en marécage manquait de les faire tomber à chaque pas, ils progressaient avec difficulté.
Le vent se mit de la partie, soufflant de face, il leur envoyait la pluie au visage, les couvertures qu'ils utilisaient pour se protéger claquaient dans le vide.

Laevathein était gelée, même à travers son armure et ses vêtements, elle sentait la morsure glaciale du vent, qui la pénétrait et la paralysait, claquant des dents, elle ne sentait plus ses doigts; à coté d'elle, Ashola avait un visage angoissé, elle-aussi claquait des dents, sa peau commençait à devenir bleue; elle se rapprocha et les deux soeurs se serrèrent l'une contre l'autre, tentant de draper leurs couvertures devant elles du mieux qu'elles pouvaient.

En tournant la tête en arrière, elle vit ses parents qui marchaient, penchés contre le vent, enlacés, Deern marchait légèrement devant Irni, et tentait de la protéger du vent, les yeux mi-clos, ils avançaient avec difficulté.

Ses sabots étaient gelés et lui faisaient atrocement mal, chaque pas lui arrachait une grimace de douleur, elle sentait l'engourdissement la gagner; la pluie redoubla d'intensité, tandis que le vent soufflait de plus en plus fort, les forçant à se coucher à moitié, elle entendait le sifflement de l'air entre ses cornes, ses cheveux volaient furieusement, l'eau lui ruisselait sur le visage, et s'infiltrait dans son armure; elle se retrouva rapidement trempée, glacée de l'intérieur.


-Il faut avancer, il faut avancer, il faut avancer...

Elle ne cessait de se répéter cette phrase, luttant de toutes ses forces contre cette souffrance, ses yeux se fermaient, et elle se sentait s'endormir; mais il ne le fallait surtout pas ! Si elle s'arrêtait, si elle s'endormait, elle mourrait, ils devaient avancer, ils devaient lutter !
Mais pour combien de temps? Leurs forces les abandonnaient, serrée contre elle, Ashola marchait plus lentement, en tournant la tête, elle vit l'expression d'angoisse sur le visage de sa soeur, elle était terrifiée; elle lui serra la main plus fort, et continua à marcher, elle ne pouvait pas parler, les mots étaient arrachés par le bruit assourdissant du blizzard qui se déchaînait.
Ils luttèrent ainsi durant deux heures, lorsque la pluie cessa soudain.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 11 Fév - 9:11

Elle était épuisée, elle ne sentait plus ses doigts et n'arrivait plus à les remuer; à ses cotés, Ashola marchait très lentement, elle sentait son bras la tirer, à mesure qu'elle devait entraîner sa soeur.

Elle leva les yeux au loin, la forme de l'Exodar se détachait plus nettement, ils étaient plus proches, mais pas assez...
Elle reporta ses yeux au sol, découragée; elle n'en pouvait plus, c'était fini, elle ne parvenait à mettre un sabot devant l'autre que par la force de sa volonté, et...
Elle releva brusquement la tête, elle avait tant l'habitude d'en voir qu'elle n'avait pas réagi: c'était un Draeneï.

Sa forme se détachant étrangement sur l'horizon encore nuageux, il se tenait de dos; il ne semblait pas avoir conscience de leur présence.
A ce moment, ses dernières forces lui firent défaut et elle tomba à genoux; elle n'eut que la force de crier d'une voix cassée:


-A l'aide !

Elle ne sut pas si le Draeneï l'avait entendue, elle sombra dans une semi-inconsciente, roulant sur le coté; elle eut le temps de voir Ashola tomber à coté d'elle, les yeux fermés, les traits tirés.

Alors que son esprit dérivait, des éclats de voix lui parvinrent:


-Vite !
-Ils sont frigorifiés, donnez moi des couvertures !
-Attention en les portant !

Laevathein sentit qu'on jetait quelque chose de chaud sur elle; puis elle se sentit soulevée dans les airs; les yeux fermés, incapable d'ouvrir la bouche pour parler, une foule de pensées les traversaient l'esprit, mais surtout une: "Nous sommes sauvés."

Elle sombra dans l'inconscience quelques secondes plus tard...

Elle ouvrit lentement les yeux, elle avait un toit au dessus de la tête, un toit qu'elle reconnaissait: elle se trouvait dans une capsule.
Le souvenir des morts dans l'autre capsule lui revint, elle se redressa en sursaut, faisant tomber sur le coté les trois couvertures dont elle était couverte.
Elle réalisa qu'elle était seule; non, pas tout à fait, une femme était allongée à quelques mètres, enveloppée sous plusieurs couvertures également, seule sa tête et ses cornes dépassaient, elle reconnu sa soeur, qui respirait lentement.

Elle allait se lever, quand des bruits de sabots se firent entendre, une femme entra dans la capsule et adressa à sourire à Laevathein, elle tenait un bol dont s'échappait de la fumée:


-Ah, vous êtes enfin réveillée, comment vous sentez-vous?

En entendant cette voix douce, pleine de compassion, Laevathein se laissa tomber en arrière, on lui avait placé des vêtements roulés en boule sous la tête; elle garda les yeux ouverts et regarda le plafond.
Ils avaient tant espéré retrouver d'autres Draeneï, était il possible que cet enfer soit enfin fini?


-Est-ce que...Est-ce que vous êtes réelle? Ce n'est pas un rêve?

La femme éclata de rire et s'approcha encore, elle posa le bol par terre et s'agenouilla; puis elle répondit d'une voix joyeuse:

-Mais bien sur que je suis réelle, aussi réelle que vous.

Laevathein sentit ses yeux la brûler, elle les ferma, pour tenter de retenir ses larmes de soulagement, mais elle sentit les gouttes couler sur ses joues; la femme resta silencieuse.
Finalement, la jeune femme questionna:


-Qui êtes vous? Qu'est ce qui nous est arrivé?
-Je vais vous le dire, mais pas maintenant, vous devez être affamée, tenez, je vous ait amené à manger.

Laevathein se redressa péniblement, elle se sentait faible, vidée; la femme lui tendit le bol et une cuillère en bois, grossièrement taillée, l'odeur qui s'échappait était alléchante; elle sentit son estomac grogner lorsqu'elle plongea la cuillère dans le liquide avant de le porter à la bouche.
La soupe était brûlante, mais si bonne, elle sentit la chaleur se répandre dans son corps, son estomac gargouilla de plaisir.
Tandis qu'elle mangeait, la femme était assise au bout de la couverture et la regardait avec un grand sourire; ces pauvres gens devaient avoir traversé un enfer avant d'arriver ici...

Laevathein reprenait des couleurs, sa peau reprit sa couleur blanche habituelle, elle se réchauffait de l'intérieur, et cela se ressentait, ses mouvements étaient moins hésitants, plus fluides; elle termina son bol et le posa à coté d'elle.


-Si vous voulez, vous pouvez en avoir encore.
-Non, cela ira pour le moment, dites moi alors, que s'est il passé? Qui êtes vous?

La femme esquissa un sourire et commença ses explications.

Il s'avérait que le Draeneï que Laevathein avait vu était sorti pour évaluer la distance qui les séparait de l'Exodar; lorsqu'il avait entendu le cri, il s'était retourné, et avait vu un petit groupe de Draeneï à terre, il avait alors alerté les autres; qui s'étaient précipités pour leur venir en aide.
Ils les avaient ramenés à l'abri, leur avaient ôtés leurs vêtements trempés et les avaient enroulés dans d'épaisses couvertures pour qu'ils se réchauffent...


-Ou sont mes parents? Et ma soeur, comment va elle?

Sur cette dernière question, Laevathein tourna la tête vers Ashola, dont la respiration était régulière; la femme répondit:

-Vos parents sont dans une autre capsule, vous êtes la seule à vous être réveillée, j'étais venue voir si tout allait bien.
-Depuis combien de temps sommes nous là?
-On vous a récupéré ce midi, et la nuit est tombée depuis quelques heures; que vous est il arrivé?

Laevathein prit une profonde inspiration, et raconta son histoire:

-Nous nous sommes écrasés à quelques kilomètres, nous avons marché tout droit depuis, hier, nous avons enfin vu l'Exodar; mais ce matin, l'orage à éclaté et nous a surpris, si vous ne nous aviez pas sauvés...Merci, merci du fond du coeur !

La femme s'inclina en souriant, elle se leva et se dirigea vers la sortie; elle se retourna pour ajouter:

-Restez là, je vais voir s'il reste quelque chose à manger.

Une fois la femme sortie, Laevathein s'extirpa de ses couvertures et s'approcha en rampant d'Ashola; lui passant les bras autour des épaules, elle posa sa tête tout contre celle de sa soeur, et l'embrassa en fermant les yeux, elle murmura:

-Nous avons réussi, tu m'entends, nous sommes sauvés; tu peux dormir tranquille...

Lorsque la femme revint, moins de deux minutes plus tard; elle vit la jeune femme enlaçant tendrement sa soeur, esquissant un nouveau sourire, elle quitta silencieusement la capsule.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Ven 14 Fév - 20:43

Le jour précédent; le matin.

-N'aie pas peur, je vais te sortir de là...

Deeka avait enfin trouvé un morceau de poutre encore droite et en bon état, il était aussitôt ressorti avec, et se tenait à présent devant Saala, toujours inconsciente.
Il retira sa tunique et en drapa sa femme avec délicatesse, en lui caressant le visage, il fut inquiet, elle était brûlante de fièvre, et de légers tremblements agitaient son corps.
Il se releva et s'empara de la poutre, puis se dirigea vers le morceau de bloc batterie qui écrasait la jambe de Saala.

Il devait d'abord estimer quel endroit serait le meilleur pour placer la poutre, il ne voulait surtout pas aggraver les choses, après quelques secondes d'observation, en faisant le tour du monolithe, il conclut qu'il devait se placer du coté de la jambe valide de Saala, il avait beaucoup plus d'espace, et surtout, il pouvait apercevoir la jambe de sa bien-aimée sous un fragment brisé, et le peu qu'il voyait ne lui plaisait pas.

Un peu anxieux à l'idée de commettre une erreur, il passa avec précaution la poutre sous l'angle du bloc, et exerça quelques faibles pressions pour estimer la difficulté de l'entreprise.
A sa grande surprise, le bloc bougea de quelques centimètres; confiant, il passa alors carrément la poutre, en prenant moult précautions pour ne pas blesser Saala; et imprima une forte poussée verticale.

La bloc ne bougea pas plus; au bout de quelques minutes, il dut s'arrêter, il ruisselait de sueur; sa première tentative lui avait fait croire, espérer que Saala serait libérée en quelques secondes, mais il devait se rendre à l'évidence: il ne parviendrait à rien seul; l'obstacle était trop grand, trop lourd, même s'il avait bougé au début, il avait du s'agir d'un simple mouvement de glissement, provoqué sans doute en insérant la poutre, ou alors...

Laissant son esprit suivre le fil de ses pensées, il se mit à plat ventre, et observa, il ne distinguait rien, à part le reflet du métal et la chair écrasée de sa femme; il grimaça en voyant le peu que l'ombre lui laissait entrevoir; il espérait être en mesure de guérir cette blessure...
Il ne voyait pas assez, mais il ne pouvait pas attendre qu'il fasse plus clair, Saala était en danger, et il ne pouvait pas fabriquer de torche, mais en revanche, il pouvait...


-Mais oui, évidemment !

Il se frappa le front d'un air entendu, même s'il était seul pour le voir:

-J'aurais du y penser avant !

Se remettant à plat ventre, il passa une main dans le fin espace entre le bloc et le sol; et soudainement celle-ci se mit à luire d'une lumière éclatante; éclairant parfaitement tout le dessus du bloc.
Il posa lentement sa main sur le mollet de Saala et regarda partout dans l'espoir de découvrir un point faible; utiliser la sainte Lumière pour s'éclairer était une idée formidable, et le temps qu'il trouve ce qu'il cherche, au moins il apaisait quelque peu la blessure de sa femme.
Enfin son regard fut attiré par un reflet métallique, se contorsionnant pour mieux voir, il vit un morceau de la structure en équilibre, manifestement précaire.
En retirant sa main, il se releva, il avait enfin trouvé ce qu'il cherchait !

Mais au lieu de crier victoire et de se précipiter pour tenter de renverser le bloc; il serra la mâchoire; ce point d'équilibre était parfait, et il devait l'exploiter, malheureusement, ce point n'était autre que l'articulation de la cheville de Saala...
S'il appuyait sa poutre sur la femme de sa femme pour renverser le bloc, il allait devoir encore plus l'écraser et lui faire du mal, mais s'il ne faisait rien, elle resterait piégée par ce maudit fragment !

Se prenant la tête dans les mains, il se mit à tourner en rond en répétant:


-Que faire? Que faire?

Durant l'un de ces tours, son regard tomba sur le visage de Saala; elle respirait lentement, et difficilement, même dans son état, elle devait ressentir la douleur; ce supplice devait cesser !
Alors il prit sa décision; il s'agenouilla devant elle, et lui caressa les cheveux, il se pencha vers son oreille, et l'embrassa en lui murmurant:


-Je suis désolé mon amour, il n'y a pas d'autre solution, je vais prendre soin de toi...

Il se leva, une larme coulant au coin de l'oeil, et alla se placer; il retira sa poutre, et la fit glisser sous l'espace vide; là, il tâtonna, jusqu'à sentir un objet mou; lentement, en poussant un long soupir, il s'arc-bouta...


Son esprit volait vers de lointains souvenirs, les promenades dans les villages tandis que son père travaillait, les voyages entre les villes, les gens qui les acceuillaient, qui les invitaient parfois à dîner, et même les hébergeaient.
L'image devint celle d'une jeune femme devant un miroir, attachant pour la première fois des boucles d'oreilles, derrière elle, son père qui se retenait de pleurer.
L'atelier ou elle aidait son père à concevoir des meubles; des morceaux de bois et de la poussière jonchaient le sol.
Shattrath, l'Exode, Deeka...

Une sensation, lointaine, se rapprochant, devenant insistante, lancinante, la douleur, ça faisait mal; la douleur, une pointe, l'écrasement, la douleur...


-AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!

Le réveil, en sursaut, elle essaie de se lever, mais elle ne le peut pas, quelque chose l'en empêche ! La douleur, insupportable, elle hurle, elle suffoque, la douleur l'envahit, elle a peur, au dessus d'elle, le ciel bleu, ou est-elle?
Elle retombe sur le dos, la douleur lui vrille la jambe, retombe jusqu'à son cerveau, l'écrase, elle a l'impression que ses yeux projettent des rayons de lumière brûlante, ses oreilles, elle croit qu'on est en train de lui arracher, ses tentacules, ils sont écartelés !
Elle n'a plus la force de hurler, la salive l'empêche de respirer, elle suffoque...


-Saala ! Saala !

Deeka se précipita vers sa femme, alors que le bloc batterie se renversait lourdement au sol avec un bruit sourd.
Il la prit dans ses bras, tremblante, les yeux révulsés, agitée de soubresauts, et la serra fort dans ses bras:


-Saala, Saala, c'est moi, c'est moi, Deeka; Saala, calme toi, mon amour, je suis là, je suis là, tout va bien...

La douleur s'estompait, un peu, elle eut l'impression que l'étreinte qui écrasait sa tête se relâchait; elle essaya de fixer son regard sur un point, là, qui la tenait dans ses bras...

-Deeka ! Oh, Ba'laa Naaru, Deeka, par pitié, dis moi que ce n'est pas un rêve !

Elle leva une main et lui passa sur la joue, le touchant, le caressant, ivre de joie, les larmes, de douleur et de joie ruisselaient sur ses joues; Deeka hocha la tête en silence et prit la main de sa femme et la serra.

-Je suis là mon amour, ce n'est pas un rêve, je suis là, je suis là...

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Laevathein
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Sam 15 Fév - 20:41

Il la tenait, tendrement enlacée; encore allongée, elle releva légèrement la tête et pâlit.

-Deeka, ma jambe...

Il suivit le regard de son épouse et hocha la tête en silence; la jambe de Saala était déchiquetée, son genou était tordu et l'os était apparent, et fracturé, fort heureusement, le poids de la structure qui l'avait écrasé avait également empêché l'afflux de sang, qui formait des plaques bleues foncées sur la peau de la jeune femme.

Maintenant que son mari la tenait dans ses bras, Saala se sentait mieux, elle souffrait toujours, mais la chaleur qu'elle sentait dans son ventre l'apaisait, elle était avec son bien-aimé.


-Je vais prendre soin de toi, je suis là, mais avant, il faut te mettre à l'abri.

Elle hocha la tête; elle ressentait un certain soulagement à se remettre entre les mains de Deeka; il reprit:

-Je vais te porter, tu es prête?
-Oui.

Il la souleva dans ses bras, prenant d'infinies précautions pour stabiliser sa jambe, dans l'état ou elle était, elle ne pouvait plus la plier.
Il la porta jusqu'à l'intérieur et la déposa par terre; Saala tourna la tête sur le coté et vit le corps de la femme; elle prononça d'une voix triste:


-J'ai essayé de l'appeler à l'aide, mais elle ne me répondait pas, la pauvre...
-Oui, j'espère qu'elle n'a pas souffert.

Saala reporta son regard sur Deeka, celui-ci s'était agenouillé, de la lumière émanait faiblement de ses mains.

-Ne bouge pas, ça risque de prendre un peu de temps.

Il passa lentement, délicatement ses mains sur la jambe, les promenant de bas en haut, et en sens inverse; Saala sentait la chaleur se répandre en elle par sa jambe, elle se sentait apaisée, réchauffée; alors c'était ça, l'effet que la Lumière produisait; une douce sensation de calme et de bien-être, la chaleur qui se répandait dans tout le corps, et qui vous faisait vous sentir bien...

Deeka souriait en la guérissant, la blessure se résorbait petit à petit, lentement, l'os se reconstitua et se remit en place; les coupures et les écorchures cicatrisèrent, puis les cicatrices disparurent.
Les sensations lui revenaient peu à peu, la douleur disparu, et fut remplacée par le doux contact des mains de Deeka, elle était totalement guérie à présent, mais il continuait à la caresser.


-Deeka.

Il ne répondit pas, la tête baissée, il avait cessé d'émettre de la lumière, et passait simplement ses mains sur ses deux jambes.

-Deeka, je n'ai plus mal, c'est fini.

Pour le prouver, elle remua la jambe, légèrement, il retira ses mains et leva la tête;des larmes lui coulaient sur les joues; avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, il l'attrapa brusquement et la serra de toutes ses forces dans ses bras; sans un mot, il l'embrassa, encore, et encore.

Ils demeurèrent une dizaine de minutes ainsi, enfin, il la relâcha, et se leva.


-Qu'est ce que tu fais?

Une expression mêlée de joie et de gravité sur le visage, Deeka désigna le corps de la femme et répondit:

-Je vais enterrer cette malheureuse, elle doit avoir une sépulture décente.

Elle suivit du regard le doigt de Deeka, et hocha la tête:

-Tu as raison, on ne peut pas la laisser comme ça, je vais t'aider.
-Non, reste ici et repose toi, tu es encore faible.

Deeka passa le reste de la journée à creuser une tombe en utilisant un morceau de métal, puis, couvert de terre et de boue, il arracha le fragment fatal du corps de la jeune femme, son corps avait été transpercé de part en part.
Avec délicatesse, il la prit dans ses bras et l'amena à coté de la fosse; puis, il revint vers Saala qui lança:


-Tu as terminé? Je veux dire une prière pour elle.
-Je venais pour t'aider à marcher.

Il aida Saala à se lever; lentement, ils marchèrent vers la fosse, Saala boitait et devait s'appuyer sur l'épaule de Deeka, sa blessure était guérie, mais elle aurait du mal à marcher durant quelques jours.
Ils s'arrêtèrent devant le corps, Deeka s'agenouilla et commença son homélie funèbre.
Debout, tentant tant bien que mal de rester en équilibre, Saala pria à voix basse, le regard rivé sur le visage de l'inconnue.
Enfin, il acheva la prière; il souleva lentement le corps de la femme et la déposa dans la fosse; il s'adressa à Saala en remontant:


-Je vais te ramener à l'intérieur, tu n'as pas besoin de rester pour ça...

Le visage marbré de larmes, Saala acquiesça; ils retournèrent dans la capsule, à l'intérieur de laquelle la jeune femme donna libre court à son chagrin, alors qu'à l'extérieur, des bruits de terre remuée lui parvenaient.

Le soleil se couchait lorsque Deeka revint enfin; trouvant sa femme en larmes, il s'approcha d'elle, aussitôt, Saala se pelotonna contre lui en pleurant en silence.
Tout en lui caressant les cheveux et en lui baisant le sommet de la tête, il répéta:


-C'est fini, ça va aller, c'est fini...
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Laevathein
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Lun 17 Fév - 13:42

Elle avait fini par s'endormir d'un sommeil paisible, les bras passés autour des épaules d'Ashola.
La femme était revenue plus tard dans la soirée, et lui avait passé une autre couverture sur les épaules.

Elle s'éveilla au cours de la nuit; se levant lentement, elle se pencha sur le visage d'Ashola, celle-ci respirait tranquillement, un léger sourire sur ses lèvres, elle devait faire un rêve agréable.
En souriant, Laevathein enfila une tunique qui avait du être amenée ici par la femme qui s'était occupée d'elles; puis, ramassant sa couverture et la drapant sur ses épaules, elle sortit de la capsule.

A l'extérieur, la lueur d'un feu de camp éclairait une petite clairière, la capsule dont elle sortait n'était pas la seule, il y en avait trois autres, plantées dans le sol à distance rapprochée.
Quelques tentes de toile épaisse étaient disposées à proximité.
Deux Draeneï étaient assis devant le feu, un homme et une femme, qui se tenaient enlacés et lui tournaient le dos.
Lorsqu'elle s'approcha, ils tournèrent la tête; Laevathein reconnut la femme, l'autre devait être son époux; la femme se leva et s'approcha, une expression légèrement réprobatrice sur le visage:


-Laevathein, pourquoi êtes-vous debout en pleine nuit? Vous devriez retourner vous coucher.
-Je n'ai pas sommeil, et puis, je voulais vous remercier.

La femme fit un geste de la main qui signifiait "oubliez ça"; elle se retourna vers l'homme qui s'était levé à son tour, il s'approcha et s'inclina, la femme reprit:

-Puisque vous êtes là, faisons les présentations, je m'appelle Muna, et voici mon époux Satas.

Le Draeneï s'inclina de nouveau, puis il prit la parole:

-Vous l'avez échappé belle, Muna m'a raconté votre périple, nous vous avons sauvé à temps.
-Venez vous réchauffer au coin du feu.

Laevathein acquiesça et s'installa, laissant par terre la couverture, elle passa ses mains devant le feu, la chaleur était agréable; à coté d'elle, Muna et Satas avaient reprit leur position enlacée; au bout d'un long moment, Laevathein questionna:

-Combien de personnes y a t'il ici?
-Avec vous et votre famille, nous sommes trente-trois.
-Nous étions sept lorsque nous nous sommes écrasés, mais nous avons perdu les personnes qui étaient avec nous, nous ne les avons pas retrouvées, j'espère qu'ils vont bien...

Satas reprit la parole:

-Grâce à la Lumière, nous avons échappé au pire en nous écrasant, quelques blessés, mais nous avons pu guérir tout le monde.

Le silence retomba sur le camp, de temps à autres, Satas se levait et déposait une bûche dans le foyer.
Finalement, le couple se leva, saluant Laevathein, ils se retirèrent et disparurent sous une tente.

La jeune femme demeura seule encore un moment, puis, se levant, elle retourna se coucher; elle se sentait en sécurité, les heures sombres étaient enfin terminées...

Le lendemain, elle fut réveillée par quelqu'un qui la secouait; en marmonnant, elle se retourna et remua, la personne la secoua plus fort.


-Lae, réveille-toi !
-Mmm...
-Lae !
-Mmmm, laisse moi dormir...
-Lae, réveille-toi !

Elle ouvrit les yeux, Ashola, penchée sur elle, la tenant par les épaules, la regardait avec un grand sourire; Laevathein se redressa brusquement, faisant basculer sa soeur qui tomba à la renverse, un grand éclat de rire retentit, se relevant, elle se précipita à quatre pattes vers sa soeur:

-On est sauvés ! Regarde !

Laevathein sourit de toutes ses dents, elle serra sa soeur dans ses bras sans dire mot; puis les deux femmes se levèrent, et sortirent de la capsule, Ashola pépiait en lui montrait les tentes, les capsules; de nombreux Draeneï circulaient dans le camp et les saluaient, certains étaient assis devant le feu et mangeaient; Laevathein reconnu Muna qui lui fit signe s'approcher.
Un peu plus loin, Deern sortit d'une autre capsule, aidant Irni, qui était encore faible, à marcher; ils approchèrent tous du feu et se tombèrent dans les bras, heureux de se retrouver et d'être tous sains et saufs.


-Venez donc prendre quelque chose à manger, ça vous fera du bien.

Satas servait de larges lampées de soupe; sur un autre foyer, un animal cuisait sur une broche, l'odeur était alléchante et souleva l'enthousiasme de la famille qui ne se fit pas prier pour s'installer avec les autres.

Quelques minutes plus tard, au milieu des conversations joyeuses et des bruits de mastication, Deern s'adressa à Satas:


-Je ne sais pas ce qui serait arrivé si vous n'aviez pas été là pour nous sauver, nous serions sans doute morts.

Ashola hocha la tête en silence; assise à coté de Laevathein, comme à son habitude, elle observait le va-et-vient des gens en souriant, cette épreuve l'avait beaucoup affectée, mais retrouver ses semblables semblait lui avoir redonné le moral.
Après le repas, Deern resta à discuter avec Satas, qui était le chef du groupe; Laevathein quand à elle, se dirigea vers une tente un peu à l'écart des autres; deux femelles Draeneï s'y trouvaient, l'une d'elle était simplement venue chercher deux bols de nourriture, Laevathein l'avait vu dire quelques mots à Muna à l'écart, puis repartir la tête baissée; elle n'était pas revenue ensuite.

La Draeneï qui était venue était agenouillée vers l'autre et lui caressait tendrement le visage; mais l'autre ne réagissait pas, elle était assise, le regard dans le vague; Laevathein s'approcha et s'agenouilla à son tour et demanda:


-Bonjour, puis-je vous aider?

La Draeneï sursauta et se tourna vers Laevathein, qui fut surprise de constater à quel point son interlocutrice était jeune, une jeune femme, mais presque encore une enfant; elle portait les cheveux attachés en queue de cheval, une robe blanche ornée de symboles stylisés bleus; mais ce qui frappa le plus Laevathein, ce fut le regard de la jeune fille, qui paraissait hanté, effrayé; elle posa lentement sa main sur l'épaule de la jeune fille, et reprit, tentant d'avoir une voix apaisante:

-N'aie pas peur, je veux t'aider.

La Draeneï se tranquillisa, elle reporta son attention vers celle qui était assise, et qui paraissait tout aussi jeune:

-Muna a déjà essayé de m'aider, elle dit qu'elle ne peut rien faire...

La jeune femme recommença à caresser les cheveux et le visage de l'autre Draeneï; Laevathein, décontenancée, répondit:

-Je m'appelle Laevathein.
-Moi, Hopey.
-Et comment...
-Elle s'appelle Scarley.

Laevathein hocha la tête en silence; Hopey avait une voix très douce, très jeune, mais son ton était celui d'une adulte ayant subit de nombreux malheurs; "C'est notre cas à tous..." songea la jeune femme; voyant que Hopey recommençait à caresser les cheveux de Scarley, elle vit par terre l'un des bols encore plein; relevant la tête, elle questionna:

-Qu'est-ce qu'elle a?

Hopey secoua la tête négativement, elle répondit:

-Ils ne savent pas ce qu'elle a, elle est comme ça depuis qu'on s'est écrasés...

La jeune fille était au bord des larmes, l'angoisse transparaissait dans sa voix; elle était extrêmement inquiète, c'était évident; Laevathein reprit:

-Tu as l'air de beaucoup tenir à elle, c'est ta soeur?
-Non, c'est ma compagne.

Laevathein ne répondit pas; elle comprenait cette peur, désireuse de venir en aide aux deux amantes, elle se leva et retourna vers le camp, sans qu'Hopey ne semble se rendre compte de son départ; en se retournant, Laevathein vit que la jeune femme s'était penchée et embrassait Scarley sur les joues, puis sur les lèvres, elle lui tenait la main et la serrait contre son coeur, mais cette dernière conservait l'expression apeurée que Laevathein lui avait vue en arrivant...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mer 5 Mar - 20:56

Le camp était étendu sur une cinquantaine de mètres, deux capsules fichées dans le sol étaient situées très proches l'une de l'autre, tandis qu'une autre était plus éloignée; quelques arbres, qui avaient résisté à l'impact, formaient une sorte de barrière naturelle, et entouraient le camp, qui avait ainsi l'air d'une clairière.

Plusieurs Draeneï circulaient dans le camp, l'air affairés, certains portaient des couvertures, d'autres des sacs dont s'échappaient une odeur de nourriture.
Laevathein traversa le camp, à l'affût de Muna; elle la repéra facilement, celle-ci était en grande conversation avec son époux et un autre Draeneï, qui portait une armure, elle le reconnu vaguement, l'ayant déjà croisé à plusieurs reprises dans le Sanctum de la Main; mais elle ignorait son nom.
En s'approchant du groupe, elle vit Ashola, qui lui tournait le dos, agenouillée à une demi douzaine de mètres d'elle, qui prodiguait des soins à une petite fille allongée sur un lit de fortune; sa soeur semblait paisible, et elle ne voyait pas de raisons de la déranger, alors elle poursuivit son chemin.

La conversation allait bon train, Laevathein entendit quelques bribes en s'approchant; ils parlaient de la nécessité de quitter le camp de rejoindre rapidement l'Exodar; puis, le soldat s'inclina face à Muna et s'éloigna vers un petit groupe.
Muna se tourna vers Laevathein tandis que son mari suivait le soldat; elle esquissa un sourire et questionna:


-Laevathein, que puis-je faire pour vous?
-Et bien, je...

L'esprit encore à ce qu'elle venait d'entendre, elle se retourna vers Satas qui aidait d'autres Draeneï à démonter des tentes; la voix de Muna derrière elle la rappela à la réalité:

-Vous avez du nous entendre discuter; nous allons quitter le camp.
-Quand?
-Et bien, certainement en début d'après-midi, Partrios est en train de s'occuper de la logistique.

Elle allait demander qui était Partrios, et supposa qu'il ne pouvait s'agir que du soldat qu'elle venait de croiser; elle se tourna de nouveaux vers Muna, qui la regardait d'un drôle d'air:

-Qu'y a t'il?
-Rien, rien, vous avez simplement l'air déboussolée, vous allez bien?
-Oui, ça va, mais je voulais vous parler de quelque chose.
-Oui? Vous avez besoin d'aide pour emporter vos affaires? Ne vous inquiétez pas, nous avons réussi à récupérer des caisses dans les capsules.

Laevathein fit un geste de dénégation en hochant la tête, elle reprit:

-Non, c'est cette jeune fille...

Elle se retourna et désigna la direction ou se trouvaient Hopey et sa malheureuse compagne; Muna hocha la tête en montrant qu'elle comprenait de qui il s'agissait, elle s'avança de quelques pas et se mit à la hauteur de Laevathein; elle reprit d'une voix douce, pleine de compassion:

-J'ai dis à Hopey que je ne pouvais rien faire, je ne suis pas guérisseuse, et nous n'avons personne qui puisse faire quoi que ce soit; nous ne savons même pas ce qu'elle a !
-Mais on ne peut pas les laisser ici, on ne peut pas les abandonner !
-Je n'ai pas dis ça, sûrement pas; mais malheureusement, nous sommes débordés avec tous ces préparatifs...
-Alors c'est moi qui vais l'aider, je vais l'aider à la porter jusqu'à l'Exodar !
-Je vous la confie alors, veillez bien sur elle, je suis très inquiète...

Laevathein hocha la tête, Muna s'éloigna en direction des travailleurs, et, se retournant, elle inclina la tête et chuchota un "Merci".

Quelques minutes plus tard, la jeune femme revint vers la capsule ou elle avait dormi la nuit précédente, ses affaires s'y trouvaient encore, et plus important, son armure, son épée et son bouclier; elle s'installa et commença à les enfiler, heureusement, la pluie ne les avait pas endommagés.

Elle sortit de la capsule une dizaine de minutes plus tard, quelques Draeneï se retournèrent sur son passage lorsqu'ils la virent ainsi équipée, puis retournèrent à leurs occupations.
Elle fit le tour du camp, cherchant sa soeur ou sa mère, espérant qu'elles puissent aider la jeune Scarley à sortir de sa torpeur; sinon, elle était résolue à la porter, aidée d'Hopey.

Finalement, ce fut sa mère qu'elle trouva en premier; Irni était assise sur une couverture, et regardait son époux ranger du matériel dans des caisses, elle se retourna lorsque sa fille aînée l'interpella:


-Maman ! J'ai besoin de toi !

Deern s'arrêta de ranger et se redressa, regardant sa fille, l'air interrogateur; Irni se retourna et attendit que sa fille s'explique:

-Il y a une jeune femme qu'il faut que tu soigne, on va bientôt partir, et elle refuse de bouger.

Irni fit signe à sa fille de s'asseoir, mais Laevathein hocha la tête négativement, elle jetait sans arrêt des regards derrière elle, et semblait agitée; Deern, s'approchant de son épouse, et posant une main sur son épaule, prit la parole:

-Lae, ta mère est encore fatiguée, elle n'a pas encore reprit toutes ses forces, laisse là se reposer, ton amie attendra.
-Mais elle ne peut pas attendre !
-Mais pourquoi? Qu'est-ce qu'elle a exactement?
-Je ne sais pas, c'est pour ça que j'ai besoin que maman vienne.

Irni leva les yeux vers Deern, ils échangèrent un regard, Deern acquiesça en silence, puis tendit la main à sa femme et l'aida à se lever; elle chancela légèrement tandis qu'il l'a tenait dans ses bras; elle se retourna vers Laevathein et dit:

-Ca va aller, emmène moi voir cette personne.

Deern se remit à ranger ses caisses, ne quittant pas sa femme et sa fille du regard, il lança:

-Fais attention à ta mère !

Irni lui lança un sourire, en resserrant la couverture qu'elle portait sur ses épaules; en marchant, lentement à cause d'Irni qui était encore faible, Laevathein demanda:

-Maman, ça va?
-Mais oui, tu connais ton père.
-Ca n'a pas l'air d'aller pourtant.
-Mais si, mais si, j'ai simplement attrapé froid, et j'ai mal aux jambes, mais ça va, ça ne m'empêche pas d'aller voir quelqu'un qui a besoin de moi.

Elle parvinrent à la tente devant laquelle se trouvaient les deux jeunes femmes; Hopey s'y trouvait seule, assise dehors, la tête penchée sur le coté, la respiration régulière, elle ne réagit pas quand Laevathein et sa mère s'approchèrent; elles constatèrent alors que la jeune femme dormait assise, un bol renversé à coté d'elle.
En se penchant, Laevathein vit Scarley, allongée sous la tente, recroquevillée sous une couverture, les yeux fermés; elle dormait aussi; elle montra la jeune femme à sa mère, puis chuchota:


-C'est elle, elle s'appelle Scarley.

Elle montra Hopey, dont la tête se soulevait et se baissait au rythme de ses respirations:

-C'est Hopey, la pauvre, elle doit être épuisée; tu crois qu'on devrait la réveiller?

Irni ne se retourna pas, elle était déjà à genoux, à moitié dans la tente, et palpait le front de Scarley, elle répondit:

-Je pense qu'il vaudrait mieux, si elle se réveille toute seule, elle risque d'avoir peur.

Laevathein acquiesça, et commença à essayer de réveiller Hopey, en lui touchant doucement l'épaule, et en la secouant légèrement; finalement, la jeune femme ouvrit les yeux, l'air hagard, elle battit des paupières, et son regard se porta sur Laevathein, qui cette fois-ci était en armure; elle eu une expression montrant qu'elle la reconnaissait; encore embrumée de sommeil, sa tête pencha vers le coté, et elle regarda dans la tente, dont dépassaient les jambes d'Irni; suivant son regard, Laevathein devança sa question et annonça:

-Je te présente ma mère, Irni; je t'avais dis que je reviendrais pour t'aider.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Dim 23 Mar - 19:04

La veille.

Ils avaient marché toute la journée; du moins, il était plus honnête de dire que Deeka avait marché, en portant Saala dans ses bras; lorsqu'elle lui demandait de la poser, il secouait négativement la tête; et continuait; elle pouvait néanmoins voir qu'il était épuisé, des gouttes de sueur perlaient sur son visage, et les muscles de son cou étaient tendus, il devait avoir très mal aux bras.

Après s'être accordés un moment de tendresse après avoir enterré la Draeneï morte, ils avaient fini par partir en fin de matinée, en direction de l'Exodar; Deeka était persuadé que les autres survivants y avaient trouvé refuge, et il voulait y mener sa bien-aimée au plus vite.

Lorsque le temps avait changé, et que le blizzard avait balayé la zone, ils avaient réussi à trouver refuge dans une autre capsule échouée, plantée de biais en plein milieu d'un bosquet; ils y avaient trouvé un message rédigé dans leur langue, indiquant une direction à suivre afin de retrouver d'autres survivants.

Deeka avait voulu repartir aussitôt la tempête terminée, mais la nuit était tombée; et Saala s'opposa fermement à ce qu'ils s'aventurent dans le noir, de plus, elle craignait que son mari ne se fasse du mal à trop fournir d'efforts, après tout, il n'était pas un homme de terrain.

Il avait finalement accepté qu'ils passent la nuit dans la capsule; les précédents occupants avaient laissé une couverture épaisse dans un coin de l'habitacle, à destination de ceux qui les suivraient; c'était une bénédiction, car la nuit était fraîche, et bien que l'habitacle soit pratiquement intact, l'air froid s'insinuait à l'intérieur et les glaçait.
La faim et la soif se faisaient durement ressentir, Saala se sentait affamée, les émotions et sa blessure lui avaient fait dépenser beaucoup d'énergie, et il n'y avait pas que cela...


-Tu crois qu'il va bien?

Elle leva la tête vers Deeka, qui l'observait avec tendresse, mais elle lut également l'inquiétude dans son regard; il était encore beaucoup trop tôt pour qu'elle puisse le sentir remuer, mais elle avait la certitude que son bébé était en sécurité.
Esquissant un sourire et hochant la tête, elle répondit:


-J'en suis persuadée, je sens qu'il est là, il attend, et il a faim...

Elle ajouta ces derniers mots en riant, mais le coeur n'y était pas; Deeka lui, ne répondit pas au sourire de sa femme; depuis qu'il l'avait vue inconsciente, il ne parvenait pas à se défaire de cette angoisse qui lui étreignait le coeur; même maintenant, Saala était en vie, et en bonne santé, il s'en était assuré, il avait même été plus loin que d'ordinaire lorsqu'il guérissait une blessure; d'ou sa fatigue subite après coup.
Mais le bébé? Qu'en était il de leur enfant? Saala était enceinte depuis à peine plus d'un mois; il faudrait attendre encore six mois avant de connaître le sexe de l'enfant, et encore quinze longs mois avant qu'il ne vienne enfin au monde; et si Saala perdait l'enfant? Que ferait-il? Que deviendrait-il? Et Saala, par les Naaru, comment supporterait-elle ce drame?

Alors il n'avait rien dit, pour ne pas l'inquiéter; tout au long de la journée, il l'avait regardée avec plus de tendresse que d'ordinaire, et aussi avec inquiétude; il savait qu'elle l'avait remarqué, mais il n'osait pas aborder le sujet, il avait peur d'entendre une mauvaise nouvelle.


-Demain, je partirais à la chasse, je trouverais à manger.

Elle ne répondit pas, il n'était pas chasseur, il n'avait aucune idée de la survie; en le regardant, qui lui-même la regardait, les yeux flamboyants; elle comprit qu'il disait cela pour la rassurer; il devait être autant inquiet qu'elle, si ce n'était plus; résolue à ne pas l'inquiéter d'avantage, elle hocha la tête en souriant.
Puis elle se rapprocha de lui, et se pelotonna dans ses bras, elle sentit qu'il attrapait la couverture et la drapait sur leurs deux corps; elle ferma les yeux, s'efforçant de ressentir plus profondément l'amour qu'il éprouvait pour elle, et essayant de ressentir son bébé, même si elle savait qu'il était encore trop tôt; encore quelques mois...


-Ta maman a hâte de te voir mon amour...

Deeka lui caressait tendrement la tête, elle sentit qu'il posa sa tête tout contre la sienne.
Elle n'avait plus froid, elle n'avait plus faim, elle se sentait bien.
Elle s'endormit.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Dim 23 Mar - 19:54

-Nous serons prêts dans deux jours, au maximum.
-C'est encore trop lent, nous devons lancer l'attaque demain au plus tard !
-Nous n'avons pas assez de troupes, comment pourrions-nous...
-Plus nous attendons, plus ces bâtards bleus auront le temps de s'organiser, et de nous repousser.
-Je suis désolé, je ne peux pas faire mieux.
-Vous préférez peut-être devoir expliquer au Prince comment VOUS avez saboté tous ses plans pour récupérer l'Exodar?
-Je...Je vais donner l'ordre d'accélérer les préparatifs.
-C'est ça, faites donc, et disparaissez de ma vue.

L'homme fit un salut respectueux, et s'empressa de s'éloigner; remuant au gré des vaguelettes, trois navires elfes étaient fixés par une ancre.
Une douzaine d'Elfes transportaient des caisses des navires au rivage; un peu à l'écart, des tentes rouge sang avaient été dressés par magie; devant l'une d'elles, assise sur un tabouret, Sholena se faisait soigner; le mage qui s'occupait d'elle se frottait la mâchoire d'une main; elle l'avait frappé lorsqu'il avait posé la main sur sa blessure à l'oreille.
Maintenant elle était guérie, mais il y avait un autre problème; lors de l'accident, un minuscule éclat de cristal lui était entré dans l'oeil; malheureusement, il ne possédait pas les connaissances nécessaires pour l'ôter.

Salinas Flamme-coeur écoutait les insultes hystériques de l'elfe à l'encontre de son soigneur d'une oreille distraite; ce qui l'intéressait plus, c'était que les renforts qui les avaient rejoint devraient être prêts au plus tôt; si les Draeneï parvenaient à l'Exodar avant eux, ils ne pourraient plus jamais les en déloger; il savait que la chute du vaisseau ne pouvait avoir tué suffisamment de monde pour qu'il n'y ait aucune résistance.
Il marchait de long en large, plongé dans ses réflexions; Kael'Thas l'avait chargé d'une mission: reprendre l'Exodar, pour cela, tous les moyens étaient bons, y compris exterminer tout le peuple Draeneï.
Il n'avait aucune sympathie particulière pour ces êtres, mais néanmoins, il n'avait guère envie d'être responsable de la disparition d'une race toute entière, et une autre question le taraudait: est-ce que tout cela en valait la peine? Le prix à payer pour retrouver le prestige perdu n'était il pas trop élevé?

Il passa devant Themisios, qui était assis, pieds nus, face à la mer, seul.
Il se demandait ce qui se passait dans la tête de ce dernier; depuis le début, il avait montré des réticences face aux méthodes employées pour accomplir leur mission; pourtant, il s'était porté volontaire, et avait obéi aux ordres, y compris ceux de saboter le vaisseau.
Il avait le regard dans le lointain, sur le sable, à coté de lui était posée une épée à lame légèrement courbe, typique des techniques elfiques de forge du métal, l'arme était neuve, sa lame étincelait et jetait des reflets aveuglants.

Un peu plus loin, Meriden écrivait une lettre; tache futile, car leur mission était secrète, et personne ne devrait jamais avoir vent de ce qu'ils avaient accompli; pour la gloire de Kael'Thas.

Toujours plongé dans ses réflexions, il étudiait les diverses éventualités qui pourraient s'offrir à eux lors de l'attaque, lorsque il fut interrompu par le son d'une bordée d'injures, suivi presque immédiatement d'un cri effrayé.
Sortant à contrecoeur de ses pensées, il ne fut pas surpris de voir Sholena à genoux sur le mage qui la soignait, enfin, qui essayait de le faire; elle l'injuriait copieusement et crachait de rage; d'autres elfes vinrent au secours du jeune mage qui était visiblement terrifié par cette folle qui lui avait sauté dessus.
Il apprit quelques minutes plus tard que la cause de la soudaine colère de Sholena, était qu'elle venait d'apprendre qu'elle ne reverrait plus jamais de l'oeil droit; à cause de cet éclat qui s'était fiché dedans.
Un mage plus puissant et expérimenté aurait pu sans nul doute régler le problème, mais on ne leur avait envoyé qu'une jeune sans expérience; ce que Salinas ne pouvait s'empêcher de déplorer; mais en réalité, ce n'était pas surprenant, après tout, les puissants mages Solfurie avaient fort à faire et étaient tous mobilisés pour les projets du Prince.
Qu'une de ses suivantes perde un oeil à cause de l'inexpérience d'un autre serviteur n'était qu'un maigre prix à payer, pour voir le renouveau du peuple Sin'doreï.

Tandis qu'il repartait marcher sur la plage; il ne put s'empêcher de ressentir un plaisir sadique à voir la rage de Sholena, qui injuriait tout ce qui passait à sa portée; apparemment, elle n'avait pas encore totalement perdu l'usage de son oeil, mais cela ne tarderait pas.
Et puis, espérait-il, peut être que le cristal lui causerait une infection et la tuerait, en silence, si possible.

Le soleil se coucha lentement à l'horizon, encouragés par les menaces de Salinas, les elfes progressaient rapidement, et déchargeaient de nombreuses caisses.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Jeu 27 Mar - 12:20

Hopey regardait toujours Irni examiner sa compagne; Laevathein la tenait par les épaules; finalement, Irni sortit de la tente et se pencha vers la jeune Draeneï et lui adressa un sourire maternel:

-Ton amie s'en sortira.

Hopey se redressa avec inquiétude, elle jeta un regard sur Scarley, puis reporta son attention sur Irni, elle questionna:

-Mais qu'est ce qu'elle a?
-Elle est choquée, l'accident a du être terrible pour elle...
-Mais est ce qu'elle va se réveiller? Qu'est ce qu'on doit faire?
-Rien, pour l'instant; elle a simplement besoin que tu sois là pour elle.
-C'est tout?

Irni hocha la tête, son regard passa de Laevathein à Hopey, puis elle répondit:

-Oui, il faut attendre, elle reviendra, ne t'inquiètes pas.

Irni se leva ensuite péniblement en grimaçant de douleur; elle eut un léger frisson, l'air se rafraîchissait, elle s'adressa à sa fille:

-Lae, tu veux m'aider à marcher, je vais rejoindre ton père.

Laevathein s'approcha de sa mère et se plaça de sorte que cette dernière puisse lui passer un bras autour du cou; avant de partir, elles s'adressèrent à Hopey:

-Ne t'en fais pas, ton amie se remettra, elle n'a besoin que de toi; mais n'hésite pas à m'appeler si tu as encore besoin de mon aide.

Hopey, toujours assise, hocha la tête en silence; elle semblait au bord des larmes; Irni lui adressa de nouveau un sourire rassurant; puis ce fut au tour de Laevathein de parler:

-J'aide ma mère à rentrer, et je reviens aussitôt, je vais t'aider à préparer tes affaires.

Les deux femmes s'éloignèrent lentement; une fois hors de portée des oreilles de la jeune femme, qui restait sur place; Laevathein chuchota à l'oreille de sa mère:

-C'est vrai ce que tu lui as dit? Qu'elle va se remettre?

Sans montrer qu'elle avait entendu, Irni répondit sur un ton égal:

-J'ai essayé de la rassurer, j'ai vu son visage quand elle m'a demandé si je pouvais faire quelque chose; mais oui, elle va se remettre, ça prendra peut être un peu de temps; l'accident a été dur pour tout le monde, je comprends que certains soient traumatisés...

Pensive, Laevathein aida sa mère à rentrer, Deern avait fini de préparer leurs affaires, et les accueillit avec un plaisir évident; il s'approcha de sa fille et lui lança en souriant d'un air espiègle:

-Donne moi ta mère, elle est trop précieuse pour que je la laisse à quelqu'un d'autre.

Sur ces mots, il la souleva brusquement du sol, provoquant une exclamation d'Irni, et l'emmena sur une couche qu'il avait laissée là; puis il l'assis, et commença à lui pétrir les sabots.
Sentant la présence de sa fille derrière lui, Deern lui dit:


-J'ai terminé de préparer nos affaires, tu devrais aller chercher Ashola, je ne l'ai pas vue depuis ce matin.
-La dernière fois que je l'ai vue, elle était en train de s'occuper d'un petit garçon; elle doit avoir terminé, je vais la prévenir.

Elle repartit en quête de sa soeur; elle ne serait pas difficile à trouver, il suffisait de chercher les personnes en détresse, et elle la trouverait.
Quelques secondes plus tard, elle la vit, en train de parler avec un jeune Draeneï qui avait un bandage au bras; le jeune acquiesçait, puis ils se séparèrent; en se retournant, Ashola tomba nez-à-nez avec sa soeur.


-Oh ! Tu es là, je te cherchais partout !
-Je vois que tu t'es bien occupée, dit-elle en désignant le Draeneï qui s'éloignait.
Ashola se retourna à son tour, et reprit:

-Oh, oui, il s'est blessé en rangeant les couvertures, j'étais en train de lui expliquer comment apaiser la douleur de son poignet; et toi, ça va?
-Oui oui, Papa m'a demandé de venir te chercher, nous allons bientôt partir.
-D'accord, j'arrive.
-Rentre toute seule, je dois faire quelque chose.

Laevathein était déjà partie quand Ashola l'interpella:

-Ou vas tu?
-Aider une amie à marcher; on se verra sur la route.

La jeune femme se dirigea vers Hopey; celle-ci n'avait pas chômé, elle avait déjà préparé ses affaires et celles de Scarley, qui ne tenaient que dans un maigre sac.
Elle se mit à démonter la tente, en faisant de son mieux pour ne pas s'emmêler dans les crochets; enfin, il ne resta que Scarley, étendue sur une couverture.
Autour d'elles, l'effervescence régnait, le départ était proche, dans quelques minutes au plus.
Laevathein se tourna vers Hopey:


-Est-ce que tu es prête? Nous allons la porter.

Hopey hocha la tête; des cernes s'étalaient sous ses paupières, mais elle sembla gagner en résolution en voyant sa compagne; les deux femmes passèrent leurs bras sous le corps de Scarley, puis, en douceur, la firent basculer sur le dos.
Ensuite, Laevathein prit la jeune femme sous les bras, tandis que Hopey lui soulevait les jambes.
Enfin, elles soulevèrent la jeune femme.

Elle était moins lourde qu'elle ne l'aurait pensé, mais ça n'avait rien de très étonnant, elle était assez petite, moins que Saala, mais...

La pensée de sa meilleure amie lui vint à l'esprit, Saala, ou était-elle? Et Deeka? Avaient ils survécu?
Une ombre dut passer sur son visage, car Hopey lui demanda:


-Est-ce que ça va?

Surprise, et ne voulant pas inquiéter la jeune fille, elle s'efforça de sourire et répondit:

-Oui, oui, j'avais un caillou sous le sabot.

Cette explication paru convenir à Hopey, car elle continua à marcher; elles rejoignirent le reste des Draeneï présents, qui écoutaient le mari de Muna, il prononçait quelques mots d'encouragement; Laevathein vit ses parents à sa droite, son père portait sa mère dans ses bras, et avait également un sac en bandoulière; Ashola à gauche, en train de tenir la main à un enfant, celui qu'elle avait vu plus tôt dans la matinée.

Les Draeneï quittèrent enfin le camp, ne laissant aucun regret derrière eux; en revanche, prévoyante, Muna avait laissé des mots dans toutes les capsules, à l'attention de ceux qui pourraient arriver, en les encourageant à poursuivre vers l'Exodar, ou ils trouveraient leurs semblables.

Après quelques minutes de marche, le poids inerte de Scarley commença à peser à Laevathein, ajouté au poids de son armure, elle savait qu'elle risquait de s'épuiser rapidement; elle demanda à Hopey de déposer sa compagne par terre; puis elle entreprit de défaire ses gantelets; elle n'avait pas le temps de retirer l'armure entière, mais au moins, elle devrait supporter un peu moins de poids.

Les laissant là, elle reprit les bras de Scarley, et reprit la marche.

A quelques centaines de mètres plus au sud, un groupe de Draeneï cheminaient lentement; parmi eux, une femme enceinte...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Jeu 27 Mar - 22:36

-Regardez, des capsules !

Yuur couru vers la clairière; laissant les autres derrière lui.
Saala marchait en tenant la main de Deeka, celui-ci paraissait épuisé; il avait porté son épouse une grande partie de la journée, et ne s'était pas reposé; jusqu'à ce qu'ils rencontrent un autre groupe de Draeneï.
Ils n'étaient qu'une demi-douzaine, et avaient eu la même idée: se diriger vers l'Exodar; c'était eux qui avaient laissé des messages à l'intérieur des capsules.

Il y avait deux femmes et quatre hommes; dont deux étaient très jeunes, presque encore des enfants; lorsqu'ils avaient appris que Saala attendait un enfant, ils s'étaient spontanément proposés pour la protéger et l'escorter jusqu'à l'Exodar.
La demande avait été faite d'un tel air de sérieux de la part de ces jeunes hommes que Saala n'avait pu s'empêcher de pouffer de rire; Deeka avait quand à lui esquissé un sourire amusé.

Les deux Draeneï s'étaient alors postés de chaque coté, et marchaient en regardant de tous cotés, l'air volontaire, bombant le torse, ils étaient ridicules, mais tellement amusants, et tellement gentils, que Saala, touchée, les remercia en leur posant un baiser sur le front.

D'un certain sens, c'était rassurant de voir ces jeunes se montrer désireux de protéger une femme enceinte, après tout, les enfants étaient l'avenir des Draeneï, encore plus aujourd'hui, malheureusement, de tels événements se faisaient de plus en plus rares; et les rares grossesses qui intervenaient étaient considérées comme des miracles, une bénédiction de la Lumière; qu'il fallait protéger et chérir.
Plus que jamais, une femme qui portait un enfant était porteuse de l'avenir; et devait être traitée comme la plus pure des pierres précieuses; voir ainsi de si jeunes Draeneï en avoir conscience soulagea Deeka; l'espoir en l'avenir de son peuple n'était pas perdu.

Finalement, Saala avait insisté pour qu'il la laisse marcher, elle avait désigné ses deux protecteurs improvisés, en justifiant qu'elle était en sécurité.
Il s'était laissé convaincre; puis, chemin faisant, la fatigue accumulée de ces derniers jours lui était retombée sur les épaules; il s'était surpassé, voire carrément surmené, sans penser un seul instant à lui-même, il n'avait eu que la sécurité de sa femme en tête; et en avait oublié sa propre santé.


-Ont-ils laissé un message?
-Oui ! Ils disent qu'ils sont en route vers l'Exodar, ils sont partis il y a peu de temps, en nous dépêchant, nous devrions pouvoir les rattraper !

Après une pause, nécessaire pour tout le monde, ils repartirent, espérant à chaque instant retrouver leurs semblables sur la route.

Environ deux kilomètres à l'ouest.


-Exarque, il y a un groupe devant nous !
-A quelle distance, et combien?
-A environ trois cent mètres, ils sont environ une cinquantaine.
-Bien, tenez-vous sur vos gardes, il faut être prêts à...
-Exarque, ce sont des Draeneï !

Estis s'empara de la longue-vue et regarda dans la direction indiquée par son lieutenant, en effet, il voyait un groupe de Draeneï, un peu plus nombreux qu'eux-mêmes ne l'étaient; qui se dirigeaient également vers l'Exodar.
Il rendit l'instrument, et se tourna vers son groupe:


-Mes frères et soeurs, nous avons repéré un autre groupe de Draeneï qui marchent dans la même direction que nous, nous allons tâcher de les rejoindre aussi vite que possible; allons, courage ! Nous sommes bientôt arrivés.

Plus loin à l'est.

Un groupe d'Elfes se dirigeait en direction de l'Exodar; Salinas en tête, suivi de près par Meriden; Sholena, quand à elle, se tenait à sa gauche, la dague entre les dents; elle exultait déjà du massacre qu'ils allaient commettre.


-Bien, si mes prévisions sont exactes, dans quelques centaines de pas, nous devrions voir des groupes isolés; notre mission est simple: tuer tous les Draeneï que nous verrons, il faut nous assurer qu'il ne leur sera pas possible de nous empêcher de reprendre l'Exodar.

Ils opinèrent du chef, fourbissant leurs armes, et se préparant pour la bataille.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Lun 31 Mar - 9:18

Marchant à l'arrière du groupe, Laevathein entendit à l'avant des cris:

-Hé oh ! Nous sommes là ! Venez !

Se retournant brièvement, elle vit plusieurs Draeneï agiter leurs bras et crier en direction d'une colline à l'ouest, d'autres Draeneï en descendaient déjà, faisant des signes de main eux-aussi.
Quelques minutes plus tard, le groupe les avait rejoint, beaucoup se sautaient dans les bras, sans même se connaître, enfin la réunification ! Enfin tant de personnes se retrouvaient, heureuses d'être ensemble, en vie.

Quelque peu à l'écart, Estis parlementait avec Muna et son époux; finalement, alors qu'il s'éloignait et retournait vers ses hommes, Muna éleva la voix de façon à ce que tout le monde l'entende:


-L'Exarque Estis m'a informée que son groupe transportait deux personnes qui sont très gravement blessées, si rien n'est fait, elles mourront, si vous avez des talents de guérison, nous avons besoin de vous.

Alors qu'elle parlait encore, Irni sortit du groupe en boitillant, suivie presque immédiatement par Ashola, deux autres Draeneï suivirent également; un soldat leur fit signe, elles le suivirent vers un autre petit groupe.
Deux Draeneï étaient allongés sur des civières de fortune, ils étaient tous deux inconscients, du sang séché s'étalait sur leur poitrine, et ils respiraient avec difficulté.
Irni, la plus expérimentée, évalua rapidement la gravité des blessures; elle confia le cas le moins grave à sa fille et aux deux autres, qui avaient seulement des notions de secourisme; puis elle s'agenouilla avec difficulté et commença à passer ses mains sur la poitrine de l'homme allongé devant elle.
Des prières furent psalmodiées en choeur, on entendait les murmures, tandis que les mains des deux Draeneï, la mère et la fille, émanaient de lumière; Ashola, bien moins expérimentée, tremblait et se mordait les lèvres, la vue du sang la troublait, et elle n'avait jamais soigné de blessure aussi grave.

Les deux groupes, qui n'en étaient désormais plus qu'un, attendaient en silence; quelques paroles étaient échangées, on se racontait l'accident, les malheurs, on se consolait.
En queue du convoi, Laevathein était assise par terre, Hopey, à bout de souffle, veillait sur Scarley, qui donnait des signes encourageants, peut être allait elle bientôt s'éveiller.


-Laevathein !

Cette dernière, entendant prononcer son nom, se leva en sursaut et se retourna, pour se retrouver en face de l'Exarque Estis; embarrassée, elle le salua en tentant de se redresser:

-Pardonnez-moi, je ne vous avais pas vu.
-Repos, il est inutile de faire cela; je suis content de voir que vous avez survécu.
-Merci monsieur, moi aussi je suis heureuse de vous voir.

Il avisa Hopey qui avait levé le regard vers lui, sans prononcer un mot, puis, voyant la jeune Draeneï allongée, il questionna:

-Qu'a donc cette jeune fille?
-Elle est traumatisée, on ne sait pas quand elle va revenir parmi nous.

Il hocha la tête en silence, puis il désigna de la tête les mains de Laevathein:

-Vous avez perdu vos gants?
-Non monsieur, je les ait ôtés pour porter cette personne.
-Je vois que vous avez conservé le plus important, votre arme et votre bouclier, bien; restez avec votre amie, je vous ferais mander si j'ai besoin de vous.
-A vos ordres.

Estis reparti en direction de ses hommes, ou plutôt de ceux qui étaient restés avec les blessés; la plupart s'étant déjà mêlés aux civils; il avait décidé de laisser faire, ils avaient bien besoin de repos; lui-même se sentait las; il s'installa légèrement à l'écart, pour réfléchir à la suite des événements.

La nuit commençait à tomber, lorsque un éclaireur annonça qu'il voyait un groupe de personnes approcher; posant la main sur son épée, Estis se tint prêt; mais lorsqu'il entendit qu'il s'agissait de Draeneï, il se détendit.


-Ca y est, enfin, nous les avons trouvés !

Saala se blottit dans les bras de Deeka, celui-ci l'étreignit avec tendresse, les deux jeunes, tout excités, étaient déjà partis en avant, laissant leurs aînés avancer plus lentement.
Quelques minutes plus tard; ils parvinrent au camp improvisé, Deeka s'avança le premier, tandis que plusieurs Draeneï s'approchaient, de grands sourires aux lèvres, les accueillant, leur souhaitant la bienvenue.
Marchant quelques pas derrière, Saala regardait à droite et à gauche, tentant de reconnaître des visages, quand quelqu'un se jeta sur elle et la serra dans ses bras:


-Saala ! Tu vas bien ! Je suis si heureuse de te revoir !
-Lae ! C'est toi !

Saala se sentit tirée par le bras par Laevathein, qui l'emmena en plein milieu du camp, un grand feu avait été allumé, et un animal cuisait sur une broche grossièrement taillée; des soldats avaient tué plusieurs animaux en allant reconnaître l'endroit, et il avait été décidé de passer la nuit ici; les blessés étaient tirés d'affaire; Irni était aller remplacer sa fille, qui était allongée, épuisée d'avoir fourni tant d'efforts; Deern participait à la répartition équitable des parts de nourriture.
Une ambiance festive régnait, après tout ces malheurs, ces retrouvailles sonnaient comme un heureux présage.


Dernière édition par Laevathein le Lun 31 Mar - 11:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Lun 31 Mar - 10:26

Quand Muna annonça que les blessés étaient sauvés, une grande clameur retentit, les conversations reprirent avec plus d'enthousiasme, certains se levèrent pour acclamer Irni, qui revenait, les traits tirés, les yeux cernés; aidée de Deern qui lui avait passé une couverture autour des épaules.
Ashola quand à elle, se réchauffait au coin du feu, elle se sentait vidée, mais contente, la chaleur et le sentiment de bien faire qu'elle ressentait chaque fois qu'elle appelait la lumière la faisaient se sentir heureuse.
Une gamelle était posée à coté d'elle, mais elle n'avait pas faim, simplement besoin de repos.
Un peu plus loin, Laevathein discutait à bâtons rompus avec Saala:


-Allez, dis moi ! Comment vous allez l'appeler?

Saala souriait de toutes ses dents, et cherchait Deeka du regard pour qu'il vienne l'aider, mais celui-ci s'amusait de cette conversation et laissait les deux femmes ensemble.
Laevathein lui avait parlé de Scarley, et il était allé rejoindre celle-ci; Hopey, qui veillait toujours sur elle, ne partageait pas la joie générale, et c'était assez facile de le comprendre: sa compagne ne s'était toujours pas réveillée, et même si elle le faisait, rien ne disait qu'elle sortirait de son hébétude.

Estis buvait silencieusement, à ses cotés, son lieutenant se montrait plus bavard et expliquait sa fonction à une jeune femme qui l'écoutait avec passion; Muna et Satas s'échangeaient des mots doux à l'oreille, tendrement blottis l'un contre l'autre.

Irni somnolait dans les bras de Deeka, qui tentait de manger sans faire trop de mouvements brusques pour ne pas la déranger.

Cachés derrière une colline, les Elfes se préparaient à passer à l'attaque.


-Nous aurions du les attaquer avant, maintenant ils sont bien plus nombreux.

Salinas répondit sans même accorder un regard à son interlocuteur:

-Qu'ils soient ou non plus nombreux n'est pas un problème, ils ne s'attendent même pas à notre venue.
-Ah ah ah ! Des moutons, regardez-les, ils sont abrutis de nourriture, même leurs combattants sont mous, nous allons les saigner comme des agneaux à l'abattoir !
-Sholena, toujours aussi directe...
-Je sais que tu aime ça, Salinas.

Haussant les épaules, il se leva; derrière lui, vingt-cinq Elfes, armés d'épées, ou maniant des bâtons crépitant d'énergie arcanique, il désigna les Draeneï présents au milieu de la plaine:

-Attaquez d'abord les soldats, faites les fuir, inutile de les tuer tous, ils ne représentent aucun danger...

Tous hochèrent la tête; Meriden et Sholena au premier rang suivirent Salinas, qui se mit à courir en  criant:

-A l'attaque !

Un cri de guerre retentit et tous se précipitèrent à sa suite; en courant, Sholena riait comme une possédée, enfin elle allait pouvoir tuer des Draeneï comme elle voulait; tu parles si elle allait s'attaquer aux soldats ! Elle allait tous les tuer, à commencer par les femmes et les enfants !

Dans le camp, la plupart des Draeneï somnolaient, le visage tranquille; le feu brûlait toujours, et la nuit était à présent tout à fait tombée; certains, entendant des cris, levèrent la tête; Estis, qui méditait, se leva brusquement; il vit des boules de feu voler dans le ciel, certaines tombant à coté du groupe; il scruta l'horizon, puis vit le groupe d'Elfes qui se dirigeaient vers eux.
S'emparant de son épée, il hurla:


-Nous sommes attaqués ! Soldats ! Aux armes ! Aux armes ! Protégez les civils !

Réveillé en sursaut, Vael comprit immédiatement la situation lorsqu'il vit les Elfes; il se leva avec célérité et relaya l'appel d'Estis.
Laevathein, qui ne s'était pas rendue comte qu'elle s'était endormie, se réveilla elle aussi en sursaut; en se retournant, elle vit les boules de feu voler, les Elfes; poussant une exclamation, elle secoua les personnes qui dormaient à coté d'elle:


-Debout ! Réveillez-vous ! Ils faut fuir !

Certains Draenei, embrumés de sommeil, ne comprenaient pas pourquoi on les réveillait; alors ils voyaient les flèches, les projectiles enflammés qui s'écrasaient, parfois juste à leurs pieds, ouvrant grand les yeux, ils essayaient de s'enfuir en rampant.

-Saala ! Ashola ! Papa, maman !

Elle vit Ashola qui se précipitait vers elle.

-Lae, qu'est-ce...
-Non ! Non ! Non ! Vas t'en, vas t'en !
-Mais qu'est-ce...
-Ashola ! Emmène les parents et partez ! Tout de suite ! Allez !

Les Elfes étaient là; courant après les Draeneï, qui tentaient de s'enfuir tant bien que mal; des cris résonnaient dans tout le camp, des cris de terreur, parfois de douleur; des appels à l'aide.
Ils étaient une trentaine au moins, mais dans l'obscurité, seulement éclairée par le feu de camp et les lueurs des boules de feu, il s'était difficile d'y voir quelque chose.


-Soldats ! Protégez les civils ! Repoussez ces monstres !

Les bruits de métal résonnaient, des épées frappaient durement sur les boucliers; elle vit un Draeneï tomber, criblé de flèches, portant une main à sa poitrine, le visage déformé de douleur.
La terreur s'emparait d'elle, ce devait être un cauchemar ! Les Orcs, le souvenir de l'attaque...

Elle recula, regardant autour d'elle; le bouclier levé, l'épée dans la main; elle trébucha sur un corps et tomba par terre, elle ne savait pas sur qui elle avait marché, elle ne voulait pas savoir; elle se leva en regardant tout autour d'elle, dans la crainte de recevoir une flèche.
Les assaillants étaient plus petits qu'eux, mais pas moins dangereux; soudain, un Elfe armé de deux épées se jeta sur elle; étouffant un cri, elle recula en levant son bouclier.


-Ne vous approchez pas ! Allez vous en !

L'Elfe tenta de la frapper, lorsqu'il fut percuté par une grande forme, l'Exarque Estis en personne; qui projeta son adversaire à plusieurs mètres ou il tomba, assommé; se tournant vers elle, il lui lança, essoufflé:

-Restez sur vos gardes !

Il repartit sans un mot, elle put voir qu'il avait du sang sur le visage, du sang rouge; qui coulait sur son armure; des corps étaient étalés par terre; la plupart des corps d'Elfes, du sang coulait partout.

Sholena, qui tirait parti de sa petite taille et de la pénombre, faisait le tour du champ de bataille, et poignardait les Draeneï qu'elle pouvait; enfin, elle se choisit une nouvelle cible, une femme qui courrait pour se mettre à l'abri, elle était isolée, et se déplaçait lentement, une victime parfaite; éructant d'un nouveau rire hystérique, elle se précipita vers sa cible.

Reprenant ses esprits, Laevathein vit une Elfe qui courrait après une Draeneï; elle tenta de s'interposer; lorsqu'elle reconnu la Draeneï: c'était Saala !
Elle contourna le feu pour aller plus vite, et parvint à se dresser entre l'Elfe et sa proie; Sholena s'arrêta alors que Saala trébuchait sur un corps et tombait de tout son long.
Sans se retourner, le bouclier toujours levé, Laevathein cria, pour se faire entendre au milieu des cris:


-Saala ! Vas t'en, vite !
-Lae...
-Vas en ! Cours !

Sholena leva la tête et vit sa proie qui lui échappait, satanée peau bleue ! Elle reporta alors son attention sur Laevathein, qui la regardait dans les yeux; elle la détailla un moment, puis esquissa un sourire mauvais.

-Je ne te laisserais pas faire du mal à mes amis !

Voilà que ça parlait maintenant ! En plus d'être difformes, ils avaient une langue désagréable ! Sholena éclata de rire, Laevathein resserra sa prise sur la poignée de son épée; cette femme lui faisait peur, ses yeux verts l'effrayaient, elle y voyait la folie, la mort; son coeur cognait dans sa poitrine, une grosse boule lui étreignait la gorge.
L'autre du se rendre compte de sapeur, car elle se mit à ricaner et à proférer des paroles incompréhensibles:


-Puisque tu m'as fait perdre ma proie, tu vas être ma prochaine cible.

Sortant l'une de ses dagues, et la passant très lentement sur sa langue, elle cracha en direction de la Draeneï, et reprit:

-Tu ne comprends pas ce que je dis, n'est-ce pas? Catin bleutée ! Voyons voir si ton sang a aussi bon goût que les autres !

Elle se jeta sur Laevathein, qui poussa un cri d'angoisse; elle ferma les yeux et recula en jetant son bouclier en avant, elle sentit un choc sourd et rouvrit les yeux.

Sholena était couchée à demi, elle se releva lentement; Laevathein vit qu'elle saignait abondamment du nez; l'Elfe lui jeta un regard mauvais, le regard d'une folle meurtrière; elle sourit à nouveau d'un air mauvais, détaillant de nouveau la Draeneï, elle dit d'une voix faussement calme:


-Tu trembles, je suis sûre que tu n'as jamais fait couler le sang, tu es comme les autres, tu es la proie, et je suis le chasseur !

Elle fonça de nouveau sur Laevathein, qui, effrayée par les mots qu'elle ne comprenait pas, mais qui en revanche n'avait aucun doute sur leur signification, recula de nouveau, et tenta de frapper avec son épée; son ennemie était plus rapide, et n'était pas ralentie par une armure.
L'Elfe sauta et tenta d'atteindre la gorge de la jeune femme, qui sentit la dague lui frôler un tentacule au moment ou elle recula la tête; au même moment, d'un geste vif, elle frappa et toucha l'Elfe qu'elle entailla au visage, faisant gicler le sang sur sa cuirasse.

Sholena effectua une roulade et se retrouva de nouveau face à Laevathein; du sang coulait sur la lame de son épée; l'Elfe passa la main sur son visage, et en essuya le sang qui coulait; ensanglantée, elle se releva, le regard fou, rendu plus effrayant par tout le sang qui lui maculait le visage; cria d'un ton hystérique:


-Je vais t'étrangler avec ta queue, maudite chèvre !

Elle se jeta sur Laevathein en poussant un cri perçant; celle-ci, absolument terrifiée par cette femme qui voulait la tuer, recula compulsivement, elle respirait rapidement et sentait qu'elle allait se mettre à crier; quand le son d'une corne de brume retentit dans la nuit.
L'Elfe arrêta net son mouvement et tourna la tête, Laevathein suivit également le geste; la corne résonna de nouveau; puis, un cri se fit entendre:


-Retraite ! Retraite ! On bat en retraite ! Ils ont des renforts, partez immédiatement !

Poussant un cri de rage et de frustration, Sholena se retourna vers Laevathein, il n'était pas question de partir sans la saigner comme un goret ! Elle allait à nouveau se jeter sur elle lorsque la voix de Salinas derrière elle la fit arrêter son geste:

-Sholena ! Nous battons en retraite, maintenant !

Ce n'était pas la peine de discuter, et si elle restait, elle savait qu'ils la tuerait, elle aurait peut être massacré cette Draeneï, mais elle serait la suivante sur la liste.
Criant une bordée d'injures à l'adresse de Laevathein, elle s'enfuit, suivie du regard par la jeune femme qui sentit un immense sentiment de soulagement l'envahir.

Quelques minutes plus tard, la bataille était terminée...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Lun 31 Mar - 16:49

Alors que les assaillants fuyaient, les Draeneï se rassemblèrent tant bien que mal; des cris retentissaient, des appels angoissés, des corps jonchaient le sol, parmi eux, des corps de Draeneï...

Laevathein, l'épée encore à la main, regardait toujours en direction de l'escarpement qu'avaient empruntés les Elfes, et notamment celle qui l'avait attaquée, celle qui avait voulu s'en prendre à Saala.
Troublée, elle demeura quelques minutes sans bouger, quand une main se posa sur son épaule.
Elle sursauta et poussa un cri en se retournant, Estis, la cuirasse maculée de sang et de boue la regardait d'un air grave.


-Pardon, je ne voulais pas vous faire peur; est-ce que ça va?

La jeune femme hocha silencieusement la tête, elle avait encore à l'esprit le regard halluciné de cette femme...

-Je vous ait vu vous interposer entre cette femme et une civile, vous avez fait ce qu'il fallait, vous vous êtes bien battue.
-C'était ma meilleure amie, je ne pouvais pas la laisser se faire tuer...Par ce monstre...
-C'était votre premier véritable combat, vous avez protégé votre peuple; maintenant, allez vous reposer, retrouver votre famille.

Elle hocha de nouveau la tête, rengainant son épée et son bouclier, elle passa à coté de l'Exarque, puis se dirigea vers le groupe; Estis quand à lui, reste sur place à observer l'horizon.

Elle marcha au milieu des Draeneï, la plupart paraissaient sonnés, hébétés par ce qui venait de se produire, ceux-là semblaient aller bien; mais en avançant plus loin, elle vit ceux qui avaient été touchés, parfois très durement, elle vit sa soeur et sa mère, de dos, agenouillées et produisant de la lumière; grâce à la Lumière, elles étaient en vie !
Elle scruta dans tous les sens, puis finit par repérer son père, assis, elle se dirigea vers lui, lorsqu'elle vit...


-Papa ! Non !

Elle tomba à genoux devant lui, Deern la regarda, il était pâle, mais trouva la force de lui sourire, un bandage improvisé lui couvrait toute l'épaule droite et descendait jusqu'à l'avant-bras; il remua l'autre bras d'un air bravache et dit:

-Ne t'en fais pas, ce n'est rien, j'ai pris un coup d'épée à l'épaule, mais ta mère m'arrangera ça.

Elle poussa un immense soupir de soulagement, toute sa famille était en vie et se portait bien; elle s'assit à coté de son père et posa sa tête contre son épaule valide; Deern l'entoura de son bras et la serra contre lui, lui baisant la tête, il lui dit doucement:

-Je suis heureux que tu n'aie rien, ma fille, je ne sais pas ce que j'aurais fait si tu avais été blessée, ou pire...

Toute la tension de cette dernière heure retombait peu à peu, entre les bras de son père, Laevathein se sentait apaisée.

Quelques dizaines de mètres plus loin, un Draeneï criait:


-A l'aide ! A l'aide ! Elle va mourir ! Quelqu'un, aidez moi !

Deeka, qui avait prit un mauvais coup à l'arcade et au nez, se précipita; l'homme tenait entre ses bras une femme, celle-ci ne respirait plus, les yeux mi-clos, du sang coulait lentement entre ses lèvres entrouvertes; en l'examinant rapidement, Deeka comprit qu'il n'y avait plus rien à faire.
Il s'agenouilla à coté de l'homme, et lui dit lentement, avec compassion:


-Je suis désolé mon frère, elle a rejoint la Lumière...
-Non....

Il lui posa la main sur l'épaule en se relevant; l'homme enfouit son visage dans le creux du coup de sa compagne en sanglotant; Saala, assise un peu plus loin, avait assisté à la scène; bouleversée, elle vit Deeka revenir à ses cotés, elle lui prit immédiatement la main et la serra contre son coeur; Deeka ouvrit la bouche pour parler:

-Je...
-Shttt, ne dis rien, reste avec moi...

Il hocha la tête et se tût; quelques secondes plus tard, il la sentit trembler contre lui, elle pleurait en silence, il tenta de détourner le regard, de se convaincre que ses yeux ne le brûlaient pas.

Estis était toujours en lisière du camp, lorsqu'il sentit à sa gauche quelqu'un qui l'avait rejoint, sans tourner la tête, il interrogea:


-Combien?
-Nous comptons neuf morts, dont trois soldats; ils s'en sont d'abord pris aux civils...

Estis donna un coup de poing dans le vide, il éructa un juron et répondit, en colère:

-Maudits meurtriers ! S'en prendre aux plus vulnérables, lâches ! Immondes lâches ! Combien en avons nous tué?
-Nous avons compté une quinzaine de corps, je pense qu'ils étaient au moins deux fois autant.
-Le juste châtiment pour leur crime...

Estis se retourna, puis il se mit en marche vers le camp; il s'arrêta un moment et ajouta:

-Enterrez les morts, nous ne pouvons pas les laisser sans sépulture...
-Que faisons nous des corps des Elfes?

Estis se retourna, le visage déformé de colère:

-Laissez les pourrir ! Qu'ils payent dans la mort la haine qu'ils ont semée dans leur vie.
-A vos ordres, Exarque...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Lun 31 Mar - 17:40

Ils avaient enfin atteint la plage, essoufflés, certains roulèrent sur le sable, à bout de forces.
Salinas, blessé à l'épaule, arriva en dernier.

Les Elfes restés au camp se dépêchèrent de prendre en charge les blessés, d'autres apportaient eau et nourriture à ceux qui semblaient indemnes; Salinas chassa d'un geste impatient un guérisseur qui désignait la blessure sur son épaule:


-Ca va ! Occupez vous des autres !

Il s'assit sur un tabouret enfoncé de travers dans le sable, puis, ne supportant pas de rester sans rien faire, se leva aussitôt et fit le tour du camp, il interrogea les sentinelles, qui lui assurèrent n'avoir vu personne d'autre.
Il revint ensuite au milieu du camp, il appela:


-Pavael !

Le dénommé Pavael, un Elfe vêtu d'un pantalon de cuir, les cheveux gominés, s'approcha, il se mit au garde-à-vous:

-Que puis-je pour vous?
-Je veux le rapport des pertes, je veux savoir qui est blessé, et si nous risquons d'avoir d'autres pertes !
-Bien monsieur !

L'Elfe se mit aussitôt au travail, courant en tous sens, comptant les Elfes revenus de la bataille; Salinas se décida finalement à faire soigner son bras; tandis que le guérisseur lui découpait la chemise et passait lentement ses mains pour faire cicatriser la blessure; il réfléchissait, préoccupé; le Prince devait être informé de l'échec du plan...
Il avait commis une erreur, oh, il savait que les Draeneï opposeraient de la résistance, mais pas à ce point, il n'avait pas imaginé qu'ils pourraient leur infliger une telle défaite, surtout en étant si peu nombreux.
Il avait vu les soldats s'interposer entre eux et les civils, il en avait même vu un se faire cribler de flèches, et pourtant ramper pour se placer sur leur chemin et les empêcher de passer; que pouvaient ils faire face à des êtres qui sacrifiaient sans hésiter leur propre vie pour protéger les leurs?
Ce n'était pas le genre d'altruisme qu'il connaissait chez son peuple; même après la destruction du Puits de Soleil, ils ne s'étaient pas rapprochés, la vieille noblesse refusait de se mêler à la plèbe, et les plus faibles étaient abandonnés à leur sort...

Pavael revint, interrompant le cours de ses pensées; saluant de nouveau, l'Elfe attendit que son supérieur lui donne la parole; Salinas lui fit un geste de sa main libre pour lui intimer l'ordre de parler:


-Maître, après avoir compté ceux qui sont revenus, vous y compris, nous avons exactement seize morts, et d'après ce que j'ai vu, bientôt ce sera dix-sept.

Une débâcle...Ils étaient partis à vingt-cinq, les plus forts, les plus volontaires, ils ne revenaient qu'a neuf, et un autre allait mourir de ses blessures; combien de Draeneï avaient ils mis à terre? Une dizaine? Il ne le savait.
Sa blessure guérie, il se leva, et continua d'interroger Pavael:


-Ou est Mériden?
-Mort.
-Themisios?
-Il est là-bas, il est indemne, voulez-vous que j'aille le chercher?
-Non, tu as fait ton office, maintenant, retourne à tes tâches.

Pavael salua respectueusement et s'éloigna; Salinas parcouru le camp lentement, jetant un oeil à ses troupes, ses maigres troupes revenues de la bataille.
Il n'avait pas questionné Pavael à propos de Valias, il avait vu celui-ci tomber sous les coups d'un énorme Draeneï.
Tout compte fait, ils avaient eu de la chance de pouvoir s'échapper avant l'arrivée des renforts Draeneï...

Pensif, il entendit une bordée de jurons, las, il se tourna, et sans surprise vit Sholena qui pestait, et jetait des insultes, comme "putain à cornes" ou "bâtarde de chèvre".
Le visage de l'Elfe était barré d'une large entaille qui allait du front au menton, en diagonale, du sang séché lui maculait les joues et le menton.
Il s'approcha et lui adressa la parole:


-Sholena, je vois que toi aussi tu as payé ton tribut.

A ces mots, elle explosa:

-Cette maudite salope ! J'aurais sa peau ! Je lui arracherais les cornes et lui enfoncerais dans le ventre !
-Hé bien ! On dirait que tu lui en veux.
-Tu as vu ce qu'elle a fait à mon visage? Traînée ! Je suis sûre qu'elle sert de paillasson à tout son peuple !

Salinas se leva et commença à s'éloigner, avant de partir, il se retourna et lui dit:

-Quand tu seras remise sur pieds, j'aurais une nouvelle mission pour toi.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 1 Avr - 7:33

Salinas se dirigea ensuite vers Themisios; comme Pavael avait indiqué, celui-ci était indemne, il fourbissait déjà ses armes pour sa prochaine mission, seul, comme toujours.
Il s'approcha de lui, et s'assis sur le sable.
Après un long moment, Themisios rompit le silence:


-Tu as quelque chose à me demander?
-J'ai une mission pour toi.

L'Elfe se tourna alors vers Salinas, posant son arme sur le sable.
Les deux hommes discutèrent durant plusieurs minutes; finalement, Salinas se leva, et retourna vers Sholena, dont la blessure au visage était guérie, mais lui laissait une vilaine cicatrice.


-Il dit que ça ne partira pas, quand je remettrais la main sur cette immonde salope...

Elle serra les mains dans un geste compulsif, comme pour étrangler, les dents serrés, emplie de haine.
Salinas lui intima le silence et prit la parole:


-Ca suffit, tu auras l'occasion de te venger, mais pour le moment, j'en ait assez d'entendre tes jérémiades; j'ai une mission pour toi.
-Quelle mission? Aller couper des gorges de ces ordures de...
-J'ai dis ça suffit, tu me fatigue, maintenant tais toi et écoute.

Sholena se tourna vers le guérisseur, et lui lança d'un ton méprisant:

-Toi, incapable, disparais de ma vue.

Celui-ci s'éloigna en bougonnant, marmonnant qu'il préférait soigner un nid de serpent que cette cinglée; Salinas le suivit un instant du regard, puis revint à la femme:

-Après notre défaite, il est clair que ce camp n'est plus sécurisé, nous ne savons pas si ces créatures nous ont suivis; si c'est le cas, ils savent ou nous sommes, et pourraient lancer une attaque d'ici peu.

Sholena explosa de nouveau:

-Qu'ils essayent ! Ces bâtards ! Ces...Humph !

Salinas lui avait plaqué la main sur la bouche pour l'empêcher de crier:

-Ferme-là ! Tu veux déclencher la panique, idiote? Écoute moi jusqu'au bout, et je t'ai dis d'arrêter avec tes jérémiades !

Elle lui jeta un regard assassin, mais hocha la tête, il retira donc sa main, prêt à la bâillonner de nouveau, mais elle se tint tranquille; satisfait, il continua:

-Je veux que tu partes avec Themisios pour repérer un nouvel emplacement pour y installer le camp, on ne peut pas se permettre de subir une attaque, pas maintenant.
-Je peux parler maintenant?
-Si tu n'as rien d'autre que des insultes à la bouche, ça ne m'intéresse pas.
-Pourquoi Themisios? Je peux le faire toute seule !
-Parce que je ne veux pas laisser mes soldats isolés, pas après cette défaite.
-Je te préviens, s'il me ralentis, je l'abandonnerais.
-Fais ce que tu veux, tant que tu reviens avec de bonnes nouvelles.
-Quand partons-nous?
-Maintenant.

Les deux Elfes se levèrent; Salina s'éloigna, laissant Sholena se préparer, ce qui fut vite fait, elle ne se séparait jamais de ses dagues, encore couvertes de sang séché, elle ne prenait même plus la peine de les nettoyer.

Quelques minutes plus tard, elle rejoint Themisios et Salinas qui l'attendaient à la sortie du camp; Themisios lui accorda à peine un regard et lui lança d'un ton méprisant:


-Tu ferais mieux de te dépêcher la prochaine fois...

Elle lui jeta un regard assassin, mais ne répondit pas; Salinas intervint:

-Partez maintenant, j'espère vous revoir demain.

Les Elfes saluèrent et se mirent en route; Salinas les suivit du regard jusqu'à ce qu'ils disparaissent derrière une dune; puis, il retourna à sa tente.
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Laevathein
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 1 Avr - 8:38

Ils marchaient déjà depuis plusieurs heures, le soleil s'était levé, répandant sa douce chaleur sur le monde; c'était comme une renaissance après cette nuit difficile.
Ils n'avaient pris qu'un maigre repos depuis la nuit précédente, et la fatigue commençait à peser, mais ils avançaient, sans un mot, sans se regarder.

De temps en temps, Themisios se retournait, tentant d'estimer à quelle distance du camp il se trouvait; observant le paysage, monotone, des falaises, la plage, rien d'autre, quelques dunes pour agrémenter le tout.
Sholena, quand à elle, se contentait de marcher, de temps en temps, il l'entendait marmonner des insultes; Salinas l'avait prévenu, elle devait certainement ruminer sa haine contre la Draeneï qui lui avait laissé cette cicatrice...

Finalement, ils parvinrent à un dune plus imposante que les autres; quelques souches d'arbre pourri reposaient dessus, en haut de la falaise, des arbres morts pendaient lamentablement; c'était l'endroit parfait, pensa Themisios.

Il posa négligemment la main sur la poignée de son épée, et...


-Regarde ! Qu'est ce que c'est là-bas?

Il lâcha la poignée de son arme, et regarda dans la direction que lui désignait Sholena, il se retourna vers elle; elle semblait surprise et plissait les yeux, il se souvint qu'elle ne voyait plus que d'un oeil à présent; il répondit, d'une voix qu'il tenta de rendre naturelle:

-Je ne sais pas, allons voir.

Elle hocha la tête, et les deux Elfes s'approchèrent, de près, ils se rendirent compte qu'il s'agissait d'une simple souche; puis elle désigna un point dans son dos:

-C'est quoi ça? Regarde, on dirait que c'est vivant !

Il s'avança pour voir de plus près; puis réalisa trop tard qu'il avait commis une erreur; il sentit le froid contact de la lame contre sa gorge.

-A genoux !

Il tenta de s'emparer de son arme, mais elle pressa plus douloureusement la lame contre sa gorge, il l'entendit dire:

-Oh non non non ! Je veux voir tes mains !

Il sentit qu'elle se penchait vers lui, ôtant son épée du fourreau, elle la jeta au loin, alors qu'elle se penchait, il sentit l'odeur de ses aisselles, apparemment, l'hygiène corporelle n'était pas sa priorité...
Il tenta une approche:


-Sholena, qu'est-ce que tu...
-Tu croyais vraiment que je ne m'étais rendue compte de rien?! Je pouvais accomplir seule cette mission, et tu t'es porté volontaire pour venir avec moi.
-Sholena, je ne sais pas ce que tu raconte...
-Oh si, tu le sais très bien ! Tu voulais profiter de cette mission pour me tuer ! Et tu aurais fait croire à un accident !

Il était vraiment en mauvaise posture; désarmé, seul, il avait une lame contre la gorge, il savait qu'au moindre geste brusque, elle lui ouvrirait la gorge en deux; son coeur battait violemment dans sa poitrine; il pesait le poids de chaque parole, s'il continuait à nier, elle pourrait s'énerver encore plus, et le tuer sur le camp, et s'il avouait qu'il était là pour la tuer, elle entrerait également dans une rage folle...

-Alors ! Tu ne dis plus rien? De toutes façons ça n'a plus aucune importance, je n'ai pas réussi à saigner cette bâtarde à peau bleue, mais toi, je ne vais pas te manquer !

Il tenta une dernière parole, tentant de la raisonner, peut être qu'il pouvait encore retourner la situation...

-Sholena, je t'assure, tu te trompe...

Elle ne l'écoutait plus, la voix perçante, il y lut une complète hystérie, c'était fini...

-J'ai hâte de voir la tête de Salinas quand je lui rapporterais ton coeur encore saignant ! Je...Humph !

Il sentit le poids de la dague s'ôter, puis la vit tomber sur le sable avec un bruit atténué; quelques gouttes de sang coulèrent devant lui, puis il entendit prononcer:

-Toi !

N'y tenant plus, il se retourna, et ne parvint pas à dissimuler sa stupeur lorsqu'il vit Salinas, debout, à une vingtaine de mètre, et tenant une arbalète; il leva ensuite les yeux vers Sholena.
Celle-ci était à demi-couchée au sol, comme si elle se prosternait, mais en regardant plus attentivement, il vit le carreau d'arbalète qui lui avait transpercé le dos, du sang avait giclé sur le sable.
Il reporta alors son attention sur Salinas, qui lui adressa un salut ironique, et lança:


-On dirait que j'arrive au bon moment !

Surpris, Themisios questionna:

-Mais comment...?
-Je vous ait suivis, je savais que tu risquais d'avoir besoin d'aide; on dirait que je ne me suis pas trompé.

Il pointait toujours son arbalète en direction de Sholena; Themisios la regarda également; puis, à sa grande surprise, elle poussa un cri perçant, et son bras de détacha de son corps; tenant le carreau brisé qu'elle venait d'arracher.
Soufflant, et crachant du sang, elle se leva lentement.
Du sang plein les lèvres, elle adressa un sourire narquois à Salinas, et lui lança:


-Alors, c'était toi ! C'est toi qui lui a ordonné de s'occuper de moi !

Salinas acquiesça, elle reprit, toujours souriant de cet air morbide:

-Tu aurais du mieux choisir ton homme; j'aurais pu le saigner comme un agneau, même avec un oeil mort !

Elle jouait les bravades, mais Themisios, qui se tenait encore à genoux à coté d'elle, vit qu'elle souffrait le martyre, la blessure n'était clairement pas mortelle, le trait d'arbalète n'avait touché aucun organe vital; mais c'était sans nul doute extrêmement douloureux.
Son front était humide, de grosses gouttes de sueur coulaient; son visage était très pâle, les veines de son cou gonflées, et elle respirait avec difficulté; il était évident qu'elle devait faire appel à toute sa volonté pour ne pas s'effondrer de douleur; d'ailleurs, il le voyait, ses jambes tremblaient, elle n'allait pas tarder à se briser.

Mais pour l'instant, elle restait dangereuse, et provoquait Salinas.


-Pourquoi as tu donné l'ordre à cet insecte de me tuer? Que me vaut cette condamnation?

Salinas, sans baisser son arbalète, répondit alors:

-Tu as bien servi le Prince, Sholena, mais aujourd'hui, tu ne lui es plus d'aucune utilité...

Cette révélation sembla la frapper, la stupeur se lut sur son visage, elle répondit, d'un ton quelque peu suppliant, presque pathétique:

-Comment? Mais, mais ! J'ai toujours été une fervente servante du Prince ! Comment peut-il...

Salinas s'approcha d'un pas; et continua:

-De plus, tes récents agissements sont arrivés à l'oreille de Kael'Thas; et il s'est montré très déçu, tu l'as beaucoup déçu...
-Je...Pourquoi? Non !
-Tu vois, Sholena, nous bâtissons un monde nouveau, pour restaurer la gloire de notre peuple.

La douleur commençait à prendre le pas, elle avait de plus en plus de mal à résister, elle tremblait de plus en plus, et respirait vite et fort:

-Je me suis toujours battue pour la gloire de notre peuple ! Pour SA gloire ! Comment peut il m'abandonner !
-Ce nouveau monde requiert des sacrifices; et notamment, de faire table rase des reliques du passé; des reliques comme toi.

A bout de souffle, elle ne répondit pas, la bouche ouverte, silencieuse; satisfait, il continua:

-Tu es la parfaite représentation de la décadence qui a frappé notre peuple, tu es le témoignage de cette gangrène qui nous a tous affecté; tu n'as pas ta place dans notre nouveau monde, car tu es ce qui se faisait de pire dans l'ancien; le Prince te fait dire que ton sacrifice sera honoré, et que tu ne seras pas oubliée...

A ces mots, elle explosa, tirant une nouvelle énergie dans sa rage, elle éructa, crachant du sang en même temps:

-Non ! Ordure ! Ordure ! Je vais tous vous tuer ! Je vais le tuer lui ! Après tout ce que j'ai fait ! Tout ! J'ai tout fait pour lui !

La jaugeant d'un oeil méprisant, Salinas répondit:

-Ce n'est pas pour lui que tu as massacré ces pauvres gens; tu l'a fait uniquement pour satisfaire ta soif de sang, tu es malsaine, tu est une folle dangereuse, ta place est parmi le passé, pas dans le futur.

Il savourait cet instant; la voir dans la détresse, blessée, mais encore venimeuse, crachant sa haine, alors qu'elle était acculée, et désarmée...

-Traître ! Il m'a trahie ! Il nous a tous trahi ! J'ai tout fait pour lui !
-Est-ce pour lui que tu as tué Matanos?

Elle sembla prendre une gifle, reculant vivement, elle devint encore plus pâle, ouvrant de grands yeux; Salinas à présent la regardait avec un dégoût non dissimulé:

-Que...Comment tu...
-Comment je sais?

Il esquissa un grand sourire; Themisios fut surpris de constater que cette fois, c'était Sholena qui semblait frappée de terreur; elle tenta de reculer, mais n'y parvint pas; il reporta son attention sur Salinas, dont le visage exprimait toujours ce plein dégoût, et aussi, de la haine?

-Matanos était comme mon frère; évidemment, je suppose que tu ne le sais pas, votre mariage a duré si peu longtemps ! Avant qu'on ne le retrouve empoisonné dans son lit ! Et sa femme disparue !
Tu n'imagines pas combien j'ai été ravi lorsque j'ai su qu'une Sholena allait se retrouver sous mes ordres, et lorsque j'ai su avec certitude que c'était toi ! Il me parlait toujours de sa jeune épouse, de ses cheveux blonds, de sa taille fine, de ses mains si délicates...

Themisios observa Sholena; il réalisa qu'elle correspondait en tous points à cette description; si on exceptait le sang et l'expression de terreur qu'elle affichait, et si on faisait abstraction de sa folie patente, elle pouvait être considérée comme une belle femme...

-Je ne l'ai pas tué !

Elle jeta ce cri, la terreur déformant sa voix; Salinas hocha négativement la tête, puis prononça:

-Je dirais au Prince que tu es morte au combat...
-Non !

Le trait d'arbalète parti; la femme n'eut pas le temps d'esquiver; l'impact la projeta en arrière ou elle retomba, les bras en croix.
Themisios se pencha vers elle, tandis que Salinas approchait.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, l'Elfe respirait toujours; le carreau l'avait frappée en plein coeur, et le sang coulait abondamment; ses yeux grand ouverts, la terreur s'y lisait aisément; secouée de spasmes, elle agonisait en silence; du sang dégorgeait en grosses quantités de sa bouche, et rougissait le sable.

Salinas se pencha sur elle; leurs regards se rencontrèrent; il hocha la tête et dit:


-J'ai promis à Matanos que je vengerais sa mort; je tiens toujours mes promesses...

Il s'empara prestement de la dague de la jeune femme, qui gisait toujours sur le sable, et dans un geste vif, lui trancha la gorge.
Le sang gicla et se mêla au sang bleu séché; il jeta ensuite la dague à la mer, et se leva.

Themisios lui, resta quelques instants au chevet de Sholena, dont la gorge ouverte laissait échapper des flots de sang, qui se mélangeaient avec, des larmes? Pourtant, ses yeux étaient secs.
Elle fut secouée de plusieurs spasmes rapides, puis cessa de bouger; ses yeux restés ouverts.

Il se leva, c'était fini; lui tournant le dos, Salinas rebroussait déjà chemin; il le rejoignit en courant, puis marcha à coté de lui en silence, le regard sur l'horizon.
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Laevathein
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Ven 11 Avr - 17:21

-Lae, Lae...

Elle émergea lentement du sommeil. L'esprit encore embrumé, elle se retourna et se borda avec la couverture.

-Lae, réveille toi mon amour.

Pas de réponse; elle l'entendit soupirer; puis le lit se plia alors qu'il montait à coté d'elle et s'allongeait; elle sentit ses doigts la caresser lentement, les cheveux, puis les oreilles, ses tentacules; tendrement.
Les doigts passèrent sur son visage, et s'arrêtèrent sur ses lèvres.
Elle sentit son souffle alors qu'il se rapprochait, et le contact de ses lèvres sur les siennes; elle lui rendit son baiser, les yeux toujours fermés.

Il se leva, presque à contrecoeur, et répéta:


-Réveille toi mon amour.

Elle ouvrit les yeux, lui adressant un sourire radieux qu'il lui rendit; il ouvrit les rideaux, et la lumière pénétra dans la chambre, éclairant la pièce; le temps était splendide, c'était parfait.

Il se dirigea vers la sortie et sans se retourner, lança:


-Je t'attends en bas, dépêche toi si tu ne veux pas que ton déjeuner refroidisse !

Il sortit de la chambre, la laissant se lever tranquillement; elle se sentait d'humeur joyeuse, et se mit à chanter en faisant sa toilette; elle regrettait un peu que Maar'nar n'aie pas continué son entreprise; elle n'aurait pas été contre l'idée de rester au lit plus longtemps...

Lorsqu'elle sortit de la chambre; elle vit son mari et sa fille attablés dehors, un peu en contrebas; elle sortit les rejoindre, quand la jeune fille se leva et vint la serrer dans ses bras:


-Bonjour maman ! Tu as bien dormi?

Laevathein serra tendrement sa fille contre elle, et lui déposa un baiser sur le front:

-Joyeux anniversaire, Mirlini !
-Merciiii !

Elle lui reposa un autre baiser sur le front et la lâcha pour s'attabler, face à Maar'nar qui lorgnait sans vergogne son décolleté; Laevathein s'en rendit compte, et prit un ton faussement outré:

-Maar'nar ! Tu veux mes yeux?

Celui-ci éclata de rire et répondit:

-Hey, moi aussi je serais bien resté plus longtemps au lit.

Elle se leva et alla l'embrasser, s'asseyant sur ses genoux; Mirlini quand à elle, s'était un peu éloignée, et revenait; elle surprit ses parents dans cette position:

-Faut pas vous gêner !

Pour toute réponse, sa mère lui tira la langue en lui faisant une grimace; la fille reprit:

-Elle arrive quand tante Ashola?

Laevathein descendit des genoux de Maar'nar et s'approcha d'elle:

-Tu as si hâte que ça d'avoir tes cadeaux?

La jeune fille leva la tête vers sa mère; elle ne lui arrivait encore qu'à l'épaule, et répondit d'une voix excitée:

-Non ! Enfin, si ! Mais c'est pas ça ! Je veux lui montrer mon tableau, je l'ai presque terminé !

Elle sembla soudain angoissée, et regarda sa mère avec de grands yeux:

-Tu crois que ça lui plaira?

Laevathein éclata de rire en posant la main sur la tête de sa fille:

-Évidemment que ça lui plaira, elle sera folle de joie ! Allez, mets toi à table, ton père nous a préparé le déjeuner.

La mère et la fille s'attablèrent; Maar'nar retourna dans la maison, et en ressortit avec plusieurs plats.
Pendant qu'ils mangeaient, Laevathein observait sa fille à la dérobée; la jeune fille lui ressemblait énormément, la peau blanche immaculée, typique de leur famille; ses cornes, arquées vers l'arrière, exactement comme sa mère et sa tante.
Elle était également la seule personne de la famille à posséder des sabots bleus, exactement comme sa mère.
Elle sourit; physiquement, Mirlini lui ressemblait comme une soeur; mais elle avait hérité du caractère de son père, toujours excitée, toujours active; elle lui faisait penser à Maar'nar du temps de leur enfance.

Et ce don pour la peinture...C'était incroyable, depuis sa plus tendre enfance, elle avait montré des dispositions pour dessiner et peindre, et dès qu'elle avait su marcher et parler; que sa mère l'avait laissée jouer dans le jardin, elle s'était amusée à broyer les plantes, provoquant quelques colères de Laevathein, pour fabriquer des pigments de couleur.
Lorsqu'elle s'était rendue compte que sa fille dessinait des formes, des elekk, des talbuks qu'on voyait parfois passer dans la vallée; elle avait acquis à Shattrath tout un attirail pour permettre à son enfant d'exprimer ses talents.
Aujourd'hui, Mirlini ne saccageait plus le jardin, mais fabriquait ses pigments en se promenant dans les bois, et en ramenant des tas de plantes, qu'elle passait parfois des heures à préparer, simplement pour obtenir une seule couleur.
Depuis plusieurs mois, elle s'occupait de peindre un tableau représentant sa tante Ashola, qui venait régulièrement les visiter, et qui était littéralement gaga de sa nièce.
Dans la maison trônaient déjà les portraits de ses parents, seuls et ensemble, dans la chambre conjugale, Laevathein avait accroché un portait de sa fille, réalisé par elle-même; Mirlini prétendait qu'il était raté, mais ses parents lui assuraient qu'il était parfait.


-Quand est-ce qu'elle arrive tata?

Tirée de ses réflexions, Laevathein répondit d'une voix distraite:

-Oh, elle a du partir de Karabor cette nuit, je pense qu'elle va bientôt arriver.
-Et grand-père et grand-mère?

Maar'nar répondit à la place de sa femme:

-Ils habitent à l'autre bout du village, ils arriveront avec ta grand-tante Tevali.
-Tata Tevali sera là aussi?
-Et oui, elle a réussi à confier ses travaux à quelqu'un d'autre.
-Super !

La jeune fille battit des mains, les yeux pétillant de joie.
Le repas étant achevé, Maar'nar s'occupa de nettoyer les ustensiles; Mirlini retourna à son tableau, tandis que Laevathein se dirigeait vers la maison de ses parents; c'était là qu'Ashola devait s'arrêter, et ils avaient prévus de revenir tous ensemble; et c'était également chez ses parents qu'elle avait laissé le gâteau d'anniversaire.
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Laevathein
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Ven 11 Avr - 17:21

En cheminant, la jeune femme regardait le paysage; elle avait beau le voir tous les jours, elle ne s'en lassait pas: c'était chez elle, son foyer; impossible d'imaginer vivre ailleurs.
Le vent soufflait une douce brise, soulevant ses cheveux qui voletaient au vent; elle souriait tout seule, souriant à la vie.

Elle s'estimait terriblement chanceuse d'être entourée d'autant de bonheur depuis toujours, ses parents, sa soeur, son amour, Maar'nar...Et sa fille, Mirlini...
Elle s'en rappelait comme si cela s'était passé la veille, lorsqu'elle avait donné naissance à sa fille après seize longs mois de grossesse, seize longs mois au cours desquels elle avait vu son ventre gonfler, au cours desquels elle voyait Maar'nar trépigner de plus en plus; elle l'avait surpris plus d'une fois en train de danser quand il se croyait seul; Ashola qui était déjà complètement gaga, ses parents également...

Après près de vingt heures de travail, vingt difficiles heures, Mirlini était venue au monde; lorsque Maar'nar, qui était resté d'un bout à l'autre, sans fléchir, présent et aimant, lui avait posé leur enfant sur le ventre; elle avait fondu; ce petit être, qui pleurait et qui hurlait, sa toute petite queue enroulée autour d'une jambe, ses petits poings fermés; qui la fixait de ses grands yeux blancs; c'était sa fille, son bébé.
Maar'nar avait éclaté en sanglots, comme un enfant, il était tombé dans les bras de sa femme, et ils étaient restés là, enlacés, pleurant de joie tous les deux; le fruit de leur amour entre eux.

Elle approchait de la maison de ses parents; sur le chemin, plusieurs Draeneï la saluèrent, lui adressant des signes de main amicaux, d'autres venant carrément l'embrasser et lui demander de transmettre leurs voeux à la petite Mirlini.

Ses parents avaient sauté de joie lorsqu'ils avaient appris la nouvelle; ils avaient débarqué aussitôt, Irni et Ashola s'étaient prises dans les bras en pleurant comme des madeleines; s'extasiant sur le moindre geste du bébé; qui dormait à poings fermés; Deern, l'oeil humide, tâchait de rester stoïque, mais il était fou de joie.
Il y avait eu une grande fête au village, pour célébrer la naissance d'un nouvel être; Laevathein, encore éprouvée par l'accouchement, avait présenté son enfant à tous, qui l'avaient acclamés, criant de joie; la petite avait été réveillée en sursaut, puis s'était calmée dans les bras de sa mère.

Que de bonheur, que de joies depuis ce jour, Maar'nar et elle s'étaient inspirés de leurs propres parents et tante pour élever leur fille; celle-ci devenait progressivement une merveilleuse personne, qui adorait ses parents et sa famille.


-Lae ! Tu es en avance !

Son père se tenait sur le seuil; souriant; elle s'approcha et se blottit dans ses bras; sa mère sortit de la maison et serra sa fille dans ses bras:

-Lae, je suis contente de te voir; viens, je vais te montrer le gâteau.

Laevathein suivi sa mère jusqu'à la cuisine, là, un énorme gâteau rose trônait sur une table; Deern arriva derrière elle et annonça:

-Ashola ne devrait pas tarder à arriver.
-Parfait ! Tu verrais Mirlini, elle n'a pas arrêté de réclamer sa tante depuis ce matin.
-Ah ah ! Je suis sur qu'elle est pressée de lui montrer son tableau.
-Oui.

Deern éclata de rire; dans la salon, on pouvait voir d'autres portraits peints par Mirlini trôner; la plupart de simples esquisses, faites alors qu'elle était toute petite, mais son grand-père avait à tout prix tenu à les garder; lorsque sa petite-fille était née, il avait retrouvé la joie de pouponner, s'occupant du bébé; provoquant les rires de sa femme qui le regardait faire, un sourire béat aux lèvres.

Ils discutaient depuis quelques minutes, quand on frappa à la porte:


-Coucou ! Il y a quelqu'un? Papa, maman? C'est moi !

Irni alla ouvrir la porte; et reçu sa fille cadette dans les bras; puis ce fut au tour de Deern de serrer Ashola dans ses bras.
Il s'écarta pour laisser Laevathein saluer sa soeur.


-Lae ! Qu'est ce que je suis contente de te revoir !

Elle se jeta dans les bras de sa soeur et lui planta deux gros baisers sur les joues; souriant de toutes ses dents; Laevathein détailla sa jeune soeur; elle était rayonnante; elle portait une tunique bleue-vert sur une jupe assortie; et elle s'était laissé pousser les cheveux, ceux-ci lui arrivaient maintenant aux coudes et frisaient naturellement aux pointes:

-Tu es très belle, un vrai chou !
-Merci, toi aussi tu es toujours aussi belle !

Laevathein regarda par dessus l'épaule de sa soeur, puis lui demanda:

-Kanru n'est pas là?
-Oh, non, malheureusement, il a du s'occuper d'une urgence; il m'a demandé de vous transmettre ses excuses, il espère pouvoir arriver en fin d'après-midi.

La voix d'Irni résonna depuis la cuisine:

-J'espère bien ! Je veux rencontrer mon futur gendre !
-Maman !
-Quoi?
-Avec Kanru, ce n'est pas...
-Quoi?
-Laisse tomber...

Laevathein observait avec amusement l'expression du visage de sa soeur; elle la connaissait par coeur, et elle savait qu'elle était amoureuse; Maar'nar retourna dans la cuisine, tandis que les deux soeurs sortirent de la maison.
Cela faisait un peu plus d'une année qu'Ashola avait quitté le foyer familial pour se rendre à Karabor, elle y étudiait les arts de la Lumière avec assiduité, et revenait de temps à autres voir sa famille; c'est là qu'elle avait rencontré Kanru, un Draeneï qui se destinait à devenir anachorète; et d'après ce que sa soeur lui avait raconté dans ses lettres, et surtout ce qu'elle n'avait pas dit; Laevathein avait compris qu'elle était folle amoureuse de son anachorète; cependant, aucun membre de la famille n'avait encore eu l'occasion de le rencontrer.
L'anniversaire de Mirlini était l'occasion parfaite pour que tous se réunissent, et par la même, ils pourraient enfin rencontrer Kanru.

Laevathein se rendit parfaitement compte que sa soeur était mal à l'aise, elle se demandait si son compagnon plairait à sa famille:


-Ca ira, tu verras.
-Quoi?
-Kanru, et les parents, ça ira.
-Je sais, mais...
-Mais quoi?
-Je ne sais pas...

Elle se leva, riant gentiment, sa soeur avait le coeur rempli d'amour, et elle s'angoissait pour rien, comme elle à une époque; cela passerait avec le temps, lorsque la famille aurait rencontré Kanru.
Elles rejoignirent leurs parents qui avaient fini de se préparer, et se mirent en route, transportant le gâteau avec le plus grand soin; sur le chemin, ils s'arrêtèrent devant la maison de Tevali, la tante de Maar'nar; la femme qui l'avait recueilli et élevé lorsque les parents du petit garçon étaient morts dans un tragique accident.
Tevali était veuve, mais son deuil n'avait jamais entamé sa joie de vivre; et elle n'avait jamais cessé d'être auprès de son neveu, même après son mariage, et même lorsqu'il était devenu père, elle avait été présente pour gâter sa petite nièce.
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