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 Soeurs.

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Laevathein
Zoulie Draeneï
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:34

-Je voudrais que vous m'aidiez à m'engager.
-Vous engager? Comment ça?

Les deux jeunes femmes marchaient ensemble au hasard des couloirs, en étant à coté d'elle, Laevathein constatait que Saala était réellement très petite pour une Draeneï: elle lui arrivait tout juste à l'épaule; cette petite taille renforçait l'impression de fragilité qui émanait d'elle, malgré la cuirasse qu'elle portait encore.

Laevathein reprit:

-Vous vous êtes engagée dans les Boucliers de Velen quand notre peuple a fuit Draenor, je veux faire de même, je veux devenir une combattante !
-Oh, c'est donc ça...

Elles continuèrent à cheminer, jusqu'à arriver dans les serres, l'heure n'était encore pas trop tardive, et un grand nombre de Draeneï circulaient ou se prélassaient dans l'herbe, seuls ou en couple.

Elles empruntèrent un petit chemin, qui faisait le tour des serres, finalement, Saala répondit:

-Êtes-vous sure de bien vouloir faire ça? Vous savez, c'est très difficile, ils vous forcent à vous dépasser, ils vous épuisent pour savoir ce que vous valez, un grand nombre de candidats ne parviennent pas à devenir soldats.
-Comment ça? Je pensais que l'armée acceptait tous ceux qui voulaient s'y intégrer, surtout maintenant...
-Oh oui, je sais de quoi ça a l'air de l'extérieur, on a l'impression que tout le monde peut en faire partie; allons nous asseoir un peu.

Elle désigna un arbre sous lequel les deux femmes s'assirent. Après un moment de silence, Saala reprit:

-On pourrait croire que tout le monde serait accepté, que l'armée n'aurait pas le choix; c'est à la fois vrai et faux: elle accepte plus facilement que des personnes tentent leur chance, mais la difficulté est toujours présente.
-Mais pourquoi? Ca n'a aucun sens de faire ça !
-J'ai demandé à mon supérieur il y a quelques semaines, je lui ait posé à peut près les mêmes questions que vous, parce que je me les posais aussi; il m'a répondu que seuls les plus forts et les plus dévoués étaient digne de protéger leur peuple, il a dit qu'encore plus aujourd'hui que notre peuple est décimé, il avait besoin d'être protégé par des individus de grande qualité.

Laevathein se tut, songeuse, elle regardait d'un oeil distrait un jeune Draeneï tremper les sabots dans l'eau du petit lac; elle réfléchissait aux paroles de Saala; ça lui paraissait à la fois logique et en même temps terriblement stupide

-Laevathein? Ca va, vous allez bien?
-Oh, oui, oui ça va, merci, j'étais en train de réfléchir...
-A ce que je viens de vous dire?
-Oui, à ça, et aussi...
-Oui?
-Comment avez vous fait?
-Fait quoi?
-Et bien, si vous protégez le Prophète, je suppose que vous avez réussi vos épreuves, je ne pense pas qu'on laisserait une personne "indigne" veiller sur lui.

Saala fronça les sourcils, semblant se concentrer sur ses souvenirs:

-Je...Je ne sais pas vraiment comment j'ai fait, j'ai bien failli abandonner vous savez, à plusieurs reprises, je me disais que je n'étais pas faite pour ça, que j'étais trop faible; je suis petite, et je n'ai pas autant de force qu'une autre; alors c'était plus difficile pour moi, je devais fournir plus d'effort; mais chaque fois que je voulais abandonner, je pensais à mon père, qui me disait de ne pas abandonner.
Et me voilà...

La jeune femme conclut simplement, en écartant légèrement les bras.

Laevathein l'avait écoutée sans mot dire, enfin elle questionna:

-Alors que dois-je faire? Que pouvez vous me conseiller?
-Quels conseils je peux vous donner? Ayez une raison qui vous pousse à faire ce que vous faites, et ne l'oubliez pas, et si vous êtes assez forte, ça suffira, ça a marché pour moi...

Laevathein n'avait pas besoin de trouver une raison, l'imagine furtive de Maar'nar s'afficha dans ses pensées; aussitôt remplacée par celle de ses parents et sa soeur, tourbillonnant.

Elle répondit:

-J'ai déjà une raison de faire ça, c'est elle qui me fait me lever le matin, et qui me fait vivre tous les jours; merci Saala, vos conseils ont été précieux.

Elle s'apprêta à faire demi-tour lorsque Saala l'interpella:

-Hé ! Laevathein ! Attendez ! Je ne vous ait même pas dit qui vous deviez contacter pour participer aux épreuves.
-Ah oui, c'est vrai...Alors? Qui dois-je voir?
-Celui qui gère les recrutements est l'Exarque Matos, il se trouve en général au Sanctum de Lumière; allez le voir, parlez lui, et si vous êtes toujours convaincue après l'avoir vu, parlez lui de vos projets d'engagement.
-Merci, vous êtes une amie.

La jeune femme tourna les talons avant de voir Saala bleuir lorsqu'elle avait entendu le mot d'amie; elle interpella néanmoins à nouveau Laevathein:

-Hey, Lae ! Bonne chance !

Laevathein repartit vers les appartements familiaux, le soir était venu, et elle commençait à se sentir fatiguée; elle repensait à la conversation qu'elle avait eue avec Saala, elle avait été surprise d'apprendre que les soldats étaient triés sur le volet, même après l'exode du peuple Draeneï; elle savait désormais à qui s'adresser pour devenir une combattante; et même si selon Saala, la route serait semée d'embûches, elle savait que sa vie était sur le point de prendre un tout nouveau tournant...
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Laevathein
Zoulie Draeneï
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:34

Elle entra dans les appartements, aussitôt une voix forte l'interpella:

-Te voilà enfin ! Tu vas nous donner quelques explications !

Surprise, Laevathein recula légèrement, en face d'elle, les bras croisés, son père la regardait, une expression de colère sur son visage; Irni, assise sur une chaise à coté de lui, la regardait d'un air anxieux, Ashola se tenait en retrait, à moitié cachée derrière sa mère.

-Qu'est ce qui se passe? Ca ne va pas?

-Si ça ne va pas? Bien sur que ça ne va pas ! Comment peux-tu nous cacher une chose pareille?!

Deern élevait la voix et criait presque, Laevathein ne comprenait pas ce qui se passait, elle regarda sa mère, puis sa soeur; qui bleuit immédiatement et détourna les yeux, alors elle comprit...

-Ashola, tu leur a dit...
-Ne t'en prends pas à ta soeur ! Si elle n'avait rien dit, nous n'aurions jamais été au courant !

La jeune femme regardait son père, sa colère et son ton étaient totalement nouveaux, et un peu effrayants, elle ne l'avait jamais vu aussi en colère, et sa mère...Sa mère qui ne disait rien...

-Papa, s'il te plait, arrête de crier, je vais t'expliquer...
-M'expliquer? Il serait temps oui, ma fille veut devenir soldat, et nous en sommes les derniers au courant ! Bien sur que tu vas t'expliquer !

La colère de son père la désarçonnait, elle mit quelques secondes à trouver ses mots.

-J'ai décidé de m'engager dans l'armée, c'est tout...
-C'est tout? C'est tout?! Est-ce que tu as déjà oublié tout ce que tu as traversé? Tu as oublié ces longs mois ou nous étions si inquiets pour toi? Les longs mois ou tu étais dans le coma?!

Elle sentait également la colère monter en elle; elle ne supportait pas que tous la jugent aussi sévèrement; elle aurait cru au moins trouver du soutien dans sa propre famille, et finalement...

-Deern, mon amour, tu es trop sévère avec elle...
-Irni, notre fille veut s'engager dans des activités irresponsables...
-Parce que tu crois que je fais ça pour m'amuser?! Parce que tu crois que je veux faire ça pour vous faire du mal?
-Lae, Deern, arrêtez....

Irni s'était mise entre sa fille et son mari, pour tenter de les calmer, mais ceux-ci étaient tant en colère qu'ils ne se rendaient compte de rien.

-Laevathein Naalis ! Je t'interdis de me parler sur ce ton !
-Je m'appelle Aarnéa ! Je porte le nom de mon mari !
-Ca suffit ! Je refuse de discuter davantage avec toi de tes "projets" !

Deern se retourna et s'apprêta à quitter la pièce, Laevathein, emportée par la colère, continua à crier en agitant les mains:

-Très bien ! Fuis ! Fuis si tu le peux ! Mais tu entendras quand même ce que j'ai à te dire ! J'ai décidé de m'engager dans l'armée ! Oui ! Mais je ne fais pas ça pour vous faire du mal ! Non, je n'ai pas oublié que j'ai passé les derniers mois dans un lit, je n'oublie pas les souffrances que j'ai vécue, je n'oublie pas les souffrances que vous avez vécu à cause de moi !

Deern s'arrêta et se retourna, Irni, blanche comme un linge les regardait l'un et l'autre; Ashola s'était réfugiée dans un coin de la pièce et gémissait comme un enfant en se tenant les mains sur les oreilles; il avança d'un pas vers sa fille aînée:

-Je te l'ai dit: je ne veux plus entendre parler de cette histoire, oublie ces idioties.

Il se retourna et repartit vers sa chambre; Laevathein, qui semblait s'être calmée, explosa soudainement:

-C'est ça ! Fuis ! Fuis ! Tu ne sais pas que ça ! Tu es un lâche ! Mais moi je ne veux pas être une lâche ! Plus jamais ! Je ne veux plus jamais avoir peur pour ma famille, je ne veux plus jamais devoir fuir parce que je ne peux pas défendre ceux que j'aime ! Si tu veux fuir, fais-le ! Mais moi, je ne veux pas devenir comme toi, je ne veux pas devenir une lâche !

Deern s'arrêta en posant la main sur la poignée de la porte; il y eu un moment de silence pesant; puis il prononça d'une voix altérée les mots terribles:

-Dans ce cas, je n'ai plus qu'une seule fille...

Il quitta la pièce en claquant la porte derrière lui, laissant sa femme et ses deux filles seules dans la pièce, lourde du drame qui venait de se produire; Irni s'apprêtait à le suivre, lorsqu'elle se ravisa et alla réconforter Ashola qui pleurait dans un coin; Laevathein regarda sa mère et sa soeur qui étaient accroupies; la colère quitta instantanément son visage et son coeur, ne laissant place qu'à une sensation de vide profond, les mots résonnaient encore dans sa tête "Je n'ai plus qu'une seule fille..."

Un bruit de porte qui claque fit lever la tête à Irni, Laevathein avait disparu dans sa chambre, le bruit du verrou se fit entendre; elle tourna la tête vers sa propre chambre, ou Deern était allé se réfugier.

Elle arrivait à peine à croire à la scène à laquelle elle venait d'assister: elle n'aurait jamais imaginé voir son mari et sa fille se disputer aussi violemment, elle ne comprenait pas ce qui avait pu déclencher une réaction aussi violente chez l'homme qu'elle aimait.
Bien sur, l'idée de voir sa fille s'engager ne l'enchantait pas, bien au contraire, mais elle n'aurait jamais été jusqu'à être si violente dans ses propos...
Et puis ces mots..."Je n'ai plus qu'une seule fille", c'était trop !

-Maman, qu'est-ce qui va se passer? Papa et Lae...
-Je ne sais pas, je ne sais pas...

Les deux femmes demeurèrent seule dans la salle, jusqu'à ce que Ashola se calme assez pour se lever; à l'heure du repas, ni Deern, ni Laevathein ne sortirent de leur chambre...
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Laevathein
Zoulie Draeneï
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:35

Irni et Ashola mangèrent dans le silence le plus total; Ashola picorait dans son assiette sans lever la tête; Irni l'observait, désolée de voir dans quel état cette dispute l'avait mise.

Finalement, la jeune femme se leva et parti dans sa chambre, laissant sa mère seule dans le salon.

Elle resta une dizaine de minutes assise sur le canapé, à se triturer nerveusement les cheveux; cette dispute l'avait grandement secouée, et elle avait besoin d'être seule un moment.

Après s'être quelque peu détendue, elle décida d'aller affronter son mari.

En entrant dans la pièce, elle vit Deern qui faisait semblant de dormir dans le lit, elle savait qu'il faisait semblant, car la façon dont il était étendu n'était pas naturelle, et encore moins habituelle.

Elle se dirigea vers son coté de la pièce et commença à se déshabiller pour enfiler une chemise de nuit; puis elle s'assit sur le lit, tournant le dos à son mari:

-Tu es content de toi?

Elle entendit un mouvement derrière elle, Deern s'était retourné vers elle; mais il ne répondit pas, elle savait cependant qu'il l'écoutait; elle reprit:

-Est-ce que tu te rends compte de ce que tu as fait? Pourquoi cette colère? Est-tu devenu fou?

Elle attendit encore un peu, et allait parler de nouveau, lorsque la voix de Deern résonna derrière elle:

-Elle m'a traité de lâche, elle...Elle...

Elle se retourna brusquement vers lui; Deern était allongé sur le coté et ne la regardait pas.

-Et quoi? Et tu renie ta fille, simplement parce qu'elle te traite de lâche? Est-ce que tu te rends compte que j'ai passé la soirée à consoler ton autre fille que tu as traumatisée par ton comportement odieux?

Deern se redressa et s'assit sur le lit, il reprit, le visage bleu:

-Odieux? Tu me traite d'odieux?
-Oui ! Oui tu es odieux ! Ce que tu as fait ce soir est inqualifiable ! C'est immonde, et je ne suis pas prête de te le pardonner !
-Ta fille veut sacrifier tout ce pourquoi nous avons souffert, et toi tu la défends, tu es de son coté finalement !
-Je ne suis pas de son coté, et je ne suis pas du tient non plus, pas aujourd'hui, je ne peux pas; ton attitude me répugne, et ce que tu es ce soir, ce n'est pas l'homme que j'ai épousé, ce n'est pas l'homme que j'aime !

Irni se leva tandis que Deern haussait la voix:

-Très bien, reste de son coté, choisis ton camp !
-Ne me demande pas de choisir entre mon mari et ma fille, Deern, parce que jamais je ne choisirais !

Elle se dirigea vers la sortie, posa la main sur la poignée de porte, se retourna, et reprit:

-Ta colère est injuste, tu es injuste avec ta fille, parce que oui ! Lae EST ta fille ! Tu n'as pas le droit de la renier, tu n'as pas le droit de la rejeter, simplement parce que tu n'es pas d'accord avec ce qu'elle veut faire.
-Parce que toi tu la soutiens?
-Non, je ne soutiens pas son projet, je ne veux pas qu'elle s'engage dans l'armée, mais si elle le fait, je serais avec elle, parce qu'elle est ma fille, et que je l'aime.

Elle ouvrit la porte, et avant de sortir de la chambre, termina:

-Je vais dormir avec Ashola; je ne reviendrais dormir dans ce lit que lorsque l'homme que j'ai épousé se rappellera qu'il a deux filles.

Elle sortit et ferma la porte en silence.
Deern, seul sur le lit, vit sa femme quitter la pièce, il sentait un froid glacial s'insinuer en lui, sa bouche lui paru sèche, et il n'arrivait plus à déglutir; c'était la première fois qu'il se disputait aussi gravement avec son épouse...

Irni frappa à la porte de la chambre d'Ashola qui vint lui ouvrir, alors que la jeune femme regardait sa mère d'un air interrogateur, celle-ci préféra ne rien cacher:

-Je me suis disputée avec ton père, et je ne veux plus dormir avec lui tant qu'il ne se sera pas excusé.

La mère entra dans la chambre tandis qu'Ashola refermait la porte; les deux femmes se couchèrent tristement.
Quelques minutes plus tard, alors que le silence régnait dans les appartements, Ashola réveilla sa mère qui s'était endormie.

-Maman, réveille toi.
-Qu'es-ce qu'il y a?
-Écoute.

Irni tendit l'oreille en retenant son souffle; puis:

-Je n'entends rien. Tu...

Elle se tut immédiatement: elle venait d'entendre. Dans la chambre d'à coté, elle entendait sangloter.

-Maman, c'est Lae...
-Je l'entends, je l'entends...
-On doit aller la voir !
-Je...Non, on ne peut rien faire pour elle, pas ce soir...

Ashola se retourna vers sa mère qui avait détourné les yeux, mais Ashola voyait distinctement les larmes perler aux coins des yeux de sa mère.

-Comment ça on ne peut pas l'aider? Lae pleure, on doit aller la voir !
-C'est entre ton père et elle, même si on va la voir, ça ne résoudra pas leur problème...
-Mais ça fait mal, je le sens en moi, ça fait mal !
-Je sais, je sais, moi aussi...

Les deux femmes se recouchèrent en silence, Irni tenait la main de sa fille qui se mordait l'autre main pour ne pas crier chaque fois qu'elle entendait sa soeur sangloter, seule dans sa chambre.
Finalement, Ashola finit par s'endormir, sa main toujours dans celle de sa mère; quand à Irni, elle resta longtemps éveillée, ses grands yeux blancs fixés sur le mur donnant sur la chambre de Laevathein; lorsqu'à son tour, vaincue par le sommeil, les sanglots continuaient...
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Laevathein
Zoulie Draeneï
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:35

Le lendemain, Irni s'éveilla la première, elle se leva sans faire de bruit, et parvint à ne pas réveiller Ashola qui était recroquevillée au bord du lit.
Elle eut un regard désolé pour sa fille; elle était malheureuse, et elle aussi.
Lui écartant les cheveux qui lui couvraient le visage, elle lui posa un baiser sur la joue, et sortit de la chambre.

Elle tendit l'oreille, mais aucun bruit de pleurs; elle supposa que Laevathein avait finalement cédé à la fatigue et voulu s'en assurer.
Elle enclencha doucement la poignée, puis se souvint que sa fille avait poussé le verrou la veille; pourtant, la porte s'ouvrit sans difficulté.

Surprise, elle entra dans la chambre, celle-ci était parfaitement rangée, le lit était fait, la table de nuit en ordre; dessus, elle vit deux portraits: l'un représentant Maar'nar, son époux, et l'autre un portrait de toute sa famille.

Irni s'assit sur le lit, les yeux dans le vague, et attrapa machinalement le cadre qui contenait le portrait de sa famille, sur ce portrait, leur famille avait l'air si heureuse: Deern tenait sa femme par la taille, et chacune de ses filles se tenait d'un coté du couple, tous souriaient.

Après quelques minutes de méditation, elle regarda autour d'elle: Laevathein n'était pas ici, elle avait du partir depuis plusieurs heures sans doute, et il n'y avait rien ici qui justifiait que sa mère reste dans cette chambre vide.

Elle reposa le portrait sur la table de nuit et sortit de la chambre; arrivée dans la salle, elle vit la porte de sa propre chambre fermée.
Prise d'une bouffée de colère contre son mari, elle retourna dans la chambre de sa fille, attrapa le cadre et retourna dans le salon.

Elle ouvrit la porte de sa chambre et entra; Deern dormait ou ne dormait pas, elle ne le savait pas et s'en moquait; elle avait trop de reproches à lui faire, et peu importait qu'il ne l'entende pas, elle avait besoin d'exprimer sa colère:

-Je te signale que ta fille a pleuré toute la nuit à cause du comportement de son père, et ton autre fille est très malheureuse aussi. Je te signale aussi que Lae est partie ce matin, je ne sais pas ou elle est, mais ça ne m'étonnerait pas qu'elle soit partie s'engager.

Elle posa bruyamment le portrait sur la table de nuit de son mari, et reprit:

-Tu as plutôt intérêt à faire quelque chose, et vite, parce que je ne reviendrais pas dans ton lit tant que tu n'aura pas changé de comportement; et pire, tu perdras ta fille, et ni moi ni Ashola ne pourront rien y faire.

Sans attendre une quelconque réponse, elle quitta la pièce en refermant la porte.
Dans le salon, elle s'installa sur un fauteuil, là, elle lutta quelques instants avant de craquer et de fondre en larmes; elle ne supportait pas de voir sa famille se déchirer; elle ne supportait pas de ne pas partager la même couche que son homme, elle ne supportait pas de voir ses filles si malheureuses.
Elle pleurait et priait en même temps, cherchant l'apaisement dans la Lumière des Naarus.

A l'autre bout du vaisseau, Laevathein venait d'arriver devant le Sanctum de Lumière, elle avait contourné les appartements de Velen et avait suivi les indications de Saala.

Elle finit par déboucher sur une grande place, elle vit une douzaine de Draeneï partir vers l'opposé de la salle, ne laissant que deux hommes; l'un d'eux semblait agacé:

-Par la Lumière ! Ces recrues sont incapables de comprendre la discipline, mais qui me les a fichu sur les bras !

Celui qui rouspétait était un majestueux Draeneï, il portait une grande armure argentée, brillante tant elle était polie, et ornée de joyaux violets; sa chevelure blanche lui couvrait la nuque et retombait en petites tresses sur les épaules; Laevathein était d'une taille moyenne pour une Draeneï, mais se sentit ridiculement minuscule en comparaison, pourtant, il ne semblait pas plus grand que son père.

Son père...Elle chassa les pensées qui affluaient et s'efforça de se concentrer sur son objectif.
L'autre Draeneï s'approcha du premier, lui aussi portait une armure polie; les deux n'étaient pas armés, mais ne semblaient pas en avoir besoin, tant ils semblaient forts et solides.

-Allons allons, ils viennent d'arriver, tu es trop exigeant avec eux.

Le premier Draeneï haussa les épaules, lorsqu'il tourna la tête et vit Laevathein, qui se tenait à l'écart; il lui fit signe d'avancer.

-Venez par là vous, je suppose que vous ne venez pas pour l'ambiance?

Déconcertée par l'attitude du Draeneï, Laevathein répondit en bégayant:

-Euh, c'est à dire, je...Je voudrais m'engager.

Le Draeneï leva les yeux au ciel et répliqua d'un ton blasé:

-Oh, formidable, encore une recrue, je ne doute pas que vous serez à la hauteur...Estis, occupe toi de ça, on m'attend pour les leçons.

Le dénommé Estis répondit par un salut à celui qui devait être son supérieur; celui-ci quitta la pièce dans la même direction que les autres Draeneï que Laevathein
avait remarqué quelques minutes plus tôt; on l'entendit murmurer des mots comme "donner des cours à ces cornichons...Honte de notre peuple..."

Estis se tourna vers Laevathein et lui adressa un sourire amical, il mesurait une tête de plus qu'elle et elle devait lever la tête pour le rearder; d'abord inquiète après avoir vu la réaction du Draeneï qui avait quitté la pièce, le sourire de l'autre la rassura.

-Je suis désolé que vous ayez du subir ça, il est parfois grognon...

Les deux se tournèrent vers la porte que venait d'emprunter le soldat; Laevathein répondit:

-Il acceuille toujours les gens comme ça? Ca ne donne pas très envie de s'engager...
-Oh, il a subi pas mal de contrariétés ces derniers temps, il n'était pas comme ça avant.

Elle se tourna vers Estis, et questionna:

-On dirait que vous le connaissez bien, cela fait longtemps que vous travaillez ensemble?

Il se tourna vers la jeune femme et esquissa un sourire:

-Quelques années, mais je le connais depuis toujours: c'est mon père.
-Oh, je suis désolée, je ne voulais pas...

Estis éclata de rire et reprit dans un éclat:

-Ah ah ! Ne vous inquiétez pas, il fait toujours cet effet sur les nouvelles recrues, ne faites pas attention à lui, il râle beaucoup, mais il a un coeur d'or.
-Puis-je vous demander une chose? Qui est-ce?

Nouvel éclat de rire, puis Estis répondit:

-Ah ah, c'est vrai que vous n'avez pas été présentés, et bien, cet homme, mon père, est également connu sous le nom d'Exarque Matos.

Sursaut de Laevathein.

-Oh ! Mais c'est lui que je dois voir pour m'engager !

Estis eu un geste d'apaisement.

-Tranquillisez vous, je suis habilité à vous incorporer, mais d'abord, dites moi comment vous vous appelez, parlez moi de vous, de vos raisons pour nous rejoindre.
-Et bien, je...
-Attendez, nous serons plus à l'aise dans cette pièce.

Il montra une ouverture dans le mur et fit signe à la jeune femme de le suivre; la pièce contenait un bureau, plusieurs fauteuils, en guise de décoration, un cristal rayonnant d'une lueur rosée, des portraits accrochés au mur, l'Exarque Matos avec son fils; l'Exarque avec une femme inconnue; Estis en compagnie de cette même femme...

-C'est votre mère?

Elle eut conscience d'être indiscrète et s'apprêta à s'excuser, quand Estis répondit:

-Oui, je vous ait dit tout à l'heure que mon père avait eu quelques contrariétés ces derniers temps: ma mère en fait partie.

Devant l'air interrogateur de Laevathein, il reprit:

-Quand les Orcs ont attaqué, ma mère a été évacuée, mais elle a subi un choc psychologique important et elle est devenue catatonique; on ignore si elle pourra revenir parmi nous un jour...

-Je suis désolée...

-Si je vous dit ça, c'est parce qu'il faut que vous compreniez que mon père est dur parce qu'il ne veut pas que ses recrues soient victimes de ce genre d'horreurs parce qu'elles sont mal préparées, ou parce qu'elles prennent les choses à la légère.

Laevathein baissa la tête et murmura:

-Je ne pense pas que quiconque ici prendra les choses à la légère, plus maintenant...

-Qu'avez vous dit?

-Rien, rien, je pensais tout haut...

-Bien, passons à votre cas, comment vous nommez vous?

-Je m'appelle Laevathein Aarnéa, vous voulez connaître mon âge également?

Estis éclata à nouveau de rire, il fit un non de la tête et reprit, plus sérieusement:

-Non,ça ira, en revanche, j'aimerais connaître votre poids.

Devant l'air surpris de la jeune femme, il éclata de nouveau de rire.

-Je plaisante ! Je plaisante, vous savez, nous n'avons pas tellement d'occasions de rire ici, alors on essaye de faire ce qu'on peut.

-Je comprends...

-Bon, je vais tacher d'être sérieux; Laevathein, pourquoi voulez vous vous engager?

La jeune Draeneï se tortilla sur son fauteuil, mal à l'aise, en face d'elle, Estis l'observait minutieusement, l'air grave.

-Je...J'ai perdu mon mari, et mon bébé...A cause des Orcs...

Estis ouvrit la bouche, puis se ravisa, la jeune femme détournait le regard et regardait sans voir l'un des portraits, il la laissa poursuivre:

-Je...J'ai voulu mourir, j'ai même essayé de mettre fin à ma vie...Mais ma famille n'a jamais cessé de m'entourer, mes parents, ma soeur...
Ils n'ont jamais baissé les bras, même quand moi j'avais abandonné...C'est grâce à eux si je suis vivante aujourd'hui, c'est grâce à eux que j'ai à nouveau une raison de vivre.
Je ne veux pas qu'il leur arrive la même chose qu'à mon mari et à mon bébé, je veux être capable de les protéger, je veux protéger mes parents, je veux protéger
ma soeur, et tous ceux qui en ont besoin...
Pour que plus jamais ces monstres ne puissent faire de mal à ceux que j'aime...
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Laevathein
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:52

Estis demeura silencieux un moment, il étudiait Laevathein, celle-ci le regardait avec un air de farouche détermination, ce n'était pas une combattante, visiblement, elle n'était pas taillée pour se battre, mais elle avait la volonté, et quelques semaines de travail acharné la rendraient capable de manier une arme et de supporter le poids d'une armure...

Finalement, il prit la parole:

-Écoutez, Laevathein, je ne vous cacherais pas que ce sera difficile, très difficile, vous devrez donner le meilleur de vous même, vous allez souffrir, mais ce sera seulement ainsi que vous deviendrez une protectrice de votre peuple.
Voulez-vous vraiment vous engager sur cette voie?

Estis se tût, laissant la jeune femme réfléchir à ce qu'elle venait d'entendre, c'était plus ou moins ce que Saala lui avait déjà dit.
A ce stade, elle pouvait encore reculer; mais elle savait que ce n'était déjà plus possible, elle avait trop perdu pour vouloir renoncer.

-Oui, je suis sûre, je le veux.

Estis se leva alors, regardant Laevathein dans les yeux, il répondit:

-Bien, alors bienvenue parmi les recrues de la Main d'Argus ! Je vais maintenant vous expliquer comment les choses vont se passer, suivez moi.

Ils quittèrent le bureau et traversèrent la grande salle, ils prirent la même direction que Matos plus tôt; ils débouchèrent dans un grand couloir, de nombreuses ouvertures menaient à différences pièces, plus ou moins grandes, Estis parlait en marchant:

-Vous ne ferez partie intégrante de la Main que lorsque vous aurez prouvé votre valeur, les recrues que vous avez vues en arrivant sont comme vous en train d'être testées; si vous passez ces tests avec succès, alors vous deviendrez une membre à part entière de la Main.

-Que dois-je faire pour passer ces tests?

-Ne soyez pas impatiente, cela viendra très vite, certainement demain ou après-demain; nous allons notamment voir si vous disposez de capacités physiques compatibles avec notre rôle, quand à l'aspect psychologique, bien que l'entretien que nous venons d'avoir me parait suffisant, il peut arriver que certaines recrues ne soient pas assez solides mentalement.

-Je comprends, c'est donc après ces tests que je ferais partie de la Main?

-Exactement, pour le moment, voici le dortoir ou vous logerez, vous avez de la chance, il est encore inoccupé.

Laevathein entra dans la pièce, il s'agissait d'une salle de forme hexagonale, assez grande, il y avait une demi-douzaine de lits répartis dans la pièce, et des rideaux permettaient de conserver son intimité; elle se retourna vers Estis qui se tenait à l'entrée.

-J'ai remarqué que les personnes qui s'entraînaient portaient des armures, en porterais-je une également?

-Bien sur, dès le premier jour, elle vous sera fournie; bien, je dois retourner à mon poste, installez-vous, vous avez le droit de prendre des effets personnels pour décorer votre chambre.

Il fit un rapide salut et partit, quelques secondes plus tard, il revint et reprit:

-Ah, j'ai oublié: désormais je suis votre supérieur, ainsi que l'Exarque Matos, vous devrez donc saluer et vous comporter en conséquence; vous serez plus amplement informée demain.

-Bien monsieur, puis-je vous demander à quelle heure les tests commencerons?

-Au lever du jour, si j'étais vous, je commencerais à prendre du repos, les premiers jours sont toujours les plus difficiles.

-A vos ordres.

Estis refit le salut, que Laevathein s'efforça de rendre convenablement, puis, apparemment satisfait, il quitta les lieux, laissant la jeune femme seule dans la pièce.

Elle regarda autour d'elle, la pièce était vide, sans aucune décoration d'aucune sorte; en dehors de la lumière violette qui éclairait les lits, il n'y avait rien.

Maintenant qu'elle était là, elle réalisait le chemin qu'elle avait parcouru, mais elle savait que ce n'était pas terminé: elle devait passer avec succès ces tests si difficiles pour véritablement changer de vie, pour le moment, elle n'était qu'en transition, c'était étrange et effrayant à la fois.

Elle se choisit le lit le plus éloigné de la porte, et s'allongea dessus, regardant le plafond, elle se demandait quels tests lui réserveraient les membres de la Main; puis, se souvenant du conseil d'Estis, elle décida de le suivre et essaya de faire une sieste; finalement, le manque de sommeil du à la nuit qu'elle avait passé à pleurer après la dispute avec son père, conjuguée à la tension qu'elle sentait redescendre en elle, firent qu'elle s'endormit pour de bon.

On était qu'en fin de matinée, mais elle dormit jusqu'en début de soirée sans être dérangée; comme l'avait dit Estis, la dortoir qu'elle occupait ne comptait aucun résident, de plus, il se trouvait relativement éloigné du réfectoire des membres de la Main, ainsi elle ne fut pas réveillée par les bruits lointains.

Lorsqu'elle se réveilla, sa première idée fut de se demander ou elle se trouvait, puis, se souvenant, sa seconde idée fut de réaliser qu'elle n'avait emporté aucun vêtement ni aucun effet personnel avec elle; lui il fallait retourner chez ses parents et faire ses bagages.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:52

Après quelques minutes, elle décida d'aller chercher ses affaires.

Alors qu'elle était arrivée à mi-chemin, sa nervosité augmentait, elle craignait de croiser son père, après leur dispute de la veille, elle avait presque peur de lui; elle redoutait qu'il se remette en colère.
Mais elle savait qu'elle n'avait pas le choix, il lui fallait récupérer ses affaires; et surtout, son bien le plus précieux: le portrait de Maar'nar et elle trônant sur sa table de nuit; elle ne voulait s'en séparer pour rien au monde, ça, et le collier qu'elle portait en permanence autour du cou, et qu'elle avait juré de ne jamais enlever jusqu'à la fin de ses jours.

En arrivant, elle hésita quelques secondes avant d'entrer; son appréhension lui nouait l'estomac; finalement, elle entra; l'appartement était désert, ses parents et sa soeur n'étaient pas là.

Rassurée, bien que surprise de ne trouver personne, elle se dépêcha, elle ignorait quand sa famille rentrerait, et elle tenait à éviter une confrontation; malgré ce qu'elle avait dit à Estis, elle n'était pas encore exempte de doutes, et elle savait que s'ils tentaient de la convaincre de renoncer, ils y parviendraient...

Elle rempli rapidement une grande malle de vêtements; certains offerts par Maar'nar lui-même, elle avait un pincement au coeur chaque fois qu'elle en prenait un; et finit par ne plus regarder les vêtements qu'elle ramassait.

Elle boucla sa malle, puis récupéra le portait de son mari et elle; elle demeura quelques instants à le regarder, sur le portait, Maar'nar semblait si vivant, si heureux...
Une unique larme perla sur la joue, elle la laissa couler, et lentement, rangea le cadre dans la malle, en prenant soin qu'il se ne brise pas.

Enfin, elle sortit de l'appartement, après avoir refermé la porte derrière elle.

Elle revint dans le dortoir, après avoir passé le contrôle des gardes; et commença à déballer ses affaires; quelques étagères étaient alignées dans un coin de la pièce, et elle put trouver un emplacement à tous ses biens; puis elle termina par le cadre, qu'elle déposa délicatement sur sa table de nuit; elle tourna le portrait vers la tête de son lit, afin de toujours voir le visage de son mari en s'éveillant et en s'endormant.

Un miroir était installé dans la pièce, après avoir dénoué ses longs cheveux, elle alla se regarder dedans; elle ne put réprimer une grimace de dégoût en voyant sa chevelure.

Voir ses magnifiques cheveux noirs d'autrefois être devenus aussi blancs la répugnait; cette vision ajoutait à son sentiment de solitude et de détresse; elle sentait monter en elle une peur insidieuse, qu'elle n'osait pas nommer: que se passerait il si la Main d'Argus décidait qu'elle n'était pas à la hauteur?

Comment retourner chez ses parents après ça? Que faire? Comment vivre?

Il lui semblait que les cheveux blancs qui lui tombaient sur les épaules la narguaient; lui renvoyant l'image d'une femme faible; c'était répugnant, elle détourna le regard et retourna s'asseoir sur son lit.

Quelques minutes plus tard, elle quittait de nouveau le Sanctum, et se dirigeait vers le quartier commerçant, après s'être fait indiquer la direction à suivre.
Elle erra quelques dizaines de minutes au milieu des étals et des dizaines de ses semblables qui profitaient de la soirée; la plupart d'entre eux voulaient se donner l'air paisible, mais elle voyait sur tous les visages, hommes comme femmes, cette inquiétude, cette souffrance, sans doute parce qu'elle avait vécu des choses horribles, était elle capable de voir chez autrui la souffrance...

Tirée de ses réflexions par un Draeneï qui la bouscula en portant une caisse, elle se dirigea en massant son bras endolori vers un étal qui semblait convenir à ce qu'elle cherchait.

Après s'être assurée qu'il s'agissait bien de ce qu'elle désirait, et après s'être fait expliquer comment s'en servir, elle paya le prix demandé, et revint au Sanctum, quelques minutes avant la fermeture de la zone.

La soirée déjà bien entamée, elle s'installa devant le miroir et passa de nombreuses minutes à appliquer sur ses cheveux un produit coloré, celui-là même qu'elle avait acheté au marché.

Une fois l'opération effectuée, elle décida d'aller se coucher, après tout, c'était la seule chose qu'il lui restait à faire; et elle craignait de ne pas être capable de se réveiller à l'aube le lendemain.

Elle s'endormit aussitôt que sa tête toucha l'oreiller...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 8:52

Réveillée en sursaut par le son d'une corne, elle mit quelques instants à reprendre ses esprits, son coeur battait la chamade quand elle posa les sabots par terre.

Il était très tôt, et elle était fatiguée, elle tremblait de froid et de fatigue en enfilant un peignoir; elle entendait des ordres venir du couloir:

-Debout tout le monde ! Petit déjeuner dans dix minutes, les recrues et les aspirants, levez vous !

Déjà levée, Laevathein sorti de la chambre, toujours en peignoir, elle suivit un groupe de Draeneï qui se dirigeaient vers le réfectoire, elle n'était pas la seule à être en peignoir, et certains avaient l'air encore plus fatigués qu'elle.

Le petit déjeuner fut servi dans un calme absolu, il devait y avoir une trentaine de Draeneï dans la salle, mais personne ne parlait, on entendait uniquement le bruit des ustensiles cogner sur les tables.

Laevathein s'était assise avec le groupe qu'elle avait suivi, certains d'entre eux l'avaient regardé un instant, puis s'étaient désintéressés d'elle.
Instinctivement, elle avait su qu'il serait plus facile de s'en sortir ici si elle se faisait des amis, elle aurait voulu entamer la conversation avec son voisin, mais il dormait à moitié devant son assiette, et elle ne savait pas quoi dire.

Le repas chaud la réchauffa, comme il sembla réchauffer la plupart de deux qui étaient attablés; quelques éclats de voix se firent entendre à différents endroits.

Finalement, un Draeneï en armure entra dans le réfectoire et annonça que toutes les recrues pouvaient retourner à leurs dortoirs afin de se mettre en tenue.

Perplexe, Laevathein quitta le réfectoire au milieu des autres personnes, puis pénétra dans son dortoir.

Sur une caisse se trouvait une armure étincelante; des jambières, un casque; une panoplie complète; à coté se trouvait une magnifique Draeneï qui portait le même genre d'armure, elle s'avança vers Laevathein:

-Aarnéa? Je suis l'armurière Nirisi, l'Exarque Estis m'a demandé de venir vous montrer comment enfiler votre armure.

Laevathein s'avança également vers la caisse, et commença à palper les gantelets, elle en souleva un, il était relativement lourd; elle le reposa et reporta son attention sur l'armurière qui lui parlait:[/i]

-Je vais d'abord vous expliquer deux ou trois petites choses pour vous faciliter la vie lorsque vous porterez une armure: premièrement, vous devez vous en douter, mais n'enfilez pas votre armure si vous êtes nue en dessous, le contact prolongé entre le métal et votre peau vous causera pas mal de désagrément, de plus, vos vêtements vous réchaufferont plus que votre armure si vous vous trouvez dans une région froide.
Deuxièmement, prenez soin de votre armure, si vous le pouvez, entretenez-la vous même, sinon, essayez de ne pas la dégrader plus que nécessaire.

Laevathein hochait la tête en signe d'assentiment; la femme lui expliquait toutes ces choses gentiment, son ton était sans hésitation, mais tout emprunt d'amabilité.

-Je crois que c'est tout, maintenant, je vais vous montrer comment l'enfiler; d'abord, je vais retirer ma propre armure et la remettre, après, ce sera à vous, d'accord?

Laevathein hocha de nouveau la tête, ce qui fit rire l'armurière:

-Hi hi hi, je ne vais pas vous manger vous savez; allez, je vous montre.

Elle commença à défaire les attaches de ses gants, qui se décrochèrent, elle les ôta l'un après l'autre et les posa sur le sol, puis elle passa les mains derrière son dos, au niveau de ses omoplates, on entendit un claquement, puis la cuirasse lui glissa dans les mains, elle la posa également au sol; se penchant, elle retira ses jambières de la même manière que ses gants, l'une après l'autre.

Sous son armure, elle portait une chemise et un pantalon blancs assortis; ainsi vêtue, on aurait jamais pensé qu'il s'agissait d'une soldate; cependant, Laevathein remarqua qu'elle avait encore ses protections aux sabots.

Nirisi vit son regard, qui devait être éloquent, car elle reprit, sur le ton de la conversation:

-Je ne les ait pas enlevées car je me suis tordu la cheville hier, et ça m'évite d'avoir trop mal en marchant, mais ne vous en faites pas, je vais vous montrer comment mettre les vôtres, ainsi que les enlever bien sur.
Alors maintenant, regardez bien, car il s'agit de la partie la plus difficile.

Elle se pencha et ramassa d'abord sa cuirasse, qu'elle rattacha à son dos et qu'elle posa sur sa poitrine; elle la fixa d'un claquement sec; puis elle remit ses jambières, et enfin ses gants, toute l'opération n'avait duré qu'une petite minute.

Elle releva la tête vers Laevathein après avoir rattaché sa seconde jambière, puis annonça:

-Allez, c'est à vous maintenant, faites comme je vous ait montré et ça devrait aller.

Un peu anxieuse, Laevathein s'approcha de la caisse...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 22 Oct - 22:47

Elle prit en main le gantelet que Nirisi lui désignait, puis elle l'enfila, s'attendant à trouver quelque chose de dur et rugueux, elle fut surprise de constater que l'intérieur du gantelet était tapissé de fourrure douce et chaude; ainsi conçu, la pièce était très confortable.

Cependant, enfiler le gantelet n'était pas le tout, encore fallait-il le fixer, afin qu'il ne tombe pas tout seul; se rappelant ce qu'elle avait vu faire, Laevathein leva se main gantée jusqu'à sa poitrine, puis, de l'autre main, commença à attacher les sangles.

Une fois ceci terminé, elle releva la tête vers Nirisi, qui hocha la tête et sourit pour montrer son approbation.


-Allez y, mettez l'autre maintenant.

La jeune femme attrapa le second gantelet, et l'enfila; cependant, cette fois-ci, peu habituée à l'usage des pièces d'armure, ne parvint qu'après quelques tentatives à attraper les sangles, le temps de s'habituer à la plus grande épaisseur de ses doigts engoncés dans le métal.

Finalement, les fixations furent complétées, Laevathein tendit alors fièrement les mains vers son instructrice; celle-ci s'avança, regarda les mains de la jeune femme sous tous les angles, puis, satisfaite, déclara:


-Bien, ils sont correctement fixés, mais ce n'est pas encore terminé, maintenant, essayez d'enfiler votre cuirasse.

La cuirasse, une forte pièce de métal posée à plat sur la caisse, étincelait dans la lumière violacée de la pièce; elle paraissait massive, et lourde.

Avec quelques difficultés, Laevathein souleva l'épaisse cuirasse, emportée par le poids, elle tituba un instant en arrière, et failli même tomber avant que Nirisi ne la rattrape.


-Faites attention, c'est très lourd, n'allez pas vous blesser avec ça.

Laevathein, interrogative, se demandait comment elle allait pouvoir mettre cette armure; elle avait déjà eu du mal à la porter et avait failli tomber à cause de son poids, mais l'avoir sur le corps? Et puis, il fallait déjà réussir à l'enfiler...

-Euh...Comment dois-je faire pour la mettre?
-La cuirasse est composée de deux parties, détachez simplement l'un des cotés, comme vous m'avez vu faire tout à l'heure, mettez vous au milieu, et ensuite, fixez les sangles solidement.
-Oh, c'était ça alors, je n'avais pas compris ce que vous faisiez...
-Il suffit de demander; allez-y, essayez.

Laevathein fit donc ce que Nirisi lui avait conseillé; posant la cuirasse à la verticale sur la caisse, elle commença par desserrer les sangles du coté droit, puis; la soulevant légèrement et la faisant glisser à elle; elle parvint à l'enfiler; ce faisant, elle découvrit qu'il était plus facile de soulever la cuirasse quand les parties avant et arrière étaient à moitié détachées l'une de l'autre.
Maintenant, il fallait fixer les sangles, celles-ci, en se resserrant, recolleraient les deux parties de l'armure, et ainsi protégeraient la poitrine et le dos de son utilisatrice.

Fixer les sangles fut aussi facile que pour les gantelets, cependant, il semblait qu'elle avait serré trop fort, car:


-J'ai du mal à respirer, c'est trop serré !

Elle s'exclama d'une voix étouffée; Nirisi s'avança vers elle en souriant, et défit légèrement les liens; la pression sembla retomber, et Laevathein prit une grande inspiration:

-Ouf, merci ! J'ai du serrer trop fort, et je n'arrivais plus à respirer !
-Ca arrive souvent aux nouvelles recrues, moi aussi j'ai serré trop fort la première fois.
-Vous faites partie de la Main depuis longtemps?
-Cela fera 18 ans dans une semaine, j'ai appris à porter une armure, à les fabriquer, puis j'ai rencontré mon mari, et je suis devenue instructrice.

Laevathein demeura silencieuse, elle savait que ça semblait stupide, du moins ça le paraîtrait à un observateur extérieur, mais chaque fois qu'elle entendait le mot "mari" ou "époux", elle sentait comme des épines lui percer le coeur; chaque fois elle se rappelait ce qu'elle avait perdu, et c'était douloureux.

Tandis que Nirisi semblait perdue dans ses souvenirs, Laevathein remit la cuirasse et fixa de nouveau les sangles, cette fois, elle ne serra pas trop fort; elle pouvait respirer, les deux parties étaient correctement installées, et l'intégrité de la protection était complète; cependant, la plaque avant lui comprimait légèrement les seins, mais elle supposait qu'elle ne pouvait rien y faire.

Une vision fugitive de Maar'nar, elle était nue, et il lui caressait délicatement la poitrine, la couvrait de baisers passionnés; souvenirs heureux de leur nuit de noces...

Sursaut; elle se trouvait dans le dortoir, elle sentait une sueur froide lui couler le long du dos, entre ses omoplates et s'insinuer désagréablement au creux de ses reins.

Nirisi, toujours ailleurs, ne s'était rendue compte de rien, Laevathein, elle, ne se sentait plus aussi bien; cette vision fugitive de ses étreintes amoureuses avec son époux l'emplit de tristesse; tristesse qu'elle s'efforça tant bien que mal de dissimuler, ce n'était pas le moment pour cela...


-Ah oui, les jambières ! Euh, oui, pardon, excusez-moi, j'étais perdue dans mes pensées; voyons la cuirasse, parfait ! Allez, mettez ces jambières, et ensuite, je pense que vous saurez comment enfiler ces protections à vos chevilles.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Jeu 24 Oct - 11:22

Après quelques tentatives pour attacher les jambières, Laevathein parvint à les fixer, c'était plus difficile que la cuirasse, car si elle fixait trop fort, elle ne pouvait plus plier le genou et marcher.

-Parfait, comment vous sentez-vous maintenant?
-Je...J'ai l'impression de porter une maison sur le dos.

L'instructrice éclata de rire, quelques instants plus tard, elle reprit, toujours riant:

-Ah ah ah, c'est toujours l'impression qu'on a la première fois. Je sais que c'est très lourd, mais ne vous inquiétez pas, vous allez vous y faire, et dans quelques jours, vous ne sentirez presque plus rien.
-C'est vrai?
-Ah ah ah ! Non, je plaisante ! Non, j'aimerais que ce soit si simple, mais être capable de supporter le poids de votre armure fait partie intégrante de votre évaluation; vous devriez pouvoir supporter sans peine votre armure dans quelques semaines.

Laevathein fit la moue, et ne répondit pas, elle essayait de remuer les jambes pour voir si elle n'avait pas attaché trop fort les fixations, ça avait l'air d'être bon.

-Marchez un peu, faites quelques pas.

La jeune femme s'exécuta, elle fit quelques pas, ralentie par le poids de la cuirasse, elle sentait également la rigidité des jambières de métal; ce n'était pas insurmontable, mais il lui faudrait néanmoins un temps d'adaptation; les gantelets, eux, étaient assez légers, lui permettant de manier des objets sans se fatiguer.

Nirisi la fit stopper, elle s'approcha de la caisse en boitant légèrement, puis désigna les bracelets de cheville.


-Bien, je vois que vous vous en sortez bien, maintenant, je vais vous laisser mettre ces bracelets à vos chevilles, normalement, vous avez compris la technique, je vais donc vous laisser vous débrouiller.

Laevathein acquiesça et s'empara des deux bracelets, ils étaient simples, conçus pour protéger les chevilles, et laisser les sabots libres; elle s'approcha d'une chaise pour s'asseoir, et commença à les mettre.

Il ne lui fallu qu'une minute pour fixer les deux bracelets, c'était plus facile, et Nirisi avait raison: elle avait compris comment faire.

Finalement, Laevathein se releva, fière d'elle:


-Voilà !

L'armurière fit le geste de taper dans ses mains en souriant:

-Bravo ! Cette armure ne vous va pas si mal. Bien, suivez moi maintenant, je vais vous montrer ou se trouve l'armurerie, c'est là que vous me trouverez la plupart du temps.

Les deux femmes quittèrent le dortoir, en laissant la caisse derrière elles; Laevathein se retourna et leva légèrement la main, Nirisi devança ses mots et expliqua:

-Ne vous en faites pas pour ça, mon assistant viendra la chercher, vous ne pensez tout de même pas que c'est moi qui l'avait amenée? Avec ma cheville?

Tandis qu'elles marchaient, Laevathein fut frappée de constater à quel point le quartier de la Main était vaste, elle fut également surprise de voir qu'il semblait vide, mais en réfléchissant, cela n'avait rien de surprenant: le peuple Draeneï n'était plus très nombreux, quelques milliers d'âmes qui se cotoyaient...

Ne faisant pas attention, Nirisi continuait ses explications:


-Votre armure et votre arme sont très importantes, si elles son endommagées, vous viendrez à l'armurerie, moi, ou l'un de mes collègues assurons les réparations et l'entretien de l'équipement de la Main; de même, si vous avez besoin d'un ajustement de votre armure, par exemple sur la taille de votre cuirasse, nous pourrons nous en charger.
Nous y sommes.

Elles se trouvaient devant une grande pièce circulaire; à l'intérieur s'affairaient plusieurs Draeneï en tablier, certains martelaient des pièces de métal sur des enclumes, d'autres discutaient dans un coin, au milieu de la pièce, un foyer rugissait, la chaleur était suffocante, et Laevathein comprit aisément pourquoi aucun des travailleurs ne portait d'armure; Nirisi elle-même était en train de dégrafer son armure, déposant chacune des pièces dans un casier situé dans un renfoncement; elle retroussa les manches de sa chemise et fit signe à Laevathein.

-Je suis responsable de cette section, comme je vous l'ai déjà expliqué, j'ai été chargée de vous former au port de l'armure, je vous ait montré comment la mettre, et l'enlever, ensuite, tout dépendra de vous; maintenant suivez moi, je vais vous emmener voir l'Exarque Estis, il vous attend pour vos premières leçons.

Les deux femmes quittèrent l'armurerie et sa chaleur étouffante, elles repassèrent devant des salles que la jeune femme avait déjà vues la veille, puis parvinrent dans la grande salle par laquelle Laevathein était arrivée lorsqu'elle était venue s'engager, l'Exarque Estis les attendait.

Nirisi s'arrêta devant lui et exécuta un salut que ce dernier rendit:


-Exarque, je vous amène la recrue Aarnéa, je l'ai formée au port de l'armure et lui ait prodigué quelques informations, la voici maintenant pour assister à vos leçons.
-Parfait, merci Nirisi; vous pouvez retourner à vos occupations.
-A vos ordres, Exarque; Aarnéa, j'ai été ravie de vous rencontrer.

Nirisi repartit en direction de l'armurerie; tandis que Estis se tournait vers Laevathein; il lui adressa un salut qu'elle lui rendit, puis il reprit:

-Bien, puisque vous êtes en tenue, vous allez donc pouvoir assister à vos premières leçons, suivez moi.

Il partirent en direction d'un autre couloir que la jeune femme n'avait pas remarqué la veille, car il était situé dans un coin de la salle opposé à l'endroit ou elle s'était trouvé; soudainement, l'Exarque s'arrêta et se retourna:

-Aarnéa, vous avez teint vos cheveux?

Gênée, Laevathein détourna les yeux:

-Oui, monsieur, je ne supportais plus de voir tout ce blanc...

Sans ajouter un mot, l'Exarque reprit son chemin, suivit par la jeune Draeneï; ses cheveux, attachés en queue de cheval, balançaient leur reflets châtain cuivrés dans la lumière émise par les cristaux des murs.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Jeu 24 Oct - 23:02

Ils arrivèrent dans une petite salle, devant eux, plusieurs étagères portant des armes; des épées, des masses, toutes façonnées en cristal; Estis prit une masse et la tendit à Laevathein.

-Faites quelques mouvements avec.

La jeune femme s'exécuta, la masse était plutôt légère, mais sa solidité ne faisait aucun doute; elle agita l'arme en effectuant quelques moulinets, puis l'Exarque la fit stopper.

-Bien, vous avez votre arme, maintenant, nous allons pouvoir vraiment commencer, venez.

Ils quittèrent la pièce, pour arriver dans une autre salle ou plusieurs Draeneï en armure étaient présents; lorsque l'Exarque entra, tous se levèrent et saluèrent; celui-ci fit signe à Laevathein de de mêler au groupe, en la comptant, ils n'étaient qu'une demi-douzaine, et elle était la seule femme.

Estis se tint face au groupe, et prit la parole d'une voix forte:


-Draeneï ! Vous avez décidé de consacrer votre vie à servir votre peuple, certains d'entre vous ne seront pas jugés à la hauteur pour cette noble tache, mais sachez que votre dévouement comptera à jamais pour vos frères et vos soeurs.

Le groupe l'acclama, Laevathein fit de même.

-Je serais votre maître d'armes; durant les jours qui vont suivre, vous passerez la plupart de votre temps directement sous mes ordres, et je vous formerais à leur emploi.
Sortez vos armes !

Les armes sortirent des fourreaux ou elles étaient rangées, certains portaient une épée, d'autre, comme Laevathein, une masse.

Il les fit s'aligner, et leur montra une série de mouvements avec son arme, qu'il leur fit répéter, puis encore, et encore, et encore...

En milieu d'après-midi; il leur accorda une pause pour qu'ils puissent se restaurer; Laevathein se hâta de partir, ne voulant pas engager la conversation; son armure la ralentissait, et ses bras étaient douloureux d'avoir manié sa masse des heures durant, ses épaules étaient nouées, et elle se sentait fatiguée, pourtant, les exercices devaient reprendre après le repas.

Une fois celui-ci achevé, les Draeneï concernés reprirent le chemin de la salle d'entraînement; l'Exarque les y attendait, il leur dit de ranger leurs armes, et de le suivre.
Après quelques couloirs traversés, Laevathein réalisa ce qui se passait: l'Exarque testait leur endurance, il les faisait marcher aussi longtemps que possible, pour voir à quel point ils pouvaient tenir.

Si c'était réellement ça, elle doutait de pouvoir y parvenir: elle avait mal aux chevilles, et une douleur lancinante lui vrillait les sabots chaque fois qu'elle les posait par terre; ils marchèrent ainsi pendant une bonne heure, Estis finissant par expliquer ce qu'il faisait, tout en continuant de se déplacer; ils faisaient le tour complet du quartier pour la onzième fois lorsqu'un des membres du groupe s'effondra, épuisé.

Estis s'arrêta tandis que deux autres Draeneï aidaient celui qui avait chuté à se relever.
Tous s'étaient arrêtés de marcher, et Laevathein put dévisager à son aise ses condisciples, les traits de leurs visages étaient tirés, et la fatigue se lisait dans leurs yeux, mais, se dit-elle; elle devait renvoyer la même image...

Deux autres Draeneï arrivèrent derrière l'Exarque, il leur désigna celui qui était tombé:


-Emmenez-le à l'infirmerie, il aura besoin de repos.

Puis il regarda les membres restant du groupe, les fixant dans les yeux l'un après l'autre, Laevathein eut l'impression qu'il s'attardait plus longtemps sur elle...

-Vous tous, vous avez bien travaillé aujourd'hui, retournez dans vos dortoirs, et reposez-vous, rompez !

Des cris de joie retentirent, et les membres du groupe partirent en joyeuse débandade; enfin, ils l'auraient fait s'ils n'étaient pas aussi fatigués, l'un d'eux boitait.

La jeune femme, elle, devait se forcer à poser un sabot devant l'autre, finalement, elle parvint à son dortoir et entra; la première chose qu'elle fit fut de dégrafer sa cuirasse, puis ses jambières, elle retira ses gants; elle laissa tout sur un lit inoccupé, puis se jeta sur le sien.

Allongée sur le dos, les bras en croix, elle regardait le plafond; elle sentait la douleur de ses sabots lui remonter le long des jambes; elle avait le dos en compote à cause du poids et de la rigidité de la cuirasse....


-Je vais y arriver...Je vais y arriver, je te le promets...

Elle murmurait ces paroles, les yeux dans le vague, finalement, à bout de forces, et sans s'en rendre compte, elle ferma lentement les yeux, et s'endormit toute habillée sur son lit.

Ainsi se déroula la première journée de Laevathein dans la Main d'Argus.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Dim 27 Oct - 13:34

Le lendemain.

La corne sonna, réveillant brusquement la jeune femme.

En posant le sabot par terre, elle ressentit une vive douleur, sa cheville droite était enflée; elle examina avec inquiétude l'autre jambe, mais tout était normal; son autre sabot lui faisait un peu mal, mais c'était très léger.

Ne pouvant rien faire d'autre qu'espérer que la douleur s'estompe; elle partit faire sa toilette; au contact de l'eau chaude, elle sentit ses muscles se détendre, la douleur disparaître; poussant un soupir de soulagement et de plaisir, elle serait restée dans l'eau durant des heures, mais elle était affamée, et se dépêcha de terminer, afin d'aller prendre le petit-déjeuner.

Il n'y avait aucune obligation de porter son armure pour aller au réfectoire, aussi décida elle de ne pas s'en encombrer, de toutes façons, elle la porterait bien assez dans la journée...

En s'installant dans le réfectoire, elle observa les Draeneï installés autour d'elle; elle reconnaissait quelques visages, la fatigue régnait parmi les recrues; la plupart mangeaient en silence, mais certaines conversations avaient tout de même lieu, comme la veille finalement, elle sourit intérieurement en se disant que cette scène quotidienne allait presque finir par devenir une routine.

Après le repas, elle retourna dans sa chambre, s'attendant presque à revoir Nirisi, tant le début de la journée lui paraissait semblable; à l'exception de la douleur qu'elle ressentait aux sabots.

Après avoir enfilé son armure, avec plus de facilité que la veille; elle se rendit à la leçon de l'Exarque Estis.

La journée s'écoula comme celle de la veille; le Draeneï qui avait été emmené à l'infirmerie n'était pas revenu, et le groupe avait été réduit à cinq membres; Laevathein se demandait s'il avait été rejeté; n'osant pas demander, elle avait décidé de ne pas montrer sa fatigue.

En fin d'après-midi, elle ressentit une intense douleur au sabot droit; elle dut se mettre la main dans la bouche qui ne pas crier; en examinant celui-ci, elle constata qu'il était fendillé sur la longueur; faisant la moue, elle se força à le reposer par terre; mais la douleur était trop atroce.

Souffrant le martyre sur le reste du chemin, elle devait mobiliser toute sa volonté pour ne pas gémir ou crier; finalement, au bout d'une attente interminable, Estis signifia la fin de l'exercice, les recrues partirent, Laevathein les suivit en boitant, elle se mordait les lèvres tant elle souffrait, quand Estis l'interpella:


-Aarnéa, attendez.

La jeune femme s'arrêta, le bleu lui était monté au joues, tant sous la fatigue de l'effort, que sous la douleur; elle attendit qu'il arrive à sa hauteur et le regarda, tentant tant bien que mal de masquer ses émotions.

-Vous devriez aller à l'infirmerie, vous ne pouvez pas continuer comme ça.
-Je...Je ne vois pas de quoi vous parlez, monsieur...

Elle avait détourné le regard, mais encore plus bleui sous le poids de son mensonge ridicule, elle savait qu'il avait vu qu'elle boitait, elle craignait qu'il ne la renvoie chez elle...

-Depuis combien de temps boitez-vous?
-Depuis la première heure d'exercice, monsieur.
-Pourquoi ne l'avez vous pas signalé? Il faut que vous vous fassiez examiner, voyons !
-Cela ira, monsieur, je peux continuer, ce n'est rien, vraiment.

Pour illustrer son propos, elle fit un pas, et aussitôt poussa un cri de douleur en se mordant les lèvres; les larmes aux yeux, elle essaya de faire un autre pas, mais la douleur était devenue insupportable.

Estis posa un bras sur son épaule et reprit:


-Ca suffit, vous voyez bien que vous ne pouvez presque plus marcher, je vous emmène à l'infirmerie, et c'est un ordre !
-Non ! Je ne veux pas...Je ne veux pas qu'on me renvoie chez moi...

Le Draeneï s'arrêta, surpris.

-Comment? Je vois...Vous avez enduré toute cette souffrance parce que vous aviez peur qu'on vous renvoie chez vous si vous jamais vous le disiez...

La jeune femme, les larmes au yeux, hocha la tête faiblement; Estis la prit dans ses bras et marcha vers l'infirmerie en la portant, il continua en marchant:

-Les blessures font partie de notre quotidien, ce n'est pas parce que vous vous faites mal durant les exercices que nous vous rejetterons, souffrir et le faire savoir n'est pas une marque de faiblesse; nous souffrons tous; nous sommes là pour partager nos joies comme nos malheurs.

-Mais ou est le Draeneï qui est allé à l'infirmerie hier? N'est-il pas rentré chez lui?

-Mais non voyons ! Il se repose encore, je crois que le premier jour a été très difficile pour lui, mais une fois qu'il se sera rétabli, il reviendra parmi nous.

-Je ne comprends pas, vous m'avez dit que seuls ceux jugés les plus forts et méritants intégreraient la main...

-C'est ce que j'ai dit, oui, et c'est vrai, seulement, la force ne se mesure pas seulement par la force physique, ou par l'endurance; nous ne prenons pas forcément les plus forts physiquement, la force sans la maîtrise, sans la volonté, n'est rien.
Ce que vous avez fait aujourd'hui, peut de recrues en auraient été capables, certes, vous avez eu peur d'être renvoyée, mais vous avez su dépasser vos limites, vous avez su endurer la souffrance et continuer votre exercice; c'est cette volonté que nous voulons, la volonté de dépasser sa peur, sa souffrance, pour protéger notre peuple.

Laevathein ne répondit rien, elle venait de recevoir une précieuse leçon; elle savait qu'elle n'oublierait jamais cet enseignement; ils arrivèrent en vue de l'infirmerie; l'anachorète de garde salua et indiqua un lit ou Estis déposa la jeune femme, aussitôt, une jeune anachorète vint examiner les sabots de Laevathein.

-Vos sabots sont fendus, heureusement, ils ne sont pas infectés; j'imagine que ça doit être très douloureux pour que vous ayez du la porter jusqu'ici, Exarque.

-Elle a accompli l'exercice d'endurance jusqu'au bout dans cet état, prenez le temps qu'il vous faudra pour la soigner.

-A vos ordres, Exarque.

Estis quitta l'infirmerie en saluant les anachorètes et Laevathein, qui lui rendit; l'anachorète, restée à ses cotés, lui retira lentement ses protections de cheville; et commença à appliquer ses mains sous les sabots, de la lumière émanant légèrement.

Laevathein sentit une douce chaleur s'insinuer dans ses sabots, et remonter lentement le long de ses jambes; la guérisseuse chantonnait une mélopée apaisante, la voix de la jeune femme, additionnée à la chaleur et la fatigue, fit que Laevathein ferma les yeux, se laissant aller à un demi-sommeil.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Dim 27 Oct - 14:46

Elle resta deux jours à l'infirmerie, le temps que ses sabots cicatrisent, ses chevilles dégonflèrent; finalement, elle put enfin quitter les lieux; elle constata avec joie que poser les sabots par terre ne lui causait aucune souffrance.

Ravie de pouvoir reprendre l'entraînement, et rassurée de ne pas être renvoyée, elle résista à l'envie de sauter de joie, mais de toutes façons, le poids de son armure l'en empêchait.

La fin de la semaine s'écoula sans incident notable; comme l'avait dit l'Exarque Estis, le Draeneï, nommé Oboro, était revenu dans le groupe et participait de nouveau aux exercices; bien que ceux-ci étaient toujours aussi longs, ils semblaient plus faciles, tous sentaient que l'habitude finissait par s'installer.

Cependant, si la situation pour Laevathein s'améliorait de jour en jour, même si cela demeurait extrêmement difficile; ce n'était pas le cas pour sa famille...

Depuis que la jeune femme était partie avec ses bagages, l'atmosphère était devenue lourde chez les Naalis, Irni refusait de revenir dans le lit conjugal, et dormait désormais dans la chambre d'Ashola; celle-ci souffrait terriblement de voir ses parents en froid.

Ce qui lui faisait le plus de mal, c'était de s'éveiller, certaines nuits, et d'entendre sa mère pleurer dans le noir, alors elle la prenait dans ses bras, tentant tant bien que mal de la consoler, mais en vain, sa mère pleurait jusqu'à ce que la fatigue le prenne et qu'elle se rendorme, le visage mouillé par les larmes.

Quand Ashola avait suggéré à sa mère de se réconcilier, enfin, suggéré, supplié plutôt; cette dernière avait refusé avec énergie, mais ses yeux parlaient pour elle; sa volonté lui disait de ne pas céder tant que Deern n'aurait pas reconnu ses torts, mais son coeur était déchiré et lui hurlait de retourner dans les bras de son homme.

Quand à Deern, allongé dans le lit conjugal, il passa la plupart des nuits éveillé, cherchant avec sa main la présence de son épouse, mais ne rencontrant aucun corps chaud, aucune peau douce, seulement le vide, et le drap.
Il savait qu'il avait été trop loin, il voyait sa femme, bien qu'elle chercha à l'éviter, il lui arrivait de se croiser le matin, elle détournait le regard, mais il pouvait voir qu'elle avait pleuré; seule la honte et la culpabilité l'empêchait de la serrer contre lui, de lui couvrir le front de baisers, de faire disparaître de ses yeux ce chagrin qu'elle ressentait.

Alors la nuit venue, il se mordait le poing pour ne pas s'invectiver lui-même, il avait caché le miroir, ne supportant plus de voir sa propre image.

Alors un matin, il prit une résolution, il sortit le coffre qu'il conservait sous le lit, et l'ouvrit, puis, après avoir attrapé ce qu'il cherchait, laissa le coffre sur place, il se prépara, et quitta l'appartement, sans un mot.

Au Sanctum, Laevathein se changeait, elle avait obtenu une permission, afin de passer quelques jours dans sa famille; au début, elle avait été réticente à cette idée, se demandant si elle n'allait pas plutôt rester dans son dortoir; mais sa mère et sa soeur lui manquaient énormément; alors elle n'hésita pas longtemps.

En sortant du Sanctum, elle croisa plusieurs de ses condisciples qui avaient rejoint leur famille; quand à elle, n'ayant pas prévenu de sa permission, elle n'avait personne qui l'attendait; alors elle se mit en route.


-Lae !

La jeune femme se retourna brusquement, derrière elle, se tenant à une distance respectable, se tenait son père; détournant la tête, elle questionna:

-Qu'est-ce que tu veux?

Deern s'approcha de sa fille, celle-ci ne le regardait toujours pas, mais il vit qu'elle avait changé:

-Tu as teint tes cheveux? Ca te va bien, c'est...
-Je rentre à la maison, je vais voir maman et Ashola, si tu n'as rien d'autre à me dire, j'y vais.

Laevathein repartit en direction de l'appartement, laissant son père seul, surpris par cette réaction, il décida d'en venir au fait.

-Si, je...Je suis venu pour m'excuser...

La jeune femme s'arrêta aussitôt, elle se retourna, et regarda son père dans les yeux, elle répondit simplement:

-Continue.
-Je sais que je me suis comporté comme le dernier des imbéciles, je...Quand Ashola nous a dit que tu voulais t'engager, j'ai été terrifié, je me suis imaginé...

Deern parlait, s'arrêtant seulement pour reprendre son souffle, Laevathein l'écoutait, son visage se radoucissait.

-Quand je t'ai vue sauter ce jour-là, j'ai cru mourir de chagrin...Lorsque tu étais allongée dans ce lit, alors qu'on ne savait pas si tu allais vivre...Ca a été le pire moment de ma vie, j'ai souffert comme jamais, même la panique que j'ai ressenti quand j'ai demandé ta mère en mariage n'était rien en comparaison.

Plongé dans ses propres souvenirs, Deern ne vit pas sa fille essuyer furtivement une larme qui lui coulait sur la joue.

-Quand tu t'es réveillée, enfin, j'étais si heureux, si soulagé, mais j'ai également réalisé autre chose: jusqu'à la fin de mes jours j'aurais la terreur de vous perdre, toi, Ashola, ta mère; bien sur, avant, j'étais inquiet, mais je surmontais cette inquiétude; aujourd'hui, je me sens impuissant, et ça m'épouvante; qu'est-ce qui se passera si jamais il vous arrive quelque chose?
Après tout ce que tu avais traversé, je pensais que tu ne voudrais plus jamais nous quitter, je m'étais préparé à t'épauler, jusqu'à ce que tu puisse vivre à nouveau seule; mais apprendre que tu voulais t'engager ! C'est...Ce sont les soldats qui étaient en première ligne, qui se sont battus, et qui sont morts, je...
J'ai imaginé de te perdre, je n'ai pas pu, c'est impossible, ta mère mourrait s'il arrivait malheur à ses filles, mais je ne suis pas différent; je n'aurais pas la force d'endurer pareille horreur, je le sais, j'en suis incapable.

Émue, Laevathein ne disait rien, elle s'apprêtait à ouvrir la bouche, quand son père sortit quelque chose d'une poche; étouffant un cri, elle pâlit en voyant l'objet: c'était le collier qu'elle avait offert à Maar'nar le jour de leur mariage !
Incapable de parler, les pensées se bousculaient en elle, une vague d'émotions la submergea tandis que son père reprit en s'approchant d'elle.


-J'ai récupéré le collier de Maar'nar; peu avant votre mariage, il m'a demandé de te le donner si jamais il lui arrivait quelque chose; il tenait à ce que tu l'aie; j'aurais du te le rendre plus tôt...

Il accrocha le collier autour du cou de la jeune femme et recula d'un pas; celle-ci, bouleversée, ne faisait pas le moindre geste; autour de son cou, les deux colliers étaient cote à cote.

Ne recevant aucune réponse, Deern poussa un léger soupir, il n'avait plus rien à dire; alors il repartit lentement en sens inverse, la tête baissée.

Laevathein regardait son père s'éloigner lentement; elle sentait son coeur battre la chamade, le contact du collier de Maar'nar lui brûlait la peau, mais pour rien au monde elle ne l'aurait enlevé, elle main sa main au creux de son cou, attrapant le pendentif et le levant à hauteur de ses yeux.

Les larmes surgirent avant même qu'elle n'en eut conscience, ce collier, c'était un peu de l'âme de son mari qui lui revenait, qui veillait sur elle.


-Papa ! Attends !

Deern s'arrêta et se retourna, et eut tout juste le temps de recevoir une masse de cheveux châtains contre sa poitrine; sa fille dans ses bras, Deern lui caressait doucement les cheveux; attendant qu'elle cesse de pleurer; enfin, Laevathein leva les yeux vers son père, transporté de joie, celui-ci lui murmura:

-Rentrons à la maison...

Laevathein hocha la tête, un sourire radieux aux lèvres, les larmes coulant encore sur ses joues.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Dim 3 Nov - 23:47

Ils arrivèrent à l'appartement quelques minutes plus tard; Laevathein avait eu le temps de se calmer, toujours serrée contre son père, elle ne disait pas un mot, elle craignait de refondre en larmes si jamais elle ouvrait la bouche; contre sa poitrine, le collier de Maar'nar, il lui procurait un sentiment de soulagement, mêlé de tristesse; c'est elle qui lui avait donné ce collier, symbole de leur union; maintenant, elle portait les deux...

Deern ouvrit lentement la porte, lui et sa fille entrèrent; l'endroit était vide, pourtant, l'heure n'était pas très avancée.

Laissant Laevathein entrer, il se dirigea vers la cuisine et commença à préparer à manger, étonnée de l'absence de sa soeur et de sa mère, la jeune femme demanda:


-Ou sont maman et Ashola?

Deern ne répondit pas, elle crut d'abord qu'l n'avait pas entendu, mais elle le vit clairement baisser la tête, l'air honteux; elle allait lui demander ce qui se passait quand il répondit:

-Ta mère aide Deeka à l'infirmerie, et ta soeur a repris sa formation de guérisseuse; elles ne devraient pas tarder, elles rentrent manger tous les midis...

Il quitta le plan de travail et alla farfouiller dans un placard pour trouver des ustensiles que Laevathein savait très bien ne pas y être; elle l'entendit murmurer:

-D'habitude, je fais en sorte de ne pas être là quand elles arrivent...

Il referma le placard et alla en ouvrir un autre, il tournait le dos à sa fille, mais ses mains tremblaient.

-Papa, il s'est passé quelque chose?

Il se retourna lentement, Laevathein fut frappée de voir qu'il paraissait au bord de l'effondrement, elle n'aurait jamais imaginé que son père pouvait tant souffrir, elle ressentit un pincement au coeur en voyant cela.

-Ta mère et moi...Nous nous sommes disputés, enfin, elle a parlé, et je n'ai pas voulu comprendre...
Elle ne veut plus me parler, ni me voir, elle dort dans la chambre d'Ashola; et je n'ose pas aller lui présenter mes excuses...

-Mais pourquoi? Pourquoi vous-êtes vous disputés?
-A cause de moi, à cause de ma réaction...Stupide, bornée, je ne sais quoi dire, à cause de mon attitude envers toi; elle ne l'a pas supporté...

A ce moment, des bruits de sabots résonnèrent dans le couloir extérieur, puis une voix riante dit:

-...Et il m'a dit que je faisais de gros progrès !

Ashola entra en première dans l'appartement, tournant le dos à l'intérieur, pour regarder sa mère qui la suivait, les traits tirés, elle se forçait à sourire, puis elle vit Deern, alors elle s'arrêta, le visage crispé; Ashola s'arrêta également, elle se retourna, et vit sa soeur assise dans un coin.

-Lae !

Celle-ci n'eut que le temps de se lever que sa soeur lui tombait dans les bras; la serrant contre elle de toutes ses forces, lui caressant les cheveux, et comme il fallait s'y attendre, elle se mit à pleurer.

-Lae ! Tu es revenue ! Tu m'as tellement manqué !
-Je suis là, shhh, allez, ne pleure plus, je suis là...

Laevathein essayait de calmer sa soeur qui refusait de la lâcher; par dessus l'épaule d'Ashola, elle vit ses parents se faire face; Irni, toujours à l'entrée, qui regardait Deern, tenant un ustensile de cuisine; la tension était à son comble; seule Ashola, toute à sa joie de voir sa soeur, ne remarquait rien; finalement, Irni ouvrit la bouche:

-Tu as été chercher ta fille.

Posant doucement le récipient qu'il tenait en main sur le comptoir de cuisine, Deern répondit, sur un ton contrit:

-Oui...

Puis, voyant que sa femme ne réagissait pas, il hocha la tête et reprit:

-Je vais vous laisser, je ne veux pas être de trop...

Il s'apprêta à partir, tournant le dos, il se dirigea vers sa chambre; de là ou elle était, Laevathein vit parfaitement les lèvres de sa mère trembler, la larme rouler sur sa joue, elle la vit courir et se jeter contre son mari en l'enserrant dans ses bras, et poser sa tête contre son épaule.

-Reste avec moi...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Ven 8 Nov - 23:58

-Oh, tu as teint tes cheveux !

Ashola avait attrapé une mèche de cheveux de sa soeur et la tenait devant ses yeux, elle souriait d'un air radieux; obnubilée à la présence de sa soeur adorée, elle n'avait même pas remarqué la scène qui s'était déroulée entre ses parents derrière elle.

Deern ne s'était pas retourné, mais avait pris la main de sa femme et l'avait portée à sa joue, puis il avait murmuré:


-Je suis un idiot...Pardon, pardon...

Irni n'avait pas répondu, son inflexibilité avait fondu comme neige au soleil lorsqu'elle avait vu sa fille aînée à la maison, et son mari lui demandait pardon, comment rester fâchée après ça? Et puis, son coeur lui réclamait à toute force de revenir à lui, elle ne souhaitait que cela, elle avait suffisamment souffert...

-Ce n'est pas à moi de te pardonner, si notre fille te pardonne, alors je te pardonne...

Elle leva la tête vers Laevathein, celle-ci hocha simplement la tête; Deern eut l'air soulagé en voyant sa fille acquiescer, Irni hocha également la tête; elle quitta Deern et s'approcha; Ashola se retourna enfin et eu l'air de réaliser ce qui se passait, elle s'écarta pour laisser passer sa mère.

Irni prit Laevathein dans ses bras et l'embrassa sur le front.

Elle n'eut pas besoin d'ouvrir la bouche, ses sentiments de mère passaient simplement par ce contact qu'elles avaient; la jeune femme eut du mal à retenir les larmes qui lui montaient aux yeux; sa mère était heureuse de la voir, c'était tout ce qui comptait.

Puis elle relâcha son étreinte et recula, elle revint vers Deern qui observait sans bouger, elle lui prit la main et tous deux disparurent dans leur chambre, sans dire un mot.

Une fois la porte fermée, Ashola se retourna vers sa soeur, toujours souriante, complètement excitée.


-Alors? Alors? Alors? Raconte moi ! Qu'est-ce qui s'est passé? Pourquoi tu ne m'a pas donné de nouvelles?

Assommée par l'avalanche de questions, mais néanmoins heureuse et apaisée, Laevathein alla s'asseoir et fit signe à sa soeur de faire de même; depuis qu'elle avait apprit de la bouche de Deeka à quel point sa petite soeur s'était sacrifiée pour elle; chaque qu'elle la voyait, Laevathein se demandait si sa soeur se rendait compte à quel point elle était formidable; elle s'estimait terriblement chanceuse d'avoir une petite soeur aussi aimante et généreuse; ainsi, elle hésita à lui parler de sa blessure aux sabots, certaine qu'Ashola s'inquiéterait, et effectivement, elle s'inquiéta:

-Quoi? Tu t'es blessée aux sabots? Montre moi !
-Calme toi, c'est déjà guéri, je n'ai plus mal, vraiment !

Elle avait ajouté cela en voyant l'air suspicieux de sa soeur: celle-ci croyait que Lae lui mentait pour ne pas l'inquiéter, finalement elle se détendit; entendre le récit de ce que sa soeur faisait dans la Main d'Argus la rassurait.

Dans la chambre de leurs parents, Irni et Deern se murmuraient des mots d'amours à l'oreille, des excuses, des promesses; ils étaient nus, dans les bras l'un de l'autre, finalement, ils firent l'amour, tandis que dans le salon, Ashola apprenait à sa soeur que Saala était passée la voir quelques jours plus tôt.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Jeu 14 Nov - 0:30

-Mais qu'est-ce qu'elle voulait?

Les bras croisés, assise en face d'Ashola, Laevathein interrogeait cette dernière, curieuse de savoir pourquoi Saala était venue.

-Elle voulait savoir comment ça s'était passé, tiens ! Elle n'a eu aucune nouvelle de toi pendant toute la semaine.
-Elle a dit si elle reviendrait?
-Oui, elle a dit qu'elle reviendrait demain, sinon, elle m'a demandé de te dire qu'elle serait en poste jusqu'à ce soir, si tu veux l'attendre.

Laevathein se leva; elle avait envie d'aller discuter avec Saala, des appréhensions qu'elle avait eue cette première semaine; elle avait également hâte de lui dire qu'elle se sentait vraiment à la hauteur pour réussir, et pour la remercier de ses précieux conseils.

Mais pour le moment, tout ce qu'elle voulait, c'était aller se coucher, elle était épuisée, les émotions des retrouvailles, conjuguées à la fatigue accumulée de la semaine lui tombaient dessus tout d'un coup.


-Je vais aller dormir un peu, je suis épuisée...
-Hi hi, tes yeux se ferment tous seuls, tu veux que je t'aide?
-Non non, ça ira...

Baillant la bouche grande ouverte, elle passa dans sa chambre ou elle s'endormit sur son lit toute habillée; en souriant, Ashola referma doucement la porte et retourna dans le salon; la chambre de ses parents était silencieuse; mais elle se doutait de ce qu'ils y faisaient.

Finalement, comme elle s'ennuyait seule, elle décida d'aller se promener aux serres, elle en profiterait pour réviser ce livre de prières qu'elle avait obtenu durant la semaine; ou alors elle se contenterait de regarder les gens passer, profitant de la douce brise artificielle soulevée par les machineries...


Pendant ce temps, dans une pièce tapissée de cristaux violets luisants; un groupe d'individus, vêtus de rouge, oreilles pointues, était réuni; l'un d'eux tenait un sorte de dispositif dans les mains; les autres, le regardant d'un air grave, demeuraient silencieux.
Celui qui semblait être le chef posa l'engin par terre, puis prit la parole:


-Ces répugnants sang bleu s'imaginent qu'ils sont à l'abri dans leur vaisseau; les instructions du maître ont été claires: massacrez-les tous, jusqu'au dernier, mais récupérez l'Exodar !

Un des individus, une femme, les yeux luisant d'une lueur verte mauvaise, prit la parole à son tour:

-Quand pourront nous enfin sortir d'ici? Nous sommes enfermés depuis une éternité, et leur nourriture est infecte ! Et puis, ils vont finir par remarquer quelque chose avec leurs réserves !

-Silence, Sholena; nous resterons ici aussi longtemps qu'il le faudra; mais de toutes façons, ce ne sera plus très long, encore quelques semaines, et ce magnifique engin fera son oeuvre...

Par terre, le dispositif luisait par intermittence, une faible lueur bleuâtre passait par une sorte de verre transparent; les individus se réunirent autour, ils levèrent alors un main, et dirent tous ensemble:

-Pour le Prince !

Laevathein s'éveilla en début de soirée; complètement courbaturée, Ashola n'était pas revenue de sa promenade, et ses parents étaient installés dans la salle, Irni était pelotonnée dans les bras de son mari; tous deux riaient comme des adolescents et s'embrassaient sans arrêt.

Encore fatiguée, la jeune femme décida qu'elle attendrait la visite de Saala; de plus, si elle n'était pas de service, cela lui permettrait de discuter plus longuement avec elle; elle sentait qu'elle et la jeune garde du corps pourraient devenir très amies.


Dans les serres, Ashola avait passé une excellente après-midi; ravie d'être ici, après avoir tant négligé de s'occuper d'elle; elle avait laissé son livre de coté pour observer les oiseaux gazouiller, et elle essayait de les imiter, en riant lorsqu'ils se tournaient vers elle en gazouillant encore plus fort.
Fatiguée de sa journée d'amusement, le bleu au joues, la jeune femme rentra également, plus heureuse qu'elle ne l'avait été depuis de nombreux mois; sa soeur était de nouveau parmi eux; et surtout, elle semblait aller beaucoup mieux.

Elle pensa à Maar'nar; il lui arrivait de dire une prière pour lui le soir; bien que l'amour qu'il ait porté à Lae ait toujours été sans faille, il prenait soin d'Ashola comme si elle était de son propre sang; il était comme un frère pour elle.
Si seulement il avait vécu...Lae et lui auraient été tellement heureux; ils étaient heureux, simplement en étant ensemble...
Elle se demanda si un jour, elle rencontrerait une personne qui puisse la combler autant que sa soeur avait été comblée...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Lun 18 Nov - 1:23

Saala arriva le lendemain, comme prévu; Laevathein, requinquée après une bonne nuit de sommeil, la reçu avec joie.

La jeune femme s'enquit immédiatement des progrès de Laevathein, qui fut heureuse de lui apprendre qu'elle avait supporté non sans mal la première semaine; elle lui révéla sa blessure aux sabots, en lui faisant promettre de ne rien en dire à Ashola.


-Je la connais, elle va s'inquiéter si je lui dis.
-C'est votre soeur, c'est normal qu'elle s'inquiète pour vous.
-Je le sais bien, mais parfois, elle se tourmente trop, je n'ai pas envie de lui donner plus de raisons d'être inquiète, et puis, ce n'est rien, vraiment.
-J'aimerais avoir une soeur qui m'aime autant, vous avez de la chance.
-Oh oui, je ne le sais que trop bien...

Les deux femmes partirent se promener; Ashola, elle, étudiait dans sa chambre et ne voulu par venir, malgré les encouragements de sa grande soeur et de Saala; en sortant, elles virent Ashola qui faisait jaillir de la lumière de ses mains.

-Votre soeur veut devenir anachorète?
-Non, elle...Saala, et si nous arrêtions avec les "vous"? Tutoyons-nous, d'accord?
-Euh, et bien, d'accord.

La jeune femme paraissait désarçonnée, ce qui fit rire Laevathein, elle reprit:

-Tu devrais voir ta tête; on dirait que je t'ai proposé de manger un talbuk entier ! Hi hi !

Saala, un instant surprise, éclata de rire à son tour; finalement, elle reprit:

-Donc, je disais, ta soeur veut devenir anachorète?
-Hi hi, non, elle a toujours voulu devenir une redresseuse de torts; elle a toujours été comme ça, toujours à vouloir aider, à vouloir prendre soin des autres, et surtout de moi.
-Je ne la connais pas bien, mais elle a l'air vraiment gentille...
-Elle est formidable ! Je l'adore, et je ne sais pas ce que je ferais si j'étais séparée d'elle !
-J'aimerais avoir une soeur comme elle...
-Tu as Deeka, non?
-Oui, mais ce n'est pas pareil, Deeka, c'est mon homme, je...
-Tu ne l'aimes pas?

Elles étaient arrivées à la serre, et comme la dernière fois ou elles s'étaient rencontrées; elles s'installèrent au bord du lagon artificiel, elles étaient à l'écart du passage, aussi ne furent elles pas dérangées.
Saala laissa un instant de silence avant de répondre, regardant en face d'elle, tandis que Laevathein était tournée vers elle.


-Si...Si, je l'aime, je n'ai jamais ressenti ça avant, c'est magnifique, mais simplement...
-Simplement? Qu'est-ce qu'il y a?
-Mon père me manque; j'aurais aimé grandir avec une soeur, ou un frère, pour jouer ensemble, pour veiller l'un sur l'autre; mais j'étais seule avec mon père; et il est resté sur Draenor, il me manque...

Sans rien répondre, Laevathein prit la jeune femme dans ses bras; celle-ci y resta un moment, en silence; cette absence était un manque terrible pour elle, et malgré le bonheur qu'elle éprouvait avec Deeka, elle était sur le point de s'effondrer.

-Saala, est-ce que Deeka est au courant?
-Je lui en ait parlé, lors de notre premier rendez-vous...
-Et après?
-Non...

Toujours en la tenant dans ses bras, Laevathein força Saala à la regarder:

-Tu devrais lui en reparler.
-Mais, je ne veux pas l'ennuyer...
-Tu es sa femme non? Il t'écoutera, et tu crois que de te voir triste va le rendre heureux? Et si moi je peux remarquer que ça ne va pas bien, alors lui a du déjà s'en rendre compte...
-Tu as raison, je devrais...Mais...
-Pas de mais ! Tu dois lui en parler, tu en as besoin, c'est tout !

Saala se redressa et regarda Laevathein, puis elle posa une question:

-Et toi? Tu leur en parle? Parfois?

Les deux colliers que portait Laevathein étaient immobiles, le médaillon au creux de ses seins; la jeune femme détourna le regard et ne répondit pas, ses lèvres se mirent à trembler légèrement.

-Lae? Ca va?
-Je ne veux pas en parler, pas maintenant...
-Je suis désolée, je n'aurais pas du, pardon...
-Tu n'as pas à t'excuser, c'est moi...Je ne suis pas encore prête...

Saala remarqua que la jeune femme triturait nerveusement la chaîne du collier; elle tendit le doigt et demanda:

-C'est lui qui te les a offert?

Sans cesser ses mouvements, et regardant sur le coté, Laevathein répondit:

-Seulement un...Quand nous nous sommes mariés, Maar'nar m'a offert un collier, et je lui en ait offert un autre; ils étaient censés représenter l'union de nos âmes; ça, et un anneau...

Saala regarda la main gauche de Laevathein, celle avec laquelle elle tirait sur son collier; elle portait deux bagues, à l'annulaire, ceux-ci étaient simples, de simples anneaux en argent, portant une minuscule pierre précieuse; continuant à détailler les anneaux, elle reprit:

-Et, ça a marché?
-Quoi donc?
-L'union de vos âmes, ça a marché?

Laevathein retourna la tête vers elle et lui sourit, un sourire à la fois heureux et triste, le coeur n'y était pas.

-Nous n'avons jamais eu besoin de ça pour que nos âmes soient unies, nous nous sommes toujours aimés, mais aujourd'hui, ils me sont aussi indispensables que respirer...
-Il vous manque, n'est-ce pas?

Saala n'avait pas besoin d'une confirmation, la réponse était visible sur le visage de Laevathein: ses yeux parlaient pour elle, ils regardaient dans le vague, éclairés d'une lueur triste; une larme sembla perler au coin de la paupière; néanmoins, elle répondit:

-De plus en plus chaque jour...Ca fait mal, ici...

Elle posa la main sur sa poitrine et hocha la tête; cette fois, ce fut au tour de Saala de l'étreindre; ce que Laevathein accepta sans réagir, puis finit par poser sa tête sur l'épaule de Saala.
Finalement, sans bouger, elle murmura:


-Parle lui de ton père, s'il t'aime, il t'écoutera.

Les deux femmes demeurèrent un long moment silencieuses; se consolant l'une et l'autre; enfin, le soir tomba; elles quittèrent l'endroit lentement; Saala rentra chez elle pour parler avec Deeka, comme Laevathein le lui avait conseillé.
Quand à cette dernière, elle reprit le chemin de la maison; curieusement, parler de Maar'nar avec Saala ne l'avait pas rendue aussi triste qu'elle l'aurait pensé; bien sur, la blessure était trop récente, elle ne disparaîtrait jamais; mais avec le temps, elle serait capable d'en parler; pourtant, cette discussion avec Saala l'avait quelque peu apaisée, peut être parce qu'elle était encore jeune en amour, et qu'a sa façon naïve et sincère, elle lui rappelait elle-même au même âge...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Lun 25 Nov - 10:28

Le temps était venu de retourner au Sanctum; Laevathein quitta sa famille, non sans mal: Ashola, au bord des larmes, ne voulait pas la laisser partir.

-Ashola, je reviens la semaine prochaine, tu n'as pas besoin d'être triste.
-Je sais, mais tu vas me manquer !
-Moi aussi tu vas me manquer, mais je dois y aller; allez, ne pleure pas, tu me fais avoir les larmes aux yeux aussi...

Finalement, Ashola lâcha le bras de sa grande soeur, et alla se réfugier dans les bras de sa mère; on aurait cru, en les voyant, que Laevathein partait pour plusieurs mois au lieu d'une semaine ou deux; Deern s'avança, et sans un mot, prit sa fille aînée dans ses bras, puis ce fut au tour de sa mère; Irni l'embrassa sur le front et lui recommanda de prendre soin d'elle.

-Je vous aime, je penserais à vous tous les jours.

La jeune femme quitta les appartements et se mit en route vers le Sanctum; elle était attendue aux environs du midi, et elle était en avance.
A l'intérieur de l'appartement, Ashola se rendit dans sa chambre en silence; laissant la porte ouverte; elle commença à lire, la tête baissée, une moue triste sur son visage.
Deern embrassa sa femme puis alla faire de même avec sa fille, il était requis à l'entrepôt pour faire un inventaire des réserves de nourriture; Irni quand à elle, resta quelques minutes de plus à observer sa fille cadette, qui ne levait toujours pas la tête; enfin, elle se décida à partir à son tour pour  l'infirmerie.

Demeurée seule dans l'appartement, Ashola se mit à réciter à voix haute des incantations, tandis que de la lumière émanait de ses mains et de son visage; cette sensation était agréable, chaude, douce; elle lui mettait du baume au coeur.
Depuis l'exil de Draenor, la jeune femme avait mis entre parenthèse ses projets de devenir une guérisseuse, désormais, maintenant que Lae était guérie, il lui fallait rattraper le retard qu'elle avait pris, fort heureusement, ayant toujours manifesté un don certain pour les arts de la Lumière, don hérité sans aucun doute de sa mère, ce retard était sur le point d'être comblé.
Cette sensation qu'elle vivait, c'était la Lumière incarnée, c'était sa propre bonté, son propre dévouement qui la faisait exister, mais ce don avait encore besoin d'être cultivé, elle ne parvenait encore qu'a soigner de petits animaux, cependant, elle progressait, car au début, même cela lui causait de la fatigue.
Le Redresseur de torts qui la formait lui avait expliqué qu'il fallait ressentir profondément la Lumière en son coeur, pour être capable de l'apporter à autrui, qu'il fallait communier avec l'âme de la personne ou de l'animal que l'on voulait guérir, qu'il fallait accepter de porter une part de la douleur d'autrui, afin de l'en délivrer.
Cela s'était traduit les premières fois par une fatigue après chacune des séances; mais maintenant, elle y parvenait sans efforts.

Trois semaines passèrent ainsi, sans événement notable; jusqu'au jour ou Laevathein fut convoquée par l'Exarque Estis; la jeune femme, en armure, pénétra dans le bureau occupé par son supérieur.


-Bonjour Laevathein, asseyez-vous.

La jeune femme s'exécuta, elle se doutait de la raison de sa présence: quelques jours plus tôt, certains de ses condisciples avaient été convoqués de la même manière, il s'agissait de leur annoncer leur réussite ou leur échec aux épreuves; la moitié des candidats avaient été renvoyés chez eux, pourtant, Laevathein avait supposé qu'ils auraient réussi haut la main.

-J'imagine que vous vous doutez des raisons de votre présence ici?
-Oui, Exarque, vous me renvoyez chez moi.
-Bien, alors vous savez pourquoi vous êtes ici; je ne vais pas vous faire languir plus longtemps: vous avez passé avec succès les épreuves, bienvenue parmi nous !
-Je vais m'en aller...Comment?!
-Vous êtes officiellement membre de la Main d'Argus, bravo à vous ! Enfin, pas encore tout à fait officiellement, mais ça ne saurait tarder.

Estis se mit alors à l'applaudir; abasourdie, Laevathein n'arrivait pas à en croire des oreilles, elle avait réussi ! Elle qui était persuadée d'avoir échoué, elle qui avait flanché durant certaines épreuves, alors que d'autres avaient tout réussi haut la main !

-Mais, pourquoi? Je veux dire, puis-je connaître les raisons de votre décision, Exarque? D'autres candidats étaient bien plus doués que moi, et ils ont été refusés, et moi non, je ne comprends pas.
-Parce que, comme je vous l'ai expliqué lorsque vous êtes blessée aux sabots, vous avez la volonté; je sais bien que vous avez échoué à certaines épreuves, mais vous n'avez cessé de vouloir vous améliorer, vous avez fait des efforts, vous avez travaillé; je vous ait observé vous savez, je sais que vous ferez tout ce qui est entre votre pouvoir pour protéger votre famille et votre peuple.
-Ma famille est ce qu'il y a de plus important pour moi, je ne peux imaginer qu'il puisse leur arriver quoi que ce soit.
-C'est précisément ce qui vous a permis de faire la différence ! A aucun moment vous n'avez songé à vous-même ! Vous n'êtes pas ici parce que ça vous amuse, vous ne cherchez pas la gloire ici, vous êtes venue, parce que nous pouvons vous apprendre à vous battre, et parce que vous refusez qu'il arrive d'autres malheurs à ceux qui vous entourent.
Je vais vous poser une question, Laevathein: êtes vous prête à mourir pour protéger votre famille?

La jeune femme se leva d'un bond, le regard flamboyant, et répondit avec fougue:

-Oui ! Sans hésiter ! Et mille fois s'il le faut !
-Je le savais; vous n'avez aucun désir égoïste en vous; vous ne cherchez pas la gloire, ni à devenir une héroïne, c'est précisément pour ça que vous faites désormais partie des nôtres.
Levez-vous, nous allons voir l'Exarque Matos.
-L'Exarque Matos, pourquoi cela?
-C'est lui qui dirige le Sanctum, et c'est lui qui vous intronisera officiellement.

Les deux Draeneï se frayèrent un chemin au milieu des couloirs, jusqu'à parvenir à une salle comportant une estrade en son centre; l'Exarque Matos s'y trouvait déjà.
Laevathein remarqua que ce dernier semblait avoir les traits encore plus fatigués que la dernière fois qu'elle l'avait vu, croisé dans un couloir tandis qu'elle se rendait au réfectoire; l'état de santé de sa femme devait vraiment le préoccuper.

Estis laissa la jeune femme sur place, lui demandant d'attendre; tandis qu'il allait voir son père; Matos sursauta lorsque son fils lui adressa la parole, ils échangèrent quelques mots, puis Estis fit signe à Laevathein d'approcher.


-Aarnéa, l'Exarque Matos va maintenant procéder à votre intronisation, montrez-vous digne !
-A vos ordres, monsieur !

Estis recula, laissant la jeune femme au pied de l'estrade, tandis que Matos la regardait sans vraiment la voir; quand il ouvrit la bouche, ce fut pour parler d'une voix rauque et usée:

-Soldat Aarnéa, vous avez accompli avec succès les tests destinés à déterminer si vous aviez le potentiel de faire partie de la Main d'Argus; désormais, vous allez prononcer le serment des protecteurs du peuple Draeneï, êtes-vous prête?
-Oui, Exarque, je suis prête.
-Bien, vous allez répéter après moi: "Moi, Laevathein Aarnéa, je jure de tout faire pour protéger mon peuple, de protéger ma famille, de protéger le Prophète !"
-Moi, Laevathein Aarnéa, je jure de tout faire pour protéger mon peuple, de protéger ma famille, de protéger le Prophète !
-"Je jure de toujours me montrer digne et respectable, envers ceux qui ont confiance en moi, et envers mes ennemis, je jure de toujours me montrer miséricordieux envers les défavorisés et généreux envers les infortunés".
-Je jure de toujours me montrer digne et respectable, envers ceux qui ont confiance en moi, et envers mes ennemis, je jure de toujours me montrer miséricordieux envers les défavorisés et généreux envers les infortunés
-"Je jure de ne jamais céder à la colère, à la haine et aux ténèbres; je jure de toujours servir la Lumière, je suis prêt à combattre et à mourir pour préserver la vie".
-Je jure de ne jamais céder à la colère, à la haine et aux ténèbres; je jure de toujours servir la Lumière, je suis prêt à combattre et à mourir pour préserver la vie.
-Très bien, soldat Aarnéa, je vous déclare dès à présent soldat de la Main d'Argus; par conséquent, vous recevrez dès aujourd'hui votre chambre individuelle, ainsi que votre armure; l'Exarque Estis vous donnera vos ordres de mission dès aujourd'hui.
Félicitations, jeune fille, vous pouvez être fière de vous.

Matos lui fit un salut, et, ce qui surprit Laevathein, lui esquissa le premier sourire qu'elle lui voyait; encore étonnée, elle rendit le salut; puis se tourna vers Estis, qui applaudissait chaleureusement.

-Félicitations ! Vous devez être pressée d'annoncer la nouvelle à votre famille.
-Je mentirais si je disais que non, monsieur.
-Allez-y, je vous accorde la journée, vous reviendrez demain, afin que je vous confie vos ordres.
-C'est vrai?! Je veux dire, merci monsieur, je serais à l'heure !

La jeune femme quitta la pièce sans se retourner, tandis que Matos descendait de l'estrade et s'entretenait avec son fils; elle luttait pour refouler ses larmes de joie: elle avait réussi ! Elle était désormais capable de protéger ceux qu'elle aimait !
Les colliers qu'elle portait en permanence lui procuraient une douce chaleur au creux de la poitrine, elle eut l'impression que Maar'nar se réjouissait pour elle.


-Je le fais pour toi, mon amour...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 26 Nov - 8:58

Les Naalis firent la fête ce soir-là, Deeka et Saala avaient été invités, ainsi que quelques collègues du père de Laevathein.

La fête battait son plein, jusqu'au moment ou Saala ressentit un étourdissement et fit un malaise.
Très inquiet, Deeka porta sa bien-aimée jusqu'à la chambre d'Ashola et la déposa dans son lit; la jeune femme et le prêtre se tenaient aux cotés de la jeune soldate qui reprenait des couleurs; elle tourna son visage vers Deeka.


-Je suis désolée mon amour, je ne sais pas ce qui m'est arrivé...J'ai gâché la fête...
-Ne dis pas ça, tu n'as rien gâché du tout, repose toi, nous rentrerons dès que ça ira mieux.

La jeune femme acquiesça et tendit la main vers le visage de Deeka, qui attrapa la main et la baisa tendrement; Ashola souriait à cette vue, lorsque Laevathein lui posa la main sur l'épaule, la faisant se retourner.

-Viens, laissons-les.

Elle adressa un sourire à Saala qui le lui rendit; et Ashola et elle quittèrent la pièce, laissant le couple seul.

En revenant dans le salon, Irni interrogea:


-Est-ce que ça va?
-Oui, je crois qu'elle est simplement fatiguée, Deeka est avec elle, ça devrait aller.
-Bon, je crois que ce n'est pas le moment de leur apporter un peu de gâteau; vous en voulez les filles?
-Oui !

Répondant en choeur, Laevathein et sa soeur se précipitèrent sur le délicieux gâteau confectionné par leur mère; un peu plus loin dans la pièce, Deern discutait avec ses amis et collègues, il adressa un signe de main à sa fille aînée lorsqu'elle passa, un énorme morceau de gâteau dans la bouche.

Une dizaine de minutes plus tard, Deeka, aidant Saala à marcher, sortit de la chambre; le couple adressa ses adieux et quitta l'appartement; Laevathein remarqua que la jeune femme était très pâle, elle n'avait pas l'air bien;ne voulant inquiéter personne, elle ne dit rien et se contenta de saluer le couple de loin.


Aussitôt entrés dans leur appartement, Saala lâcha les épaules de Deeka et couru vomir dans un seau; à genoux, elle haletait, le visage défait.
Deeka était accouru à sa suite, très inquiet, il posa la main sur l'épaule de sa compagne.


-Ma chérie, qu'est ce que tu as?
-Laisse-moi ! Je ne veux pas que tu me voie dans cet état !
-Mais...
-Laisse moi, je t'en prie !
-Très bien...

Dépité, Deeka se rendit dans leur chambre et se mit à faire les cent pas, se tordant nerveusement les mains; à travers le mur, il entendait Saala vomir, encore et encore, il l'entendait haleter, il crut également entendre quelques sanglots; il serra les poings et du lutter de toutes ses forces pour ne pas foncer la secourir.
Finalement, au bout d'un interminable délai, il entendit faiblement une voix qui l'appelait.


-Deeka, Deeka...

N'hésitant pas un instant, il surgit de la chambre; Saala, encore pâle, en sueur, était assise contre le mur, elle tenait dans une main un torchon dont elle s'était servie pour essuyer sa bouche.

-Mon amour ! Ca va? Qu'est-ce que t'arrive, dis-moi !

Elle leva les yeux vers lui et tenta faiblement de sourire, la fatigue marquait son visage et Deeka fut frappé de voir à quel point elle paraissait épuisée; il se mit à genoux devant elle, le visage à la même hauteur qu'elle.

-Dis-moi, Répéta-il d'une voix douce, essayant de masquer son inquiétude.

-Je crois...Que j'ai trop mangé ce soir...

Deeka se redressa, l'air surpris et désappointé; il aida Saala à se lever, puis la prit dans ses bras; en la portant vers la chambre, il la regarda d'un air indéfinissable.

-Oh...Dans ce cas, tu devrais aller te reposer, ça te fera du bien.

La jeune femme acquiesça en silence; Deeka la déposa sur le lit et la borda; ensuite, il lui posa un baiser sur front; quelques minutes plus tard, elle dormait à poings fermés.
Préoccupé, Deeka retourna dans le salon pour nettoyer le seau, s'il était agité de réflexions, cela ne transparaissait pas sur son visage; une fois la pièce nettoyée, il alla se coucher à son tour.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 26 Nov - 10:14

Le lendemain; le réveil fut difficile pour Laevathein, elle s'était couchée tard; et était attendue au Sanctum pour recevoir ses ordres.
S'habillant rapidement, l'esprit encore embrumé de sommeil, elle quitta l'appartement, sa famille étant encore endormie.

En arrivant au Sanctum, elle trouva l'Exarque Estis qui l'attendait, accompagné de Nirisi, qui lui adressa un signe de main en souriant; en approchant, Estis la salua, salut que la jeune femme rendit, avant de se mettre au garde-à-vous.


-Parfait, Aarnéa, vous êtes à l'heure, vous connaissez déjà Nirisi, elle va vous donner votre armure, et vous irez choisir l'arme qui vous convient le mieux; vous reviendrez ensuite me voir dans mon bureau, pour que je vous donne votre affectation.
-A vos ordres !

Nirisi s'avança, elle ne boitait plus, et fit signe à Laevathein de la suivre.

-Venez, nous allons vous donner votre armure, contrairement à celle que vous avez portée jusqu'ici; celle-ci a été forgée sur mesure pour vous.
-Oh, c'est fantastique !
-Contente que vous soyez heureuse; vous allez l'essayer et me dire si elle vous convient.

Elles arrivèrent à la forge; comme lors de la première visite, Laevathein fut accueuillie par une vague de chaleur, elle suivi l'armurière vers un recoin qu'elle n'avait pas vu la première fois; sur un établi étaient déposés différentes pièces d'armure; contrairement à l'armure de fer qu'elle avait porté, celle-ci était richement travaillée, étincelante, l'acier brillait à la lueur du feu de la forge.

-Elle est magnifique ! S'exclama Laevathein; Nirisi sourit, et lui dit:
-Allez-y, mettez la, vous savez comment on fait maintenant.

Hochant la tête en souriant, Laevathein commença à enfiler les différentes pièces; en quelques minutes, elle avait entièrement revêtu sa nouvelle armure; celle-ci épousait parfaitement les moindre courbes de son corps; sa poitrine était moulée par une double plaque de protection, sa queue était à moitié recouverte d'une plaque souple, enfin, elle sentit la présence d'une couche de fourrure à l'intérieur de l'armure, douce et tenant chaud; sur l'ancienne armure, les plaques de torse bougeaient parfois, et frottaient désagréablement contre son ventre et son dos, ici, elle était solidement fixée, et ne bougeait pas d'un pouce.
Elle se tourna vers Nirisi, un grand sourire s'étalant sur ses lèvres.


-Elle est parfaite !
-Merci, je suis assez fière de cette pièce.
-C'est vous qui l'avez forgée?
-En partie, c'est moi qui me suis occupée de votre cuirasse, le reste a été fabriqué par mes hommes. Bien, maintenant, vous allez choisir votre arme, venez.

Elles firent quelques pas, et arrivèrent devant un râtelier sur lequel étaient rangées une trentaine d'armes diverses.

-Servez-vous, prenez celle qui vous semble la plus appropriée.

Des épées, des masses, étaient rangées par ordre de taille; à gauche, de lourdes épées, des masses au bout desquelles étaient sculptés de massifs cristaux violets, sur un manche finement orné; à droite, des armes plus petites, conçues pour être maniées à une main.
La jeune femme avisa une épée à la lame courte, une vingtaine de centimètres; le manche orné d'inscriptions sur le courage et le dévouement; la lame était faite de cristal violet également; Laevathein tendit la main et s'empara de l'arme.
Elle la leva, et fit quelques gestes avec, l'arme était assez légère, bien équilibrée, elle était facile à manier, parfaite pour elle.

Elle montra l'arme à Nirisi, et lui déclara:


-Je prends ça !
-Parfait, vous aurez besoin d'un bouclier, tenez, regardez derrière vous.

Sur un un établi derrière elle, Laevathein constata la présence de plusieurs boucliers, de différentes tailles, l'un d'eux, orné de symboles sacrés, attira immédiatement son attention.

-Puis-je prendre celui-ci?
-Oh, je suis désolé, ce bouclier appartient à un Redresseur de torts, il m'a l'a amené hier pour que je le répare, regardez, la poignée est cassée.
-Oh...Dommage.

Renonçant à ce magnifique bouclier, elle avisa un petit bouclier rond, légèrement doré; s'en emparant, elle le fixa à son bras, et le leva, le bouclier était léger, mais était très petit, trop peut être, elle n'imaginait pas pouvoir se protéger avec ça; le reposant, elle prit une autre pièce, plus grosse; en le levant devant elle, elle constata qu'il convenait bien plus.

-C'est parfait, je vais prendre celui-ci.
-Bien, j'espère que vous avez bien estimé le poids de votre équipement, si vous fatiguez à cause de tout cela, vous risquez de ne plus pouvoir vous battre, ni même vous défendre.
-Ca ira, je vous remercie; y a t'il autre chose?
-Non, je vous libère maintenant, vous pouvez vous rendre auprès de l'Exarque pour recevoir vos ordres; au revoir, et bonne chance Laevathein.
-Merci, madame.
-Nirisi, pas de madame, je vous l'ai déjà dit.
-D'accord, Nirisi, au revoir.

Laevathein, qui se sentait pousser des ailes, se dirigea vers le bureau d'Estis; elle ne sentait pratiquement pas le poids de son armure, manifestement, elle avait été conçue sur mesure, mais également était travaillée avec plus de finitions; quand à son arme et son bouclier, ceux-ci étaient très légers, mais néanmoins semblaient très solides.

Elle parvint au bureau de l'Exarque et entra.
Estis l'attendait, il lui fit signe de s'asseoir.


-Bien, Aarnéa, je vois que vous avez reçu votre nouvel équipement, parfait. Si cela ne vous fait rien, je vais tout de suite vous donner vos ordres: vous allez patrouiller dans l'Exodar, dans le quartier commerçant; votre mission est de vous assurer que tout se passe bien, si des troubles interviennent, faites votre devoir et calmez-les.
-A vos ordres, Exarque.
-Aarnéa, il s'agit de votre première mission, entre-nous, il ne se passe pratiquement rien sur ce vaisseau depuis que nous sommes partis, notre rôle est surtout de montrer à nos semblables que nous sommes présents, et prêts à les protéger, vous comprenez?
-Oui, monsieur, je comprends.
-Parfait, vous pouvez disposer, bonne chance.

Saluant, Laevathein quitta le bureau puis le Sanctum; et se dirigea vers le quartier commerçant.

En arrivant, elle entendit son nom; se retournant, elle vit Saala, apparemment affolée, se précipiter vers elle.


-Saala, que t'arrive t'il? Et est-ce que ça va? Hier tu n'avais pas l'air bien.
-Lae, il faut que je te parle !
-Je dois prendre mon poste, est-ce qu'on peut en parler plus...
-C'est urgent, je t'en prie !
-D'accord...

Laevathein suivit la jeune femme qui alla s'asseoir sur un banc dans un recoin; Laevathein s'assit à coté d'elle, l'observant avec inquiétude.

-Que se passe il? Est-ce que Deeka...
-Deeka va bien, non, c'est moi...
-Que...Que t'arrive t'il?
-Je crois que je suis enceinte...
-Oh ! C'est vrai?!

Détournant la tête, Saala hocha la tête de haut en bas, ses lèvres tremblaient, Laevathein lui posa une main sur l'épaule.

-Saala, qu'est ce que qu'il y a? Tu ne me dis pas tout...

La tête baissée, la jeune femme secoua la tête nerveusement.

-Hier, j'ai vomi en rentrant, j'ai dis à Deeka que j'avais trop mangé, je lui ait menti...

Sentant qu'elle ne devait pas l'interrompre, Laevathein laissa la jeune femme parler.

-Je sais qu'il ne m'a pas cru, il a essayé de le cacher, mais j'ai bien vu qu'il sait que je lui ait menti...
-Si tu es sûre d'être enceinte, pourquoi tu ne lui as pas dit? Il aurait du être content.

Un moment de silence s'écoula, silence finalement rompu par Saala.

-J'ai peur...

Surprise, Laevathein porta la main à son coeur, puis, se ressaisissant, elle questionna:

-Mais de quoi? Qu'est ce qui te fait peur?

Levant un visage sur lequel coulaient des larmes silencieuses, Saala regarda Laevathein d'un air suppliant.

-J'ai peur d'avoir un enfant, je ne saurais pas comment faire...Je n'ai pas eu de mère, comment pourrais-je en devenir une? Je ne sais pas quoi faire, je suis perdue...

-Saala, veux-tu de cet enfant?

Sursautant, Saala posa instinctivement la main sur son ventre; Laevathein esquissa un sourire, elle reprit d'une voix douce:

-Ne te tourmente pas; tu as un homme formidable, qui prendra soin de toi et de votre bébé, tu ne seras pas toute seule dans cette épreuve...

Silencieuse, Saala hocha la tête; Laevathein avait raison, elle n'était pas seule, et, se dit-elle en baissant la tête vers son ventre, elle ne serait plus jamais seule...

-Ca fait combien de temps que tu penses être enceinte?
-Je ne sais pas, un mois et demi, je pense, enfin, je ne sais pas...
-Tout va bien, tu as encore quatorze à quinze mois pour te préparer...
-Tu crois que je m'en sortirais?
-Je pense que tu seras une très bonne mère. Maintenant, tu dois décider de ce que tu vas faire.
-Je...Je dois le dire à Deeka.
-Ne lui dis pas que tu m'en as parlé, il voudra sûrement être le premier à être au courant.
-Merci Lae, je vais lui annoncer la nouvelle !

Saala posa un bisou sur la joue de Lae, puis reparti vers ses appartements; Laevathein, un instant désorientée, finit par se diriger vers le quartier commerçant.
Elle songeait à la conversation qu'elle avait eue avec Saala; elle réalisait qu'elle avait parlé de grossesse, de bébé, et elle n'avait pas souffert; elle repensa à sa fille, son enfant perdu si tragiquement, mais la joie qu'elle ressentait à la nouvelle de la grossesse de Saala atténuait cette souffrance.
Souriant tristement, elle alla prendre son tour de garde...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Ven 29 Nov - 23:26

La journée se déroula sans encombres, le marché était relativement animé; et le brouhaha ambiant empêcha Laevathein de s'enfoncer dans ses pensées, elle sentait un vide en elle, après l'annonce de Saala; elle était heureuse, mais ne pouvait s'empêcher de songer à la vie qu'elle aurait eu si jamais sa fille était venue au monde...

Elle se dirigea vers le Sanctum pour faire son rapport, rapport présentant à vrai dire peu d'intérêt, tant la journée avait été tranquille; mais les ordres étaient les ordres.

Au même moment, Saala attendait Deeka dans leur appartement.
La jeune femme avait tenté de s'asseoir, mais, au comble de la nervosité, elle s'était levée presque aussitôt, et marchait en rond dans le salon, elle ne savait pas comment annoncer la nouvelle, elle ne savait pas comment il allait la prendre; ce dont elle était sure, c'est qu'elle devait le lui dire: comme elle l'avait dit à Laevathein, Deeka ne l'avait pas crue, elle l'avait vue dans son regard; et il lui demanderait forcément des explications.
Fort heureusement, elle n'avait pas eu de nausées dans la journée, en revanche, quelques vertiges, qui s'en étaient allés aussi vite qu'ils étaient venus.

Il commençait à se faire tard, ou était-il donc? Des bouffées de chaleur lui remontaient le long du dos et lui parcouraient le ventre, au fur et à mesure que le temps passait, elle se sentait de plus en plus angoissée; auparavant, elle aurait préparé son dîner tranquillement et se serait attablée; mais désormais, elle ne pouvait plus vivre sans lui; même si elle savait qu'il pouvait rentrer tard à cause d'une urgence, l'inquiétude s'emparait d'elle.


-Mais ou es-tu? Mais ou es-tu?

Elle s'affolait complètement à présent, rester seule dans l'appartement lui devenait insupportable, et elle allait sortir quand la porte d'entrée s'ouvrit, et Deeka entra.
Aussitôt elle lui sauta dans les bras, se pelotonnant contre lui en silence, elle lâcha échapper un soupir de soulagement tandis qu'elle s'apaisait peu à peu.

D'abord surpris, Deeka garda sa compagne dans ses bras, puis il questionna:


-Qu'est ce qui t'arrive, ma chérie? Tu tremble, et tu as froid ! Viens, tu vas t'allonger !

Se laissant faire, Saala s'allongea dans le lit, que Deeka s'empressa de border, en rajoutant une couverture, puis, il s'assit au bord du lit, regardant la jeune femme; qui elle-même évitait soigneusement de le regarder.

-Qu'est-ce que tu as? Tu es bizarre depuis hier soir; et je suis sur que ça a quelque chose à voir avec ton malaise d'hier.

Se penchant vers elle et lui embrassant tendrement le derrière de l'oreille, caressant les fins tentacules avec ses lèvres, il reprit d'une voix douce:

-Tu peux tout me dire, tu sais?

Elle n'avait pas réagi au baiser, pourtant, Deeka le savait, c'était là ou elle préférait qu'il l'embrasse; toujours la tête détournée, elle lâcha simplement:

-Je suis enceinte.

Deeka sursauta et recula, manquant de tomber du lit; il se reprit néanmoins, et d'une voix stupéfaite, il s'exclama:

-Quoi?!
-Je suis enceinte...

Comprenant cette fois, il se leva et fit le tour du lit, pour avoir le visage de sa bien-aimée devant lui; quelle ne fut pas sa stupeur en constatant que des larmes lui coulaient sur les joues !
Effaré, il ne sut que dire:


-Mais...Mais...Pourquoi pleures-tu?

Elle leva les yeux vers lui, il pu y lire du désarroi, de l'incertitude, elle répondit:

-Je ne sais pas quoi faire...

Elle se mit alors à pleurer à chaudes larmes, s'essuyant les yeux avec ses mains, et s'essuyant les mains sur son drap; Deeka grimpa alors sur le lit et s'assit à coté d'elle, il la prit dans ses bras et la serra contre lui; le menton au dessus de la tête de la jeune femme, il questionna d'une voix douce, qu'il voulait rassurante, comme lorsqu'il parlait à un enfant qui s'était fait mal.

-Qu'est-ce qui te fait pleurer? C'est d'être enceinte qui t'angoisse?
-J'ai peur...J'ai peur de mal faire, j'ai peur d'être une mauvaise mère...
-Mais voyons? Pourquoi? Pourquoi tu serais une mauvaise mère?
-Mais je ne sais pas ce que je dois faire ! Maman...Elle est morte à ma naissance, je n'ai personne à qui ressembler, comment vais-je faire?
-Ma douce, tu n'es pas toute seule, tu le sais, je suis avec toi, cet enfant, c'est le notre.

Il leva les yeux et regarda dans le vague; ces mots avaient ouvert devant lui un avenir auquel il n'avait jamais songé: il allait être père, c'était inattendu, mais, il se sentait empli d'une grande plénitude; il prononça lentement les mots:

-Je vais devenir papa...Nous allons devenir parents...Je...Je serais toujours avec toi, tu ne seras pas seule pour affronter ça, je te le jure ! Je serais toujours auprès de toi, je serais là lorsqu'il viendra au monde, je serais là lorsqu'il fera ses premiers pas, je serais là lorsqu'il parlera, je serais là lorsqu'il sera malade, je serais là simplement pour le regarder dormir...Saala, je t'aime, de tout mon coeur...

Durant ce monologue, Deeka avait senti l'étreinte de sa compagne se resserrer contre lui, elle ne disait pas un mot, mais chacun de ceux qu'elle lui entendait prononcer lui entrait droit dans le coeur et la comblaient de bonheur; les lèvres serrées, tremblantes tant son envie de pleurer, mais cette fois de joie, de bonheur, de l'amour qu'elle ressentait, et dont elle était aimée.

Dans la tendresse du moment, Deeka ne réfléchit pas et écouta son coeur; il demanda:


-Je t'aime, je veux vivre avec toi pour toujours, je ne saurais imaginer la vie sans toi; veux-tu devenir ma femme?

D'une voix étouffée et à demi-brisée par les larmes, Saala répondit:

-Oui, oui, mille fois oui !

Elle lui serra fort la main et ne dit rien de plus; Deeka, le coeur bondissant de joie, ferma la bouche, et laissa le bonheur du moment l'imprégner tout entier; il vivait le plus beau moment de sa vie, et espérait de tout son coeur que celle qui allait bientôt devenir sa femme ressentait la même chose.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Ven 6 Déc - 23:45

La cérémonie allait avoir lieu deux jours plus tard. Deeka, sur un petit nuage, avait été informer ses confrères de la bonne nouvelle; il avait également invité les Naalis.
Saala s'était chargée de voir Ashola, qui avait immédiatement accepté, en battant des mains, un grand sourire éclairant son visage.
En revanche, alors qu'elle essayait différentes robes de mariée, elle songeait à la conversation qu'elle avait eue avec Laevathein la veille.


-Lae, Deeka et moi allons nous marier !
-Oh...C'est vrai?
-Oui ! Il m'a demandé de l'épouser après que je lui ait dit que j'attendais un enfant.
-C'est formidable, c'est vraiment une bonne nouvelle...

Saala remarqua immédiatement que quelque chose n'allait pas: Laevathein détournait le regard, et même sa voix n'était pas convaincue.

-Lae? Quelque chose ne va pas? On dirait que tu penses que ce n'est pas une bonne idée...
-Comment? Non, non ! Pas du tout, je trouve que c'est merveilleux, au contraire !
-Ah, euh, et bien, la cérémonie est dans trois jours ! Oh que je suis excitée !

Et c'était vrai: la jeune femme peinait à tenir en place, un large sourire s'étalait sur son visage; en revanche, celui de Laevathein exprimait la gêne, finalement elle reprit la parole, sans regarder Saala:

-Je suis désolée...Je ne viendrais pas...

Choquée, Saala sursauta et s'exclama:

-Mais pourquoi? Lae !

Celle-ci tourna le dos et commença à s'éloigner, elle répondit d'une voix tremblante:

-Je suis désolé...Je ne peux pas...C'est au dessus...

Baissant la tête, elle était ensuite restée silencieuse.
Surprise, et quelque peu vexée, Saala avait quitté la chambre; son bonheur était complet, mais la réaction de Laevathein lui avait fait l'effet d'une douche froide; elle était alors partie trouver du réconfort auprès de Deeka, auquel elle avait raconté ce qui s'était passé.

Son bien-aimée lui avait alors expliqué, avec une infinie patience, pourquoi selon lui, Laevathein avait refusé de venir à la cérémonie: Maar'nar était mort depuis près de dix mois; leur mariage avait eu lieu presque une année auparavant; et au lieu de le fêter dans la joie, Laevathein se retrouvait aujourd'hui veuve, et avait également perdu son enfant, qui aurait pu la consoler de ce chagrin.
L'anniversaire de leur mariage, qui aurait du être un événement heureux, était devenu un jour sombre.
Laevathein, expliqua Deeka à sa future épouse; était certainement sincère lorsqu'elle avait félicité Saala; mais l'annonce de ces noces avait sans doute ravivé la plaie.


-Tu ne dois pas lui en vouloir; elle n'a pas voulu te blesser, seulement, on ne peut pas lui demander d'être présente alors que tout lui rappellera ce qu'elle a perdu.
-Nous avons déjà parlé de son mari, enfin, c'est surtout elle qui a parlé; elle m'a dit qu'il lui manquait tous les jours, mais je ne savais pas...
-Je pense qu'elle souffre beaucoup, mais qu'elle le cache, pour ne pas inquiéter sa famille.
-Et toi, elle te manque?
-Qui donc?
-Ta femme.

Pris au dépourvu, Deeka resta muet quelques secondes, regardant au loin, il finit par répondre:

-Oui, oui, elle me manque.
-Comment est-elle morte?
-Je...Je préfère ne pas en parler.

Saala posa une main sur le bras de son amant en un geste d'apaisement, elle se blottit contre lui et lui murmura:

-Tout va bien, tout va bien...

Mais Deeka, le teint pâle, songeait; il revoyait malgré lui le corps torturé de son épouse, déposé devant lui, nu, supplicié; elle avait été l'innocente victime de la barbarie des Orcs, qui l'avaient frappée, violée, qui l'avaient mutilée, brisant avec violence ses cornes, ils avaient même essayé de lui arracher la queue, n'y parvenant pas, ils avaient poignardé la femme avec un morceau de ses propres cornes, puis l'avaient laissée agoniser durant de longues minutes avant qu'enfin la mort ne vienne la délivrer de son tourment.

Irisi et lui s'étaient disputés peu avant l'évacuation de Shattrath, elle avait voulu rester, pour que les Orcs, voyant des femelles, n'aient aucun soupçon; Deeka avait refusé tout net; finalement, alors qu'il avait été appelé d'urgence pour s'occuper de blessés venant de villages attaqués; Irisi s'était cachée et avait ainsi évité d'être évacuée.

C'est lorsqu'il ne l'avait pas vue à l'arrivée que Deeka avait compris qu'elle n'en avait fait qu'à sa tête encore une fois, et qu'elle était restée là-bas.
Alors qu'au même moment, Laevathein avait sombré dans l'inconscience, provoquée par l'épuisement et l'inquiétude; Deeka sentait la panique étendre ses doigts glacés sur son coeur.

Lorsque des corps furent ramenés, un soldat, pleurant, avait délicatement déposé le corps de son épouse sur une couverture; il avait cru mourir de chagrin en découvrant les marques de coups, les blessures, le coup fatal, un morceau de corne encore enfoncé dans le coeur, le visage tuméfié, les lèvres fendues; quel sort épouvantable avait-elle subi, quelles atroces tortures; et pourtant, et pourtant, il n'avait pas pu donner libre court à sa tristesse; on le demandait pour aider à préparer les funérailles; il avait enterré son épouse sans même avoir le temps de lui faire décemment ses adieux...

Revenant au présent, Saala tendrement pelotonnée contre lui, il se rendit compte qu'il pleurait, silencieusement; il croyait avoir refoulé ces sentiments, mais ils revenaient de plus belle...
Il pensait à Laevathein: elle tentait de faire face, de donner l'impression que tout allait bien, mais elle endurait une souffrance atroce chaque jour, elle portait le collier et l'anneau qu'elle avait donnés à son mari; et avait juré de ne jamais s'en séparer; et il était certain qu'elle tiendrait parole.
Allait-elle jamais refaire sa vie? Oublier ce qu'elle avait vécu? Deeka en doutait; sans doute passerait elle le reste de son existence à honorer la mémoire de son mari disparu.

Pourquoi? Pourquoi en était-il incapable? Sa femme était morte dix mois plus tôt, passé la période de chagrin, qu'il avait finalement pu vivre lorsque la situation s'était calmée; son coeur s'était remis à battre lorsqu'il avait rencontré Saala.
Il ne lui en avait pas parlé, parce que lui-même ne savait comment l'exprimer; ses sentiments étaient confus; il éprouvait une sorte de honte et de culpabilité, il avait l'impression de souiller le souvenir d'Irisi; elle était morte dans d'atroces souffrances; était-ce juste qu'il tombe amoureux d'une autre femme, si tôt? Combien de temps devrait-il verrouiller son coeur? Une telle chose était elle seulement possible?

Alors qu'il allait épouser Saala, il avait la vague sensation qu'il trahissait Irisi; pourtant, il aimait sincèrement Saala; il vivait le bonheur à ses cotés, mais la question qu'il se posait revenait le hanter: est-ce juste? Ait-je le droit de me remarier, si vite?

Il était déterminé à épouser Saala, il en était certain, sa résolution était invincible, néanmoins, il craignait que la mémoire d'Irisi ne vienne le hanter.


La journée s'écoula, le choix de Saala s'était porté sur une robe bleue pâle, rehaussant son teint et mettant agréablement sa petite taille en valeur.

La cérémonie aurait lieu le lendemain, et tous sentaient monter la tension, ce serait le troisième mariage célébré sur l'Exodar depuis son décollage.

Dans un recoin sombre et isolé du vaisseau, le groupe d'individus qui y étaient installés conféraient entre eux.
Leur teint était pâle, leurs traits émaciés; cela faisait visiblement un certain temps qu'ils n'avaient pas mangé, et cela se ressentait sur leur humeur.


-Écarte toi de mon chemin Alyos, ou je te tue !
-Ca suffit, Sholena !
-Je meurs de faim ! Je n'arrive pas à me souvenir quand nous avons mangé pour la dernière fois; dès que je sortirais d'ici, je massacrerais ces immondes sang-bleu, je leur ferais payer le temps que nous avons du passer enfermés ici !
-Bientôt, Sholena, bientôt, tu pourras assouvir ta soif de sang...
-Quand?! Ca fait des mois que tu nous dit ça, mais rien ne se passe !
-Dans trois jours, nous disposeront ces engins sur les grands cristaux qui semblent alimenter leurs machineries, ils ne pourront pas réparer à temps, et nous pourront nous emparer du vaisseau, pour le Prince !

La femme se rassit dans un coin et commença à aiguiser une dague qu'elle avait sortie d'un fourreau, une lueur mauvaise luisait de ses yeux.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 17 Déc - 23:57

C'était le grand jour, chacun de leur coté, Saala et Deeka angoissaient, tandis qu'ils s'apprêtaient. Deern aidait le futur marié à enfiler son costume traditionnel, une tunique turquoise, richement brodée; quand à Saala, Ashola et sa mère l'avaient aidé à mettre sa robe; puis, Irni lui avait délicatement posé sur le front un diadème, l'éclat argenté de celui-ci faisait éclater le bleu léger des cheveux de la jeune femme.

L'Exodar était doté d'une chapelle, c'était ici que le couple s'unirait dans le mariage d'ici à quelques dizaines de minutes désormais.
Chacun de son coté, les deux futurs époux songeaient qu'ils auraient pu se marier n'importe ou, la chapelle, une prairie, même une forêt, cela n'avait pas d'importance, tant qu'ils étaient ensembles.

Irni s'approcha de Saala, qui était assise, lui tournant le dos, et se regardant dans un miroir, ajustant sa coiffure.


-Chérie, c'est l'heure.

Saala acquiesça en silence, puis se leva lentement, et aidée d'Irni, sortit de la pièce, en prenant le plus grand soin de ne pas abîmer ou tacher sa robe.
Au même moment, Deern faisait sortir Deeka de sa chambre.

Un peu plus loin, Ashola frappa à la porte de la chambre de sa soeur.


-Lae, je peux entrer?

Sans attendre la réponse, elle ouvrit la porte; Laevathein était assise sur son lit, en tailleur, elle souriait, mais ses yeux étaient gonflés et bleuis, elle avait pleuré; sans rien dire, Ashola s'assit à coté d'elle et posa sa tête sur l'épaule de sa soeur.

-Tu ne va pas venir, n'est-ce pas?

Un simple murmure lui répondit, un simple "non", prononcé si doucement, mais néanmoins si audible dans le silence de la chambre, qu'il résonna presque; Ashola entendit le cri du coeur de sa soeur,le chagrin qu'elle ressentait; elle tourna son regard vers elle, essayant de la regarder dans les yeux, mais Laevathein détournait le regard...

-Il te manque...Pourquoi tu ne m'en parles jamais?
-Parce que je ne peux pas !

Sursautant au cri de sa soeur, Ashola faillit tomber du lit; Laevathein la regardait, deux grosses larmes lui coulant sur les joues, elle reprit, d'un ton plus doux:

-Je ne peux pas, tu comprends? C'est...Ca fait trop mal, je n'y arrive pas...Je souffre parce qu'il me manque, et je souffre parce que je ne peux pas dire qu'il combien il me manque, je n'y arrive pas, c'est tout...Même à ma propre soeur, même à ma mère, à mon père, je n'y arrive tout simplement pas...

-Je suis désolée, je ne peux même pas imaginer...

-...Et tout me le rappelle,tout ce qui se passe aujourd'hui me rappelle que je l'ai perdu, me rappelle à quel point je l'aimais...Je l'aime...Le matin, quand je me réveille, il y a un moment ou je crois, ou j'espère...Que tout ça est un cauchemar, que j'ai imaginé tout ça, que je vais me retourner dans mon lit, et que je vais me retrouver dans ses bras, et puis...Je réalise, je réalise que c'est un cauchemar, que ce cauchemar est la réalité, que c'est ma vie; alors je me lève, et j'essaie de m'accrocher, en me demandant ce que je vais faire, ce que je vais devenir, quel genre de vie m'attend...
Et le soir vient...Et je retrouve ma chambre, vide, et mon lit, vide aussi...
Et je m'allonge, et je suis toute seule, et j'ai froid, mon coeur a froid, j'ai peur d'être seule, et je prie, et je m'endors, en espérant chaque fois ne jamais plus me réveiller...

Ashola ne répondit rien; elle était bouleversée, en se passant la main sur le visage, elle s'aperçut qu'elle pleurait elle aussi; ce qu'elle venait d'entendre, c'était comme une bulle de tristesse qui venait d'exploser, elle n'avait pas de mots pour décrire ce qu'elle ressentait, seulement un profond chagrin, et une grande détresse; sa soeur souffrait plus qu'il n'était supportable, et personne ne pouvait l'aider, pas même elle, sa petite soeur...
Toujours silencieuse, elle prit sa soeur dans ses bras, essayant de lui faire passer dans son étreinte tout l'amour qu'elle ressentait, toute la compassion, toute la douceur qu'elle éprouvait pour elle, lui faire comprendre qu'elle n'était pas seule, qu'elle ne serait jamais seule.


-Je t'aime.
-Moi aussi, je t'aime, petite soeur...

Les larmes coulaient à flot sur ses joues, sans qu'elle n'éprouve la moindre envie de les arrêter, confusément, elle espérait que ses propres larmes empêcheraient celles de Lae de couler.

-Tu devrais y aller maintenant, tu vas arriver en retard.
-Mais, et toi? Tu ne peux pas rester toute seule !
-Ca ira bien, ne t'en fais pas; allez, tu est demoiselle d'honneur, ne traîne pas !
-D'accord, j'y vais.

Ashola se dirigea vers la sortie de la pièce, laissant sa soeur assise sur son lit; en arrivant à hauteur de la porte, elle se retourna, regarda Laevathein dans les yeux, et lui dit:

-Je serais toujours là pour toi, je ne t'abandonnerais jamais.

La jeune femme esquissa un léger sourire, et répondit:

-Mais je le sais bien, je le sais bien...Allez, dépêche toi, tu vas être en retard !

Ashola quitta l'appartement, Laevathein attendit qu'elle soit partie pour se lever et refermer la porte de sa chambre; elle alla ensuite se rasseoir sur son lit; elle retira alors de son cou le pendentif qu'elle avait offert à Maar'nar, elle ouvrit le médaillon, à l'intérieur se trouvait un portrait de lui, un jour qu'ils étaient allés se promener dans les prairies de Nagrand, en emportant avec eux un panier à provisions.
Levant le portrait à hauteur de ses yeux, elle se mit alors à chantonner, c'était comme une douce mélodie, mais c'était en réalité une prière, une supplication; tandis que les mots sortaient de sa bouche, elle regardait le portrait, le visage totalement défait, de grosses larmes amères lui roulant sur les joues.
Au bout d'un long moment, elle s'allongea sur le coté et se recroquevilla en position foetale, secouée de larmes, le collier était posé à coté de sa tête, et elle tendait la main, dans un geste désespéré pour attraper celle de Maar'nar...
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Lun 30 Déc - 13:20

A l'intérieur d'une petite pièce, Irni achevait de coiffer Saala; la jeune femme était magnifique, elle se regardait dans un miroir avec un plaisir évident; lorsqu'elle vit Ashola entrer, elle se retourna, provoquant une remarque d'Irni:

-Saala, arrête de remuer, je ne vais pas pouvoir attacher tes cheveux !

Sans y prêter attention, Saala regarda Ashola, dont les yeux étaient encore bleuis, et lui demanda:

-Alors? Est-ce qu'elle va venir?

Ashola secoua tristement la tête et se dirigea vers un coin de la pièce pour arranger les bouquets de fleurs; Irni vit l'expression de sa fille, et celle de la future mariée; elle questionna doucement:

-Est-ce qu'elle va bien?
-Elle est malheureuse...

Le silence tomba sur la pièce, Saala avait baissé la tête; elle savait que ce mariage rappelait cruellement à Laevathein la mort de son mari; elle s'en voulait de lui faire subir ce chagrin, même si c'était involontaire.

-Ce n'est pas de ta faute.

Saala releva brusquement la tête, Ashola la regardait en souriant tristement.

-Je sais, mais, je voudrais tellement qu'elle...
-Elle sait que c'est le plus beau jour de ta vie; elle ne veut pas que tu le gâche avec des regrets.
-Mais...
-C'est ton mariage, pense à toi et à ton futur mari, tu auras tout le temps d'aller la consoler ensuite.

Surprise, Saala n'en revenait pas d'entendre ces mots sortir de la bouche d'Ashola, mais en y regardant de plus près, elle savait que la jeune femme essayait de se convaincre elle-même; alors elle décida de faire de même, et acquiesça.

-Tu devrais aller te changer, ça va bientôt commencer.

Environ une heure plus tard; Deern pénétra dans la chapelle, le prêtre qui devait présider à la cérémonie, un compère de Deeka, était déjà présent, quelques invités étaient arrivés également, des membres de la Main d'Argus, l'Exarque Estis, qui était le supérieur de Saala, avait tenu à venir; des amis de Deeka, en tout, une trentaine de Draeneï étaient présents.

Irni arriva quelques minutes plus tard et rejoint son mari au premier rang, la main dans la main, ils se chuchotaient à l'oreille, Deern avait l'air grave, tandis qu'Irni semblait inquiète.
Finalement, un air joué à la harpe interrompit toutes les conversations, tous se retournèrent.

Deeka fit son entrée, vêtu d'une tunique traditionnelle turquoise, il portait un chapelet de perles dorées autour du cou, et semblait hésitant, son compère, au bout de l'allée, lui fit un signe d'encouragement, au premier rang, Deern lui fit signe également; le Draeneï avança alors, le pas assuré, et vint se placer devant son ami.

Tous attendaient à présent la mariée, qui devait arriver sous peu; enfin, la musique s'arrêta, la porte s'ouvrit de nouveau; Saala entrait.
La jeune femme, bleuissant comme jamais, avançait lentement, tous l'observaient, des murmures admiratifs sur sa robe, sa coupe de cheveux s'élevaient des rangs, ce qui renforçait à mesure le bleu des joues de la jeune femme, qui se cachait à moitié le visage derrière un bouquet de fleurs.
Derrière elle, Ashola, vêtue d'une robe bleue pâle, tenait la traîne de la robe, elle souriait de toutes ses dents, quelques sifflets admiratifs s'élevèrent pour elle; elle était plus grande que Saala, et la robe mettait en valeur ses courbes; seule sa mère se rendit compte que son sourire était forcé; repensant à la conversation qu'elles avaient eues plus tôt, elle savait que sa fille était encore préoccupée par sa soeur.

Saala alla enfin se mettre en face de Deeka, qui l'acceuillit par des mots doux; ils se prirent les mains et se regardant dans les yeux; Ashola se plaça derrière Saala et attendit.

Le prêtre, qui se nommait Tukal, prit alors la parole:


-Mes frères, mes soeurs, vous êtes tous aujourd'hui présents pour assister au plus bel acte que deux Draeneï puissent accomplir: unir leurs coeurs et leurs âmes par le mariage.

Depuis les origines de notre peuple, le mariage a toujours été le lien le plus magique qui puisse exister entre personnes qui s'aiment; de tous temps, lorsque deux Draeneï nouaient un amour profond et sincère, il s'est toujours trouvé un anachorète pour bénir cette union, et l'annoncer au monde; aujourd'hui ne sera pas différent; Saala, Deeka, vous vous êtes rencontrés, vous êtes tombés amoureux, et je crois savoir, Saala, que vous attendez un heureux évènement.[/i]

-A ces mots, Saala hocha la tête en souriant; dans l'assemblée, des murmures retentirent; Irni sursauta, des larmes coulaient déjà sur ses joues; Deern la tenait dans ses bras et lui caressait les joues; personne n'était au courant de la grossesse de la jeune femme; quelques bravo retentirent, puis le silence revint:[/i]

-Vous auriez pu vivre ensemble, vous aimer toujours, cependant, comme le restant de vos semblables, vous avez décidé de déclarer au monde votre amour; puisse cette union toujours durer, et que votre amour soit éternel.
Saala, jurez-vous devant la Lumière que vous aimerez, que vous chérirez, que vous vous tiendrez aux cotés de Deeka, pour l'éternité? Aussi longtemps que vos vies dureront, dans le bonheur, ou face aux ténèbres, jurez-vous d'être une épouse aimante, jurez-vous de faire le bonheur de cet être?

Saala regarda le prêtre, puis Deeka, elle esquissa un sourire tendre, puis répondit:

-Oui, je le jure, je le jure, aujourd'hui, et pour toujours !

Tukal hocha la tête avec assentiment, puis se tourna vers Deeka:

-Et vous, Deeka...
-Ca suffit Tukal, passe à l'essentiel, et l'essentiel, c'est que je le jure, de tout mon coeur, de toute mon âme, je jure te t'aimer et de te rendre heureuse !

Il avait prononcé ces paroles en regardant Saala droit dans les yeux; Tukal referma son livre en souriant, il reprit:

-Que la Lumière vous unisse, que les Naaru protègent votre amour, je vous déclare mari et femme.

Ils n'attendirent pas la fin de la phrase, Deeka souleva Saala et la prit dans ses bras, puis l'embrassa avec fougue, l'assemblée s'était levée et applaudissait, des acclamations retentissaient; Irni, dans les bras de Deern, pleurait à chaudes larmes en essayant de se sécher les yeux avec un mouchoir; Ashola, discrète depuis le début, descendit de l'estrade et quitta la pièce sans être vue; profitant du fait que tous voulaient féliciter les mariés.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mar 31 Déc - 23:46

Alors que la fête d'après mariage battait son plein, Ashola entra dans l'appartement de ses parents; elle se dirigea vers la porte de la chambre de sa soeur, sans un bruit, elle l'ouvrit et entra.

La pièce était plongée dans le noir, on entendait le bruit léger d'une respiration, Ashola poussa un léger soupir, sa soeur s'était endormie; sans doute en pleurant.
Elle sortit de la chambre en laissant la porte entrouverte, puis entra dans sa propre chambre, adjacente, elle ôta la robe qu'elle portait et la jeta sur son lit avant de passer sa robe de chambre; elle ressortit alors de sa chambre, et retourna dans celle de sa soeur.

Toujours sans un bruit, marchant avec précaution, ses sabots s'enfonçant dans l'épais tapis, elle contourna le lit et, lentement, en retenant son souffle, elle souleva la couverture et se glissa dessous; enfin parvenue à se mettre entièrement sous la couette, elle s'en recouvrit, puis prit l'une des mains de sa soeur dans les siennes, comme pour la réchauffer; enfin, après avoir posé un baiser sur le front de Laevathein, elle ferma les yeux.

Le lendemain, lorsque Laevathein s'éveilla, la première chose qu'elle vit fut sa soeur, profondément endormie, à ses cotés, d'abord surprise; elle comprit alors ce qu'avait voulu faire Ashola; touchée au plus profond du coeur, elle baisa le front de celle-ci, les larmes lui brûlaient les yeux, mais cette fois, c'étaient des larmes d'amour, sa soeur était venue dormir avec elle pour ne pas la laisser toute seule.

Après quelques minutes à demeurer ainsi, Laevathein se leva, prenant autant de précautions que sa soeur en avait prises la veille, et sortit de la chambre; elle revint une minute plus tard en tenant quelque chose dans les mains, qu'elle plaça à coté de la tête d'Ashola, puis se pencha vers elle et lui baisa de nouveau le front; enfin elle se détourna et partit se changer.

En se réveillant une heure plus tard, Ashola trouva sa peluche, Puulu, sur l'oreiller, en souriant, elle la serra contre elle et se rendormit.
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MessageSujet: Re: Soeurs.    Mer 1 Jan - 0:42

La vie reprenait son cours, Saala était allée voir son supérieur, l'Exarque Estis, pour l'informer de sa volonté de quitter l'ordre des Boucliers de Velen, afin de se consacrer à son époux et à son futur enfant; elle avait cependant manifesté le désir de demeurer parmi la Main d'Argus.
Comprenant bien ce désir de mère qui voulait protéger son enfant, Estis accepta, et envoya la jeune femme être formée afin de devenir elle-même instructrice.

Trois jours plus tard.


Un groupe d'individus maigres, vêtus de tuniques et de vêtements rouges, sales, crasseux, se dirigeaient vers la salle des machines.


-Ne faites pas de bruit, nous ne devons pas nous faire repérer !
-Qu'ils nous répèrent, et je te jure que ce sera le dernière chose que leurs misérables yeux verront !
-Ca suffit Sholena, tu auras bien assez tôt l'occasion de faire couler leur sang.

L'homme qui se trouvait devant était accroupi, et parlait en chuchotant à une femme située quelques mètres derrière lui; entre eux, se tenait un autre homme, qui portait un sac pourpre, de celui-ci, on pouvait voir une légère lueur verte fluorescente pulser à intervalles réguliers.
Ils évoluaient avec aisance dans les ombres; les murs émettaient des lueurs violettes diffuses; la dénommée Sholena regardait ces lumières, et malgré toute la haine et l'envie de meurtre qui lui coulait dans les veines, devait admettre qu'elle les trouvait apaisantes...


-Je...Ne...Veux...Pas...Être...Apaisée...!
-Quoi?

Elle se rendit compte qu'elle avait prononçé ces mots à voix haute; le chef de file s'était soudainement retourné et lui intimait l'ordre de se taire; brusquement il se retourna, un bruit venait de résonner dans la vaste pièce vide, tous les individus tendirent l'oreille: c'était sans l'ombre d'un doute le claquement d'un sabot sur le sol, ils n'était plus seuls.

-Je ne te dis que j'ai entendu quelque chose !
-Mais non, voyons, tu te fais des idées, allez, viens, de toutes façons, la relève va bientôt arriver, ils vont se demander ou nous sommes.
-Je veux d'abord m'assurer...

Cachés derrière un pilier, l'homme et la femme communiquaient par geste, il y avait deux Draeneï, deux mâles, certainement, au son des voix; ils ne comprenaient pas ce qu'ils disaient, mais ils ne semblaient pas les avoir repérés, pas pour l'instant...
Sholena esquissa un sourire cruel, enfin elle allait avoir l'opportunité de se servir de sa dague; elle avait beaucoup maigri ces derniers mois, et cela s'était ressenti sur son caractère, l'homme la connaissait depuis plusieurs dizaines d'années, elle avait toujours été particulièrement psychotique, et pouvait se montrer extrêmement violente; c'est à cause de cela qu'il avait hésité à l'emmener, il avait craint qu'elle ne cède à ses pulsions meurtrières et attaque les siens durant le voyage.

Silencieusement, elle se coula autour du pilier pour observer ses cibles, deux Draeneï, comme ils avaient pensé, l'un d'eux se tenait à l'entrée de la salle, l'autre n'allait pas tarder à passer dans l'ombre d'un autre pilier, mais si elle sortait, le garde à l'entrée la verrait, et face à un énorme morceau de viande comme un Draeneï, elle savait qu'elle n'avait aucune chance de front.

Cherchant un moyen de distraire le Draeneï à l'entrée, elle sursauta lorsqu'elle l'entendit parler, sa voix résonnait dans la pièce, puis, elle n'en crut pas ses yeux ! Il faisait demi-tour, il sortait ! Reprenant immédiatement contenance, elle jeta de nouveau son regard vers le Draeneï qui était resté, et qui semblait chercher quelque chose.

Tapie dans les ombres, elle s'avança lentement, plus près, encore plus près, elle sentait son coeur battre son excitation, elle avait hâte de boire le sang de ce Draeneï, du sang bleu, serait-il chaud? Se redressant, elle s'apprêta à bondir, lorsque le Draeneï se retourna, elle eut tout juste le temps de se plaquer contre un rebord, cependant, dans la précipitation, sa dague avait claqué contre le métal
Les sabots résonnèrent encore, il faisait le tour, si elle ne bougeait pas, il allait la voir, mais si elle bougeait, il la verrait certainement aussi !
Tant pis, elle se baissa et retira rapidement l'une de ses chaussures, qu'elle jeta vers le milieu de la salle, elle entendit prononcer quelques mots incompréhensibles, puis vit le Draenei, qui lui tournait le dos, avancer lentement en direction du bruit.

Très vite alors, elle se faufila derrière lui, et prit son élan; il se retourna au moment ou elle sautait.
Leurs yeux se croisèrent un instant, elle, le regard vert, fou, la joie du meurtre l'enveloppant toute entière, lui, les yeux blancs, une expression d'incrédulité sur le visage, aussitôt remplacée par une grimace de douleur, puis la peur, lorsque la dague s'enfonça profondément dans sa gorge.
S'agrippant à son armure, elle tint prise et enfonça la dague encore plus profondément; le Draeneï essaya en vint d'ôter l'arme de sa gorge, crachant du sang et hoquetant, il chancela, puis s'effondra sur le dos.

Les autres individus sortirent de leur cachette et s'approchèrent, le Draeneï était couché sur le dos, les yeux ouverts, du sang coulait abondamment de la large déchirure qu'avait causée la dague de Sholena; les bras en croix, le cadavre semblait les regarder et les supplier, l'un des individus se baissa et lui ferma les yeux, à coté de lui, Sholena léchait le sang sur sa dague avec volupté; elle l'interpella:


-Themisios, ne me dis pas que tu éprouves de la pitié pour ces répugnants bouc !

Le dénommé Themisios se retourna vers elle, une expression de dégoût dans le regard:

-Au moins, moi je ne bois pas leur sang, comme un vulgaire charognard...!

A ces mots, la femme éclata d'un rire dément qui résonna dans la pièce, le chef du groupe la gifla alors à toute volée, ce qui eut pour effet de la faire taire, elle affichait une expression à demi surprise, à demi en colère, mais avant qu'elle n'ai pu dire le moindre mot, l'homme indiqua l'entrée de la pièce: le second Draeneï revenait.

Il était certain d'avoir entendu quelqu'un rire, un rire qui donnait froid dans le dos, ce n'était pas le rire d'un Draeneï, il avança de quelques pas dans la pièce, soudain, il vit le corps allongé par terre, il se précipita, pour découvrir le cadavre égorgé de son ami, avant d'avoir pu esquisser le moindre geste, il sentit une lame pressée contre son cou.

Il se releva lentement, et se retourna, tandis que la lame suivait son mouvement; il se retrouva face à un groupe de quatre individus.


-Des Elfes de sang ! Vermines ! Assassins !

Ils ne comprenaient pas ce qu'il disait, mais le ton de dégoût qu'il avait, et le crachat qu'il fit ne laissaient aucun doute sur ce qu'il pensait d'eux.
"Très bien", pensa l'homme qui dirigeait le groupe, "cela nous facilitera les choses".


-Themisios, Mériden, cachez le cadavre, Valias, tu reste avec moi, Sholena, tu...

La lame égorgea le Draeneï si vite qu'il fallu une seconde avant que le sang ne gicle en un puissant jet bleu cobalt sur les Elfes présents; le Draeneï tomba face contre terre, il tenta de ramper vers la sortie, mais ne parvint à avancer que d'un mètre avant de retomber, le bras tendu; et de mourir en crachant du sang, une flaque se forma autour de sa tête.
Le chef du groupe, qui avait observé en silence l'agonie du Draeneï, releva la tête, à temps pour voir Themisios asséner un violent coup de poing à Sholena, il lui en aurait d'ailleurs mis un autre si Mériden et Valias ne l'avaient pas retenu.

Sous la violence du choc, la femme était tombée à terre; en se relevant, il vit que son nez était cassé et saignait, elle passa sa langue sur sa lèvre supérieure et sourit, un sourire de folle, cette femme était complètement folle, il s'adressa à elle, d'une voix qu'il tenta de contenir:


-Pourquoi as tu fait ça?
-Ah, ah, tu m'as dit "tue", alors j'ai tué.
-Je ne t'ai pas dis de le tuer, je voulais l'interroger, je voulais qu'il me dise si d'autres comme lui allaient venir ici.
-Ah ah ah ! Et comment aurais-tu fait? Tu ne comprends même pas ce qu'il dit? De toutes façons c'est trop tard, il est mort.

Elle illustra son propos en mettant un coup de pied dans le ventre du Draeneï mort; à coté, Themisios s'agitait, l'homme se tourna vers lui:

-Lâchez-le, Themisios, calme toi, tu n'as aucune raison de t'en prendre à Sholena, elle a mal compris un ordre, elle a fauté, mais elle se rattrapera.

Il se retourna, sans attendre de réponse de l'Elfe; en vérité, il était furieux, mais ne voulait pas le laisser montrer; le succès de leur opération dépendait du sabotage de l'Exodar, il ne pouvait pas laisser des querelles prendre le pas sur la mission.
Cependant, il savait très bien qu'il lui faudrait rapidement s'occuper de Sholena, elle était bien trop dangereuse, et surtout, totalement incontrôlable; il faudrait qu'elle disparaisse, de façon définitive; il sourit intérieurement: Themisios bouillait déjà de rage contre elle, il ne serait pas difficile de le pousser à la tuer lorsque le moment serait venu...


-Très bien; Valias, tu vas aller surveiller l'entrée; Themisios, Meriden, vous allez installer les bombes, dans une heure, je veux que cet endroit soit détruit, est-ce bien compris?
-Oui, maître !
-Pour le Prince !
-Pour le Prince !


Dernière édition par Laevathein le Lun 31 Mar - 17:06, édité 2 fois
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