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 La fuite du soleil.

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Laevathein
Zoulie Draeneï
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MessageSujet: La fuite du soleil.   Lun 26 Mai - 20:22

Elle se trouvait dans sa chambre; allongée sur son lit, goûtant le plaisir simple de ne rien faire.
A sa gauche, le double rideau carmin, orné de dorures légères, remuait lentement au gré de la brise; qui lui caressait légèrement le visage.

Elle se trouve dehors, errant, pieds nus, autour d'elle, des bâtiments effondrés, des flammes ronflant et s'élevant haut dans le ciel, ciel rouge, caché par les épais nuages de fumée.
Les cris, les pleurs.

Derrière elle, des monstres informes, de la chair en décomposition, des lambeaux de vêtements pendant lamentablement; certains perdaient des membres, les autres marchaient dessus; aucun ne s'arrêtait.
Ils se jetaient sur les gens, ceux qui ne couraient pas assez vite étaient égorgés, massacrés, démembrés, dévorés sur place.
Le sang qui coule, partout, elle marche dedans, ses pieds sont écarlates, le liquide est tiède.

Au loin, des barricades, des gens, portant des armures de fortune, certains tremblant de tous leurs membres; ils l'appellent; elle court pour les rejoindre; est-ce qu'elle crie? Elle ne le sait pas, son coeur cogne dans sa poitrine, elle a peur de se retourner, et de se retrouver nez-à-nez avec une de ces choses.

Ils s'apprêtent à évacuer la ville; les survivants pleurent, une femme tient un bébé contre elle, ses joues sont rouges de larmes, mais son visage est blafard, elle a le regard halluciné.
Ses parents ne sont pas là, mais Alwyn est là.

Ils sont encerclés, les monstres les ont retrouvé; il faut fuir.
Elles se retrouvent séparées des autres.
Elles se cachent dans une ruelle; une ombre menaçante approche; une forme, cachée par la pénombre, approche; Alwyn la fait se cacher sous un tas d'ordures, et elle fait face à l'ombre.
Elle fait surgir de la lumière de ses mains, mais l'ombre avance toujours.

Alwyn se tourne vers elle, lui adresse un baiser silencieux, et elle ferme les yeux; puis la lame de la chose lui tranche la gorge.
Elle tombe sans un bruit; Caelwyn s'évanouit.

Elle ouvrit les yeux et se leva en sursaut, poussant un léger cri; quelques secondes plus tard; la toile de la tente se souleva, et Malkat se glissa à l'intérieur, dévisageant l'elfe, il s'enquit:


-Caelwyn, ça va?

Assise, serrant la couverture contre sa poitrine, elle répondit d'une voix qu'elle essaya de rendre assurée:

-Ca va.

Hochant la tête, il reprit:

-Encore un cauchemar, est-ce que...

Elle l'interrompit d'un ton brusque, sa voix reprenant toute sa fermeté:

-Ca va ! Je vais bien.

Sans ajouter un mot, il sortit silencieusement de la tente. Avant que la toile ne retombe, elle vit que le ciel était sombre et nuageux; impossible de donner l'heure, mais elle estima qu'il devait être très tôt; difficile d'être plus précis dans cette partie du Norfendre.

Rassemblant ses affaires, elle noua ses cheveux en un chignon sec, sans fantaisie, puis se glissa à son tour à l'extérieur .
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Laevathein
Zoulie Draeneï
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Lun 26 Mai - 20:22

Ils se trouvaient sur un promontoire rocheux; autour d'eux, plusieurs dizaines de tentes, toutes grises, pour se fondre avec le sol terne; quelques individus circulaient entre les tentes; certains baillaient.
De faibles feux de camp commençaient à luire dans la demi-obscurité; elle vit que Malkat était en train d'en allumer un, elle décida de le rejoindre.

L'Orc la vit s'approcher sans un mot; elle s'assit devant le feu, et demeura silencieuse; donnant tout le temps à son compagnon de la scruter.
Son visage était fermé, ses yeux regardant fixement les flammes qui dansaient; aucune trace d'émotion.
Cela faisait trois ans qu'il la connaissait, et qu'il faisait équipe avec elle; jamais il ne l'avait vu sourire, jamais il ne l'avait entendue rire, jamais elle n'avait quitté cette expression froide.
Lui qui s'était imaginé que tous les Elfes de sang étaient des gens légers et inconséquents s'était lourdement ravisé lorsqu'il avait rencontré Caelwyn.
Cela faisait trois ans qu'il la connaissait, et pourtant, elle ne s'était jamais confiée, jamais elle ne parlait d'elle; il savait seulement qu'elle avait perdu toute sa famille lors de l'assaut du Fléau sur Quel'Thalas.

Cependant, il était observateur, et avait appris à déceler chez elle certaines choses qui lui avaient appris sur son comportement; il avait également découvert certaines choses à ses dépends.
Il se souvenait encore du jour ou, alors qu'elle était à bout de forces après une terrible bataille contre une meute de démons de la Légion Ardente; il lui avait posé la main sur l'épaule pour l'aider à se relever.
Elle s'était redressée en sursaut et s'était mise à crier, un hurlement perçant, et presque aussitôt, elle lui avait asséné un violent coup de poing au visage; au bruit du craquement qu'il avait entendu, elle s'était fait beaucoup plus de mal qu'a lui.
Il avait compris qu'elle ne supportait pas qu'on la touche, et n'avait jamais recommencé; empêchant même les autres de le faire.

Revenant au présent, il fouilla dans son sac de toile, et en sortit un morceau de viande gelée; il l'embrocha avec difficulté, et le fit cuire à la chaleur de la flamme.
Il faisait froid, mais la température était tenable; l'air piquait la peau, mais fort heureusement, il n'y avait pas de vent; un temps parfait pour se battre...

Au bout de quelques secondes, il rompit le silence et questionna:


-Est-ce que tu es prête?
-Oui.

Une réponse laconique, elle ne l'avait même pas regardé; il savait qu'il n'avait rien à attendre de plus.
Il n'était pourtant pas particulièrement bavard, préférant se concentrer sur sa relation avec les éléments; cependant, comparé à elle, il était un modèle de volubilité.
Souvent, le silence pesant qui régnait le poussait à parler, n'importe quoi, simplement pour chasser le silence, il meublait la conversation, parlait pour deux; elle répondait très rarement; souvent, il se demandait ce qu'elle pensait.

Il lui arrivait de se demander pourquoi il continuait encore à faire équipe avec elle; il supposait qu'il aurait pu demander une autre affectation; mais malgré tout, il pouvait compter sur elle au combat.
De toutes façons, il avait la nette impression qu'elle n'aimait pas ses semblables, surtout les hommes.

A l'autre bout du camp, un Orc et un Tauren en armure discutaient; au bord du promontoire, ils observaient ce qui se passait en contrebas: des hordes de morts-vivants, des abominations couturées, suintant de liquide verdâtre, des goules ricanant, des squelettes, souvent avec un membre manquant; erraient dans une vaste région; au loin, de hautes murailles, noires, menaçantes, se dressaient: la Citadelle de la Couronne de glace.
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Laevathein
Zoulie Draeneï
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Lun 26 Mai - 20:23

L'assaut final allait bientôt débuter, Arthas tomberait, et sa maudite antre avec lui.

C'était du moins ce que les commandants affirmaient; difficile de savoir s'ils croyaient à leur propre discours, on entendait ces mots depuis le début, depuis le jour ou les premières troupes avaient débarquée en Norfendre, quelques mois plus tôt.
Certains chefs avaient prédit une victoire rapide,
"Arthas subira le courroux de la Horde !"

Aujourd'hui, ces mots sonnaient creux, leur auteur, probablement mort sous les lames gelées, ou les tortures des liches au service du Fléau; errait sans doute, un corps animé par de sombres magies, pestiféré, et cherchant à répandre la mort qu'il avait combattu de son vivant.

La guerre avait été impitoyable, les forces du Fléau étaient innombrables, celles de la Horde, non.
Heureusement, Horde et Alliance avaient unies leurs forces, du moins en partie, et luttaient ensemble contre la plus grande menace d'Azeroth depuis la défaite de la Légion Ardente.
La campagne avait été épuisante, difficile; combien avaient vu des amis, des frères périr? Combien d'autres avaient vu leurs compagnons être relevés, et avaient du les combattre? Pantins sans âme, au service d'un monstre de cruauté.

Alors que toutes les forces d'Azeroth s'étaient réunies, et allaient mener l'offensive finale, alors qu'au travers tout le Norfendre, le Fléau était repoussé, par la magie, par le fer, par la volonté des vivants, et des morts criant vengeance; alors qu'enfin, les engins de siège avançaient, et écrasaient sous leurs lourdes roues les os des morts suppliciés; alors que les portes de l'horreur allaient tomber; certains doutaient; nul ne savait ce qu'il trouverait au delà du domaine du Roi-liche.
Qui savait quelles abominations sommeillaient en ces murs? Qui pouvait prédire quels dangers les plus grands héros d'Azeroth allaient devoir affronter? La Lumière qui guidait tous ces peuples serait elle assez grande pour repousser les ténèbres?
Le Roi-liche, dans sa folie, dans sa haine du vivant; n'allait il pas lâcher sur le monde des aberrations telles que l'imagination ne pouvait se figurer?

C'est dans cet état d'esprit que les troupes présentes sur le promontoire se préparèrent au combat; leur rôle, était celui qui avait été confié à d'autres divisions à travers la Couronne de glace: donner l'assaut sur les troupes du Fléau rassemblées dans ce désert de mort, détruire le plus possible de ces monstruosités.
Leur rôle, était de réduire les troupes du Fléau, et de créer une diversion, afin que l'offensive lancée par toutes les forces alliées parvienne à détruire la porte de la Citadelle.

Leur mission était dangereuse, et tous ne reviendraient pas; s'ils réussissaient, alors Arthas tomberait peut être, s'ils échouaient, la mort leur paraîtrait une fin bien douce.

Tous conscients de cet enjeu, ils se mirent en ordre de bataille, et s'apprêtèrent à rejoindre leurs alliés, qui se tenaient déjà prêts pour le combat.

Malkat sortit de son sac un morceau de bois, grossièrement taillé, et le posa par terre, puis il ferma les yeux; de l'électricité commença à pulser au sommet du totem, il ouvrit la main droite, et lentement, de l'électricité apparu, les arcs d'énergie circulant entre ses doigts, formant une boule, puis se déformant.

Il se baissa et ramassa son totem, il le rangea soigneusement dans son sac.
Il considérait les totems comme des ancres, des liens symboliques entre les éléments et l'individu; le totem pouvait être n'importe quoi, s'il l'avait voulu, il aurait pu choisir une botte trouée; l'essentiel, c'était qu'il puisse se concentrer dessus, que dans sa vision des flux d'énergie, il puisse se rattacher à son lien.
Sans un mot, Caelwyn le regardait faire; elle ne manifestait pas la moindre émotion, et n'en montra pas plus lorsque leur commandant, un rude Orc, équipé d'une lourde armure de plaques, et tenant une hache à double tranchant, leur lança son discours; elle ne réagit pas lorsque les combattants acclamèrent.

Elle enfourcha en silence le loup de Malkat, le tenant par la taille; puis les troupes se ruèrent en avant, jetant des clameurs.

Au loin, des cors de guerre retentirent; la bataille commençait.
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Lun 26 Mai - 20:23

Les morts-vivants tombaient par dizaines, certains pour se relever, démantibulés, mais agitant leurs moignons, toujours dangereux, toujours mortels.

Les pattes des loups, les cornes des kodos, les sabots des chevaux écrasaient, transperçaient, piétinaient ces aberrations; les troupes à pieds tailladaient dans la chair pourrie, les membres tranchés volaient en tous sens.
Mais ce combat n'était pas aisé; des centaines, des milliers de mort-vivants déferlaient de toutes parts, face à quelques centaines de combattants déterminés.
Les mages Elfes et Réprouvés combinaient leurs pouvoirs pour faire pleuvoir la destruction sur leurs ennemis, des pluies de feu, des démons asservis fondaient sur les troupes pestiférées, qui continuaient à attaquer, implacables, sans peur, sans pitié, sans émotion; des coquilles vides, sans âme.

Au milieu de la troupe, qui maintenait un carré dense; Malkat, juché sur son loup, qu'il avait laissé courir en suivant la meute; lançait des éclairs sur les ennemis qui approchaient, sur les flans de la troupe, les pierres s'animaient et frappaient avec violence les morts-vivant, les envoyant dans les airs, les monstres s'écrasaient au sol en se désarticulant.

Au sein des troupes, des soigneurs, dont Caelwyn, lançaient régulièrement des sorts de soin, des éclairs lumineux parcouraient ainsi les combattants, frappant certains, et les revigorant.
Malkat entendait sa coéquipière murmurer derrière lui, il ne parvenait pas à comprendre ce qu'elle disait, car elle s'exprimait en thalassien, mais il savait qu'elle entonnait des incantations.
Il sentait la chaleur qu'elle émanait derrière lui; quelque peu inquiet, il vérifia qu'elle se tenait solidement harnachée afin de ne pas chuter; auquel cas, la mort aurait été assurée; soit piétinée par les loups qui le suivaient, et qui n'auraient pas le temps de l'esquiver; soit massacrée sans pitié par le Fléau.

Les cornes de guerre résonnaient, à l'avant de la troupe, le commandant menait la percée, faisant tournoyer sa lourde hache autour de lui, fauchant les goules qui croulaient sous l'impact de l'acier.

Plus loin, les soldats de l'infanterie achevaient les mort-vivants qui n'avaient pas été anéantis, des troupes en armure lourde protégeaient les mages qui incinéraient les cadavres.

Des morts furent bientôt à déplorer du coté de la Horde; des squelettes, munis d'arcs et d'arbalète, tiraient en batterie sur le gros de la troupe montée, ceux qui étaient touchés et qui étaient tombés, sans être tués, étaient bientôt piétinés par leurs alliés, ceux qui parvenaient à s'arrêter étaient projetés par dessus la tête de leur monture et finissaient démembrés vivants par les goules et autres monstruosités qui se précipitaient sur eux.
Les hurlements de terreur résonnaient dans la vallée, et se mêlaient aux cris de guerre et aux cornes de brume.

Au loin, les machines de siège progressaient rapidement vers le point d'assaut, les portes tomberaient bientôt.
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Lun 26 Mai - 20:23

La nuit était tombée, la mission était un succès, les portes avaient chuté face aux coups de boutoir des engins de siège.

Désormais, la tâche la plus difficile revenait aux héros qui auraient la force et le courage de pénétrer la citadelle.

A proximité des hauts murs de la forteresse, des centaines de tentes, portant les couleurs de l'Alliance et de la Horde étaient dressées; tous attendaient des nouvelles, victorieuses, l'espéraient-ils.

Après une journée d'intenses affrontements, Caelwyn et Malkat étaient installés au coin d'un feu de camp, plusieurs autres soldats étaient assis avec eux; elle était la seule femme du groupe, mais personne ne songeait à l'importuner, son regard glacial dissuadait quiconque de l'aborder.
La plupart des soldats, des Orcs, mangeaient bruyamment, refaisant la bataille, comparant les méthodes les plus efficaces pour tuer les mort-vivants.

Malkat lui, légèrement en retrait, avait posé son totem au sol, et méditait en fermant les yeux, de légères volutes de fumée voletaient autour de lui, et l'air était troublé, comme lors de grandes chaleurs.
Caelwyn mangeait en silence, elle observait son compagnon, elle se demandait s'il parvenait à trouver la paix par cette méditation.

Il demeura un long moment ainsi, même après que les autres Orcs se soient levés et soient partis en les saluant; même après que Caelwyn soit allée se coucher sous sa tente, il méditait toujours.


Elle était assise dans un chariot surchargé de monde, qui roulait en bringuebalant sur les bosses du sentier.
D'autres chariots les précédaient, des soldats marchaient au pas à coté, l'expression vigilante.

Salios l'avait retrouvée, c'était son cousin préféré, à vrai dire, le seul qu'elle avait; il était gentil avec elle.
Il avait tenté de la réconforter, il l'avait serrée dans ses bras, il lui avait même donné ses propres chaussures, quand il avait vu qu'elle était pieds nus.

Il marchait derrière le chariot, réprimant ses grimaces lorsqu'il marchait sur une pierre pointue; il cherchait à la faire parler, à la faire rire, mais elle répondait par monosyllabes; de temps en temps, une larme coulait silencieusement sur sa joue; alors il grimpait sur le chariot, il essuyait ses larmes, et tentait de la consoler.
Il lui parlait de ses parents, il lui parlait d'Alwyn, qui était aussi blonde qu'elle était rousse; il lui vantait leurs qualités; mais ne réalisait pas qu'en voulant bien faire, il déchirait encore plus le coeur de la jeune femme.
Malgré tout, elle se sentait en sécurité avec lui, la nuit, lorsqu'elle ne le trouvait pas, endormi à coté d'elle, elle s'inquiétait, puis il surgissait, s'excusant d'avoir eu un besoin naturel; puis il se recouchait sous la couverture en étoffe raffinée; alors elle se rassurait, et se rendormait.

Elle était perdue, et n'arrivait pas à rassembler ses idées; incapable de songer à l'avenir, et refusant de se replonger dans le passé, elle ne réagissait même plus à sa présence, il devait lui ouvrir la bouche et la faire mâcher, c'était lui qui la faisait boire, qui la bordait, car elle restait prostrée.

Une nuit, elle sentit quelque chose se glisser sous sa couverture; puis elle sentit un souffle contre son cou; elle entendit murmurer son cousin, qui essayait de la tranquilliser.
Il déboutonnait sa chemise; elle sentit une main sur sa poitrine, qui lui caressait les seins; le souffle s'accéléra, il faisait nuit noire.
Elle protesta mollement, il répondit
"C'est pour ton bien.

Elle ne savait pas, elle ne savait plus; il continuait à la toucher, et elle ne comprenait pas; c'était son cousin, que faisait il? Il disait que c'était pour son bien, le bien de qui? Elle ne se sentait pas bien, elle se sentait mal...
Lorsqu'elle sentit la main qui s'approchait de son entrejambe, elle se mit à protester, un peu plus fort:
"Laisse-moi, je ne veux pas !

Il lui intima l'ordre de se calmer; ne voyait-elle pas qu'il faisait tout pour elle, qu'il était là pour l'aider? Qu'elle se montrait ingrate, alors qu'il n'avait que son bonheur à l'esprit?
Il respirait vraiment très fort; il haletait, elle sentit ses lèvres contre son cou, elle sentait l'une des mains qui caressait ses seins, encore, et encore; l'autre main se rapprocha de son entrejambe, elle commença à lui baisser le pantalon...

"Non, je ne veux pas, laisse-moi ! Ne me touche pas ! Laisse-moi ! Au secours !"

Des torches s'allumèrent; dans la faible lueur, elle vit Salios, torse nu qui se relevait en sursaut, elle l'entendit éructer de colère,"Maudite femelle !

Il se baissa, attrapa quelque chose, et se redressa de nouveau devant elle; dans la lueur de la torche, la lueur métallique de la dague jeta un éclair malsain, puis il la frappa rapidement.

-Aaaaaaaaaah !
-Caelwyn !
-Aaaaaaaaaaaah !
-Caelwyn ! Caelwyn !

Malkat l'attrapa par les épaules, elle se débattait comme une dératée, lui vrillant les tympans avec son hurlement perçant.

-Caelwyn !

Elle sembla émerger de sa crise; elle cessa de s'agiter et le fixa droit dans les yeux; il fut frappé de constater à quel point elle paraissait terrifiée, cette expression contrastait avec le calme et la froideur qu'elle manifestait en toute circonstance; des larmes lui coulaient sur les joues, c'était la première fois qu'il l'a voyait pleurer.
Elle semblait terriblement vulnérable, sans un mot, il la serra contre lui; à son grand étonnement, elle ne le repoussa pas, et resta là, sans bouger; il la sentait trembler contre lui tandis qu'il s'interrogeait:
"Mais qu'est ce qui a bien pu t'arriver...?
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Lun 26 Mai - 20:24

Des Orcs en armure arrivèrent précipitamment; Malkat tenait toujours Caelwyn dans ses bras, la jeune femme se calmait peu à peu, mais continuait à trembler, le regard terrifié.
L'un des Orc interpella le chaman:


-On a entendu crier, qu'est-ce qui se passe?

Sans bouger, Malkat répondit:

-Ce n'est rien, elle...A fait un cauchemar.

Il entendit l'Orc le répéter à d'autres; apparemment, les hurlements s'étaient entendus loin dans le camp, assez pour réveiller en sursaut les sentinelles; on entendit des grommellements, des insultes; finalement, l'Orc s'adressa de nouveau à Malkat:

-Fais donc taire ta femelle, ici, c'est pas pour les petites natures; si elle est pas capable de se tenir, je vais la renvoyer dans sa ville de lavettes avec mon pied ou je pense !

Le bruit de la tente et des bottes qui s'éloignaient indiqua à Malkat qu'il était désormais seul; lentement, il desserra les dents, sa mâchoire lui faisait mal, tant il s'était fait force pour ne pas cogner son congénère.
Mais ce n'était pas la solution, à force de méditation, de réflexion, il avait appris à contrôler ses émotions, et à retenir sa colère; pourtant, il détestait qu'on traite son équipière ainsi, ce n'était pas la première fois qu'il entendait de telles réflexions sur les Elfes de sang; lui aussi s'était imaginé qu'ils étaient faibles et lâches.
Pourtant, il avait très vite changé d'avis, et s'était même reproché son erreur, lorsqu'il avait compris que les Elfes étaient des alliés de poids dans la Horde; leur raffinement et leur culture dissimulait une puissance martiale formidable, qui comptait désormais dans la force de la Horde.

Ces réflexions ne le menaient à rien, et il le savait bien, la seule chose qu'il voulait savoir, c'était ce qui hantait à ce point Caelwyn, pour qu'elle fasse des cauchemars toutes les nuits ou presque; et pourquoi, il s'en était aperçu au cours de ces années; elle faisait souvent semblant de dormir, et en réalité ne fermait pas l'oeil de la nuit.

Trois heures plus tard, la nouvelle tomba.
Arthas Menethil, le Roi-liche, était mort.

Les héros des deux factions revenaient vainqueurs, portant les corps de leurs camarades morts au combat; à l'intérieur de la citadelle maudite, ils avaient affronté les pires aberrations que les esprits malades au service du Fléau avaient pu imaginer, des créatures si repoussantes, si malveillantes, que leur abjection dépassait l'imagination.
Les derniers lieutenants du Roi-liche, les anciens Haut-elfes qui avaient servi Illidan lors de sa tentative d'empêcher Arthas d'accéder au trône de glace; désormais au service exclusif du maître du Fléau; les wyrms de givre, les dragons ressuscités et veilleurs des cieux, avaient été anéantis
Et finalement, finalement, le Roi-liche lui-même était tombé, et son arme maudite, la dévoreuse d'âmes, la Deuillegivre, avait été détruite.

C'était terminé...
Tandis que les chefs de la Croisade d'Argent prononçaient des discours exaltant la vertu des héros morts au combat; tandis que les soldats des deux factions étaient réunis et acclamaient leurs champions; Malkat rejoignit Caelwyn, à l'écart du camp; elle était assise sur une pierre, enveloppée dans une épaisse couverture.
L'Orc s'approcha d'elle et lui tendit une boisson chaude; elle hocha la tête et prit le gobelet, elle le porta lentement à sa bouche, et trempa lentement ses lèvres dedans.
Malkat s'installa par terre, en face d'elle; il la fixa un moment; détaillant son visage, essayant de lire ce qu'elle pensait.
Caelwyn, quand à elle, se sentait vaseuse, elle avait mal à la tête, son cauchemar était toujours présent à son esprit, et elle devait se retenir pour ne pas s'agiter en tous sens pour voir si Salios n'était pas là.
Du coin de l'oeil, elle vit que Malkat l'observait, elle évita volontairement son regard, et se plongea dans la contemplation de son gobelet dont le contenu fumait.

Au loin, des acclamations retentissaient, on entendait les mêmes mots revenir, les termes de courage, sacrifice, honneur, revenaient régulièrement; mais ni l'un ni l'autre n'écoutait.
Un peu plus loin, ils virent qu'ils n'étaient pas les seuls à se tenir à l'écart de la liesse; un Elfe de la nuit priait, une femme humaine écrivait une lettre...

Caelwyn leva brièvement les yeux, son regard croisa celui de Malkat, aussitôt elle les détourna, mais il l'avait vue; brisant le silence, il dit:


-On devrait discuter, tu ne penses pas?

Elle ne répondit pas, elle n'avait pas envie de parler; parler faisait mal, elle n'était pas prête pour ça...
La vision de Salios s'imposa à son esprit; lui glaçant le sang; son cauchemar de cette nuit, c'était plus qu'un cauchemar; c'était un des pires souvenirs de sa courte vie.
Elle n'avait pas le choix, il fallait qu'elle parle; peut être qu'elle se sentirait mieux après, peut être.
Sans oser regarder Malkat, elle lui demanda:


-Qu'est-ce que tu veux savoir?
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Lun 26 Mai - 20:24

-Je veux tout savoir; je veux que tu me raconte ce qui t'es arrivé, pourquoi tu fais semblant de dormir.

Malkat s'installa confortablement, tournant le dos à Caelwyn, il pensa qu'elle parlerait plus facilement si elle ne voyait pas son visage; de là ou il se trouvait, il surplombait la vaste zone désertique de la Couronne de glace; une étendue glacée, morte, des hordes de mort-vivants continuaient d'errer sans but; les hautes murailles de saronite de la Citadelle parsemaient la région, témoignages immobiles de la puissance et de la folie d'une entité malfaisante.
La voix de Caelwyn s'éleva lentement derrière lui, et lui posa une question:


-Qu'est ce que tu vas faire, après?

Il avait déjà réfléchi à ses projets, lorsque le Fléau serait détruit; jamais il n'avait envisagé qu'il pourrait ne pas rentrer; c'était son serment à Gora, sa compagne.
Fermant les yeux, il laissa errer son esprit vers son foyer, les Tarides.
Il visita en esprit la grande chaîne de montagne qui séparait Mulgore des Tarides; au long de laquelle il avait décidé de vivre; la vaste tente qu'il partageait avec sa compagne, chamane tout comme lui.
Elle n'était pas venue, car elle devait donner naissance à leur enfant; fils ou fille, cela importait peu; ils avaient décidé qu'ils l'élèveraient dans le savoir et la sagesse ancestrale; l'art d'écouter le monde; l'art de parler aux éléments.
Il parvenait presque à capter les odeurs, la senteur des fourrures séchées qui protégeaient la tente des grandes chaleurs; les odeurs des animaux, odeur piquante, provenant des kodos sauvages, qui vivaient en groupe, et qui migraient régulièrement, à la recherche de pâturages.
Ces pensées agréables en tête, il répondit:


-Quand tout ça sera terminé, je rentrerais, je rencontrerais mon enfant, je retrouverais ma compagne; et ensemble, nous remercierons les éléments pour la sagesse qu'ils nous accordent.

-Ca semble bien, et ensuite?

-Ensuite? Nous l'élèverons pour qu'il devienne un être respectueux du monde auquel il appartient, c'est notre monde désormais, nous nous devons de le respecter, pour mieux vivre avec lui.

Les souvenirs de la chasse et de la pêche lui revenaient; Gora, tapie sous une couverture couleur sable, guettait les troupeaux, puis elle en sélectionnait un, le plus gros, le plus gras, celui qui leur permettrait de vivre en harmonie; alors Malkat animait les pierres sous les pattes ou les sabots de l'animal; le piégeant peu à peu, avant que Gora ne le tue d'un coup net; précis, sans souffrance inutile.
Ils dépeçaient le cadavre, et déposaient de larges quartiers de viande dans le harnais qu'ils s'étaient confectionnés, et rentraient en traînant leur prise; laissant le reste de la carcasse derrière eux; les charognards se chargeraient de la faire disparaître.

Ils ne demandaient rien à personne, et vivaient en autonomie; de temps à autres, ils se rendaient à Orgrimmar afin de rencontrer d'autres chamans; ils discutaient à propos de leurs méditations, échangeaient leur savoir; se ravitaillaient en matériaux qu'ils ne pouvaient pas produire, comme le sel, et repartaient; jamais il ne passaient plus d'une journée dans la capitale Orque, préférant le confort et la familiarité de leur tente au creux de la montagne.

Il était profondément plongé dans ses pensées, lorsqu'il songea brusquement à Caelwyn; cela faisait un moment qu'il ne l'entendait plus, et puis...Elle n'avait pas répondu à ses questions.
Sans se retourner, il interrogea:


-Mais assez parlé de moi, je t'ai demandé de me raconter ton passé, je sais que c'est difficile, mais tu dois aller de l'avant.

Aucune réponse; mettant ce silence sur le compte d'une difficulté à exprimer de telles horreurs, du moins le supposait-il, il attendit; puis, alors que les minutes s'allongeaient, il se retourna, s'apprêtant à relancer la jeune femme.
Il se leva brusquement tandis que les mots moururent dans sa poitrine: Caelwyn n'était plus là; sous une pierre, la couverture en fourrure était déposée, et pas de trace de la jeune Elfe.

Revenant de sa surprise, il se précipita vers sa tente; il la trouva vide; seules ses propres affaires s'y trouvaient; mais plus rien n'indiquait qu'une autre personne l'avait partagée.
Il couru vers son commandant, afin de lui signaler la disparition de sa coéquipière; celui-ci lui répondit:


-Ah, ta femelle criarde? Elle est venue il y a une bonne heure; elle a demandé à partir rapidement, elle a eu de la chance, il restait une place pour rentrer en Kalimdor par le prochain zeppelin; mais si tu veux...

Malkat ne l'écoutait déjà plus, il repartit lentement vers sa tente; consterné, il réalisait peu à peu qu'il s'était fait manipuler; elle l'avait fait parler pour éviter de révéler ses secrets, et il s'était stupidement laissé prendre; puis, alors qu'il était totalement plongé dans ses rêves; elle en avait profité pour fuir.
Quel genre de personne pouvait sacrifier une amitié de trois ans, simplement pour éviter de parler d'elle?
Il était écoeuré, son aveuglement le frustrait et lui laissait un goût amer dans la bouche; s'était-il réellement montré si aveugle que ça? Il fallait croire que oui; elle s'était servie de lui, puis, lorsqu'il ne lui avait plus été utile, elle n'avait pas hésité à se débarrasser de lui, sans scrupules.
Avait-il était le seul à croire à cette amitié, ou du moins, cette camaraderie?

Il se sentait en colère, trahi, bafoué; machinalement, il sortit son totem de son sac et le posa entre ses jambes, puis il ferma les yeux et se renversa en arrière, il avait besoin de méditer, de rassembler ses idées; la trahison de Caelwyn l'avait tellement surpris qu'il se sentait chamboulé, plus qu'il n'aurait imaginé, il avait l'impression d'avoir perdu une soeur, ou quelque chose d'approchant...


-Voilà ma p'tite dame ! J'espère que votre cabine vous plaira, on arrive à Orgrimmar dans neuf heures !
-C'est parfait, merci.

Le gobelin s'inclina, un air narquois habituel chez ceux de sa race; puis repartit au fond du couloir, il disparut en remontant les marches.
L'Elfe entra dans la chambre; elle comportait un lit de camp, un meuble, détail cocasse, un pot contenant une unique fleur trônait dessus; la fenêtre, sans rideaux, était fermée.
Elle renferma à clé la porte en bois, puis grimpa sur le lit; elle retira ses chaussures, et s'allongea, les yeux grand ouverts, contemplant le plafond fissuré; de temps à autres, des bruits de pas résonnaient sur le bois épais.

Caelwyn passa le reste du voyage sans bouger, et sans fermer le yeux; elle attendait.
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Lun 26 Mai - 20:24

Pourquoi devaient-il se battre? N'y avait-il pas eu assez de souffrances ces derniers temps?

Indifférente aux interrogations des soldats, qui finissaient de sangler leurs armures en ronchonnant, Caelwyn gravit la butte, de là, elle avait une vue panoramique sur les Tarides, du moins, ce qu'il en restait.

Il s'était passé un peu plus de deux ans depuis la mort du Roi-liche, la nouvelle s'était répandue dans tout Azeroth, la fête battait son plein, dans la Horde comme dans l'Alliance, on se réjouissait de la fin de ce conflit meurtrier.
Les Chevaliers de la mort, ceux qui n'avaient pas péri une seconde fois pour leur revirement contre leur ancien maître, pour la plupart s'étaient donnés la mort, définitive; pour la plupart seulement...

Il arrivait parfois que l'on croise un Orc aux yeux bleus lumineux dans Orgrimmar, mais cela demeurait rare, ils n'étaient pas les bienvenus, malgré les paroles du Chef de guerre; la population ne pouvait accepter leur présence, ne pouvait simplement pas accepter qu'ils foulent encore le sol qui appartenait aux vivants.
De toutes façons, alors que Thrall confiait les rênes de la Horde à son protégé, Garrosh Hurlenfer, le sort de la poignée de Chevaliers de la mort encore en vie était secondaire.
Le nouveau Chef de guerre avait lancé d'ambitieux plans, le plus important de ceux-là était de fortifier et d'agrandir Orgrimmar, afin que la cité devienne une forteresse imprenable, le joyau de la civilisation Orque, et le coeur de fer de la Horde.

Ces changements n'intéressaient pas Caelwyn, elle ne mettait jamais les pieds à Orgrimmar, cette ville était répugnante de saleté, les Orcs et leurs manières rustres la dérangeaient, les deux seules fois ou elle avait du s'y rendre, des camelots gobelins et trolls l'avaient interpellées, lui mettant pratiquement dans la figure des figurines en bois, des gri-gri, vantant la richesse, le pouvoir, la puissance sexuelle...
Elle avait chaque fois hâté le pas, évitant de regarder autour d'elle, pour ne pas laisser croire à ces vendeurs qu'elle était intéressée, mais ils ne se décourageaient pas pour autant.
Une salle ville, dans tous les sens du terme, pleine de poussière, de boue, les Orcs n'étaient pas le peuple le plus au fait de l'hygiène corporelle, et la chaleur qui régnait dans la ville rocailleuse faisait fermenter les odeurs les plus inavouables; lorsqu'un coup de vent était venu la rafraîchir, l'odeur fétide que la brise avait apportée avait manquée de la faire vomir.

Cette entreprise de fortification et de consolidation de la capitale de la Horde n'était rien, en comparaison des événements qui s'étaient produits quelques semaines plus tôt: un gigantesque tremblement de terre avait frappé Kalimdor, et quelques minutes plus tard, une immense vague avait touché la cote, submergeant tout sur son passage, s'enfonçant loin dans les terres.
Des centaines de personnes avaient été emportées, on en avait retrouvé certaines, noyées, dans des marres crées par le creusement de la terre, et qui étaient restées là, alors que la vague se retirait.
Les dégâts étaient immenses, les champs, les habitations, tout avait été balayé, mais le pire, c'était que la terre elle-même avait changé...

Les Tarides, autrefois plaine paisible, parcourue par les messagers de la Horde, terre nourricière pour les nomades, avaient été coupées en deux, du sud de Cabestan, miraculeusement épargnée par la catastrophe, jusqu'aux Serres-rocheuses, une immense faille béait; le fond à peine visible, la lave en fusion rougeoyant, éclairant l'étendue du désastre.
Les Milles-pointes, au sud des Tarides, avaient également été le théâtre de ce cataclysme: le désert qui portait autrefois le nom de Salines était désormais devenu un immense lac d'eau salée; les Taurens établis au sommet des pics avaient du évacuer en urgence, toute la région étant désormais sous les eaux, jusqu'en Feralas.

Le premier choc passé, on parla, on apprit que l'Alliance avait été touchée; la cité de Hurlevent avait été attaquée par un dragon, et pas n'importe lequel: Aile-de-mort, le Destructeur; pour une raison inconnue, il s'était contenté de détruire quelques bâtiments, puis de partir; alors qu'il aurait pu amplement annihiler l'ensemble de la ville.
Selon certains, c'était Aile-de-mort qui avait provoqué ce cataclysme à travers Azeroth; quoi qu'il en soit, le mal était fait, et il fallait désormais réapprendre à vivre dans un monde brisé.
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Lun 26 Mai - 20:24

Les troupes de la Horde se préparaient à l'assaut, Orneval leur tendait les bras; cependant, une tension régnait dans l'air, la quasi-totalité des soldats étaient des Orcs, lourdement harnachés, portant d'énormes haches, des brutes dans toute splendeur.
Néanmoins, certains étaient nerveux, il était insensé d'imaginer que les Elfes de la nuit ne viendraient pas défendre leur territoire, à vrai dire, ils étaient certainement déjà là; des Sentinelles étaient probablement dissimulées dans les environs, n'attendant qu'une chose, qu'ils s'approchent à portée de flèche.

Malgré les armures de plaque épaisses, une simple flèche de bois, bien placée, passant entre deux jonctions de plaque, pouvait renverser le plus puissant des guerriers; cependant, ils étaient des Orcs, ils étaient la Horde, ils ne craignaient aucun ennemi, et chacun finirait par être brisé par leur force !

En arrière-garde, Caelwyn paraissait déplacée parmi ces puissantes troupes, petite et menue, on aurait dit au premier abord que sa place n'était pas sur un champ de bataille, mais parmi les civils.
Ce n'était pas entièrement faux, mais la jeune Elfe de sang se portait systématiquement volontaire pour les missions, pour les assauts les plus dangereux, à plusieurs reprises, elle avait prouvé sa valeur, et bien qu'elle n'aie pas la force de porter une arme, elle se révélait très efficace pour prodiguer des soins à ses alliés.
C'est ainsi qu'elle avait échappé à la mort ces derniers temps, des soldats de l'Alliance, voyant en elle une guérisseuse, l'avaient prise pour cible, mais chaque fois, elle avait été sauvée par un allié venu à son secours.
C'est ainsi que fonctionnait la Horde, Force et Honneur, la loyauté unissait chacun de ses membres; ils se faisaient confiance, et c'est par cette confiance qu'ils étaient les plus puissants, et qu'ils écraseraient l'Alliance.

Les troupes se mirent en !@#$%^, commandées par un Troll très musclé, dont les défenses, ébréchées et émoussées, étaient ornées de peintures rouge sang.

Les ordres étaient de faire une violente percée en Orneval, et de déborder les éventuels défenseurs, puis, d'installer un avant-poste, qui servirait ensuite de base pour une invasion avancée d'Orneval.
On racontait que Garrosh voulait prendre Darnassus avant la fin de la saison neigeuse.
Les stratèges savaient que cette idée étaient irréalisable, mais aucun n'avait eu le courage de le signaler au Chef de guerre, celui-ci était connu pour sa violence envers ceux qui mettaient en doute ses paroles.

Ils avaient à peine pénétré dans la forêt que les flèches se mirent à fuser, des cris de rage retentirent, des Orcs tombèrent; l'un d'eux, une flèche enfoncée dans l'oeil, se releva avec difficulté, arracha la flèche et la jeta à terre, puis il ôta son casque, dans un geste de provocation.
Des voix féminines résonnaient dans la forêt, puis les flèches tombaient de nouveau, les Kor'kron se mirent en cercle et levèrent leurs boucliers; les tireuses étaient perchées sur les branches basses des arbres, pour le moment, il était impossible de sortir, sous peine d'être criblé.
Une demi-douzaine d'Orcs morts gisaient, un Tauren était également allongé face contre terre.

Les cris continuaient de résonner, mais les flèches ne tombaient plus; à l'abri sous les larges boucliers, des mages Elfe de sang s'attelaient à créer des boules de feu, qu'ils allaient lancer sur les arbres, quitte à incendier la forêt, il fallait à tout prix déloger ces tireuses embusquées, au sol, elles seraient à la merci des Kor'krons.

Alors que les sorts étaient prêts à être lancés, un rugissement, suivi de plusieurs autres, résonna au fin fond de la forêt, puis, le silence revint, seulement brisé par le crépitement des flammes que tenaient les mages entre leurs mains.

Le chef d'escadron fut le premier à comprendre, il cria:


-Des dwuides ! C'est des dwuides mec ! Les mages, cwamez moi ça ! Faut les empêchew de bouger !

En effet, le silence qui régnait désormais laissait craindre que les Sentinelles ne changent de position, et rendent inutiles leurs attaques, de plus, la présence de druides n'était pas une bonne nouvelle; lorsqu'ils étaient transformés, il n'était plus question de pitié, ou d'honneur, ils sautaient à la gorge des soldats, sous la forme de puissantes panthères, ou pire, parvenaient à broyer les os de plus puissants soldats lorsqu'ils prenaient la forme d'un ours.

Les boucliers étaient toujours levés, l'ordre était toujours valable, il se pouvait que les Elfes attendaient qu'ils baissent leur garde pour attaquer.
Finalement, le signal fut donné que les sorts étaient prêts à être lancés, le troll donna alors l'ordre d'attaquer:


-C'est pawti ! Pouw la Howde !

La clameur que poussèrent les soldats résonna dans la forêt, tous les Orcs levèrent leurs bouclier en même temps, tandis que les mages lançaient d'énormes boules de feu dans tous les sens, qui explosèrent en un fracas épouvantable, les arbres s'écrasèrent en projetant des copeaux de bois dans tous les sens.
Caelwyn leva les yeux, des Elfes dégringolaient des arbres, parfois de très haut, en hurlant de terreur; certaines s'écrasèrent au sol avec un bruit sourd, d'autres, plus chanceuses, parvinrent à se ramasser et tentèrent de fuir, mais les Kor'krons avaient prévu cette fuite, et leur foncèrent dessus.
Les Sentinelles furent impitoyablement massacrées, la plupart furent purement et simplement décapitées, les têtes sanguinolentes roulant dans la poussière, l'expression mêlée de rage et de terreur figée pour l'éternité sur leur visage.
L'épaisse fumée qui s'était élevée à cause de l'incendie, qui commençait à s'étendre, permis à certaines de s'échapper dans les fourrés.

C'était apparemment une victoire totale de la Horde, mais Dazjo'Da, commandant de la Horde, savait qu'on ne pouvait jamais se fier à ce genre d'impressions, surtout lorsqu'on combattait des Elfes; ils reviendraient, c'était une certitude.
Il se tourna vers ses troupes, qui exultaient de leur victoire; et rugit:


-Soldats ! Au twavail ! Constwuisez des touws !

Les troupes se mirent aussitôt au travail, ils étaient disciplinés, l'incendie s'éteignait de lui-même, et une forte brise venant du sud chassa la fumée en quelques minutes; les cadavres des Elfes furent jetés sans ménagements dans un fossé, ceux des Orcs et du Tauren furent brûlés sur place.
Finalement, cette campagne serait peut-être plus facile que prévu...
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Lun 26 Mai - 20:25

La nuit commençait à tomber, les troupes Kor'kronnes avaient emmené des provisions, entreposées à l'intérieur de deux chariots tirés par de majestueux kodos.

En territoire ennemi, et à plus forte raison en Orneval, il valait mieux ne pas s'éloigner du campement, chaque fourré, chaque ombre pouvait receler un ennemi; alors, il été préférable de prévoir de quoi tenir, même si ça devait encombrer les attaquants.

Dazjo'Da ordonna l'allumage de grands feux, qui devraient brûler toute la nuit; la chose fut promptement effectuée, les mages Sin'dorei étaient très efficaces, bientôt, de hautes flammes virent réchauffer les chairs, et éclairaient la nuit.
Malgré cela, les troupes n'étaient pas tranquilles, la nuit était du coté des Elfes, ils étaient chez eux, sur leur territoire; des Sentinelles étaient parvenues à fuir, et des renforts ne tarderaient pas, Tyrande ne permettrait pas que la Horde envahisse ses terres; qui sait, peut être viendrait elle en personne, et alors...

Le troll se prenait à imaginer les conséquences que pourraient avoir la mort de Tyrande, les Elfes, désorganisés, fuiraient, et seraient tellement effrayés qu'ils ne seraient plus une menace, la Horde gagnerait un vaste territoire boisé et giboyeux, de quoi nourrir des milliers d'individus, des milliers de futurs soldats, fidèles à la devise Force et Honneur.

Il éclata de rire dans la nuit, ce qui fit retourner plusieurs gardes; il leur fit signe que tout allait bien, et se replongea dans ses pensées; bien sur que non, c'était totalement chimérique: même si Tyrande venait, même s'ils la tuaient, jamais les Elfes ne se rendraient, au contraire, s'attaquer à leur dirigeante ne ferait que les rendre enragés, et plus dangereux que jamais.

Il songeait au bras qu'il avait perdu, plusieurs années plus tôt, une guerrière Elfe de la nuit lui avait tranché net alors qu'ils se battaient, il avait regardé avec stupeur son bras tomber sur le sable, gigoter, puis cesser de bouger.
Elle maniait un glaive à double lames avec grande dextérité, et il avait échappé de peu à la mort, comme tous les trolls, il était doté d'une incroyable capacité à guérir pratiquement n'importe quelle blessure; c'est pour cette raison qu'elle cherchait à le décapiter, une fois sa tête séparée de son corps, plus question de régénération, la fête était finie.
Il n'avait emporté la victoire que grâce à un réflexe, il s'était laissé tomber par terre, et avait ramassé une poignée de sable qu'il avait jetée dans les yeux de la femme, celle-ci avait esquivé, mais durant ce court laps de temps, elle avait baissé sa garde, il en avait alors profité pour lui enfoncer son épée dans le ventre.
Elle avait aussitôt lâché sa propre arme, qui avait heurté le sol dans un bruit sourd, et l'avait regardé dans les yeux; son visage exprimait la douleur et l'étonnement, elle semblait surprise, et presque honteuse de s'être laissée avoir par un tour aussi simple; il avait continué d'enfoncer la lame, jusqu'à la garde, sentant les os craquer et se briser alors que la lame d'acier se frayait un chemin dans sa chair.
Elle lui avait craché du sang au visage, puis sa tête avait basculée sur le coté, les yeux fermés; il avait ôté son épée, et elle était tombée, le sang rougissant le sable, et se mêlant au sien propre.

Il était parti sans regarder derrière lui, il avait fallu plusieurs semaines avant que son bras ne repousse entièrement, mais il n'avait pas oublié.

Revenant au moment présent, Dazjo'Da jeta un oeil autour de lui, ce qu'il vit lui fit oublier ses souvenirs: un peu à l'écart du camp, il vit très nettement un Elfe se glisser derrière l'une des sentinelles, en profitant de l'ombre, et l'égorger promptement, l'Orc tomba sans un bruit; alors ils étaient déjà là !


-Aux awmes ! Auw awmes ! Les Elfes sont là ! Aux awmes !

Les soldats qui somnolaient se réveillèrent en sursaut, la main sur l'arme; certains n'eurent pas le temps de se lever, des cris sauvages retentirent, et une meute de panthères au pelage noir surgirent des ombres pour se jeter sur un groupe d'Orcs, ceux-ci roulèrent dans la poussière avec eux, et tentaient de les étrangler, alors que les créatures essayaient de leur déchirer la gorge.
Un cri de guerre, lancé par une voix féminine se fit alors entendre: des dizaines de guerrières Elfes sortirent de la forêt, encerclant les troupes; Dazjo'Da dégaina son épée, et se prépara à un combat acharné; cette nuit, le sang coulerait.

Caelwyn avait été réveillée en sursaut, c'était la première fois depuis trois jours qu'elle fermait vraiment les yeux, et contrairement à son habitude, aucun mauvais rêve n'était venue l'assaillir; lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle n'eut pas le temps de réagir, une panthère se jeta sur elle et tenta de la mordre; la jeune femme se débattit de toutes ses forces, mais l'animal était trop lourd, bloquée au sol, elle tentait d'échapper à son étreinte, quand elle vit passer au dessus d'elle une boule de feu qui frappa de plein fouet le félin.
Celui-ci fut éjecté et s'écrasa contre un arbre, le druide quitta sa transformation et se mit à hurler de douleur, les flammes lui rongeaient déjà les chairs; une autre boule de feu le fit taire à jamais, détruisant son visage.
Caelwyn se releva promptement, et se retourna à temps pour voir son sauveur, un Elfe, se faire cribler de flèches, il était mort avant de toucher le sol.
Ne perdant pas de temps avec lui, Caelwyn couru rejoindre ses camarades, qui formaient une phalange, le combat faisait rage avec les Sentinelles, qui rendaient coup pour coup, et qui vengeaient leurs soeurs mortes dans la journée.

Des cadavres jonchaient le sol; et le sang s'épandait en rigoles luisantes à la lueur du feu.
Un solide Tauren contenait trois combattantes en agitant un tronc d'arbre dont le bout était renforcé de métal, et couvert de pointes acérées; l'une d'elles, voyant une ouverture, s'approcha et reçu un violent coup qui lui arracha la moitié du visage; elle fut jetée au sol ou elle se tortilla de douleur en hurlant, le visage couvert de profondes plaies saignantes.
Dazjo'Da n'était pas en reste; il était loin le temps ou cette Elfe avait failli le tuer, cette fois, il était plus fort, plus rapide, plus expérimenté; il se débarrassa rapidement de deux adversaires, l'une en lui tranchant net la tête; l'autre en lui ouvrant le ventre; ces idiotes ne portaient même pas d'armure, et se déplaçaient presque nues.
Pour certains esprits, ce comportement aurait soulevé des pensées lubriques, pour lui, ce n'était qu'une preuve d'inconscience et de stupidité.
Il tua une autre guerrière alors qu'il tentait de rattraper l'un des druides, celui-ci rugissait, et semblait donner des ordres aux autres félins, s'il parvenait à le tuer, les autres perdraient en efficacité.

Caelwyn lançait des éclairs de lumière sur les soldats blessés qu'elle croisait, certains étaient gravement blessés, mais elle ne pouvait pas prendre le temps de guérir ces plaies, un guérisseurs qui passait de soldats en soldat fut renversé et égorgé par un druide, qui lui arracha la gorge de ses puissantes machoires.
L'Elfe n'eut pas le temps de se réjouir de sa victoire, il fut cloué sur le cadavre de sa victime par une lance acérée.
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Lun 26 Mai - 20:25

La bataille tournait au carnage, les pertes étaient nombreuses de chaque coté; bientôt, les tireuses furent tuées par les mages qui les incinérèrent; les druides repoussés par les soldats, et les combattantes, tuées ou blessées, avaient momentanément battues en retraite, mais elles étaient acculées.

Dazjo'Da, au terme d'un court mais très violent combat, fini par transpercer le coeur du druide qu'il avait ciblé, celui-ci s'était métamorphosé en ours, et avait tenté de le happer entre ses puissantes pattes; la manoeuvre avait échouée, et le troll avait enfoncé jusqu'à la garde son arme dans la poitrine de l'animal; le druide avait aussitôt reprit sa forme habituelle, et s'était abattu sur le sol dans un choc sourd.
Comme il l'avait deviné, il s'agissait de celui qui menait les autres druides; ceux-ci furent aussitôt désorientés, et les Kor'kron n'eurent dès lors plus de mal à les massacrer l'un après l'autre.

Le Tauren qui maniait le tronc d'arbre fut blessé à la jambe par une Sentinelle qui parvint à se glisser dans son dos, mais elle paya sa bravoure de sa vie, la lourde masse du guerrier lui écrasa le crâne; le bruit sec des os explosant résonna à travers le camp; les deux autres guerrières qui lui faisaient face reculèrent, prises de terreur; elles tentèrent de fuir, mais furent aussitôt tuées par une volée de boules de feu qui les brûlèrent vives.

La victoire était proche pour la Horde, lorsque un cor de bataille résonna dans la forêt.

Se retournant dans cette direction, Dazjo'Da écarquilla les yeux: une centaine d'Elfes, juchés sur des tigres leur fonçaient dessus, en quelques instants, ils furent sur eux, fauchant les soldats de la Horde.

Le Tauren manieur de tronc d'arbres fut attaqué par dix adversaires, qui lancèrent leurs montures sur lui, tandis qu'ils tentaient de frapper ses jambes; repoussant leurs assauts par de puissants coups, il parvint à tuer la plupart de ses assaillants, mais touché, il posa un genou à terre; un autre elfe bondit alors et lui trancha la gorge d'un coup de glaive; le Tauren, agonisant, s'empara de son adversaire et lui asséna un coup de tête qui le laissa assommé, puis il s'effondra.

Dazjo'Da fut frappé de toutes parts par des dizaines de glaives qui lui déchiraient la chair; il eut néanmoins le réflexe de lever son arme à hauteur de sa tête; évitant ainsi la décapitation, il ne put cependant pas se protéger de la douzaine de flèches qui virent se loger dans son torse.
Couvert de plaies, crachant du sang, le troll eut la force de crier:


-Wetwaite ! On se tiwe ! On se tiwe !

Ce fut la débandade; les renforts Elfes écrasaient les troupes Kor'kronnes; qui tentèrent de s'enfuir en direction des Tarides; certains y parvinrent, profitant de la confusion et de l'obscurité.
Dazjo'Da allait en dernier, en tant que commandant, c'était à lui que revenait la tâche de protéger ses troupes, même si cela signifiait une mort certaine.
Caelwyn courrait en avant, suivant les autres soldats, à bout de souffle, elle ne se retourna pas; à coté d'elle, d'autres soldats courraient; certains tombèrent, une flèche dans la gorge ou dans le dos.

Des tigres les dépassaient, les soldats qui se tenaient sur les flancs tentèrent de les attaquer, mais dès qu'ils levaient leur arme, d'autres Elfes surgissaient et les fauchaient.

Finalement, à deux doigts de vomir, la jeune femme sortit de la forêt, devant elle, les Tarides dévastées s'étendaient, elle y distinguait les formes de soldats qui s'éparpillaient.
Alors qu'elle allait les rejoindre, une douleur atroce explosa dans son dos, se répandant en étoile; elle cracha du sang, puis s'effondra inconsciente.

Toujours dans le camp, Dazjo'Da faisait face à une centaine d'Elfes, ceux-ci l'entouraient, juchés sur leurs montures; ils le regardaient avec haine et mépris; lui avait un genou à terre; du sang coulait de sa bouche; il serrait son épée contre lui avec son seul bras restant; il les regardait dans les yeux, puis esquissa un sourire.
Au loin, il entendait les cris, désormais, il ne pouvait plus rien faire; ses hommes devraient se sauver tous seuls.
Il vit les arcs se tendre, une centaine d'arc, qui le visaient, lui.
Il sourit de nouveau, pas question de mourir à genou, il mourrait comme un soldat de la Horde, fier et debout; il se leva, et tourna sur lui-même, les embrassant tous du regard, il cria:


-Allez-y, Elfes ! Tuez le Dazjo'Da ! La Howde, elle vous écwasewa !

Les cordes se relâchèrent dans un seul et même claquement...
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Ven 13 Juin - 6:40

Les Elfes étaient partis, la bataille était terminée.

A l'intérieur du camp, le feu était éteint, un épais tapis de cendres tapissait le sol; les cadavres jonchaient la terre; les Elfes avaient emportés leurs morts, et avaient laissés ceux de la Horde sur place, il n'y avait aucun survivant.

Il cheminait prudemment, l'incendie qu'il avait vu cette nuit ne lui disait rien qui vaille; néanmoins, il avait la sensation qu'il devait y aller; alors, il avait écouté la voix intérieure et s'était mis en route, seul dans la nuit.

Le jour se levait, lorsqu'il parvint à la lisière de la forêt, il regarda alors autour de lui, et grimaça, plusieurs corps gisaient dans des mares de sang séché; des Orcs, pour la plupart, mais aussi un Tauren, un Troll, la tête coupée.
Le vent se leva, et vint lui apporter une odeur de charogne, l'odeur de la mort; alors il s'en retourna; c'était inutile de s'attarder, la Horde avait tenté un assaut sur Orneval, et ils avaient été repoussés.
Il n'y avait plus rien à faire, il repartit.

Prenant un chemin différent, il regardait les corps qui parsemaient sa route, les Elfes les avaient poursuivis jusque là, et les avaient achevés sur place, c'était surprenant qu'ils agissent ainsi, quelque chose avait du les mettre en colère...

Il s'arrêta net, si sa compagne avait été présente, elle l'aurait vu pâlir d'un seul coup, il murmura:


-Non, c'est impossible, cela ne se peut...

Le cadavre d'une Elfe de sang était couché devant lui, face contre terre, il ne voyait pas son visage, mais il reconnu les cheveux roux; une flèche était profondément enfoncée au milieu de son dos, presque à hauteur de la nuque, du sang séché maculait le dos de la femme, et une mare s'était formée sous sa tête.
Il répéta:


-Cela ne se peut...

Il avança, le pas hésitant, craignant et espérant à la fois; espérant se tromper, et craignant d'avoir vu juste; il s'approcha lentement, et posa une main sur la tête de l'Elfe, puis, la retourna; lorsqu'il vit son visage, il se leva en sursaut, les yeux exorbités.
C'était elle, Caelwyn, et elle était morte; sa bouche rougie par le sang qu'elle avait vomi, la flèche avait du la tuer très vite; elle n'avait sans doute pas eu le temps de souffrir.
Mais que faisait-elle ici? Pourquoi s'était-elle associée à un pareil carnage? Et pourquoi...

Il s'interrompit, soudainement tendu, il l'observa; il tendit l'oreille, on percevait un léger sifflement; se penchant de nouveau vers elle; il attendit que le sifflement se répète, doutant de l'avoir vraiment entendu; mais le sifflement se fit entendre de nouveau.
Il observa le ventre de la jeune femme, et le vit se soulever, puis s'abaisser, lentement, très lentement.

Elle était en vie ! Il dut réprimer une violente envie de crier sa joie, ce qu'il fit sans difficulté en repensant à la façon dont elle l'avait trahi et abandonné, il repensa à ce jour, et l'amertume le gagna.
Mais ce n'était pas le moment pour se complaire dans les souvenirs; elle était encore vivante, mais sa vie ne tenait qu'à un fil; un fil que seul, il tenait entre les mains.

Il la souleva délicatement, en prenant garde de ne pas remuer la flèche; ni l'ôter, dans son état, retirer la flèche, ou la remuer dans la plaie la tuerait presque immédiatement.
Il reprit le chemin du sud, vers son foyer, à flanc de montagne, lorsqu'il y parvint, le soleil du midi jetait ses chauds rayons sur les Tarides.

Arrivé à la tente, une Orque en sortit, voyant ce qu'il transportait, elle lui jeta un regard d'étonnement, mais il ne lui répondit pas, à la place, il hâta le pas, et entra à l'intérieur, là, il la déposa doucement sur une peau de bête; la respiration de la jeune femme était à peine audible.
Elle était sur le point de mourir, à ce stade, il n'était plus temps de soigner la blessure, il fallait recourir à la magie des éléments.

L'Orc alla s'asseoir au centre de la pièce; sa compagne revint, portant de la mousse et des bandes de tissu; lorsqu'elle le vit ainsi, elle l'interrogea:


-Es-tu sur que ce soit une bonne chose?
-Je n'ai pas le choix, il faut qu'il nous aide, sinon, elle mourra.
-Peut être est-ce dans l'ordre des choses, tu sais comme les éléments sont perturbés ces derniers temps, cela peut être dangereux.

L'Orc s'impatienta et rugit:

-Je ne la laisserais pas mourir sans rien faire !

Surprise, la femme fit un signe de tête, elle lança en sortant de la pièce:

-J'espère que tu sais ce que tu fais, Malkat.
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Ven 13 Juin - 6:40

Il tentait de se concentrer sur les flux élémentaires, cela était devenu très difficile, depuis le Cataclysme; les éléments avaient été tordus et violentés; ils avaient repoussé les chamans, et la plupart se muraient dans le silence et l'indifférence; certains se montraient extrêmement agressifs, et Malkat avait eu vent d'un drame arrivé en Tanaris, au cours duquel un chaman troll avait été déchiqueté vivant par un élémentaire de roche furieux.

Depuis le Cataclysme, Malkat et sa compagne préféraient laisser les éléments en paix, ils ne tentaient de communiquer que rarement, et seulement pour analyser l'évolution de la situation.

Il avait de grandes difficultés à se concentrer, également parce qu'il voyait le corps de Caelwyn allongé depuis lui, il l'avait déposée sur une peau de bête, face contre terre, il la voyait agoniser devant lui; elle mourrait sans reprendre conscience, sans souffrir, peut être...

Elle était revenue dans la pièce; Gora se tenait derrière lui, elle lui posa une main sur l'épaule, pour l'apaiser; le geste eut l'effet escompté, elle le connaissait bien, elle savait qu'il avait besoin de ce contact pour revenir à lui-même, pour mieux partir à la poursuite des flux élémentaires.

Il était désormais une étincelle, qui courrait sous terre, il cherchait l'Eau, il ne pouvait pas l'appeler, mais il le reconnaîtrait, et lorsqu'il le reconnaîtrait, il saurait le ramener.

Pendant qu'il était entré en profonde méditation, Gora entreprit de s'occuper de l'Elfe; avec d'infinies précautions, elle ôta la flèche, et posa aussitôt de la mousse humide sur la plaie, pour éviter l'hémorragie; elle eut un instant de frayeur lorsque la femme fut agitée d'un spasme, mais elle retomba et continua de respirer.
Elle jeta la flèche dans un coin, et tata le front de Caelwyn, puis ses bras nus, quelques écorchures superficielles, mais le plus inquiétant, c'est qu'elle était glacée, la chaleur de la vie quittait son corps; elle tourna son regard vers Malkat, s'il voulait la sauver, il devait faire vite, selon elle, la jeune Elfe n'avait plus que quelques minutes à vivre, peut être moins.

Ca y était ! Il l'avait trouvé ! Malkat revint dans son enveloppe corporelle, rouvrant les yeux, il vit un élémentaire d'eau se matérialiser devant lui, dégorgeant de l'eau dans la tente; il sembla se tourner vers l'Orc, et émit un chuintement inintelligible.

Malkat et Gora comprenaient ce langage, c'était le langage de la terre, le langage des éléments; grâce à leurs années d'entrainement et de pratique, ils étaient même capables de le parler, ou plutôt, de le ressentir, et de le partager.


-Pourquoi m'as-tu invoqué?
-J'ai besoin de ton aide, aide moi à sauver une vie.
-La vie de tes semblables m'est indifférente.
-Je t'en prie ! Tu es mon seul espoir !
-Tu place tes espoirs naïvement, jeune Orc, les choses arrivent parce qu'elles ont une raison.
-Pourquoi êtes-vous si cruels? Nous ne sommes pas responsables du Cataclysme ! Nous voulons vous aider !
-Si vous voulez nous aider, alors cessez de pratiquer cette chose futile que vous nommez chamanisme, nous n'avons pas besoin de vous, nous ne sommes pas vos alliés.
-Alors, tu me m'aideras pas...
-Je vais t'aider, à une seule condition.
-Je t'écoute.
-Je vais permettre à cet être de vivre une journée de plus, c'est à toi qu'il reviendra de l'arracher à la mort; en échange, ne m'invoque plus jamais, ou je te briserais.
-Très bien, je ferais ce que tu veux...Merci...

L'élémentaire disparu dans une explosion d'eau qui éclaboussa la tente; Malkat, trempé jusqu'aux os, se leva, il se précipita vers Caelwyn, suivi du regard par Gora, qui n'avait pas bougé; ils se penchèrent et écoutèrent.

La jeune femme était couverte d'eau, une eau étrangement collante; mais sa respiration s'était faite plus douce, moins sifflante; Gora posa ses mains sur le front, les joues, les bas de l'Elfe, et constata qu'un peu de chaleur lui était revenue, néanmoins, elle releva la tête vers son compagnon, elle sut qu'il pensait à la même chose:


-Il a dit une journée, ça veut dire que si nous ne pouvons pas la sortir de cet état avant demain, alors ce sera terminé, elle mourra.
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Ven 13 Juin - 6:40

Lorsque la nuit tomba, l'état de la jeune femme n'avait connu aucune amélioration; l'élémentaire avait été très clair: il ne lui avait donné qu'une seule et unique journée de sursis.

Malkat avait refusé de quitter le chevet de Caelwyn, même lorsque Gora lui avait demandé de se reposer; elle ne connaissait pas la jeune Elfe, mais son compagnon lui en avait parlé, il lui avait raconté, à son retour du Norfendre, alors qu'elle venait de mettre au monde leur fils, comment elle s'était enfuie, comment elle avait disparu sans laisser de trace.
Lorsqu'elle l'avait vu réagir si violemment, lui qui était pourtant toujours serein, elle avait compris qu'il s'agissait de la personne qui avait tourmenté Malkat.

Elle lui en voulait pour avoir fait du mal à son compagnon, mais aujourd'hui, à la voir dans un état si dramatique, elle ne parvenait qu'a ressentir de la pitié; elle allait mourir ici, loin de chez elle.
Gora ne croyait pas qu'ils parviendraient à sauver la vie de la jeune femme, ses blessures étaient bien trop graves, mais elle n'avait pas eu le coeur à s'en ouvrir à Malkat, elle savait que sauver cette fille était très important pour lui; au moins, elle serait là pour tenter de le réconforter, et apaiser son chagrin lorsque le moment viendrait...

Leur fils, Galzat, nommé d'après leurs deux noms, âgé d'un peu plus de deux ans, dormait dans le hamac que lui avait confectionné son père; Malkat lui, mangeait sans appétit une cuisse de trotteur.

Après avoir changé les bandages et passé une bande d'étoffe humide sur le front de leur invité, Gora quitta la pièce et partit se coucher; le sommeil la prit très vite.
Malkat, lui, n'avait pas bougé.

Alors que la nuit était bien avancée, Gora se réveilla soudainement; tâtant la couche, et constatant que Malkat n'était pas là, elle se leva, et entra dans la pièce ou avait été installée Caelwyn.
Malkat était là, assis à la même place que lorsqu'elle l'avait quitté plusieurs heures auparavant.

Elle s'assis à coté de lui, et lui murmura:


-Tu devrais venir te reposer, tu ne peux rien faire pour le moment.

Il ne répondit pas, bien sur, elle avait raison; à présent, le sort de la jeune Elfe n'était plus entre ses mains, mais uniquement entre celles du temps, mais ce temps manquait; apparemment, la flèche n'avait touché aucun organe vital, mais elle avait causé une violente hémorragie.

Ne recevant aucune réponse, elle tenta de le raisonner, elle fit appel à son bon sens, en vain, finalement, il fallu qu'elle lui propose de veiller à sa place pour qu'il consente enfin à aller dormir.
Il se leva et quitta la pièce, non sans avoir jeté un regard inquiet à la blessée.

Malkat tomba presque aussitôt dans un sommeil sans rêves; il s'éveilla au lever du jour; sa première impulsion fut de se rendre au chevet de Caelwyn.
Gora veillait, l'air épuisé; lorsqu'il l'interrogea, celle-ci lui conta qu'elle avait surprit une légère amélioration: la respiration de l'Elfe se faisait plus douce, moins oppressée.

Bien qu'elle ne signifia rien, cette nouvelle mit Malkat de bonne humeur, il envoya Gora se coucher, tandis qu'il allait s'assurer que leur fils dormait encore; puis il revint changer les bandages de la jeune femme.

Il venait de terminer le dernier bandage, lorsqu'il entendit un gémissement.
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Ven 13 Juin - 6:40

Surpris, il posa la main sur le front de Caelwyn; puis il la retira, un léger sourire apparu sur son visage renfrogné: la chaleur était revenue dans le corps de la jeune femme; sa peau était tiède; même, il le constata, l'expression de l'Elfe s'était légèrement adoucie.
Lorsque Gora était venue le relayer, le visage de l'Elfe était marqué par la souffrance et l'agonie, actuellement, ses traits étaient toujours tirés, mais il s'était opéré une légère détente, l'espoir était peut être permis finalement...

Le restant de la journée s'écoula dans un silence quasi-permanent,, Gora n'osait adresser la parole à Malkat, et celui-ci était trop préoccupé pour se rendre compte du malaise de sa compagne.

Le soleil monta haut dans le ciel, une tempête de sable se déclencha, et il se mit à régner une chaleur écrasante.
En habitués de ce climat, ils avaient depuis bien longtemps adapté leur habitat aux fluctuations qui frappaient régulièrement les Tarides; de sorte qu'ils demeurèrent dans leur vaste tente, une telle vague de chaleur pouvait durer des jours entiers, mais cela ne les inquiétait pas, leur réserve contenait une grande quantité de nourriture, et surtout, d'eau; à l'intérieur de la tente, grâce au savant agencement des peaux, qui savaient capter la chaleur, et la relâcher sans la laisser fuir, et qui protégeaient du froid et de l'humidité, la famille Orque bénéficiait d'une température modérée tout au long de l'année.

D'ordinaire, Malkat et Gora mettaient cet isolement à profit pour communiquer avec les éléments, ou bien apprendre à leur fils les rudiments du travail des peaux; aujourd'hui, après le Cataclysme, il était devenu exclut de chercher à entrer en contact avec les éléments; comme Malkat l'avait encore constaté, ceux-ci semblaient profondément affectés par cette catastrophe, qui avait eu des conséquences encore inconnues.
De fait, ils n'avaient plus qu'a s'occuper de l'éducation de leur fils, chose que Malkat semblait préférer à la méditation.
Au début, il avait tenté d'initier Galzat à l'écoute des éléments, mais lorsque Gora l'avait découvert, elle était entrée dans une colère noire, les deux amants s'étaient violemment disputés, et finalement, Malkat avait cessé de pratiquer le chamanisme en présence de son fils.
En réalité, Malkat avait accepté, car il avait compris que Gora était terrifiée par ce que les éléments en colère auraient pu faire à son fils; contrairement à lui, elle était certaine que jamais le lien entre les mortels et immortels éléments ne serait restauré.

A bien y réfléchir, c'était la dernière fois qu'elle avait vu Malkat pratiquer l'appel des éléments, un peu plus d'un an auparavant; elle avait toujours soupçonné que celui-ci n'avait pas arrêté simplement pour la rassurer, mais pour une raison plus sombre; aujourd'hui, elle se doutait que la réaction de l'élémentaire que Malkat avait invoqué la veille y était pour beaucoup.

A la nuit tombée, alors qu'approchait la fin de la journée de sursis accordée par l'élémentaire, la tension monta d'un cran dans l'habitation; Malkat ne quittait plus le chevet de Caelwyn, et Gora se trouvait avec leur fils; enfin, elle se décida à le rejoindre.

Il ne réagit pas lorsque elle arriva derrière lui; elle s'assis à coté de lui, et déposa délicatement son fils endormi sur une peau de bête; elle savait ce qui tourmentait son compagnon, elle savait que l'état de la jeune femme semblait s'être légèrement amélioré, mais elle continuait à penser qu'elle ne survivrait pas.

Ils attendaient, silencieux.

L'une des torches qui éclairaient la pièce s'éteignit, Gora se leva pour la remplacer, au même moment, Malkat ouvrit la bouche:


-Crois-tu qu'elle vivra?

Son ton était interrogatif, mais ressemblait à une supplication; Gora ne se retourna pas, elle craignait de croiser le regard de son compagnon, elle répondit, d'une voix hésitante:

-Si les dieux le veulent.

Elle allait pousser un soupir de soulagement, mais elle sursauta lorsqu'il reprit d'une voix brusque:

-Je me moque des dieux, je te demande à toi, dis moi ce que tu penses !

Elle finit par se retourner, sentant le regard de Malkat peser sur elle; il était en colère, et ça la mettait mal à l'aise, il ne s'était jamais montré violent, et il était toujours d'humeur égale; mais cette fois, un soupçon de peur pesait sur son coeur, elle craignait sa réaction si elle lui disait la vérité; mais il la connaissait tout aussi bien qu'elle le connaissait; il saurait qu'elle lui mentait, et ça le mettrait encore plus en colère; alors, légèrement tremblante, et n'osant le regarder, elle répondit:

-Je crois qu'elle ne se réveillera pas, je crois qu'elle mourra ici, et qu'elle ne reverra jamais sa terre natale.

Il poussa un rugissement qui la fit reculer; il se leva d'un bond et se dirigea vers elle; certaine qu'il allait la frapper, elle tenta de s'enfuir, mais avant qu'elle ne puisse sortir, il l'attrapa par les épaules; il la força à le regarder dans les yeux, et il cria:

-Tu te trompes !

Puis il la lâcha, et retourna s'asseoir, lui tournant le dos; le petit Galzat, réveillé par les vociférations de son père, se mit à pleurer; Gora, revenue de sa terreur première, se précipita pour prendre son fils dans ses bras, et elle quitta la pièce sans un mot.

A présent, Malkat se sentait honteux de s'être laissé à tant de rage, ce n'était pas son caractère, et il avait eu tort de s'en prendre à sa compagne, à la mère de son fils, mais, qu'elle doute de lui, qu'elle doute de ses espoirs, cela l'avait mis tellement en colère...

Perdu dans ses pensées, il se détacha de lui-même, et s'endormit sans s'en rendre compte.

Il fut réveillé en sursaut le lendemain; il lui semblait avoir fait un rêve, dont il ne parvenait pas à se souvenir, en revanche, il se rappelait avoir entendu des cris; le plus étrange, était qu'il lui semblait les entendre encore.


-Réveille-toi ! Malkat ! Réveille-toi !

C'était Gora, elle le secouait, et elle avait l'air paniqué; aussitôt il revint à lui, sa crise de la veille, sa violence soudaine; il devait lui demander pardon, il ouvrit la bouche, mais aussitôt, il entendit le cri:

-A l'aide ! Laisse-moi !

Il ferma la bouche aussitôt, et se retourna dans la direction dans laquelle regardait Gora: Caelwyn s'agitait dans son sommeil; elle hurlait, ces cris qu'il avait entendu, ce n'était pas un rêve, c'était elle qui délirait.
Il se précipita vers elle, et lui palpa le front; elle était brûlante de fièvre, mais, le délai de sursis était passé, ce qui signifiait...


-Elle est vivante.

Gora l'avait rejoint, elle le regardait avec une drôle d'expression; il acquiesça, et murmura un "pardon" en regardant par terre; elle ne répondit pas; mais se leva et quitta la pièce; elle revint bientôt en transportant quelques victuailles et des onguents pour soigner les plaies.
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Ven 13 Juin - 6:41

Caelwyn vivait, mais elle n'était pas tirée d'affaire pour autant, le danger immédiat semblait être écarté, mais un autre se présentait: la plaie s'était infectée, malgré les précautions et les efforts du couple d'Orcs.

La jeune femme était brûlante de fièvre, et sa température ne fit qu'augmenter au cours de la journée, suivant en cela la canicule qui s'installait sur les Tarides, et qui rendait impossible toute sortie.
Un autre problème préoccupait Malkat: Caelwyn semblait sortie du coma, mais uniquement pour plonger dans une sorte d'état second, elle n'avait toujours pas ouvert les yeux, ni manifesté de quelconques signes de reprise de conscience; en revanche, elle se retournait dans tous les sens, et elle criait, elle criait beaucoup; c'étaient toujours des appels aux secours, des cris de terreurs, des cris perçants, qui les empêchaient de dormir, qui réveillaient Galzat en pleurant.
Chaque fois, Malkat ou Gora se précipitaient dans la pièce, et trouvaient la jeune femme en pleine crise de terreur, dans ses mouvements, elle avait renversé la couverture dont on l'avait drapée; la seconde nuit, Gora vit que des larmes coulaient sur des joues; elle garda cette constatation pour elle; de toutes façons, personne n'y pouvait rien; nul doute que l'Elfe devait subir de nombreux tourments, au cours de son voyage dans sa propre conscience.

Désormais, elle n'était plus sûre de rien, elle avait été certaine que Caelwyn mourrait, et malgré elle, elle en éprouvait un soulagement; malgré la pitié qu'elle ressentait, elle ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir d'avoir fait souffrir Malkat, et à le voir ainsi, elle avait songé que la mort de l'Elfe serait peut être une libération.
Elle ne confierait jamais cette pensée à Malkat, trop honteuse de la ressentir pour seulement songer à la partager; mais à présent, elle ne savait plus que penser; la jeune femme avait déjoué tous ses pronostics, et bien qu'étant très malade, il était plus que probable qu'elle survive et qu'elle finisse par s'en sortir.

La canicule dura quatre jours, et fut suivie aussitôt d'une tempête de sable qui dura près d'une semaine; durant ce temps; l'état de Caelwyn se stabilisa; la plaie causée par la flèche se cicatrisa peu à peu; sa fièvre diminua, en revanche, elle ne cessa de délirer, allant même en empirant; elle s'agitait beaucoup, un matin, Malkat fut même griffé en dessous de l'oeil lorsqu'il tenta de l'immobiliser pour que Gora la fasse boire.

Enfin, deux jours avant la fin de la tempête de sable, et onze jours après que Malkat eu retrouvé Caelwyn aux portes de la mort; elle ouvrit les yeux.

Malkat venait relayer Gora à son chevet, lorsque l'Elfe s'éveilla; aussitôt, il se leva et s'approcha d'elle.
Totalement désorientée, sans aucun souvenir de ce qui lui était arrivée, Caelwyn se réveilla allongée sur une peau de bête, à l'intérieur de ce qui semblait être une vaste tente.
Alors qu'elle tentait, péniblement, de rassembler ses souvenirs; chose rendue difficile, car elle avait très mal à la tête; un bruit la fit se retourner, alors elle vit l'Orc.

Malkat était debout en face d'elle; il la regardait de haut, maintenant qu'elle était sauvée, il ressentait des émotions mêlées, une grande part de soulagement, et de la colère; celle-ci lui revenait désormais, il repensait à la trahison.

Elle ne voyait que les jambes de l'Orc; levant lentement la tête, grimaçant à cause de la douleur, ses yeux se posèrent sur le visage de l'Orc; une sensation de peur l'envahi alors, elle senti son estomac se nouer, et son coeur cessa de battre.

Il la vit pâlir lorsqu'elle le regarda dans les yeux; il vit ses yeux s'ouvrir en grand; puis sans prévenir, elle se mit à crier et à tenter de s'enfuir en s'éloignant de lui, repoussant les couvertures avec ses pieds, elle tenta de se lever, mais, trop affaiblie, n'y parvint pas; elle haletait, terrorisée; ses ongles grattaient le sol dans un geste désespéré pour fuir.

Une terreur irrépressible s'était emparée d'elle, lui paralysant l'esprit; elle n'avait qu'une seule idée en tête, s'enfuir; il allait la tuer, il allait la tuer pour se venger; elle avait peur, elle avait peur, elle avait peur...

Elle était bien trop faible pour aller loin, les peaux cousues ensembles et séchées depuis longtemps formaient un véritable mur, solide comme de la pierre, et l'ensemble de l'habitation avait été renforcé d'armatures métalliques; il se pencha vers elle; elle se retourna et le vit; alors elle se remit à crier, elle haletait, elle gémissait.

Il lui posa délicatement la main sur l'épaule, ce qui l'a fit sursauter, et émettre un cri de terreur; elle se retourna sur le dos, et se recroquevilla en position foetale, en se couvrant le visage avec les mains; à présent, elle pleurait de terreur; elle tremblait de tous ses membres; il s'accroupit à coté d'elle, et lui dit d'une voix qu'il tenta de rendre douce:


-C'est fini, tu n'as plus de raisons d'avoir peur.

Il se releva, et s'éloigna, il savait qu'elle le voyait, et pensait qu'elle se calmerait un peu si elle le voyait partir; à partir du moment ou il l'avait vue réagir avec une telle violence, toute sa colère s'en était allée; elle l'avait reconnu, il l'avait bien vu; et elle avait eu peur de lui, elle avait peur qu'il ne la tue; il eu pitié d'elle; à nouveau, il s'interrogea, comme il l'avait fait plusieurs années auparavant, il se questionna:

-Que t'es-il arrivé?

La peur, seulement la peur, rien que la peur, les larmes, le froid, la peur.

Gora entra dans la pièce, alertée par les cris inhabituels; lorsqu'elle vit l'Elfe recroquevillée, pleurante et tremblante, elle interrogea Malkat du regard; celui-ci lui fit signe de sortir; pour le moment, il valait mieux que Caelwyn ne voie qu'un seul Orc; on verrait plus tard pour qu'elle rencontre les autres membres de la famille.

Il resta assis là durant une bonne partie de l'après-midi; tandis que Caelwyn demeurait prostrée au pied du mur; lui tournant le dos, elle avait cessé de pleurer, mais elle n'osait pas dire un mot, la peur ne la quittait pas, et elle craignait qu'il ne lui fasse mal dès qu'elle ouvrirait la bouche; dans sa frayeur, elle osait à peine respirer, se forçant à ne pas faire de bruit; finalement, l'attente lui fut insupportable, alors elle interrogea d'une voix tremblante:


-Que...Qu'est-ce que tu vas me faire?

Elle l'entendit se lever; elle entendit sa démarche, son pas lourd se rapprocher; elle ferma les yeux et serra les dents; certaine qu'il allait l'achever; elle sursauta lorsqu'elle se rendit compte qu'il était penché juste au dessus d'elle, elle l'entendit prononcer:

-Pour l'instant, je vais te donner à manger.

Puis elle l'entendit tourner les talons; malgré elle, elle se retourna, pour le voir quitter la pièce; elle était toujours dans cette position lorsqu'il revint avec une gamelle contenant de la viande, et un pichet d'eau; il les posa devant elle, et sortit de la pièce sans la regarder.
Elle resta plusieurs minutes, tremblante, les larmes finissant de sécher sur ses joues; elle regardait la gamelle, et le pichet; voulait-il l'empoisonner? Non, ce n'était pas son genre; et puis, s'il voulait la tuer, elle ne pouvait rien faire, il n'avait qu'a lui écraser la tête, ou l'étrangler, ou ordonner aux éléments de la déchiqueter.
Elle avait froid; en rampant, elle récupéra la couverture qu'on lui avait donnée, et se blottit dessous; puis, hésitant encore quelques secondes, elle finit par attraper le morceau de viande.
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Ven 13 Juin - 6:41

La viande était dure, et très salée; mais cela ne la gêna pas; au moment ou elle avait senti le goût de la nourriture sur sa langue; les larmes lui montèrent au yeux, elle était affamée, et faible, et effrayée; ce simple morceau de viande lui paraissait un réconfort contre son angoisse.

Elle dévora le contenu de sa gamelle, puis vida le pichet d'eau; sa faim calmée, elle se pelotonna contre la paroi la plus éloignée de l'entrée; et se recroquevilla.
La peur l'avait momentanément quitté lorsqu'elle était en train de manger, mais à présent, elle revenait, sous la forme d'une sourde angoisse.
Elle tournait le dos à l'entrée, et n'osait pas fermer les yeux; un océan de pensées sans queue ni tête se formait dans son esprit, aussitôt remplacés par d'autres; incapable de réfléchir, elle finit par s'endormir, en serrant la couverture contre elle.

En se réveillant, le lendemain, elle mit quelques secondes à réaliser ou elle se trouvait, alors l'angoisse revint; lorsqu'elle se retourna, elle sursauta et réprima un cri: quelqu'un était venu lui apporter à manger et à boire; une gamelle contenant de la viande, semblable à celle de la veille, accompagnée de légumes crus; et il y avait deux pichets cette fois, l'un empli d'eau, l'autre contenant du lait.
Hésitant quelques secondes, elle rejeta sa couverture et se jeta sur le pichet de lait; elle ignorait de quel animal il provenait, et elle ne voulait pas le savoir.

Au moment ou les premières gorgées lui coulèrent dans la gorge, elle s'arrêta subitement; puis elle reposa brusquement le récipient, faisant gicler quelques gouttes sur le sol.
Elle se leva soudainement et couru à l'autre bout de la pièce, elle tomba à genoux et vomit bruyamment.
Quelques minutes plus tard; elle se laissa rouler sur le dos, les yeux fixés sur le plafond, dont les teintes différentes selon les peaux assemblées formaient un étrange puzzle.

Elle resta toute la journée allongée sans bouger; les yeux grands ouverts.

Dans le même temps, Malkat et Gora parlaient; l'Orc s'était senti profondément blessé par la réaction de Caelwyn à sa vision; elle s'était réellement imaginée qu'il allait la tuer; toute sa colère s'en était allée, mais elle avait été remplacée par une grande tristesse.
Il avait passé des semaines, des mois à s'imaginer leurs retrouvailles, il avait imaginé qu'elle le repousserait, qu'elle l'insulterait, voire qu'elle se montrerait violente; il avait même imaginé, sans y croire, qu'elle s'excuserait; mais jamais il n'avait imaginé qu'il la retrouverait, à demi-morte; qu'après lui avoir sauvé la vie, elle se montrerait si terrifiée par lui, qu'elle en perdrait presque la raison.

S'il n'était pas allé la voir depuis la veille au soir, ce n'était pas parce qu'il ne voulait pas l'effrayer; mais parce qu'elle l'avait terriblement déçu, confusément, il ressentait que si elle n'éprouvait que de la terreur en sa présence, alors ils n'auraient rien à se dire; il se contenterait de la nourrir jusqu'à ce qu'elle reprenne des forces, puis il la laisserait partir.

Seulement voilà: il refusait que cela se termine ainsi; il voulait savoir, pourquoi elle l'avait trahi, pourquoi elle s'était enfuie, bien qu'il pressentait que la vérité lui causerait des souffrances, elle était préférable au mensonge et à la fuite.

Gora comprenait cela; elle écoutait son amant, elle tentait de le conseiller; elle le connaissait depuis bien des années; elle l'avait vu revenir changé, plus sombre, du Norfendre; il avait vu des amis mourir, puis être réanimés sous forme de monstres assoiffés de sang; il avait invoqué les éléments pour repousser la mort; mais jamais il n'avait plié sous ces épreuves, chaque message qu'il transmettait était porteur d'espoir, et de joie de revenir bientôt.
Puis, lorsque Caelwyn s'était enfuie, les messages avaient cessés, il était revenu quelques semaines plus tard; il parlait moins, il refusait de se confier, et c'est seulement deux mois après son retour qu'il avait enfin consenti à tout lui raconter.

Par rapport aux épreuves du Norfendre, un abandon pouvait paraître secondaire, accessoire, mais Gora connaissait Malkat depuis son enfance; elle savait qu'il avait été abandonné par son propre père; qui avait fini par revenir de nombreuses années plus tard, défiguré par la magie démoniaque, ce père que Malkat avait toujours refusé de reconnaître, finissant par idéaliser celui qui l'avait abandonné; parvenant même à se convaincre qu'il était mort, et que l'autre était un imposteur.

C'était à ce moment qu'elle avait réalisé que l'abandon de Caelwyn avait réveillé en Malkat de douloureux souvenirs; à force de persévérance; Gora était parvenue à rendre le sourire à son compagnon; bien que celui-ci douta au début de pouvoir devenir un bon père; Gora l'avait convaincu que le simple fait d'être revenu du Norfendre, et d'y avoir combattu faisait de lui le meilleur père possible pour son fils.

Tout allait de mieux en mieux, jusqu'au jour ou il avait découvert l'Elfe à l'agonie.
A présent, il devait obtenir des réponses; son père était revenu, ravagé par la magie démoniaque, et avait refusé de répondre aux questions de son fils; il avait disparu de nouveau quelques semaines plus tard; et l'on avait appris sa mort aux mains d'un clan de Trolls, en tentant de profaner leurs tombeaux.
Il ne devait pas faire de même avec Caelwyn, ou il en souffrirait toute sa vie durant.

C'est dans cet état d'esprit, et presque convaincu que Malkat entra dans la pièce en milieu de soirée.
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Ven 13 Juin - 6:42

Elle entendit des pas, mais ne leva pas la tête.
Il s'assis par terre, au centre de la pièce, et attendit.

Aucun des deux ne rompait le silence, qui commença à s'éterniser, lorsque finalement Malkat questionna brusquement:


-Est-ce que tu vas me parler?

Elle ne répondit pas, et ne montra aucun signe montrant qu'elle écoutait, néanmoins, il savait qu'elle était attentive à ce qu'il disait; il reprit:

-Pourquoi as-tu cru que j'allais te tuer?

Et voilà, c'était dit; il s'était promis d'attendre avant de poser la question fatidique; il avait eu l'intention de lui demander pourquoi elle n'avait pas mangé, mais son coeur avait parlé à sa place.
Il attendit un instant, sans recevoir de réponse, alors, s'impatientant, il s'apprêta à répéter lorsqu'il fut interrompu:


-Pourquoi as-tu cru que...

-Qu'est ce qui m'est arrivé?

Il se tut; elle avait un ton calme; la même voix froide qu'il lui connaissait depuis des années; il hésita un instant, puis se dit qu'il devait lui répondre, peut être qu'il apprendrait ainsi ce qui s'était passé ces deux dernières années.

-Je t'ai retrouvée à la sortie d'Orneval il y a une dizaine de jours; tu avais une flèche dans le dos, et tu avais perdu beaucoup de sang.

Il s'interrompit, attendant qu'elle parle, il espérait peut être un merci, mais rien ne vint; poussant un soupir, il continua:

-Je t'ai ramenée ici, et nous t'avons soignée.

Il s'attendait à une question, qu'elle demande qui était ce "nous"; mais toujours rien; il décida d'interroger la jeune femme:

-Qu'est-ce qui s'est passé? Pourquoi étais tu là-bas?

Il finissait par penser qu'elle ne répondrait pas; mais sa voix s'éleva, elle parlait lentement, toujours de ce ton froid et détaché:

-Le Chef de guerre a donné l'ordre d'envahir Orneval et d'y établir un poste avancé. Les Elfes nous ont attaqué et nous ont débordé, notre commandant nous a donné l'ordre de fuir, alors j'ai obéit.

Ce qu'il entendait lui faisait froid dans le dos; elle résumait en quelques mots, sans la moindre émotion, le carnage dont il avait constaté les conséquences; pire, elle parlait d'elle-même avec détachement; ses réflexions furent interrompues, elle venait de lui poser une question:

-Alors, tu m'as sauvé la vie?

Il se contenta de répondre simplement:

-Oui.
-Tu n'aurais pas du...

Il n'en cru pas ses oreilles; quoi ! Il avait eu tord de la sauver? De l'arracher aux griffes de la mort? Il se convainquit d'avoir mal entendu, et demanda:

-Tu aurais préféré que je te laisse mourir?
-Oui...

Il tenta un instant de se convaincre qu'il avait mal entendu, encore une fois; mais c'était un mensonge; il lui avait demandé si elle aurait voulu mourir, et elle avait répondu oui, un oui très net, il n'y avait pas d'erreur, elle avait répondu de cette voix froide et tranchante, si habituelle chez elle; même s'il y avait décelé un léger tremblement.
C'était inconcevable ! Pourquoi aurait préféré périr aussi misérablement? Il oublia ses promesses, et perdit patience; il tapa du poing par terre, et s'exclama:


-Qu'est-ce que tu racontes ! Pourquoi voudrais tu mourir?!

Caelwyn se redressa soudainement; des larmes coulant sur ses joues, elle cria d'une voix perçante:

-Parce que je n'ai plus de raison de vivre ! Je ne veux plus souffrir !

Stupéfait par ce geste soudain, il bascula en arrière; en se relevant, il vit que la jeune Elfe pleurait, le visage dans ses mains; des larmes coulaient entre ses doigts s'écrasaient par terre; il l'entendait haleter et sangloter.
Confus, il se leva et s'approcha d'elle, il se pencha, et demanda avec douceur:


-Est-ce que tu vas me raconter ce qui t'es arrivé, cette fois?
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Ven 13 Juin - 6:42

Elle leva la tête, le visage baigné de larmes, et fit non de la tête, puis replongea dans ses mains.
Elle avait honte de se montrer ainsi, cette...Faiblesse, elle se haïssait pour cela, mais c'était plus fort qu'elle, toute cette torture devait se terminer...

Durant la journée qu'elle avait passée seule, et quasiment prisonnière, elle n'avait rien eu à faire, aucune activité pour s'occuper l'esprit, en réalité, pour se fuir elle-même.
Lorsqu'elle avait porté les lèvres au pichet de lait, une foule de souvenirs et de sentiments lui étaient revenus; des choses qu'elles avait depuis longtemps remisées, qu'elle enfermait dans un recoin de son esprit, comme une chose sale sur laquelle on aurait jeté une couverture.
Sauf que cette chose, c'était sa vie, c'était son passé; son existence, telle qu'elle était, lui était réapparue brutalement, elle n'avait pas pu supporter, et avait rendu son repas.

Ensuite, allongée sur le dos, elle n'avait pas pu arrêter le flot de ses souvenirs, de sa souffrance,qui lui étaient revenus, toutes ces choses qu'elle enfermait en elle, et qu'elle refusait de partager avec quiconque; et maintenant, Malkat lui demandait encore de tout lui raconter? Non ! C'était impossible; elle songeait encore à ces moments...

Il la regardait, perplexe; elle avait craqué, mais pourquoi? Il comprenait qu'elle avait du beaucoup souffrir pour avoir envie de mettre fin à ses jours, mais il ne pouvait pas permettre cela; il questionna de nouveau:


-Caelwyn, tu ne peux pas rester à pleurer sur toi-même, raconte moi tout, je peux peut être t'aider.

De nouveau, elle hocha négativement la tête; il ne pouvait pas l'aider, personne ne le pouvait; cette fois, il sembla contrarié, il reprit, sur un ton moins chaleureux:

-Bon sang ! Tu ne peux tout de même pas continuer comme ça ! Tu veux continuer à être envoyée pour des missions suicide, comme à Orneval?

Elle leva la tête et fixa sur lui ses yeux verts, dont la couleur commençait nettement à s'estomper; elle répondit d'une voix très douce:

-Pourquoi crois-tu que je me sois portée volontaire?

Choqué, il referma la bouche; elle ne pleurait plus, et se contentait de regarder droit devant elle; Malkat quand à lui n'en revenait pas, elle était vraiment sérieuse, il avait cru que son délire morbide ne soit provoqué que par une réaction nerveuse; mais elle cherchait réellement à mettre fin à sa vie; mais dans ce cas...

-Pourquoi tu ne t'es pas tuée toi-même?

Elle ouvrit grand les yeux, sa bouche s'ouvrit pour former un o de stupéfaction; puis elle baissa la tête et ne répondit pas; il comprit ce que ça signifiait: elle voulait mourir, mais était trop lâche pour mettre elle-même fin à ses jours.
Il sentait qu'il ne progressait pas; elle se refermait sur elle-même, il décida alors de changer d'angle d'attaque; il se leva et se dirigea vers la sortie de la pièce.
Lorsqu'elle le vit faire, elle lui demanda:


-Qu'est-ce que tu fais?

Il nota avec une certaine satisfaction qu'elle était anxieuse; il préférait ça à une terreur injustifiée; et ça voulait également dire qu'il pouvait la pousser à parler, s'il parvenait à manoeuvrer correctement; il répondit sans se retourner:

-Tu ne veux pas parler, je ne vais pas perdre mon temps à insister; je vais te laisser, et dès que tu seras remise, tu partiras.

Il s'apprêta à sortir, son coeur battait la chamade, il savait qu'il jouait un gros coup de bluff; si elle le laissait sortir, c'était terminé, il n'aurait plus d'autre chance, mais...

-Attends !

Il s'arrêta, elle poursuivit:

-Ne me laisse pas.

Il reprit son mouvement, et répondit:

-Te laisser? Tu veux dire comme tu m'as laissé en Norfendre?

Il regretta aussitôt ces mots, il n'avait pas prévu, pas calculé ça, mais l'Orc blessé en lui avait protesté, il lui disait que c'était trop facile, il se sentait enclin à pardonner, et cette partie de lui-même, mesquine, rancunière, ne le voulait pas; au moins pas avant d'avoir une bonne explication.

Elle pâli en entendant ces mots, suppliante, elle répondit:


-S'il te plait...

La partie de lui-même qui tenait rancune à Caelwyn fut tentée de partir tout de même, et de la laisser souffrir seule; mais il chassa immédiatement cette mauvaise pensée; Malkat s'approcha de l'Elfe et s'accroupit devant elle; il demanda:

-Est-ce que tu vas tout me raconter?

Elle était pâle, mais elle hocha la tête, il s'assit alors et écouta.
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Ven 13 Juin - 7:09

Lorsqu'elle commença à parler, ce fut d'une voix hachée; elle s'interrompait tous les trois ou quatre mots, le regard plongé dans le vague; puis, les mots semblèrent lui venir plus facilement.

Malkat, attentif et silencieux, apprit comment la famille de Caelwyn avait été massacrée par le Fléau, lors de l'attaque de Quel'Thalas, comment elle avait vu sa soeur Alwyn se faire égorger sous ses yeux, comment le sang avait giclé; comment elle avait réussi à survivre, en se cachant sous une pile de déchets, comment, sans s'en être rendue compte, elle était sortie, et avait marché, pieds nus, dans les rues en flammes de la cité elfique, comment elle avait marché au milieu de rivières de sang; avant qu'un soldat ne l'entraîne vers un groupe de survivants, sans quoi elle aurait connu le même sort que les malheureux qu'elle voyait gisant, égorgés, éventrés, parfois décapités; leurs cadavres abandonnés là ou ils avaient été assassinés.

Lorsque Caelwyn parla de sa soeur; sa voix se mit à trembler, de grosses larmes roulèrent sur ses joues; et elle du même s'arrêter lorsqu'elle évoqua la mort de celle-ci.

Malkat eu envie d'intervenir, mais il s'abstint, comprenant instinctivement qu'il devait laisser l'Elfe pleurer; après quelques minutes de silence, seulement entrecoupé par les sanglots de Caelwyn, elle sembla se reprendre, et continua son récit, les larmes lui roulaient toujours sur les joues, mais il semblait à Malkat que la crise était terminée.


-On m'a emmenée avec des survivants qui fuyaient la ville, il y avait des flammes, tout était en train de brûler, il faisait très chaud, et l'odeur...

Malkat demeura silencieux; il savait, il savait l'odeur qu'émettait un corps en train de brûler, il tentait de se représenter une cité entière en proie aux flammes, des milliers de personnes assassinées, la puanteur du sang se mêlant à celle de la chair en combustion...
Il réprima un frisson, que Caelwyn, les yeux dans le vague, ne remarqua pas:


-Je ne me souviens pas ce qui s'est passé ensuite, mais quand je suis revenue à moi, Il était là...

Elle sursauta et commença à trembler, surpris, Malkat lu la peur dans les yeux de l'Elfe, elle regardait tout autour d'elle, fébrile; elle se tordait les mains nerveusement et elle devint très pâle.
La réaction de Caelwyn était étrange, l'Orc eut l'intuition que c'était l'évocation de ce "Il" qui la mettait dans cet état; et voyant qu'elle ne se calmait pas, et pire, semblait de plus en plus angoissée, il ouvrit la bouche:


-Qui est ce "Il"?

Elle sursauta de nouveau et le regarda dans les yeux; Malkat réalisa alors qu'il était en dessous de la réalité: elle n'était pas angoissée: elle était complètement terrorisée; il réitéra sa question:

-Caelwyn, qui est ce "Il"?

Elle se mit à gémir et ne répondit pas; elle serra la couverture contre elle et tenta de faire toute petite en se reculant vers le mur du fond.
Malkat s'approcha lentement, pour ne pas l'effrayer davantage; il lui paraissait évident qu'elle était dans un état de panique totale; et que le moindre mouvement brusque lui ferait perdre les pédales; il avait déjà son idée sur la raison de cette terreur, mais il fallait qu'il en ait le coeur net, alors il interrogea de nouveau l'Elfe:


-Est-ce qu' "Il" t'a fait du mal?

Elle gémit encore, plantant ses yeux vert clairs dans les siens, il y lu l'horreur, le désespoir; elle était incapable de répondre; hochant la tête, il se leva, il hésitait à la laisser ainsi, mais il pensait qu'il valait mieux la laisser seule pour le moment; de toutes les manières, il se sentit soulagé de quitter la pièce, ce qu'il avait appris à propos de la vie passée de Caelwyn, comment elle avait perdu sa famille, et surtout sa soeur, qui avait été horriblement assassinée devant elle; le troublait, il se sentait pénétré par la souffrance de la jeune femme.

En allant voir Gora, soudain un détail lui revint en mémoire; il revoyait vaguement Caelwyn se tétaniser lorsqu'elle avait vu Malkat s'entailler la main avec un couteau, un jour que celui-ci lui avait glissé dans la main; il la revoyait très nettement, le visage pâle, les lèvres serrées; il redressa la tête, et tenta d'imaginer la jeune femme marcher pieds nus dans le sang; il frissonna de nouveau et se força à chasser cette vision; maintenant il comprenait...

Il revint vers elle quelques dizaines de minutes plus tard; mais il ne put rien en tirer, elle semblait s'être calmée; mais il lisait toujours la terreur dans les yeux de l'Elfe; elle semblait très loin, hors de portée.
En déposant de la nourriture et de l'eau, il espéra qu'elle puisse revenir; il avait la sensation que ce "Il" cachait une vérité plus sombre...
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Ven 13 Juin - 8:35

Remuant ces pensées, il alla voir Gora, celle-ci venait de coucher le petit, lorsqu'elle l'entendit arriver, elle se retourna vers lui; Malkat lui révéla alors tout ce qu'il venait d'apprendre; lorsqu'il en vint à évoquer la terreur qui l'avait frappée, Gora l'interrompit:

-Et elle ne t'a pas dit qui c'était?
-Non, elle est restée prostrée, à me regarder, comme si elle ne me voyait plus.

Gora semblait pensive, Malkat le remarqua et la questionna:

-Qu'y a-t-il? Tu sais quelque chose?
-Je ne sais pas, quand je lui ait ôté sa tunique pour nettoyer les plaies, j'ai vu quelque chose.
-Qu'est-ce que tu as vu?
-Elle a plusieurs cicatrices sur la poitrine, juste en dessous des seins; je ne t'en ait pas parlé, parce que ça ne me semblait pas important.

Malkat paru perplexe, il reprit:

-Est-ce que tu sais ce qui a pu les provoquer?
-Oui, je me suis fait la réflexion quand je les ait vues: ça ressemble à des coups de poignard.

Elle n'eut pas le temps de continuer que Malkat avait déjà quitté précipitamment la pièce; Gora sortit en murmurant pour elle-même:

-Je ne sais pas qui lui a fait ça, mais c'est un miracle qu'elle soit encore en vie...

Il revint en trombe dans la chambre qu'occupait Caelwyn, en le voyant arrivant ainsi, elle sursauta et recula; se rendant compte qu'il lui faisait peur, il s'arrêta et s'efforça de se calmer, il demeura ainsi plusieurs minutes, les deux anciens coéquipiers se regardant dans les yeux.
Finalement, il interpella l'Elfe, et lui demanda:


-Est-ce que tu es prête à me répondre?

Légèrement tranquillisée, elle hocha la tête; il reprit alors:

-C'est "Lui" qui t'a fait ça, n'est-ce pas?

Elle le regarda sans paraître comprendre; mais il vit qu'elle s'était remise à trembler de façon imperceptible, il poursuivit:

-Gora m'a dit qu'elle avait vu tes cicatrices, c'est lui qui t'a fait ça.

Ce n'était pas une question, mais une véritable affirmation; la réaction de Caelwyn, puis la révélation de Gora avaient déclenché une réaction dans son esprit: il était absolument certain que les cicatrices que Caelwyn portaient avaient été causées par la malfaisance de ce "Il" qui terrifiait tant l'Elfe.
Caelwyn devint instantanément très pâle; elle tira nerveusement sur sa tunique, comme pour cacher son corps.

La colère que Malkat avait senti surgir en lui disparu lorsqu'il vit ce geste dérisoire, il s'assit par terre, et cette fois, questionna d'une voix douce:


-C'est "Lui" qui t'a fait ça, n'est-ce pas?

Il fallu un long moment, durant lequel l'Orc et l'Elfe se regardèrent sans un mot, puis Caelwyn détourna le regard, et hocha très légèrement la tête; Malkat eut le temps de voir que de nouvelles larmes se formaient au coin des yeux de la jeune femme.

Il sentit à nouveau la colère monter en lui, colère contre cet inconnu qui avait manifestement fait beaucoup de mal à Caelwyn; mais il savait que ce n'était pas le moment de laisser cette colère prendre le dessus, il ne pouvait pas non plus permettre que sa colère se voie, il risquait de la braquer de nouveau, et il ne pourrait plus rien tirer d'elle.

Il se passa quelques minutes, Caelwyn détournait toujours la tête; lorsque Malkat reprit, en s'efforçant de rendre sa voix aussi douce que ferme:


-Qui est-ce?

Il attendit quelques instants, sans recevoir de réponse; alors qu'il s'apprêtait à recommencer, elle répondit d'une voix sans timbre:

-Il s'appelle Salios.

Il y eu encore un moment de silence, puis elle reprit:

-C'est mon cousin.

Abasourdi par la révélation de ce lien de parenté, Malkat demeura bouche-bée; décidant qu'il serait inutile et cruel de tourmenter encore la pauvre Elfe; il quitta la pièce en silence.

Il retourna ces pensées tout au long du repas qu'il partagea avec Gora, à qui il confia ce qu'il avait entendu, celle-ci lui révéla alors que les cicatrices, dont elle en avait dénombré une demi-douzaine, montraient que les blessures avaient été très profondes, elle lui fit part de la réflexion qu'elle s'était faite à ce moment, et qu'elle s'était de nouveau faite au cours de l'après-midi: la jeune femme n'avait survécu que par miracle.

Gora alla se coucher, effleurant tendrement le bras de son compagnon au passage; Malkat, lui, resta quelques instants, puis rejoint Gora dans leur lit.
Il ne parvint pas à s'endormir, tournant et retournant sans cesse le nom du tortionnaire de Caelwyn; ce nom lui était totalement inconnu, et il ne parvenait pas à comprendre pourquoi son propre cousin l'avait poignardée, dans l'intention manifeste de la tuer.

Il s'endormit sans parvenir à découvrir un lien.

A beau milieu de la nuit, Malkat s'éveilla en sursaut, trempé de sueur; il se redressa et s'assit dans le lit, à ses cotés, Gora grogna et se retourna, mais il ne s'en rendit pas compte.
Il se remémorait des souvenirs, lorsqu'ils croisaient des Elfes de sang; il se souvenait des regards que ceux-ci leur jetaient, les murmures...
Non...Ils ne les regardaient pas; ils regardaient Caelwyn, il se souvenait d'avoir entendu un jour un Elfe taper sur l'épaule de son camarade, et lui chuchoter "Dis donc, t'as vu cette petite?" et l'autre avait répondu "Ca oui, c'est un joli petit lot".
Il n'y avait pas pris garde à l'époque, car il n'avait qu'a moitié entendu, et même en y repensant, il n'était même pas certain que c'était bien ces mots que les Elfes avaient prononcés; et puis, ils ne parlaient peut être pas d'eux...
Mais maintenant, au milieu de la nuit, frissonnant à cause de la sueur froide qui lui coulait le long du dos, il réalisait que Caelwyn attirait les regards masculins, malgré le fait qu'elle n'était jamais maquillée ou coiffée comme certaines Elfes qu'il avait eu l'occasion de voir, à grand renforts de laque et de bijoux, elle était sans doute selon les canons Sin'Dorei, une jolie femme.

Il se souvint alors d'un autre détail, auquel il n'avait pas prêté attention à l'époque: Caelwyn semblait ne pas apprécier les hommes Elfe de sang; elle ne leur parlait jamais, et lorsqu'ils avaient affaire à un groupe, elle restait toujours en arrière...

L'esprit agité et encore embrumé de sommeil, il tentait de recoller les morceaux du puzzle; soudain, le déclic se fit, un grand frisson lui souleva la poitrine et il se frappa le front du plat de la main, oubliant complètement la présence de Gora, il s'exclama:


-Bon sang !

Il se leva brusquement, complètement nu, rejetant la couverture de peau, il sortit de la pièce à grandes enjambées, il ne sentait plus la fatigue, la vérité, le pénétrant totalement, l'avait complètement réveillé.

Il s'apprêtait à entrer dans la chambre de Caelwyn lorsqu'il se souvint qu'on était en plein milieu de la nuit; il s'arrêta, hésitant, se demandant s'il devait la réveiller; finalement, il estima que ce n'était pas une bonne idée.
Il rebroussa chemin, passant devant la chambre qu'il partageait avec Gora, il n'y entra pas; il était à présent trop énervé pour songer à dormir; la colère bouillonnait en lui, alors qu'il pensait et repensait à ces souvenirs, et à ce qu'il avait appris.
C'était clair à présent: Salios, le cousin de Caelwyn, avait profité de la détresse de la jeune femme pour tenter d'abuser d'elle; puis, pour une raison quelconque, l'avait ensuite poignardée.
Voilà pourquoi la jeune Elfe semblait montrer un tel ressentiment envers les mâles de son propre peuple.

Il faisait les cent pas dans le couloir; liant entre eux les derniers éléments; soudain, un autre souvenir lui revint; celui d'une Caelwyn au bord de la crise de nerf après qu'il lui ait posé la main sur l'épaule, le souvenir du coup de poing qu'elle lui avait asséné au visage, il se souvint du bruit de craquement qu'il avait entendu lorsqu'elle s'était cassée un doigt...
Il murmura:


-C'est pour ça qu'elle ne supporte pas qu'on la touche...

Elle avait survécu à son viol, et à la tentative de meurtre de son bourreau, mais cela l'avait profondément traumatisée; il ressentit une immense vague de haine et de dégoût à l'égard de ce Salios, un être indigne, dont le devoir était de soutenir sa cousine après la destruction de Quel'Thalas et la mort de sa famille, et qui, au lieu de se monter protecteur, lui avait causé encore plus de souffrances, et avait détruit sa vie...

Il finit par retourner se coucher, mais ne se rendormit pas; ruminant toute la nuit, il attendait que le jour se lève.

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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Lun 14 Juil - 20:55

Le jour mit un temps infini à se lever.

Malkat avait fini par céder au sommeil, mais lorsque les pièces de cuir cousues laissèrent passer les premiers rayons du soleil, il s'éveilla immédiatement.
Se levant brusquement, sans même prêter attention à ne pas réveiller Gora, il se dirigea vers la chambre de Caelwyn, après avoir enfilé une tunique déchirée, déposée là pour être raccommodée.

La jeune femme dormait, recroquevillée sous la couverture; en observant son visage, il vit qu'elle avait encore pleuré; et elle n'avait pas touché à sa nourriture, en revanche, les pichets étaient vides.

Il se pencha vers elle et lui secoua légèrement l'épaule; la jeune femme s'éveilla en sursaut, les yeux grand ouverts, elle fixa son regard sur celui de Malkat, semblant y lire quelque chose, elle prit un air suppliant et détourna la tête.

Se remémorant ses réflexions de la nuit, Malkat décida d'en avoir le coeur net, sans laisser le temps à la jeune Elfe de réagir:


-Caelwyn, est-ce que ton cousin a abusé de toi?

La réaction fut immédiate: Caelwyn sursauta et perdit toute couleur; elle se tordit les mains et resta silencieuse; cette réaction valait le plus long des aveux pour Malkat; sentant la colère l'envahir de nouveau, il se leva et s'exclama:

-Ou est il? Ou est ce misérable?

Toujours prostrée, la jeune femme secoua la tête négativement, Malkat s'approcha vivement et l'attrapa par les pans de sa chemise, il se mit à la secouer en criant:

-Réponds-moi ! Ou est ce monstre?! Réponds-moi Caelwyn !

Étrangement, la brusquerie de l'Orc fut accueillie dans l'indifférence par la jeune Elfe; elle secoua de nouveau la tête; furibond, Malkat la lâcha et se leva; il se mit à faire les cent pas en gesticulant et en vitupérant:

-Par la hache de Grom ! Caelwyn, tu ne peux pas laisser ce misérable détruire ta vie ! Regarde toi ! C'est ça que tu veux? Tu veux vivre ainsi?

Cette fois, elle ne remua pas la tête; les yeux baissés, elle demeurait assise, les mains légèrement tremblantes; hors de lui de voir la jeune Elfe aussi passive, il s'apprêta à recommencer, quand il sentit une pression sur son épaule.
Gora s'approcha, et s'adressa à lui d'une voix apaisante:


-Laisse-moi m'en occuper, il y a des choses qu'une femme ne peut dire qu'à une autre femme.

Malkat, frappé de ce raisonnement, hocha la tête; il tourna les talons et quitta la pièce en silence; Gora attendit qu'il soit sorti, puis s'approcha lentement de Caelwyn, elle s'assit à coté d'elle, sans la regarder.
Au bout d'un moment de silence, elle entama la conversation:


-Quand Malkat m'a parlé de vous, il était très enthousiaste, il me racontait qu'il avait rencontré une personne qu'il pouvait considérer comme un membre de sa famille; il me contait également qu'il sentait quelque chose en vous qui semblait vous peser.

Gora laissa un instant de silence passer; elle ne s'attendait pas à ce que l'Elfe lui réponde, et en effet, celle-ci demeura silencieuse; Gora reprit alors:

-Puis, je suis tombée enceinte, et Malkat est parti combattre en Norfendre; je voulais l'accompagner, mais il fallait penser à notre enfant, alors je suis restée ici, et je l'ai attendue.
Je recevais ses lettres, il me parlait toujours de vous, il me disait qu'il pouvait compter sur vous, et qu'il pouvait vous confier sa vie sans hésitation.

Un mouvement des mains de l'Elfe indiqua à Gora qu'elle l'écoutait attentivement, elle décida de continuer:

-A force d'entendre parler de vous, j'ai eu envie de vous rencontrer, puis, il y a eu les réjouissances, quand le Roi-liche est mort...

Elle avait fait mouche, les mâchoires de l'Elfe se serrèrent; ses mains se remirent à trembler; l'Orque poursuivit, faisant semblant de rien:

-Quand Malkat est rentré, il avait changé, il a fallu beaucoup de temps avant qu'il n'accepte de me parler, qu'il n'accepte de m'en parler; je croyais que les choses qu'il avait vues là-bas l'avaient profondément troublé; j'avais tort, je l'ai compris quand il m'a expliqué que vous aviez disparu sans laisser de trace, que vous l'aviez abandonné...

Cette fois, Caelwyn leva les yeux, elle échangea un regard avec Gora, qui l'observait d'un air qu'elle voulait neutre, l'Orque continua:

-Je vous en ait voulu, je vous ait même détesté pour avoir fait souffrir Malkat; j'ai même rêvé de vous avoir en face de moi, et de vous faire payer.

L'Elfe planta de nouveau ses yeux dans ceux de Gora, celle-ci constata de la frayeur chez Caelwyn; qu'elle s'efforça d'ignorer:

-Quand Malkat vous a trouvée, et vous a ramenée ici, aux portes de la mort, j'ai essayé de le soutenir, mais au fond de moi, j'espérais que vous alliez mourir, cela me paraissait juste, et puis, je n'aurais rien eu à voir avec ça.

Gora cessa de parler; elle se sentait honteuse d'avouer ces penchants, d'autant qu'elle n'avait jamais osé l'avouer à Malkat, et n'avait pas l'intention de le faire.
Caelwyn restait silencieuse, mais elle se mordillait les lèvres; finalement, après un long silence pesant, Gora reprit:


-Finalement, vous avez survécu, et croyez-moi, cela n'a pas été facile.
Et finalement, c'est là ou je voulais en arriver: ces derniers jours, j'ai appris des choses sur vous, des choses terribles, que je n'aurais jamais osé imaginer; j'ignorais que vous aviez pu souffrir à ce point, et je ne peux pas imaginer les tortures que vous avez du endurer.

L'Orque prit un instant pour reprendre son souffle; à présent, elle voyait des larmes couler sur les joues de l'Elfe; cependant, elle ne semblait toujours pas décidée à parler:

-Vous savez que Malkat a raison, Caelwyn, voulez-vous vraiment vivre ainsi jusqu'à la fin de votre vie? Écoutez-moi.

Prenant une grande inspiration, elle attrapa une des mains de l'Elfe, qui leva les yeux vers elle; et se laissa faire; Gora continua en la regardant droit dans les yeux:

-Je sais que vous avez peur, je le vois dans vos yeux, je le sens dans vos tremblements de main; je vous en prie, Caelwyn, il faut me parler, ne laissez pas cette peur vous dominer pour toujours.

Caelwyn ferma les yeux, lorsqu'elle les rouvrit, elle s'efforçait de ne pas regarder Gora; puis elle parla, la voix tremblante, hésitante.

Quelques minutes plus tard; Malkat, qui s'occupait de son fils, entendit sa compagne arriver derrière lui; sans se retourner, il questionna:


-Est-ce qu'elle t'a parlé?
-Oui, j'ai réussi à la convaincre, elle m'a tout raconté.

Malkat déposa délicatement son fils dans le hamac qui lui servait de lit, et se retourna, il s'approcha de Gora et la prit entre ses bras:

-Raconte-moi.
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Lun 14 Juil - 22:27

-Tu avais raison: elle a subi des abus.
-Rhaaaaa ! Je le savais ! Ordure !

Malkat était fou de rage, il serra les poings et les jeta dans le vide, frappant un ennemi imaginaire; Gora le regardait faire; troublée par ce qu'elle ai]vait entendu, elle se sentait presque encline à faire de même,néanmoins, il fallait qu'elle poursuive son récit:

-Son cousin, Salios, il l'a recueillie après la destruction de Quel'Thalas; il s'est bien occupée d'elle.

Malkat, redevenu silencieux, l'écoutait, mâchoire serrée.

-Elle a dit qu'il la faisait même manger quand elle voulait se laisser mourir de faim, qu'il lui a sauvé la vie quand elle était au plus mal...

Tout en parlant, Gora se demandait à quel point Caelwyn était attachée à son cousin; lorsqu'elle lui avait raconté ce qu'il lui avait fait, il lui était paru évident que ses sentiments étaient très confus à son égard, mais c'était probablement ce qui la détruisait le plus.

-Et un soir, alors qu'ils approchaient d'une garnison, il s'est glissé sous sa couverture, et il a commencé à la toucher...
-Ca suffit, n'en dis pas plus !

Interrompue par Malkat, elle se tut; elle réfléchit un instant, il connaissait déjà toute l'histoire, peut être n'était-ce pas la peine qu'elle lui répète ce qu'il savait déjà, pourtant, il lui paru important de préciser:

-Il ne l'a pas déshonorée, elle s'est débattue, elle a crié, et il a pris peur.

L'Orc ferma les yeux, et questionna lentement:

-C'est à ce moment qu'il a essayé de la tuer...
-Oui...
-Alors, les cicatrices que tu as vues, c'était bien des marques de coups de poignard.
-Oui...

Il serra de nouveau les poings, et sortit de la pièce; Gora le suivit, inquiète sur ce qu'il préparait; il débarqua dans la chambre de Caelwyn, qui mangeait, la tête baissée; et lui posa une simple question:

-Est-ce qu'il est encore en vie?

La jeune femme reposa le morceau de viande qu'elle tenait; et répondit d'une voix faible:

-Je ne sais pas...

Ce fut tout; Malkat tourna les talons et quitta la pièce, laissant Caelwyn, la main ballante, les yeux toujours baissés; Gora s'approcha et s'accroupit à ses cotés.

L'Orc s'approcha de la porte de toile épaisse qui faisait office d'entrée de l'habitation, il la souleva avec précautions et jeta un oeil dehors; aussitôt, un air chaud et sec lui souffla au visage, mais la vision était dégagée; il pouvait apercevoir les hauts murs d'Orgrimmar; il rabattit la porte et se dirigea vers sa chambre.

Quelques minutes plus tard, Gora le rejoignit, elle le trouva en plein préparatifs; ses bottes en peau de kodo, ses vêtements épais, et néanmoins aérés, conçus pour résister à la chaleur écrasante du jour, et au froid parfois glacial de la nuit.
Elle savait ce que signifiaient ces préparatifs, mais elle l'interrogea cependant:


-Que veux-tu faire?
-Elle dit qu'elle ne sait pas; mais je connais quelqu'un qui saura.

Elle s'assit à coté de lui; lui posant une main sur l'épaule, elle reprit:

-D'accord, en supposant qu'il puisse t'aider; et en supposant qu'il soit en vie, que compte tu faire?

Le regard que lui jeta Malkat la glaça; elle sentit ses entrailles se rétrécir, alors qu'il répondait:

-S'il est en vie, je le retrouverais, et je lui ferais regretter de ne pas avoir été démembré par ces mort-vivants.

Elle ne répondit pas, et se leva; lentement, elle quitta la pièce; désormais, elle le comprenait, Malkat ne parviendrait pas à trouver le repos tant qu'il n'aurait pas accompli cette vengeance; elle se surprit à espérer que Salios soit mort depuis des années; dans le cas contraire, et bien...
Elle pressentait que les menaces des éléments à l'encontre des chamans seraient bien dérisoires à coté de ce qu'il subirait.

Malkat partit alors que le soleil était haut dans le ciel; à pieds, cheminant rapidement, habitué à ce climat; il disparut rapidement à l'horizon; il était allé embrasser son fils, et après avoir étreint sa compagne avec plus de tendresse que d'habitude, il lui avait recommandé de prendre soin de Caelwyn, et de ne rien lui raconter, pour le moment.

Gora rentra dans la tente, le départ de Malkat la ramenait un peu plus de deux ans en arrière, lorsqu'il avait rejoint les troupes de la Horde, afin de lutter contre le Fléau; cette fois, son départ durerait moins longtemps, mais elle avait le pressentiment que sa quête entraînerait mort et destruction sur son passage.

Lorsque Malkat parvint à Orgrimmar, la nuit était bien avancée, se faisant ouvrir les grilles, il pénétra dans la grande cité de la Horde; considérablement agrandie depuis quelques années; grouillant d'activité le jour, la nuit, la capitale était pratiquement silencieuse; seul le battement des ailes des wyvernes des kor'krons patrouillant dans les airs troublait ce calme.
Malkat savait parfaitement ou se rendre; espérant le trouver, il enchaîna plusieurs ruelles tortueuses, ou il rencontra un Troll à moitié endormi, qui tenta de lui vendre de l'alcool de contrebande; et une étrange substance qu'il nommait le skouma; l'Orc déclina poliment l'offre et continua son chemin, le Troll le suivit durant quelques mètres, avant de tomber raide endormi, émettant un ronflement sonore.

Finalement, il aperçut le bâtiment qu'il cherchait, la lueur d'un brasier émanait d'un bâtiment, niché au fond d'une impasse; de l'intérieur, on pouvait entendre des rires gras et des bruits de bouteille cassées.
Malkat pénétra dans la taverne; malgré l'heure tardive, l'endroit était rempli, la plupart des clients étaient des Elfes de sang, mais on y trouvait également des Orcs et des Taurens; il s'avança jusqu'au comptoir, tâchant de ne bousculer personne; le patron, un Gobelin mal rasé, à l'air patibulaire, s'avança et lui jeta un regard torve:


-Ouais?!
-Je cherche un ami...
-Ici c'est une taverne, la maison de passe, c'est à Lune d'Argent !

Le Gobelin tourna résolument le dos à l'Orc et entreprit d'essuyer un verre avec un torchon sale; Malkat se pencha en avant et lui toucha l'épaule; le Gobelin se retourna vivement, prêt à appeler les gros bras qui se tenaient à l'entrée; le chaman reprit:

-Vous ne m'avez pas bien compris, je cherche un ami, du genre royaliste, vous voyez ce que je veux dire?

En même temps, il sortit une bourse et la tendit au Gobelin, qui ouvrit les yeux et hocha la tête d'un air entendu; faisant disparaître en un éclair la bourse au fond de la poche de son tablier, il jeta son torchon à une Elfe de sang qui servait les boissons:

-Chérie, tu prends le relais, je prends une pause !
-Oh non pas encore !
-La ferme, oublie pas qui est le patron ici !

L'Elfe fit la moue mais s'exécuta; le Gobelin quitta son comptoir et s'approcha de Malkat; il lui fit signe de le suivre.
Ils se rendirent au fond de la pièce, là, le barman farfouilla sous une table, et une porte dissimulée dans le mur s'ouvrit; le Gobelin fit signe à Malkat d'avancer, celui-ci se retourna, et interrogea:


-Vous ne venez pas avec moi?
-Nan ! Ces types paient bien pour ne pas voir ma trogne, vous avez qu'a avancer tout droit, et vous monter les escaliers, y a une porte, vous donnez le mot de passe.
-Et quel est le mot de passe?
-Que je suis abruti ! Le vla !

Le Gobelin sortit un bout de papier chiffonné de son tablier et le tendit à l'Orc; celui-ci vit des mots écrits en langage elfique, il ne savait pas ce que ça signifiait, mais peu importait; il releva la tête pour remercier le barman, mais celui-ci était déjà reparti derrière son comptoir.
Une bagarre venait d'éclater, et profitant de la pagaille générale, Malkat pénétra dans le couloir, aussitôt, la porte se referma derrière lui.

Il suivit le chemin indiqué pendant quelques dizaines de secondes, avant de tomber sur une porte aux armoiries rouges et dorées; il frappa deux coups; et attendit.


-Mot de passe?

Il sortit le papier chiffonné, et lu ce qui y était écrit; puis attendit de nouveau; un silence s'installa pendant quelques secondes, puis un sifflement se fit entendre, la porte s'ouvrit, laissant apercevoir un vaste salon, richement aménagé.
Malkat entra; à l'intérieur, une dizaine d'Elfes de sang le dévisageaient, celui qui avait ouvert la porte l'interrogea:


-Je parie que vous ne savez pas ce qui est écrit sur ce papier.
-Non, c'est vrai.
-Il est écrit: "Gloire au seigneur Kael'thas, que son règne soit éternel".
-Kael'Thas est mort.
-Peut être, peut être pas.

Puis, de but en blanc, il questionna:

-Pourquoi êtes-vous ici?

Malkat s'apprêtait à répondre, lorsqu'une voix grave se fit entendre:

-Il est venu pour moi.

L'Orc et l'Elfe tournèrent la tête en même temps; un Sin'doreï, tout vêtu de rouge, s'approcha, le regard tranchant; l'Elfe qui avait interrogé Malkat s'inclina; l'autre lui fit signe:

-Hors de ma vue.

L'homme s'exécuta promptement, laissant Malkat seul avec le nouvel arrivant; celui-ci détailla l'Orc de haut en bas, puis prit la parole:

-Tu as bien changé Malkat, le Norfendre a laissé des traces.

Il lui fit signe de le suivre; ce que l'Orc avait d'abord pris pour un salon était en réalité une habitation à l'intérieur de la taverne, l'endroit semblait vaste, et très luxueux; en parcourant un long couloir, ils rencontrèrent quelques Elfes, qui s'empressèrent de s'écarter de leur chemin.
Enfin, l'Elfe fit entrer Malkat dans une vaste chambre, à une extrémité était installé un bureau en bois richement orné, la décoration, très elfique, détonnait dans un lieu tel qu'Orgrimmar; l'Elfe remarqua l'intérêt de Malkat, et lui fit remarquer:


-C'est un peu notre Quel'Thalas à nous.

L'Orc hocha la tête, il voulait dire quelque chose pour se montrer aimable, mais l'autre le fixait désormais avec impatience, alors il se décida:

-J'ai besoin de ton aide, Salinas.
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Sam 19 Juil - 21:25

-Gora se porte bien? J'ai entendu dire que ton fils était vigoureux comme son père.

L'Elfe avait complètement ignoré ce qu'il venait de dire, mais Malkat ne s'en formalisa pas, au contraire, il répliqua:

-Gora va bien, merci, et mon fils aussi.
-Bien, je suis sur qu'il sera un grand chaman.

Bien sur, que Galzat suive la voie tracée par son père paraissait une évidence, mais depuis le Cataclysme, tout était remis en cause, les éléments refusaient de parler, et les rares qui répondaient se montraient menaçants, voire agressifs...

-Qu'y-a-t'il?

Malkat constata que son interlocuteur l'observait avec un soupçon d'inquiétude; il répondit en balayant la table d'un revers de bras:

-Rien, rien qui ne puisse t'intéresser, ça ne concerne que les éléments et moi...

Salinas hocha la tête, il laissa passer quelques secondes, et reprit:

-Ils ne te parlent plus, c'est ça?
-Comment le sais-tu?!

Il avait presque bondi de sa chaise, stupéfait, il fixait le visage de l'Elfe, dont l'expression n'avait pas changée; celui-ci se leva, et s'approcha de lui:

-Parce que tu n'es pas le seul, des quatre coins d'Azeroth nous parviennent des rapports indiquant que les éléments sont devenus incontrôlables; il y a deux jours, un Draeneï s'est fait attaquer par un élémentaire de terre, alors qu'il cherchait à communiquer avec les éléments; il n'a eu la vie sauve que parce qu'un druide du Cercle Cénarien passait par là; la semaine dernière, c'est un Nain qu'on a retrouvé déchiqueté, même son frère a eu du mal à le reconnaître.

Il sortit une pile de documents et les déposa sur le bureau, devant Malkat:

-C'est comme ça depuis le Cataclysme, je ne suis pas chaman, je n'y connais rien aux éléments, mais je sais reconnaître quand quelque chose ne va pas, et puis, mes informateurs m'ont rapporté du nouveau.

Il posa une feuille sur le bureau, Malkat se pencha, et vit inscrit une liste de noms; il releva la tête et interrogea:

-Qu'est-ce que c'est?
-Ca? C'est un avantage: une liste de commandants du Marteau du Crépuscule.

Le nom était familier à Malkat, néanmoins, il ne voyait pas en quoi cela le concernait, il le fit d'ailleurs savoir à Salinas:

-Pourquoi tu me montres tout ça? Cela ne me concerne pas.

L'Elfe fit le tour du bureau et revint s'asseoir en face de Malkat, il désigna les feuilles, puis l'Orc, et répondit:

-Je vais te dire en quoi ça te concerne: ce sont ces fous dangereux qui sont responsables de ce qui arrive: le Cataclysme, c'est eux, enfin, en partie, et le comportement des éléments...
Pourquoi crois-tu que Thrall soit parti en Outreterre? J'ai réussi à infiltrer un agent dans leur organisation, ou devrais-je plutôt dire, leur secte; il m'a transmis un rapport très éloquent sur leurs activités.
-Et qu'est-ce qu'ils font?

Malgré lui, Malkat était tiraillé de curiosité, Salinas avait le don pour susciter de telles réactions, et il valait souvent mieux de l'écouter; l'Elfe ne répondit pas, et fit glisser vers l'Orc un document rédigé en langue orque; puis, il demeura silencieux.

Le document décrivait comment les agent du Marteau du Crépuscule attiraient les éléments, comment ils les asservissaient, puis les torturaient; comment ils pervertissaient leur essence, le document relatait également des tentatives de captation des pouvoirs élémentaires, afin d'ensuite les amalgamer dans le corps d'un individu, ce procédé semblait être nommé "Ascendance".
Le document concluait en décrivant l'un de ces Ascendants, qui avait été une femme humaine, et qui, après avoir subi ce traitement, avait perdu son enveloppe humaine pour devenir un amalgame de terre et de feu, autour duquel soufflaient des bourrasques tranchantes, et de l'eau sous forme de gouttes acides.

Malkat releva la tête, il était estomaqué, tendant le document à Salinas, il ne sut que dire:


-C'est impensable, impensable...

L'Elfe rangea le document et hocha la tête; il laissa un moment à l'Orc pour se remettre de ses émotions, puis il enchaîna:

-J'ai reçu un second rapport, dans lequel mon agent me parlait des sacrifices que pratiquait le Marteau du Crépuscule; des sacrifices d'Humains, d'Orcs, y compris de leurs propres troupes, ils n'hésitent pas à s'entretuer pour prouver leur valeur, il m'a même rapporté avoir du exécuter lui-même une prisonnière Elfe que les éclaireurs avaient capturé; il a du lui arracher le coeur, puis le manger...
-Des fous...
-Le mot est faible, le dernier rapport que j'ai eu m'indiquait qu'ils rassemblaient leurs forces au Mont Hyjal, et dans les Hautes-terres, au nord de Dun Morogh.
-Que comptent-ils faire?
-Je l'ignore, mais certainement pas quelque chose de bon augure.
-Ou est cet agent? Je dois lui parler, je dois savoir pour...
-C'est impossible.
-Pourquoi?
-Il a été démasqué, j'ignore comment, mais le Marteau du Crépuscule est parvenu à découvrir qu'il s'agissait d'un espion.
-Ils l'ont tué?
-Je pense que la simple mort aurait été une fin douce pour lui...
-Que veux-tu dire?

L'Elfe se leva de nouveau, imité par l'Orc, dont la colère augmentait graduellement; il se tourna vers Malkat et reprit:

-Je ne recevais plus de rapports, et ça m'inquiétait, j'ai alors envoyé un autre agent pour tenter de le localiser.
-Il l'a retrouvé?
-Oh oui; exactement à deux cent pas de la frontière des Hautes-terres, il l'a retrouvé, en morceaux, déchiqueté, ses bras, ses jambes, son torse, écorchés, et laissés à la voracité des charognards; et sa tête, les yeux crevés, la langue arrachée, plantée sur une pique.

Il laissa passer la sinistre image, avant de reprendre:

-Ils devaient savoir que nous reviendrions le chercher, et l'ont laissé ici, comme un message; j'en suis persuadé, et mon agent m'a indiqué qu'il s'était senti observé en emmenant les restes.
-Quels barbares...
-Attends, ce n'est pas le pire.
-Parce qu'il est possible d'aller plus loin?
-Malheureusement; l'homme qui a examiné le corps a affirmé qu'on lui a arraché les membres alors qu'il était encore en vie.

Cette fois, Malkat grimaça, une telle monstruosité était inconcevable, ces gens étaient des fous dangereux, d'après ce que Salinas lui avait appris, ils étaient responsables des réactions violentes des éléments; il avait raison: quoi que ce fut, ce qu'ils préparaient ne pouvait qu'être de mauvais augure.
Il reprit alors la conversation d'une voix calme:


-Je comprends maintenant pourquoi tu m'as montré tout ça.
-J'espérais que tu le comprenne, car moi aussi j'ai besoin de ton aide.
-Si tu espère que je me joigne à toi pour combattre ces gens...
-Non, je n'espère pas quelque chose d'aussi important, non, je voudrais juste que tu me rende un service.

Salinas s'assit, et fit signe à Malkat d'en faire autant; il reprit la liste de noms, et en désigna un, il le montra à Malkat et dit:

-Peresol Lumanbre.

L'Orc haussa les épaules avant de répondre:

-Qui est-ce?
-Comme je te l'ai dis, il s'agit de l'un des commandants du Marteau du Crépuscule, il se trouve qu'il est à Orgrimmar depuis une semaine, je voudrais que tu t'en occupe.

Malkat se leva brusquement et d'une voix sèche, rétorqua:

-Je ne suis pas un tueur !

Salinas ne paru pas surprit de cette réaction, il fit de nouveau signe à l'Orc de s'asseoir, puis, voyant qu'il restait debout, il reprit:

-Je ne te demande pas de tuer qui que ce soit, nous avons déjà un plan pour nous débarrasser de lui.
-Alors pourquoi me demander ça à moi?
-Assieds toi, je vais t'expliquer.
-J'espère que ce sera bref.

Il avait complètement oublié Caelwyn; les révélations de Salinas avaient mobilisé son esprit, et il ne songeait plus à sa camarade Elfe.

-Il se trouve que Peresol est toujours accompagné de deux gardes du corps Orcs, ce qui rend une attaque de front contre lui difficile, de plus, les gardes d'Orgrimmar sont très présents; une embuscade ou une attaque depuis les hauteurs n'est pas envisageable, mais...
-Mais quoi?
-La nuit tombée, il renvoie ses gardes et reste seul, c'est là ou nous avons pu agir.
-Et donc, vous avez pu l'éliminer, alors pourquoi m'en parler?
-Non, il renvoie ses gardes, parce que son habitation temporaire est truffée de pièges et d'enchantements; Peresol est un mage très puissant, nous ne pouvons pas l'attaquer directement, même seul, il n'est pas désarmé.
-Alors quoi? Quel est ton plan?
-Il y a trois jours, l'un de ses gardes du corps a été pris en train de voler de la nourriture, et il a écopé d'une semaine de cellule; Peresol s'est retrouvé avec un seul garde du corps jusqu'à cette nuit-même.

L'Elfe se leva et fouilla dans une commode, il revint en portant deux verres et une bouteille, il remplit les deux verres, en prit un et le porta à ses lèvres; claquant les lèvres en connaisseur, il reprit:

-Malheureusement, cette nuit, son second garde du corps a lui aussi eu affaire à une bagarre d'ivrognes; demain, la garde le retrouvera, le crâne fendu, de sorte qu'avec l'autre en cellule, il n'aura plus personne pour le protéger.

Malkat, qui avait également bu, reposa son verre, et questionna:

-C'est vous qui avez tué le deuxième?
-Oui.

L'Orc ne répondit pas et reprit une rasade de vin thalassien tandis que l'autre continuait:

-Comme tu peux te douter, Peresol ne voudra pas rester sans protection, et c'est là que tu interviens.
-Tu veux que je joue le rôle de son garde du corps?
-C'est ça.
-Et comment suis-je censé m'y prendre? Et ne serait-ce pas plus simple de l'abattre en plein jour?
-Bien sur, nous y avons pensé, mais comme tu le sais, la garde est très présente, nous serions immédiatement repérés, de plus, nous ignorons s'il y a d'autres agents du Crépuscule, si nous tentions une action, nous serions peut être interceptés par d'autres.

Malkat se leva, réfléchissant un instant, il questionna Salinas:

-En admettant que je réussisse à me faire embaucher comme garde du corps, qu'est-ce qui se passera?
-C'est simple, il faudra que tu le perde dans les ruelles d'Orgrimmar, il faut que vous vous perdiez, du moins, il faudra que lui le croie, et que tu l'amène là ou mes agents vous attendront.
-Tu crois qu'il me suivra sans discuter?
-Non, Peresol est très paranoïaque, alors nous allons nous assurer qu'il te fasse confiance.
-Comment?
-En lui faisant croire que tu lui as sauvé la vie; un de mes agents vous attaquera pour vous voler; et toi, tu l'arrêtera; après ça, Peresol devrait te faire entièrement confiance, et ne doutera plus de ton honnêteté.
-Et qu'est-ce qui se passera ensuite?
-Vous serez de nouveau attaqués, et on retrouvera Peresol gisant dans une mare de sang.
-Ce plan m'a l'air très compliqué, pour seulement se débarrasser d'un seul homme.
-Nous sommes obligés de ruser avec l'ennemi; tant que nous ignorons si d'autres membres du Crépuscule sont infiltrés, il nous faut nous montrer prudents; de plus, nous voulons éliminer un maximum de leurs membres, avant qu'ils ne réalisent que nous sommes après eux.
-Un crime de rôdeur...
-C'est exactement ça; si d'autres agents sont présents, ils croiront que Peresol n'a été que la victime malheureuse d'un détrousseur.
-Lorsque nous auront terminé, pourrais-je compter sur ton aide?

L'Elfe fixa l'Orc droit dans les yeux et répondit très sérieusement:

-Je sais tout ce que je te dois, Malkat, et il n'est pas question que je te refuse mon aide; cependant, comme tu l'as certainement compris, il est vital d'éliminer Lumambre, ensuite, je serais vraiment en mesure de t'aider; alors, est-ce que tu accepte de m'aider?

L'Orc tendit sa main par dessus la table, l'Elfe tendit la sienne, et tous deux se serrèrent la main:

-Je t'aiderais.

Les deux hommes se levèrent alors; Salinas fit signe à Malkat de le suivre; il l'interrogea sur son voyage, lui demanda s'il avait dîné, enfin, il le fit entrer dans une chambre richement meublée:

-C'est ta chambre, je te conseille de te reposer, tu auras besoin de toutes tes forces demain.

Malkat acquiesça, puis, au moment ou Salinas allait quitter la pièce, il le retint pour lui poser une dernière question:

-Et le patron de la taverne, tu n'as pas peur qu'il parle?
-Le gobelin? Il ne parlera pas, nous le payons bien pour ça; et s'il lui venait malgré tout l'envie de se répandre; le soir même, en rentrant chez lui, il trouverait sa femme et ses deux fils égorgés.

Il quitta la pièce sur ces mots, laissant Malkat seul sur son lit; il n'était pas habitué à un tel confort, et cela le déstabilisait; il se demanda ce que faisaient Gora et Caelwyn, il songea à cette dernière, et s'endormit en songeant qu'il était nécessaire d'aider Salinas pour aider Caelwyn.
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MessageSujet: Re: La fuite du soleil.   Lun 21 Juil - 22:33

Le lendemain, Malkat s'éveilla de bonne heure, il tenta d'abord de se rendormir, mais n'y parvenant pas, il décida de se lever.

Rejoignant le salon que lui avait indiqué Salinas la veille, il s'installa dans un fauteuil et ferma les yeux, espérant pouvoir attraper un peu de sommeil.
Une heure plus tard, son esprit à demi-conscient saisi un son étouffé; ouvrant aussitôt les yeux, il vit un Elfe de sang, en tenue noire, qui le regardait, l'air gêné.


-Oh, je vous ait réveillé, désolé.

Il paraissait réellement confus d'avoir réveillé l'Orc; et lui tendit la main en se présentant:

-Aliel, et vous, vous êtes Malkat.

L'Orc prit la main tendue de l'Elfe et la serra, puis, un peu mesquinement, il demanda:

-Aliel, on dirait un prénom de femme.

Celui-ci se passa la main dans les cheveux et sourit d'un air gêné, il acquiesça d'un signe de tête en répondant:

-Euh, oui, mes parents voulaient une fille, alors...

La conversation tomba à plat, l'Elfe sentait qu'il serait vain de d'excuser, de son coté, Malkat ferma de nouveau les yeux, finalement, il n'eut pas l'occasion de somnoler de nouveau, une porte claquant le ramena à la réalité; Salinas venait d'arriver.

-Bien, Malkat, je vois que tu as fait connaissance avec Aliel; Aliel sera chargé de tuer Peresol, il te suivra de loin tout au long de la journée, discrètement, il va sans dire, et agira dès que le moment sera venu.

Malkat jeta un oeil à l'Elfe, celui-ci affûtait la lame de sa dague, il avait l'air d'un enfant quelque peu maladroit, mais ses gestes trahissaient une grande expérience et une grande maîtrise de soi; il reporta son attention sur Salinas, qui s'était tût, et l'interrogea:

-Et qui jouera le rôle de l'agresseur censé me donner la confiance de Lumambre?
-Un Troll du nom de Doj'sa, tu le reconnaîtras facilement, il se déplace avec un collier de dents en or, et il est couvert de tatouages bleus et jaunes.
-Collier de dents en or, et tatouages, d'accord; comment se passera l'agression?
-Lumambre passe tous les jours sur la place du marché à la même heure, il n'achète jamais rien, mais il y reste un bon moment, Doj'sa attaquera quand il sortira, et toi, tu interviendras à ce moment-là.
-Très bien.
-Doj'sa est très costaud, tu devras rendre ça crédible.
-Quoi, tu veux que je le tue?
-Bien sur que non, mais casse lui une ou deux dents, fais le saigner, c'est un Troll, il sera très vite remis.
-Bon, je n'aime pas trop cette idée, mais puisqu'il le faut...

Les derniers détails du plan furent rapidement réglés; puis, les trois hommes passèrent en revue l'intégralité de celui-ci, comme le souligna Salinas, il était primordial de ne commettre aucune erreur.

Malkat quitta l'habitation par une entrée secrète, située à l'arrière du bâtiment qui abritait la taverne; l'endroit était totalement désert, et personne le le vit partir; Aliel quand à lui, ayant revêtu des habits plus conventionnels, s'éclipsa par les hauteurs; il devait surveiller Malkat de loin.

Se rendant sur la place du marché, Malkat attendit quelques minutes, tournant entre les étals; afin de ne pas avoir l'air suspect aux yeux d'éventuels agents du Crépuscule, il acheta un jarret de sanglier qui cuisait à la broche, et le dévora tout en marchand; ses yeux furetaient à la recherche de Peresol, il avait repéré Aliel qui se tenait à une centaine de mètres derrière, et qui feignait d'être absorbé dans la contemplation de minuscules idoles en bois.

Enfin, il le vit, Peresol Lumambre, il le vit arriver sur la place du marché, seul.
Il marchait d'un air débonnaire, mais ses yeux examinaient toutes les directions, il n'était pas tranquille; Malkat sourit intérieurement: il serait d'autant plus facile de l'approcher dans ces conditions.

L'Elfe passa par tous les étals, chaque fois, il y restait de longues minutes, sans rien acheter, se contentant de regarder, parfois, il échangeait quelques mots avec les commerçant.
Discrètement, Malkat était parvenu à se rapprocher, de sorte qu'il pouvait l'entendre parler; il arborait un ton mielleux lorsqu'il s'adressait aux gens, une voix d'hypocrite, pensa-il.

Enfin, après avoir patienté ce qui lui paru être une éternité, Malkat eu enfin la joie de voir sa cible se diriger vers la sortie de la place; l'Elfe marchait vite; mais il ne pouvait se permettre d'en faire autant pour ne pas éveiller les soupçons de l'autre, ou de complices cachés dans la foule.

Malkat allait perdre Lumambre, lorsqu'il repéra Doj'sa: Salinas n'avait pas menti: c'était un colosse, même pour un Troll.
Celui-ci lança un regard appuyé à Malkat alors qu'il s'approchait de l'Elfe; finalement, alors que Doj'sa se jetait sur Peresol et le menaçait avec une machette en corne de kodo, Malkat se jeta à son tour sur le Troll et le fit rouler au sol.
Les deux hommes se relevèrent en même temps et se firent face; Malkat invectiva alors son adversaire:


-Foutu lâche, même pas capable d'affronter des gens de ta pointure !
-Quoi? Qu'est-ce t'as dis, gwos tas vewt?
-J'ai dis que t'étais une lavette, sac d'os !
-Mon pote, j'vais te taillew en julienne !

Tandis que Peresol se relevait péniblement après avoir été lui aussi jeté à terre; Malkat et Doj'sa se heurtèrent l'un-l'autre et roulèrent dans la poussière; des cris sauvages retentirent, les deux combattants échangeaient des coups de poing, tentaient de se mordre.
Enfin, Malkat se releva, tenant Doj'sa par le collier, le Troll avait des ecchymoses sur tout le visage et sur le torse, ses lèvres saignaient, et il avait perdu quelques dents; comme le révélait son sourire hébété, d'une voix monocorde, il dit:


-D'accowd, d'accowd, t'as gagné, mec, jme wends !

Malkat le laissa alors et s'en retourna vers Peresol, qui avait assisté à la bagarre; il leva la main en criant:

-Attention !

Malkat se retourna juste à temps et asséna un coup de tête à Doj'sa qui venait de se jeter sur lui pour le poignarder; le Troll, proprement assommé, tomba raide sur le dos.
L'Orc, contemplant une seconde le corps du Troll inconscient, loua intérieurement le dévouement de Doj'sa qui lui avait grandement facilité la tâche, en se frappant lui-même pendant qu'ils étaient cachés par la poussière, il s'était lui-même arraché les dents avant de se relever, tout ça à l'insu de tous.
Il s'approcha de Peresol Lumambre, et s'arrêta devant lui, celui-ci s'inclina et s'exclama d'une voix tremblante:


-Merci, merci ! Je ne sais pas ce qui serait arrivé si vous n'aviez pas été là !

Malkat, s'attendant à cette réaction, répondit en adoptant un ton vulgaire, comme il lui avait été conseillé par Salinas:

-Ouais, je digère pas les lâches, cet abruti, il recommencera pas !

Laissant l'Elfe, il poursuivit sa route, c'était là le moment délicat de l'opération; il fit quelques pas, avant de nouveau entendre la voix de Peresol:

-Dites-moi, chercheriez-vous du travail en ce moment?

C'était gagné, le contact était établi, il se retourna lentement, et répondit:

-Faut voir, c'est quoi l'affaire?
-Je cherche actuellement un garde du corps, pour me protéger durant mon séjour à Orgrimmar, et d'après ce que je viens de voir, vous savez vous battre.
-Ouais, faut croire que vous avez besoin d'un gros bras; bon, jsuis payé combien?
-Je vous donnerais mille pièces d'or.
-Mille pièces? Mouais, jsais pas...
-Par jour !
-Par jour? Ah mais fallait l'dire tout de suite ! Topez-là je marche !
-Fort bien ! Comment vous appelez-vous?
-Moi? J'suis Gazul !
-Enchanté Gazul, je me nomme Peresol Lumambre, votre nouveau patron.
-Enchanté patron ! Content d'bosser pour vous !

C'était un succès, la première partie du plan était une complète réussite; Aliel vit Malkat quitter la place en compagnie de Peresol; résolu à ne pas éveiller de soupçons, il s'en alla par une autre entrée; selon le plan convenu, il devait disparaître et attendre la tombée de la nuit.
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